Break dance

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Représentation stylisée d'un « breakdanseur ».
Représentation stylisée d'un « breakdanseur ».

Le ou la breakdance (ou break dance ou break ou breaking ou breakdancing ou b-boying — terme privilégié aux États-Unis —) est un style de danse développé à New York dans les années 1970, caractérisé par son aspect acrobatique et ses figures au sol. Un danseur de breakdance est appelé breaker, breakdancer, Bboy ou b-boy (pour un homme), Bgirl ou b-girl (pour une femme).

Il y a souvent un amalgame entre la breakdance et d'autres danses. Quand la presse s'y intéresse, au début des années 1980, elle ignore qu'une véritable culture de la danse a toujours été omniprésente aux États-Unis ; elle y voit un phénomène spontané et labellise toutes les nouvelles danses sous le terme unique de « breakdance ». Parmi ces danses assimilées à la breakdance, il y a : le good foot, le popcorn, le funky chicken, le locking, le hustler, le popping (ou smurf[1]), l'electric boogaloo (créé par les Electric Boogaloos), le hip-hop « new style » (dit new school au USA), le krump (créé par Tight Eyez et Big Mijo)... Ces danses sont très populaires à l'époque des débuts de breakdance, donc certains b-boys l'incluent dans leurs routines.

Histoire de la breakdance[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Il est extrêmement difficile de dater précisément une genèse de la breakdance. À la fin des années 1970, New York est un vivier cosmopolite où chaque couche d'immigration a développé son style de danse. Les danses les plus populaires étaient vraisemblablement le good foot et le popcorn (références aux chansons Get on the Good Foot et Popcorn de James Brown), qui consistaient en un mouvement de jambes rapide où les danseurs passent d'un pied d'appui à l'autre, avec une ressemblance avec certains mouvements du swing, du charleston du lindy hop ou des claquettes. Cette danse devait sans doute aussi se danser sous forme de défis. La mode de se défier viendrait de l'atmosphère gangster environnante, mais aussi des concours de talents, qui sont alors très populaires. Il faut également noter l'influence du locking (qui est alors la danse la plus populaire sur la côte ouest des États-Unis) et du popping. Le good foot a pu ensuite donner naissance à l'uprock (en), où deux personnes (ou plus) dansent face à face en imitant une bagarre ; les règles stipulent qu'il est interdit de toucher son adversaire.

On ignore aussi ce qui un jour a poussé les danseurs à descendre au sol après l'exécution de leurs mouvements de jambes. Les hypothèses sont nombreuses : les films de kung fu avaient alors un succès phénoménal et l'art martial chinois inclut énormément de positions au sol. Un autre art martial, la capoeira pour la partie aérienne, également très populaire, est une source fondamentale de la breakdance. Les danses traditionnelles cosaques ont également inspiré les breakers. En effet, certaines danses russo-slaves reposent sur les mêmes principes que la breakdance : une exécution rapide d'un mouvement de jambes puis exécution de mouvements au sol. Il ne faut pas non plus oublier la forte immigration africaine présente à New York et l'immigration latine, qui ont apporté énormément à cette danse. On peut ainsi y voir une influence de la salsa dans les footworks.

Enfin, le skateboard eut une influence plus tardive qui résultera dans des positions figées très aériennes telles que le Y. D'autres disent que c'est la breakdance qui a influencé le skateboard, puisque le Y est déjà présent dans la capoeira.

Âge d'or new-yorkais (1977-1986)[modifier | modifier le code]

Break dancer, New York.
Break dancer, New York.

Le DJ d'origine jamaïcaine Kool Herc se rend compte que l'énergie des gens sur la piste de danse atteint son paroxysme à certains passages d'une chanson où ne sont présentes que la ligne de basse et la ligne de batterie. Il décide donc de jouer ces passages en boucle. Pour ce faire, il utilise deux tourne-disques et met le même disque sur les deux platines. Il passe ainsi d'un disque à l'autre, répétant un même passage, qui s'appelle un break, ou breakbeat. Comme les premiers breakers fréquentaient beaucoup les soirées de Kool Herc, celui-ci les a surnommés les breakers ou B-Boys (B pour Break). Par extension, on utilise le terme breakdance.

Par ailleurs, dans les années 1970, Afrika Bambaataa, d'abord membre des Bronx River Projects puis créateur de l'Universal Zulu Nation, va vouloir canaliser l'énergie des jeunes gens de son quartier dans des activités artistiques pour éviter qu'ils ne finissent dans des gangs. Avec DJ Kool Herc et Grandmaster Flash, ils vont faire naitre un nouveau mouvement : le hip-hop, dont les 4 piliers sont le MCing, le writing, le deejaying et le b-boying. Afrika Bambaataa créera également l'un des premiers groupes de Bboys, les Zulu Kings.

En 1979, avec des groupes comme Zulu Kings ou bien Nigger Twins, on peut enfin parler de breakdance. Les figures de sol basiques sont alors le six-pas (six-temps ou six steps), le trois-pas (trois temps, ou three steps), les freezes (baby freeze, ou le tracks — freeze exécuté à la fin d'une phase comme coupole —), le back-spin phase (rotation sur le dos), le windmill (moulin, ou coupole).

La break va alors connaître une période d'effervescence et de créativité qui ne sera plus jamais égalée avec des groupes comme Rock Steady Crew, New York City Breakers et Dynamic Rockers. De nouveaux mouvements, plus acrobatiques, font leur apparition : les gnawa, le hand glide, la couronne (coupole sur la tête), le thomas[2]

Diffusion en Europe[modifier | modifier le code]

En France, la première apparition officielle de la breakdance remonte à la tournée New York City Rap organisée par Europe 1 en 1982, où est présent le Rock Steady Crew. En 1984, l'émission télévisée de Sydney, H.I.P. H.O.P. popularise la culture hip-hop en France ; le jury de l'émission était les P.C.B. (Paris City Breakers). L'intérêt pour le breakdance et le hip-hop s'essouffle assez rapidement, pour connaitre un renouveau au début des années 1990.

En 1990, la Belgique organise un championnat de break dance : les breakers profitent des faveurs que s'attirent des nouvelles danses venues des USA telles que la hype (cf. les clips de Bobby Brown ou MC Hammer). Le championnat organisé à Bruxelles devra cependant être annulé en raison d'affrontements entre certaines bandes rivales ; une version underground de ce tournoi s'organise alors de façon spontanée, et sa qualité convaincra les participants de formaliser les institutions au breakdance pour concrétiser le potentiel artistique européen. Un an après, le Battle of the Year est crée en Allemagne.

Âge sombre de la breakdance (1986-1991)[modifier | modifier le code]

À partir de 1986, le hip-hop, et le breakdance surtout, deviennent démodés à New York, et, du coup, subissent le même sort partout en Europe.[réf. souhaitée]

Technique[modifier | modifier le code]

Posture figée en V-Kick.
Posture figée en V-Kick.

Principes[modifier | modifier le code]

La breakdance se pratique en solo ou en équipe, en général au milieu d'un cercle de personnes. Les danseurs dansent chacun à leur tour en faisant un « passage » qui se déroule de la manière suivante :

  1. le danseur s'avance au milieu du cercle et effectue des mouvements de jambe rapides qui rappellent ceux du boxeur Mohammed Ali ; cela s'appelle toprock, ou également « pas de prépa » (puisque c'est seulement le début du passage), pendant lequel le danseur s'échauffe et réserve la place nécessaire pour danser (remarque : un uprock peut aussi être effectué à la place du toprock) ;
  2. le breakeur exécute des figures appelées footwork, ou passpass : pendant qu'il a ses mains au sol, ses jambes courent autour de son corps ;
  3. le danseur effectue des figures au sol (les phases mouvement circulaire) qui mettent en avant soit sa vitesse d'exécution, soit sa force physique, soit sa créativité à enchaîner de manière originale plusieurs figures.

En général, chaque danseur fait partie d'un crew, avec un nom d'équipe approprié. Issue des quartiers difficiles du Bronx, cette danse en a conservé un certain esprit de gangs : ainsi, les crews se défient souvent les uns des autres (battle) ; les deux crews se font face et effectuent des passages successifs. Le vainqueur est choisi par le public ou à l'applaudimètre, ce qui a engendré des discussions interminables en raison de la partialité de cette méthode. Très vite des défis officiels jugés par des danseurs-arbitres ont été organisé, comme la compétition internationale Battle of the Year, qui se tient en Allemagne tous les ans, ou le Red Bull BC One qui réunit chaque année dans un pays différent des danseurs de différents groupes.

Vocabulaire « de base »[modifier | modifier le code]

Appui tendu renversé (ou « handstand », posture de gymastique également présente en breakdance.
Appui tendu renversé (ou handstand) en breakdance.
  • Crew : groupe de danse ou groupe de graffeurs.
  • Battle : défi de danse entre deux crew ou deux danseurs.
  • Bite (du verbe to bite en anglais, qui signifie « mordre » mais qui équivaudrait ici plutôt à « copier » ou « pomper ») : reprise du mouvement d'un autre danseur ou d'une autre équipe.
  • Drops : mouvement de transition entre le top rock et le footwork.
  • Foot work (ou downrock) : construction ou pas de danse exécutés au sol.
  • Freeze : position statique sur une ou plusieurs parties du corps, qui peut aller de la position élémentaire du baby freeze à des formes plus évoluées alliant souplesse et inventivité comme les planches hollowback.
  • Phase (ou power move) : mouvements les plus acrobatiques et aériens du break dance, ces techniques s'appuyent sur des mouvements circulaires répétitifs des jambes (d'où le terme de « phase », comme dans un mouvement oscillatoire) ; phase est un terme plus récent que power move ; les phases comprennent la coupole, le flare (ou « Thomas », qui est à la base une figure de gymnastique), la vrille (ou airflare).
  • Spin : tourner sur une partie du corps. Exemple : le headspin désigne une rotation sur la tête (sans poser les mains).
  • Style : mouvements qui ont besoin de moins de force physique et de plus d’attitude, de rythme et de style.
  • Toprock : pas de préparation du breaker avant sa descente au sol.
  • Tricks : mouvement technique, enchaînement de freezes.
  • Uprock : danse à caractère martial originaire du Bronx.

Mouvements et phases[modifier | modifier le code]

Une phase (power move) est un mouvement des plus difficiles à exécuter. Toutes les phases comportent une rotation (spin), qui fournit l'énergie nécessaire à l'exécution de la figure. Le Thomas (flare) est une phase difficile : il s'agit d'utiliser la rotation des jambes avec le bassin (en écart qui tourne autour du buste / bras) pour se porter facilement deux changements de main d'appui par tour.

Passe passe (ou footworks)[modifier | modifier le code]

  • Le six-pas (ou six step) : rotation (peu importe le sens) en 6 pas, avec le haut du corps (de la tête au bassin) qui ne bouge pas ; le danseur doit toujours rester sur la même ligne et rester de face. Certains breakeurs y ajoutent des variantes qui reflètent une particularité et l'identité de chaque breakeur. Ce fut l'un des premiers mouvements au sol inventé.
  • Le trois-pas (ou three step) : principe similaire au six-pas, mais en 3 pas avec retour systématique au point de départ.

Couronne[modifier | modifier le code]

La couronne (halo) consiste à partir en départ trax. Ensuite, grâce à l’impulsion des bras et des jambes, le corps monte sur la tête et le danseur enchaine immédiatement une rotation sur la tête, puis retombe en position de trax tout continuant de tourner et ainsi de suite.

Coupoles[modifier | modifier le code]

« Mills »...
Mills...

La coupole windmill (ou moulin) est la première coupole à avoir été créée, donc la plus simple. Il s'agit de faire une rotation sur le dos et ensuite de revenir en trax (tout en gardant la rotation) et repartir sur le dos et revenir en trax et ainsi de suite, avec la rotation. Les jambes sont tendues et écartées.

D'autres coupoles ont ensuit été inventées.

  • La coupole sautée (ou jumping windmills ; rare, car très douloureuse pour le dos) : le danseur est sur le dos ; il donne avec un bras ou le dos une forte impulsion pour que le corps décolle et effectue une rotation de 360°, puis retombe sur le dos tout en effectuant une rotation. À la différence avec d'autres coupoles ayant le même fonctionnement, celle-ci se caractérise par une rotation très haute (1 mètre de hauteur par exemple ; plus la figure est haute, plus la chute sera douloureuse). Les jambes doivent être tendues et écartées.
  • La coupole disk (ou coupole « casse-noisette » ou nutcracker windmills) est très brusque : son principe est identique à celui de la coupole sautée, sauf que la hauteur est très basse. Les jambes sont tendues et écartées.
  • La coupole boule (munch mills ou baby mills) : souvent exécutée, même si son apprentissage est difficile, elle reprend les principes de la coupole sautée, sauf que la tête reste posée au sol et que la hauteur et très basse. Les jambes sont regroupées et pliées.
  • La coupole german (airplane windmills) coupe malgré elle sa vitesse lorsqu'elle est sur le dos. C'est le même principe que la coupole sautée mais avec beaucoup moins de hauteur et lorsque l'on se retrouve de nouveau sur le dos on ajoute le contact d'une jambe avec le sol. Une jambe doit être tendue et l'autre pliée mais les deux sont regroupées entre elles.
  • La coupole ventrale (belly mills) requiert beaucoup de souplesse : les bras sont en prolongement avec le corps et avec la rotation le danseur se trouve sur les épaules. De là, il passe sur le ventre en remontant la tête ainsi que les jambes pour ne pas qu'elles tapent sur le sol. Il se sert des appuis générés par ses bras pour enchaîner et garder la rotation. Les jambes sont tendues et écartées.
  • La coupole baril (barrel windmills) est très rapide : une impulsion avec le dos et parfois avec les bras permet au corps de faire un tour de 360° en l'air et de retomber sur le dos, mais la tête reste posé au sol. Les jambes sont tendues et écartés.
  • La coupole head est très originale : il s'agit d'une coupole normale, sauf qu'à chaque fin de tour la position ne se termine pas en trax mais sur la tête. Certains breakers en profitent lorsqu'ils sont sur la tête de placer quelques tours de headspin. Les jambes sont tendues et écartées.
  • La coupole lotus : même principe qu'une coupole normale, sauf que les jambes sont pliées dans la position du lotus.
  • La coupole pierre tombale (tombstone windmills) est très compliquée (à apprendre comme à effectuer) : il s'afit de passer du dos à la tête, et de la tête retomber sur le dos tout en faisant une rotation. Ses mains et ses jambes sont tendues et collées entre elles.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Danseur au « MTV Street Festival, Thailand ».
Danseur au « MTV Street Festival, Thailand ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette appellation erronée provient d'un clip diffusé en France au journal télévisé intitulé Let's do the Smurf, or il s'agissait de pas de danse imitant les Schtroumpfs, appelés the Smurf aux USA, mais le nom s'est propagé pour désigner la danse en question
  2. Nommé en hommage au gymnaste Kurt B. Thomas, son inventeur, premier à le pratiquer sur un cheval d'arçon. Présenté pour la première fois lors de la coupe du Monde de Breakdance en 1984, par le groupe français « Acrobatic force », composé de cinq gymnastes. Les breakdancers le pratiquent à même le sol. Contrairement aux gymnastes qui l'exécutent en ciseaux, les Bboys le font en écart.
  3. (en) Breakin' sur l’Internet Movie Database

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]