Paso doble

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Couple de danseurs sur glace exécutant un paso doble

Le paso doble (de l’espagnol paso doble (sens identique), de paso (« pas ») et doble (« double ») est une musique à deux temps. Par extension, le paso doble est une danse de salon française sur une musique espagnole.

La musique[modifier | modifier le code]

La musique servant de base au paso doble est martiale. Elle est jouée lors des corridas au moment du paseo, pendant la faena et avant l'estocade.

Cependant, certains titres, comme El Relicario ou El Gato Montes, ont donné lieu à des variantes du type paso musette, dans le domaine des orchestres musette français.

Des réorchestrations de morceaux divers sont dansables en paso-doble (Don't Cry for Me Argentina, etc.)

Titres célèbres[modifier | modifier le code]

Article connexe : Musiques de corrida.

La danse[modifier | modifier le code]

Le paso doble fut à la mode dans les années 1920 et inventé en France par les chorégraphes Meyer, Hillion, David et Ronnaux. Toute la terminologie est d'ailleurs restée en Français. C'est l'une des danses les plus simples à apprendre au départ. Le pas de base est en effet un pas de marche (le danseur part du pied droit, la danseuse pied gauche en arrière. L'inverse est possible, mais le code anglais fait loi et enlève toute originalité). La tenue du couple est classique, mais il faut ensuite, pour adopter le style typique du paso, se souvenir que le danseur y joue le rôle du torero et la femme, celui de sa muleta. C'est pour cela que l'habit de lumière et l'attitude macho correspond bien au cavalier et la robe rouge et l'attitude provocante correspond à la cavalière. La scène finale du film Ballroom Dancing symbolise bien cet état de fait.

C'est dans le contexte des corridas d'Espagne (qui existent depuis le XVIIe siècle) qu'il faut situer les origines du paso-doble. L'entrée des toreros dans l'arène était accompagnée d'une musique au rythme marqué et au style martial. Au début du XIXe siècle, une danse se développa sur cette musique et dans cet esprit de corrida, lutte entre l'homme et le taureau. L'ensemble de la danse consiste donc en un jeu entre le danseur, sa danseuse et le taureau de combat imaginaire.

Le paso-doble passe rapidement les frontières de la France pour se développer et prendre tout son essor dans le sud de la France d'où il conquiert le reste du pays. C'est pour cette raison que de nombreuses figures de base du paso-doble portent des noms français : « sur place », « le huit », « la cape », etc. Ce n'est que plus tard que la codification du paso-doble a été internationalisée par les Anglais. C'est cette codification qui est utilisée dans le cadre des compétitions de danse sportive.

Chorégraphie[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

[1],[2],[3]

Le paso-doble fait partie des danses de compétition dans la catégorie des danses latines. À ce titre :

  • chacun est libre d'ajouter ses propres figures aux figures recensées
  • elle se danse en avançant la pointe du pied lors d'un nouveau pas (et rarement le talon, comme dans les danses standard telles que la valse et le tango)

Le paso-doble est une des rares danses où l'on peut marquer le pas selon le rythme musical qui est à 2 ou à 3 temps. À l'inverse de la valse où le pas est glissé ou du tango où le pas est simplement marché.

Les danseurs se font face pour le pas de base en position fermée (type latine) : le danseur met sa main droite dans le dos de sa partenaire (sous l'omoplate gauche) et sa main gauche à la hauteur des yeux de celle-ci, la danseuse pose sa main gauche sur l'épaule droite de son partenaire et sa main droite dans la main gauche de celui-ci. Le bras gauche du cavalier fait un angle marqué au niveau du coude, le bras droit de la cavalière en fait de même.

Principales figures[modifier | modifier le code]

[2],[3]

  • pas de base
  • pas chassé à droite
  • pas chassé à gauche
  • la cape : figure la plus typique du paso, ou au retour le couple a le bras arrière levé pour piquer le taureau
  • promenade-contre promenade, figure d'origine musette
  • promenade
  • promenade sixtine (= sur 16 pas)
  • double promenade
  • promenade tournée
  • 6 (pas) à droite
  • 6 à gauche
  • 8 à droite
  • 8 à gauche
  • séparation (avec le retour de la danseuse en pas chicken walk)
  • allers-retours (aller cote à cote, retour cote à cote)
  • allers-retours (aller cote à cote, retour tête-bêche)
  • allers-retours (aller tête-bêche, retour tête-bêche)
  • rotation danseuse à droite
  • rotation danseuse à gauche
  • le petit cheval où le danseur fait tourner de sa main gauche levée la danseuse autour de lui
  • pivot danseur à droite avec passage sous le bras de la danseuse
  • pivot danseur à gauche avec passage sous le bras de la danseuse
  • rotations en marchant
  • tour du monde où le danseur fait tourner la danseuse autour de lui
  • banderilles (figure encore appelée zigzag ou "pas de dentelle")
  • fall away (ou pas alternés)
  • le carré
  • natural twist turn
  • tour de valse

Exemple du pas de base[modifier | modifier le code]

Il se fait sur quatre temps, chaque étape (ici numérotées) durant un temps. Le départ se fait pieds joints.

Pour le guideur.

1 : Il commence par piétiner sur place du pied droit. 2 : Il avance le pied gauche devant lui faisant reposer le poids du corps sur celui-ci. 3 : Il ramène le pied droit contre le pied gauche et, sans le poser, il l’écarte tout de suite latéralement sur la droite (un temps en tout). 4 : Il assemble en ramenant le pied gauche contre le pied droit.

Pendant ce temps le guidé suit en symétrique.

1’ : Il piétine sur place du pied gauche. 2’ : Il recule le pied droit derrière lui. 3’ : Il ramène le pied gauche contre le pied droit et, sans le poser, il l’écarte tout de suite latéralement sur la gauche. 4’ : Il assemble en ramenant le pied droit contre le pied gauche.

Exemple de la figure Promenade-Contre promenade[modifier | modifier le code]

Cette figure est en trois temps. Il y a beaucoup de musiques de paso doble en trois temps qui ont été oubliées dans la danse sportive[réf. nécessaire]. La richesse de cette danse est d'allier des figures binaires à d'autres ternaires. En fonction de la musique en trois ou deux temps, les danseurs peuvent interpréter à leur manière en se calant sur les phrases musicales. Cela demande une culture qui fait défaut aux compétiteurs qui n'utilisent que des musiques « sur mesure » à deux temps. Ils ont oublié que la danse sportive est un avatar des danses de société (dites parfois "musette") et non l'inverse...[réf. nécessaire]

Le couple commence en position fermée (=face-à-face). Dans tout l'enchainement, G (le Garçon) et F (la Fille) sont dans des positions miroir.
1. G marque le pas du PD (Pied Droit) et F du PG (Pied Gauche). G fait 1/4 de tour à gauche et fait faire un 1/4 de tour à droite à F. En passant sa main droite dans le dos de F. Si F suit bien, elle passe sa main gauche dans le dos du G.
2. Le couple est maintenant en position ouverte (=cote-à-cote). Il avance d'un pas (G du PG, F du PD).
3. Le couple avance d'un nouveau pas (G du PD, F du PG) en refermant légèrement le couple en vue du 4.
4. G guide le couple pour lui faire faire un demi-tour (G vers la droite, F vers la gauche). Pour cela, il retire sa main droite du dos de F et avance sa main gauche dans le dos de F.
5. Le couple est toujours en position ouverte après son demi-tour. Il avance d'un pas (G du PD, F du PG).
6. Le couple avance d'un nouveau pas (G du PG, F du PD) en refermant légèrement le couple en vue du 1.
1. G guide le couple pour lui faire faire un nouveau demi-tour (G vers la gauche, F vers la droite). Pour cela, il retire sa main gauche du dos de F et en avance sa main droite dans le dos de F.
2. voir plus haut
Pour arrêter la figure, G remet le couple en position fermée au 4 ou au 1

Pour l'esthétique, on peut fléchir légèrement les genoux au 2-3 et 5-6. Et au contraire monter légèrement sur la pointe de pied au 1 et 4.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Joannis Deberne, Danser en société, Christine Bonneton,‎ mars 1999, 223 p. (ISBN 2-86253-229-0)
  2. a et b Guido Regazzoni, Massimo Angelo Rossi, Alessandro Maggioni, Guide des danses latino-américaines, Paris, Editions SOLAR,‎ mai 2000, 190 p. (ISBN 2-263-02979-6)
  3. a et b Anne-Marie FIGHIERA, 25 danses pour apprendre chez soi, Rambouillet, AMF Danse,‎ 1993, 316 p. (ISBN 2-9506937-1-7)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]