Pancrace

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Le pancrace (en grecque ancien : παγκράτιον pankrátion) est un sport de combat grec, permettant au temps des Jeux olympiques antiques quasiment tous les coups, même les plus mortels. Seules étaient interdites les techniques d'arrachage des yeux et de morsure. De grands champions olympiques de cette époque ont marqué l'histoire comme Polydamas de Skotoussa qui fut champion olympique en -408 ou encore Milon de Crotone. Aujourd'hui, ce sport est une discipline dont le règlement a été revu et corrigé par le gouvernement grec afin de le voir revenir prochainement dans les Jeux olympiques modernes.[réf. nécessaire]

Scène de pancrace : un arbitre punit avec un ravdos (ῤάβδος) un athlète qui tente de crever l'œil de son adversaire, kylix du Peintre de la Fonderie, v. 490-480 av. J.-C., British Museum (E 78).

Le pancrace aux Jeux olympiques antiques[modifier | modifier le code]

Le pancrace fait partie des épreuves qualifiées de « gymniques » (γυμνικοὶ ἀγῶνες [gumnikoì agônes]) c'est-à-dire, au sens propre, « nues », parce que les athlètes y concourent complètement nus, telles que le pentathlon et les courses. Il fait partie plus précisément des épreuves dites « lourdes » (βαρέα ἆθλα [baréa ãthla], pour lesquelles est nécessaire une aire spéciale (σκάμμα [skámma]), dont la terre a été ameublie, telles que la lutte (πάλη [pálê]) et le pugilat (πύξ [púx] ou πυγμαχία [pugmakhía]). La dernière épreuve est le pancrace (παγκράτιον [pankrátion]), un sport très brutal qui recherche également la mise hors de combat de l'adversaire, sans autre interdiction que de mettre les doigts dans les yeux de l'adversaire ou de le mordre[1].

Le salut au pancrace[modifier | modifier le code]

Cet art de barbarie conserve certaines traditions dans la pratique. En effet, à la différence des arts barbares, dans la mentalité grecque, les « Grecs ne se prosternent pas mais saluent seulement » (en grec moderne, Οι Έλληνες δεν προσκηνούν, μόνον χαιρετούν). Au pancrace, cette caractéristique persiste. Lors du salut, le pancratiaste reste debout et tend le bras droit vers le côté droit de la tempe à l'adresse du professeur, le proponitis (en grec moderne προπονητής, entraîneur) en déclarant : Erroso ô proponita, "Salut à toi, entraîneur" . Le salut, dit en grec ancien, se fait envers une personne et vers les autres. L'enseignant salue ses élèves : Érosthe (Έρρωσθε). Cette réciprocité dans les rapports sociaux entre entraîneur et élève marque une différence fondamentale avec les autres sports de combat et arts martiaux où le lien de subordination est la règle de la relation dans le club.

Pancrace contemporain[modifier | modifier le code]

Ce style de combat est très complet puisqu'il permet des échanges aussi bien debout (boxe) qu'au sol (lutte). Un combat peut donc se dérouler entièrement debout ou se transformer en lutte au sol dès les premières secondes selon la technique des combattants. L'arbitrage de la discipline permet sur le plan tactique de ne privilégier aucun style en particulier, seul l'athlète dominant l'ensemble des techniques (frappes pieds-poings, prises douloureuses, projections, combat au sol, techniques de soumission, maîtrise de l'espace et de la zone de combat) pouvant l'emporter à compétences physiques égales entre deux pancratiastes.

Équipement requis[modifier | modifier le code]

Gants libres bleus ou blancs à doigts ouverts de type free fight, protège-dents, coquille, protège-tibias et pieds ainsi que l’ἒνδυμα, endyma, tenue officielle du WGPC (World Grappling and Pankration Committee) composé du Chitonion (veste) et du Periskelis (pantalon) ou une tenue de type "Gi" (comme le judogi au Judo) ou encore un short et un rashguard, toujours dans les dominantes de couleurs bleues ou blanches. Le corps d’arbitrage doit être vêtu d’un pantalon et d’un polo noirs et de chaussures de sport noires. Les arbitres doivent porter une manchette blanche à leur poignet gauche et une manchette bleue à leur poignet droit. L’arbitre central portera également des gants chirurgicaux. Les entraîneurs sont vêtus d'une tenue sportive aux couleurs de leur club, nation...

Aire de combat[modifier | modifier le code]

Palestre

Pour toutes les compétitions de la FILA, des tapis de compétition homologués de 12 m × 12 m ou 10 m × 10 m contenant un cercle de huit à dix mètres seront utilisés. Le centre des tapis doit contenir un cercle d’un mètre de diamètre qui servira de point de départ pour les deux adversaires. Une zone de protection de deux mètres minimum sera également garantie. En pratique, une salle équipée de tapis et d'une bâche de Lutte suffit à pratiquer le Pancrace dans de bonnes conditions.

Techniques[modifier | modifier le code]

Concernant le combat en lui-même, toutes les techniques de pieds, poings, genoux et coudes contrôlées sont autorisées. La frappe au visage est autorisée selon certaines conditions et maîtrisée selon les catégories. Toutes les techniques de projections sont autorisées mais sans écraser volontairement l'adversaire dans le but de lui faire mal. Le combat arbitré par l’hellanodikis (ἐλλανοδίκης, membre du jury) central et trois hellanodikes périphériques, permet en outre de s'assurer, dans le respect des règles, de l'intégrité des combattants. Les frappes au sol ne sont pas autorisées. Toutes les techniques de soumission sont autorisées Les clés par compression musculaires sont également autorisées. Les étranglements en revanche sont interdits.

La durée d'un combat de pancrace sportif (pankration athlima) est de 5 minutes pour les séniors, 4 minutes pour les juniors et vétérans, 3 minutes pour les cadets et 2 minutes pour les benjamins.

Les épreuves de pancrace[modifier | modifier le code]

Le terme pancrace englobe aussi bien les disciplines sportives que martiales. Dans le sport pancrace sportif (Pankration Athlima), il existe l'épreuve de Pankration, qui est le combat un contre un sans arme. C'est ce style qui est le plus largement pratiqué en compétition. Il existe également les Palaismata (παλαίσματα) qui sont des combats chorégraphiés opposant deux partenaires à mains nues dans un style self défense, laissant parfois place à des démonstrations martiales de haut niveau technique et visuel. Enfin, l'épreuve du Polydamas (en hommage au combat et à la victoire de Polydamas de Skotoussa contre les trois immortels perses) oppose un combattant à mains nues contre trois attaquants armés respectivement d'une lance, d'une épée, et d'une dague. Ce combat est également chorégraphié et permet de démontrer la supériorité technique d'un pancratiaste face à trois attaquants armés.

Enfin, il existe aussi une version plus martiale du pancrace, à l'origine extrêmement violent, qui adaptée au contexte actuel est une base complète pour la self défense.

Structure officielle[modifier | modifier le code]

La FILA (Fédération Internationale des Luttes Associées) a officiellement reconnu le WPAC (World Pangration Athlima Committee) et ses fédérations nationales associées (FPF — Fédération Pankration Française pour la France) pour la pratique du Pancrace dans le monde. Elle a ensuite créé le WGPC. Les seuls titres mondiaux, nationaux, régionaux, départementaux, interclubs officiels et grades officiels sont donc ceux obtenus auprès des fédérations et clubs affiliés. À ce jour, le PCO (Pancrace Club Othenin), le PCN (Pancrace Club Nantais), le COS Sambo (Club Olympique de Sartrouville) représentent quelques-uns des clubs affiliés habilités à enseigner et promouvoir le Pancrace en France. La spécificité de son règlement sportif issu de la FILA est qu'elle autorise les frappes au sol alors que le Ministère des Sports en France considère cette pratique comme dégradante et contrevenant à la loi en s'appuyant sur une recommandation de l'Union Européenne.

La FFSCDA, fédération délégataire d'État de 45 000 membres, propose un Pancrace différent en qualité de discipline associée. Il s'agit d'une forme de Pancrace plus proche d'un mélange de boxe Thai debout et de grappling au sol, où les règles sportives sont différentes (frappes au sol non autorisées)ce qui lui permet d'être pratiquée en France sans problème. La FFSCDA revendique plusieurs milliers de licenciés en Pancrace et organise des championnats régionaux et un championnat national tous les ans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le caractère autorisé ou non de la morsure est controversé : Henri-Irénée Marrou penche pour l'affirmative (p. 186), Miller (2001) pour la négative (p. 98).

Liens[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]