Rap politique

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Le rap politique (ou rap conscient) est un style de rap se caractérisant par la dimension politique de ses paroles et ses thématiques sociétales, de l'expression d'une parole, d'un engagement et d'une pensée individuelle. Il s'agit d'une pratique consciente, politisée et engagée, volonté d'exprimer une vision du monde qui souligne plus particulièrement les inégalités.

En France[modifier | modifier le code]

En 2013, l'association Acrimed (Action critique médias) a publié un article, concernant le rap indépendant et engagé politiquement, « à partir du travail de deux artistes, ROCé et Keny Arkana, sur la critique parfois virulente des médias dont il peut être porteur »[1].

L'exemple de MC Solaar[modifier | modifier le code]

Le rappeur Mc Solaar est un exemple de singularité dans le rap et sa pratique, pouvant être aussi bien appelé « politique » que « engagé ». Singulier, car Solaar a créé son propre style de rap basé sur l’allitération constante avec les mots, un jeu fondé sur les sons qu'ils induisent et le sens qu'ils provoquent chez son auditoire (exemples : Dévotion, Prose Combat 1994) mais aussi un style basé sur une idée de la politique vu sur le point de vue de la solidarité, de la critique des privilèges et d'une aspiration à un certain pessimisme quant à l'action humaine et ses conséquences dans l'Histoire (La concubine de l'hémoglobine, L'histoire de l'Art, dans Prose combat, mais aussi Solaar Pleure dans Cinquième As). Nous pouvons aussi voir dans le rap engagé et politique de Mc Solaar, des critiques négatives envers la colonisation française (Les Colonies, Cinquième As), sur la mondialisation économique, sur la politique d'émigration, sur la cohésion sociale, sur l'amour et les relations hommes-femmes.[travail inédit ?]

À Paris[modifier | modifier le code]

Le 18e arrondissement[modifier | modifier le code]

Le 18e arrondissement de Paris est une mosaïque de quartiers populaires au nord du centre ville parisien : Barbès, Marcadet-Poissonniers, rue de la Goutte d'Or, Porte de la Chapelle, Clignancourt

À la fin des années 1980, cet arrondissement a vu la naissance du groupe Assassin composé à l'époque de Rockin' Squat, Solo, DJ Clyde et Doctor L. Le rap français étant très jeune à cette époque, le groupe lui offrit une conscience, un esprit. La scène Hip-Hop du 18e arrondissement est marquée par son désir d’underground : les rappeurs ne signent que rarement sur des majors.

Voici plusieurs rappeurs, engagés politiquement, originaires de cet arrondissement de Paris :

Le 93[modifier | modifier le code]

Comme tous les départements qui ont vu fleurir des grands ensembles durant les années 1960 en France, la Seine-Saint-Denis, appelé « 9-3 », se caractérise par un phénomène de ghettoïsation unique.

La présence du rap politique y est grande. Cela est-il dû à la présence du groupe de rap de la ville de Saint-Denis : NTM . Partout en France, et surtout dans le 93, le groupe a marqué plusieurs générations de jeunes de quartiers avec des titres comme Police ou Qu'est-ce qu'on attend ?.

Voici quelques rappeurs, engagés politiquement, qui viennent du 93 :

L'Est parisien[modifier | modifier le code]

Il s'agit du 11e arrondissement, du 19e arrondissement et du 20e arrondissement de Paris. L'Est parisien est un ensemble de quartiers populaires (Belleville, Porte de Bagnolet, Place des fêtes, Ménilmontant, Pére-Lachaise, La Roquette, Stalingrad…).

Si la scène du rap politique n'y est pas aussi forte, ce sont tout de même les quartiers qui ont vu naître avant tout le rappeur (Danube 19e arrdt), et le collectif C.M.P (Comité de la Mafia Parisienne) dont le rappeur Rost est originaire ainsi que le collectif ATK.

Le reste de l'agglomération parisienne[modifier | modifier le code]

Ailleurs en banlieue parisienne ou à Paris intra-muros, beaucoup d'endroits abritent de fortes scènes hip-hop à conscience politique. Parmi eux, notons les scènes rap de Mantes-la-Jolie (dans les Yvelines), de Chelles (en Seine-et-Marne) et de Vitry-sur-Seine (dans le Val-de-Marne).

Voici d'autres rappeurs parisiens à conscience politique :
  • Pyroman
  • Rapaces (groupe)[2] (93 - 77). Ce groupe a publié dès le début de la généralisation de l'internet en France, ses albums en téléchargement libre ( "pôle rap anti-marchand " )[3]. Le groupe publie irrégulièrement des communiqués de type politique sur son site. Ils ont annoncé avoir rompu avec la CNT-Vignoles-RP [4] et être proche des idées "situationnistes" de Raoul Vaneigem et des idées de René Riesel. Ils sont connus pour avoir (dé)montré sur leur site, l'apparition de groupe de rap d'extrême droite (l'infiltration du rap par les néo-nazis). Ils ont une position "anti-léniniste" et pour les conseils ouvriers qui leur fait critiquer les partis et syndicats d'extrême gauche français (PT, LO, LCR ).
  • La Rumeur

Marseille[modifier | modifier le code]

Le Rap dit "politique" de Marseille se différencie du "Parisien" par des messages moins centralisés sur les problèmes de banlieue, et plus "internationaux" (comme Keny Arkana, ...), ou sur les problèmes culturels (Akhenaton et Shurik'n du groupe IAM...)[non neutre].


Le centre-ville[modifier | modifier le code]

Malgré le fait que beaucoup de rappeurs viennent des quartiers nord (principalement de 13-14-15-16e arrondissement[réf. nécessaire], la scène du centre-ville de Marseille est vivante : les quartiers du Panier, du Cours Julien, de Belsunce la Viste les Riaux et de Félix Pyat regorgent de rappeurs.

Tous ces rappeurs possèdent une conscience politique, parmi eux :

Lille[modifier | modifier le code]

Pendant les émeutes de banlieue en 2005, Axiom écrit (après Boris Vian et Renaud) "Ma lettre au Président" dont l’accompagnement est samplé sur La Marseillaise. Il s’en prend alors à Nicolas Sarkozy et à la classe dirigeante en général et reprend un thème : l’appel à une VIe République. Il reçoit des lettres dont une réponse du président Jacques Chirac. Il est alors considéré comme un porte-parole des quartiers populaires, considération qu'il refuse.

Depuis 2012, le rappeur TripHop (fondateur du crew LollipHop) amène de nombreux titres de rap conscient underground, peu orientés politiques.

Le reste de la France[modifier | modifier le code]

Ailleurs en France, il existe de nombreuses scènes hip hop à conscience politique, notamment au Havre avec La Boussole, et (Médine), à Blois (Jabs), à Saint-Pierre-des-Corps (Kitchao) à Strasbourg Sans Pitié et Antalzik, à Metz avec Mysa, à Nantes avec Vents d'ale ou Insolite, à Angers avec kifrao, Alakyn, à Poitiers avec l'Inconscient Mc, Slavefarm ou Cellule X. En Moselle, près de la frontière Allemande, le rap antifasciste est présent avec Soledad, dont K-Listo fait partie. À Saint-Étienne avec Collectif Mary Read, Eska crew, Golem Of Flesh, La Cinquieme Kolonne, Piloophaz, Fisto, Arom, Defré Baccara. À Toulouse, Tchad Unpoe, plus récemment le groupe POLYCHROME7, le sarrazin crew. Dans le 34, le groupe Tour clan originaire de La Paillade à Montpellier, les grandes gueules de Sète (notamment Demi Portion), NSM Muzik le label indépendant de Béziers (Angelo, Dals, Etano, Dbiss) et Maro Clan représentent la scène consciente du rap Héraultais. A Vannes, Darez et son crew. Le rap conscient est aussi présent en Corse avec le groupe Spiri2all. On peut également rajouter la scène rap Lyonnaise. À titre d'exemple, on peut citer Soul Connexion qui a publié en 2007 un livre (avec CD) aux éditions Inclinaison dont le titre illustre bien leur démarche :"De la révolte à la conscience - Parcours Rap". On trouve aussi du rap conscient sur Reims (51100) : le groupe H.S.H. tandis que H.S.H est plutôt dans la dénonciation du nouvel ordre mondial.

Parmi les groupes inscrit dans la mouvance consciente et politique, on peut notamment citer : Le Monaster, Jazzkor, Trijas, Cartel Export, Maux2Passe, R.A.S, Casus Belli, FRVsens, Il Faro (Aquitaine)…

Critiques[modifier | modifier le code]

Kamini, le rappeur de Marly-Gomont, moque cette distinction dans son titre "Les Raps", de l'album "Extraterrien" (2009).

Une scène politique presque exclusivement Cysgenrée[modifier | modifier le code]

Comme nombre de mouvements culturels ou politiques, en particulier francophones, le Rap politique reste dans l’hexagone le fruit de personnes mâles et hétérosexuelles à destination d'un public mâle et hétérosexuel. Dans le même ordre d'idées, outre les attitudes stéréotypées virilistes / macho, voire homophobes, qu'empruntent une part considérable des acteurs de cette scène, le Rap politique francophone limite sa "conscience politique" à distance des questions d'inégalité de genres, d'orientation sexuelle, voire parfois raciale (insultes "ACAB", "enculé", etc.). Quasiment seule à adresser les questions des rapports liés aux privilèges masculins et hétéronormés, Casey se démarque du reste de cette scène tout en sachant s'y créer des alliés tels que Zone-Libre.[interprétation personnelle]

Les États-Unis, les racines[modifier | modifier le code]

Le rap américain est la terre d'origine du Rap dit "politique". Aux États-Unis, le rap politique s'exprimera outre sur l'aspect social du morceaux "The message" de Grandmaster Flash, sur la violence, les armes et la drogue avec Public Enemy, le Wu-Tang Clan, DMX, Nas ou Mobb Deep, beaucoup d'artistes comme le groupe a Tribe Called Quest sont imprégnés des idées afro-centriste de la Zulu Nation impulsées par Afrika Bambaataa. Mais c'est sans doute à travers de Tupac et N.W.A qu'un nouveau style plus virulent de Rap engagés avec des morceaux tels que I Don't Give a F*ck de Tupac où il dit clairement "Fuck B.U.S.H" en parlant du Georges Bush père ou encore F*ck tha Police de N.W.A (ceux qui leur aura valu des plaintes d'hommes politiques et du F.B.I.) Certains raps "engagés" sont aussi caractérisés par les rapports courtois ou de proximité entretenus avec les religieux de la Nation of Islam (de Louis Farrakhan) ou des five por cent (et de divers autres mouvements politico-religieux).

New York[modifier | modifier le code]

Le premier morceau historique fort, considéré comme un véritable tournant est The Message de Grand master Flash and the Furious Five.Le morceau, de plus de 7 minutes musicales, possède un message conscient mais non virulent dans le ton, il reste musicalement très groovant et funky. L'importance de ce morceau n'est pas à négliger car il a changé à jamais la face du hip-hop. Il est à noter que Grand Master Flash a été le premier artiste à avoir été reconnu comme "« rappeur » et reste un modèle et un pionnier pour tous les styles de rap. Plus tard, cette dimension du rap se développera grâce à KRS-One et à Public Enemy. Plus récemment, il y a eu Dead prez et le rappeur Immortal Technique.

Le Bronx[modifier | modifier le code]

Terre de KRS-One, d'Afrika Bambaataa et de Kool Herc, le Bronx est marqué par une conscience politique dont aucun autre borough de New York ne peut se vanter.

Brooklyn, Queens, et Staten Island[modifier | modifier le code]

Dans la région à l'est de l'île de Manhattan dans New York, composé des boroughs de Brooklyn et du Queens, se trouvent des quartiers dont sont originaires Mobb Deep, Public Enemy, Dead Prez, Nas, Mos Def, et Talib Kweli ainsi que d'autres rappeurs à conscience politique.

Quant à Staten Island, il s'agit de l'île dont sont originaires la plupart des membres du célèbre Wu-Tang Clan.

Le reste des États-Unis[modifier | modifier le code]

Les villes du quart nord-est des États-Unis sont très marquées par ce style de rap (Philadelphie, Détroit, Boston…). Parmi les activistes du rap à dimension politique :

  • Mr. Lif de Boston (et dans une autre mesure Akrobatik & Insight). Le rappeur Eminem a également enregistré des chansons très virulentes à l'encontre de la politique de George W. Bush comme Mosh (« Soulevons-nous […] afin de désarmer cette arme de destruction massive que nous appelons notre président ») ou encore We As Americans.
  • le créateur du Gangsta rap : Schoolly D de Philadelphie tout comme The Roots (voir la pochette de l'album Things Fall Apart qui reprend une vieille photo de la ségrégation).
  • Chicago avec Common.

Le sud

La côte ouest.

La tradition de la bay-area (région de San Francisco) et de Oakland (banlieue de San Francisco), est clairement politique de par l'implantation des universités et de l'inspiration des contre-cultures underground (flower power, hippie, Yippie, beat génération, libération sexuelle et Black Panther Party).

  • Paris (de la baie de San Francisco).
  • The Coup également originaires de Oakland dont le leader Boots Riley affiche clairement ses revendications communistes dans ses paroles.

Récemment, de nombreux rappeurs originaires de Los Angeles se sont tournés vers une approche plus politique du rap.[réf. souhaitée]

Dans le reste du monde[modifier | modifier le code]

Le Hip-hop allemad (de), le rap italien, le rap espagnol, le rap anglais, le rap congolais, le rap québécois, le rap asiatique, le rap palestinien, le rap maghrébin, le rap portugais, le rap albanais[réf. nécessaire] La scène du rap dit "politique" est présente partout dans le monde.

Canaux audio ou audio visuels qui en diffusent[modifier | modifier le code]

Langue Pays Type de média Nom Titre de l'émission Streaming Année de mise à jour Commentaire
fr France Web TV Canal Street N/A oui Oui 2011 Filiale de Canal+.
fr France Radio Radio libertaire Réveil Hip hop. Sureshots. oui Oui 2011
fr France Radio Radio libertaire Les enfants de Cayenne[6]. oui Oui 2012
fr France Radio Skyrock Planète Rap (occasionnellement) oui Oui 1996 Cette radio diffuse le plus souvent du rap commercial, et plus rarement du rap politique.

En France, en 2011, sur les télévisions généralistes la culture hip-hop n’a plus d’émission consacrée depuis 1995[7] (émission RapLine). En 2012, France Ô a diffusé une soirée spéciale hip-hop[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Homophobie et phobie de genres dans les nouveaux mouvements musicaux:

http://blog.richmond.edu/rapmusic/2012/12/04/homophobia-and-gender-phobia-in-rap-music-the-new-movement/

  • "Dans ta face" sur le sexisme dans ce qu’on peut appeler le milieu politisé et militant:

http://rebellyon.info/?Dans-ta-face