Tir à la corde

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Tir à la corde
Picto
Autres appellations lutte à la corde, souque à la corde
Fédération internationale Tug of War International Federation
Image illustrative de l'article Tir à la corde
Tir à la corde à l'Académie navale d'Annapolis dans le Maryland (le 17 mai 2005).

Le tir à la corde ou lutte à la corde ou souque à la corde est un sport qui oppose deux équipes dans une épreuve de force.

Histoire[modifier | modifier le code]

Tir à la corde traditionnel, à Pushkar au Rajasthan

Selon les « Notes de Feng Yan », un livre écrit à l'époque de la dynastie Tang, le tir à la corde, sous le nom de « Tir au crochet » (牵钩), était utilisé entre le VIIIe siècle av. J.-C. et le Ve siècle av. J.-C. à des fins d'entraînement militaire dans l'état de Chu. L'empereur Xuanzong des Tangs organisa de grands tirs à la corde, avec des cordes pouvant mesurer jusqu'à 167 mètres. Des cordes plus petites y étaient rattachées et il y avait plus de 500 participants dans chaque équipe. Chaque côté était encouragé par sa propre équipe de tambours[1].

En Inde, des découvertes archéologiques font remonter la présence du jeu au XIIe siècle sur la côte est du sous-continent, sur ce qui est aujourd'hui l'état d'Orissa. Un bas-relief de l'aile ouest du célèbre temple du Soleil à Konark semble dépeindre une épreuve de tir à la corde[2]. Le jeu tient encore une place traditionnelle dans de nombreuses régions d'Inde.

Tir à la corde entre asuras à gauche et devas à droite. Vishnu est au centre, au-dessus de sa tortue Kurma, Les Apsara et Indra sont en haut de la scène.

Au Cambodge le bas-relief de Samudra manthan, au sein du complexe d'Angkor Vat semble représenter un tir à la corde entre asuras et devas.

En Europe, le tir à la corde aurait été popularisé par le milieu naval au XIXe siècle.

Au Japon, des festivals de tirs à la corde traditionnels (大綱引き ōtsunahiki) sont organisés dans de nombreuses préfectures. Certains de ces évènements sont classés au patrimoine immatériel culturel japonais. Les cordes utilisées peuvent mesurer plusieurs centaines de mètres.

Depuis 1987, deux villes japonaises, Hamamatsu et Iida, en frontière des préfectures de Shizuoka et Nagano, s'affrontent annuellement dans un match de tir à la corde nommé la « bataille de la prise de la passe montagneuse » (峠の国盗り綱引き合戦). L'enjeu symbolique est la frontière officieuse entre les deux préfectures en ce lieu, qui avance à chaque fois d'un mètre dans le camp défait.

En Corée du Sud et au Japon, le tir à la corde (줄다리기 Juldarigi en coréen, 綱引き Tsunahiki en japonais), est un évènement indispensable des festivals sportifs dans les écoles.

En Indonésie, le tir à la corde ("Tarik Tambang") est un sport populaire. Des matchs sont tenus dans de nombreuses occasions, tels que la fête d'indépendance indonésienne, ou les festivals d'écoles.

Version moderne du jeu[modifier | modifier le code]

Le jeu est introduit dans sa version moderne aux jeux olympiques de 1900 à 1920.

La TWIF, fédération internationale de tir à la corde (Tug of War International Federation en anglais), organise régulièrement des championnats internationaux en salle et en plein air.

Règles modernes officielles[modifier | modifier le code]

Deux équipes de huit personnes, dont le poids total ne doit pas excéder un poids décidé suivant la catégorie, s'alignent à chaque bout d'une corde d'environ 10 centimètres de circonférence. Deux lignes, espacées de 8 mètres, sont tracées. Une fois le jeu commencé, chaque équipe essaye de faire dépasser à l'autre sa ligne ou de faire chuter l'adversaire.

Le kadɔdɔ[modifier | modifier le code]

En Afrique, des pratiques sociales de référence comme le tir d’ourse d’eau ou de gourde d’eau du puits, le tir de filets de pêche de la mer, certains travaux champêtres et de construction des abris ont donné vie au kadɔdɔ qui se pratique par des adultes lors des fêtes surtout traditionnelles et par des enfants en guise de jeu. La pratique du kadɔdɔ en Afrique remonte donc à l’époque où les hommes et les femmes décidèrent de se sédentariser (entre le IXe siècle et VIIIe siècle av. J.-C.).

Règles proposées[modifier | modifier le code]

En 2011, un enseignant en didactique à l'Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS) de Lomé, Attidokpo Koffi Mawoutor, propose les règles suivantes.

Deux équipes de six personnes, dont le poids total ne doit pas excéder un poids décidé suivant la catégorie, s’alignent à chaque bout d’une corde de 3 à 4 centimètres de diamètre et de 14,50 à 15 mètres de long. Deux lignes, espacées de deux mètres, sont tracées entre les deux équipes qui se font face. Une fois le signal donné par un arbitre qui est assisté d’un second arbitre, chaque équipe essaye de tirer (traquer) l’adversaire en vue de le faire faire un déplacement d’au moins deux mètres.

Si, au bout de deux minutes, aucune équipe ne parvient à déplacer son adversaire d’au moins deux mètres, la partie sera reprise mais l’équipe qui aura l’avantage sur la distance à l’instant « t » égal à deux minutes, gagne un point. Si, après la deuxième reprise et au bout de deux minutes, aucune équipe ne parvient à déplacer son adversaire d’au moins deux mètres, la partie sera une fois de plus reprise mais l’équipe qui aura l’avantage sur la distance à l’instant « t » égal à deux minutes gagne un point.

Si, après la troisième reprise et au bout de deux minutes, aucune équipe ne parvient à déplacer son adversaire d’au moins deux mètres, l’arbitre siffle la fin de la partie tout en accordant un point à l’équipe qui aura l’avantage sur la distance à l’instant « t » égal à deux minutes.

Mais lorsqu’une équipe A parvient à tirer l’adversaire B d’au moins deux mètres, l’arbitre siffle la fin de la partie et accorde trois points à cette équipe A et l’équipe B n’a aucun point.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Henning Eichberg : Vers une philosophie des jeux populaires. In: Joël Guibert & Guy Jaouen (éds.): Jeux traditionnels. Quels loisirs sportifs pour la société de demain ? Vannes/Gwened : Institut Culturel de Bretagne, 2005

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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