Popping

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Danseur de popping.

Le popping est une danse popularisée par les Electric Boogaloos dont le principe de base est la contraction et la décontraction des muscles en rythme. Le beat transpire à travers les contractions appliquées par le danseur à des moments bien choisis (les claps, les caisses claires…) qui lui permettent de s'approprier la musique. Le popping, tout comme le locking, est une danse faisant partie des funkstyles. En effet, ces danses ont fait leurs premiers pas sur la musique funk vers la fin des années 1970[1], et les années 1980[2], lorsque les Electric Boogaloo montraient au monde le style de danse qu'ils venaient d'inventer, notamment à travers des shows télévisés comme Soul train[3]. À présent, ce style se danse sur plusieurs autres styles de musiques comme le rap, le crunk ou le dancehall. Bien évidemment, le popping ne se limite pas à la seule funk ou G-funk, styles qui lui correspondent le mieux par leur beat lourd et régulier, dans la mesure où tout bon danseur peut s'adapter à n'importe quel style de musique.

Confusions fréquentes[modifier | modifier le code]

Le popping est souvent confondu avec d'autres styles de danse urbaine :

  • Tout d'abord, le popping n'est pas du break dance, ce dernier étant une danse new-yorkaise qui se danse au sol. Le popping est une danse californienne qui se danse debout.
  • De même, le popping ne se nomme pas smurf. D'après Bruce Ykanji, fondateur du championnat de danse Juste debout, le terme « smurf » est une invention française[4]. En effet, à l'époque où le popping est arrivé en France, personne ne savait comment le nommer. Ce nom serait tiré de la bande originale américaine du film Les Schtroumpfs (The Smurfs aux États-Unis), qui était titré Let's Do the Smurf (Imitons les Schtroumpfs) et dont le clip montre des poppers (danseurs de popping) ; un extrait diffusé au journal télévisé serait à l'origine de la méprise auprès du grand public.
  • Rappel : le popping n'est pas du hip hop. Le popping a pris vie dans l'ère funk et les influences du popping (boogaloo, struttin, robotin) ont commencé dans l'ère soul (début et mi années soixante), tandis que le hip hop est venu beaucoup plus tard (années 1980). Et la danse hip hop n'est pas apparue au début de sa culture mais plutôt vers la fin des années 1980.

Principe du popping[modifier | modifier le code]

Le popping repose sur trois principes de base : les hits, l'isolation et les angles.

  • Les hits, ou contractions, comme nous l'avons cité plus haut, sont la contraction des muscles du corps en rythme sur des parties clé de la musique. Il ne s'agit pas de contracter à tout bout de champ au risque d'enlever tout le groove de la danse. Chaque morceau de musique a été réfléchi, il serait ainsi dommage de ne pas réfléchir à son tour lorsque l'on danse dessus. Par conséquent, il faut tenter de trouver les parties clés de la musique afin de pouvoir y placer quelques figures spéciales (ticking par exemple), ou appliquer ses hits correctement (caisse claire, claps, etc). Le corps étant composé d'un grand nombre de muscles, l'impact visuel des hits paraitra encore plus fort si l'on arrive à contracter un grand nombre de muscles (jambes, torse, bras, et même gorge), avec style, bien évidemment.
  • L'isolation provient du robotting, qui comme son nom l'indique est une technique de mime consistant à imiter la gestuelle d'un robot. Il s'agit de pouvoir isoler chaque partie de son corps pour pouvoir l'activer indépendamment des autres afin de créer un certain effet visuel. On retrouve ce principe de base dans de nombreux mouvements tels que le neck-o-flex qui repose sur l'isolation de la tête par rapport au reste du corps.
  • Enfin les angles, surtout mis en pratique dans le tutting, consistent tout simplement à bouger ses membres avec esthétique. En effet, l'effet visuel est plus appréciable lorsque les mouvements sont effectués avec des angles bien choisis.

Mouvements de base[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs mouvements de base dans le popping :

Nous pouvons citer par exemple le twisto-flex qui consiste à tourner séparément la tête, le corps et les jambes dans des ordres différents.

Un autre de ces mouvements est le neck-o-flex, qui lui est très similaire. Celui-ci consiste à tourner uniquement la tête et le reste du corps, mais lorsqu'on tourne une de ces parties on doit le faire tourner de 180°. Le walkout est un pas de base avec de nombreuses variantes qui consiste à se déplacer avec un certain groove, se référer à l'explication de boogaloo sam[5]. Les techniques de gliding exploitées par Michael Jackson qui comprennent le moonwalk et autres airwalk.

Le tutting, que l'on appelle en français tetris, consiste à effectuer des mouvements anguleux et rapides avec ses mains à la manière des dessins égyptiens[6].

Historique[modifier | modifier le code]

Histoire du popping, un débat houleux[modifier | modifier le code]

Il est difficile de dater et d'accorder une paternité exacte à tel ou tel mouvement. Officiellement, le popping a été créé aux environs de 1978 par les Electric Boogaloos, et en particulier par le fondateur de cette compagnie, Boogaloo Sam. Cependant, une danse extrêmement similaire se dansait déjà dans les rues de San Francisco et d'Oakland depuis le début des années 1970, comme le prouve l'existence de groupes tels que Close Encounter of the Funkiest Kind.

Dès lors, il est épineux de dire qui est à l'origine de cette danse, vu que les deux partis affirment avec la même ténacité leur version respective. Vouloir entreprendre un historique neutre est tout aussi ardu, puisque ces mouvements de danse ont été inventés par des danseurs la plupart du temps anonymes, ou ayant à peine déformé le mouvement d'un autre danseur (pas assez pour l'avoir inventé pour certains)…

Quand cette danse est apparue au grand public dans les années 1980, elle sembla nouvelle à l'opinion populaire, mais ses racines sont en réalité fortement ancrées dans les différentes couches d'immigration américaine qui, venues du monde entier, ont chacune apporté de l'eau à son moulin.

Robert Shields[modifier | modifier le code]

Bien qu'étant un mime et non un danseur, Robert Shields a fortement inspiré le popping. Lui et sa compagne Lorene Yarnell se produisaient dans des spectacles de rue (principalement à Union Square à San Francisco dans les années 1970) durant lesquels ils perfectionnèrent l'art du robot. Shields inspira énormément les danseurs pour son habileté à isoler des parties de son corps, ses blocages et ses séquences d'articulation.

Différents styles[modifier | modifier le code]

Animation[modifier | modifier le code]

Style très populaire au Japon, comme le démontre le niveau des crews tels que U-min[7] ou Hamutsun Serve[8], plus qu'une danse, il consiste à faire vivre la musique à travers la danse à un point extrême si bien que le visuel et l'auditif se confondent.

Ticking[modifier | modifier le code]

Le ticking est une technique qui consiste à contracter ses muscles à une vitesse élevée, toujours bien sûr en restant en rythme.

Robot[modifier | modifier le code]

Style plus mainstream que le popping car visuellement plus facilement appréciable par les non-initiés, ce style est souvent confondu avec le popping. Cependant, le robot est un style qui n'a pas nécessairement besoin du pop, il peut ce faire avec plusieurs autres techniques: le popping, le bopping et le dime stopping. Ce style, comme son nom l'indique, consiste à imiter un robot, il s'agit donc d'un style très compact, demandant beaucoup d'isolations.

Bopping[modifier | modifier le code]

Ce style ressemble beaucoup au popping, mais a une technique différente de celui-ci. Le bopping utilise les articulations du corps pour donner un effet du pop ou plutôt de vibration. Un exemple: imaginons un bras en mouvement qui s'arrête brusquement. Un popper va tout simplement contracter ses muscles pour donner un effet, tandis que celui qui pratique le bopping va arrêter son mouvement et rajouter une petite vibration à son bras par une petite secousse.

Waving[modifier | modifier le code]

Le waving consiste à faire des vagues (waving = ondulation) avec son corps. Ne pas confondre avec le boogaloo qui pourrait sembler être le même principe.

Boogaloo[modifier | modifier le code]

Le boogaloo consiste à "rouler" les articulations du corps principalement les genoux. Ce style est souvent associé au popping, avec lequel il se combine très bien (beaucoup de gens le confondent d'ailleurs ces deux styles); il a été rendu très populaire par le groupe Electric Boogaloo. Il est important de faire la différence entre ces deux styles, dont l'un utilise comme technique la contraction des muscles (popping), tandis que l'autre est basé sur la rotation des articulations (boogaloo).

Attention : à ne pas confondre avec le locking qui est basé aussi sur la rotation du corps mais qui est plus "boogie"

Tutting (ou tetris)[modifier | modifier le code]

Le tétris fait référence au jeu d’arcade et se définit par des mouvements à angle droit. On appelle aussi ça l'égyptien. Il s'agit de jeux de bras que l'on enchaîne en rythme seul ou à plusieurs pour dessiner des figures.

Le symbole de cet art est nommé pharaon.

Fillmore[modifier | modifier le code]

Le fillmore est un style qui joue avec des positions d'origine militaire, comme le fait de porter une main à sa tempe. À la différence des autres styles, il est possible d'utiliser ce style sans forcer vraiment le 'hit' lors des temps.

Liquid pop[modifier | modifier le code]

Les informations à propos du liquid pop restent relativement floues. Cependant, le style est apparu dans les années 1990 dans les raves. Ce style de danse s'est développé avec la montée des technologies sonores de plus en plus puissantes et les sons de plus en plus psychédélique. L'ouverture vers des nouvelles possibilités de musique et la trance a joué un rôle majeur.

Ce style de danse consiste à imaginer un fluide ou une énergie passant partout dans le corps, créant des grosses et petites ondulations très fluides, lentes et rapides donnant l'impression d'être liquide d'où le nom « liquid ». Liquid pop c'est le mélange des deux styles. Cependant les styles se mélangent de plus en plus et le liquid devient donc un concept tout comme le popping, waving ou gliding.

Ces danseurs sont rares en France, ils sont surtout dans les raves ou tout festival électronique.


Références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. Electric Boogaloos '83
  3. http://www.youtube.com/watch?v=EFIrhf8HLWw
  4. DVD Dance Monsters, world poppin' lockin' side
  5. http://www.youtube.com/watch?v=ocVA4Fg93nQ
  6. Vidéo du russe Edgor Volnorez
  7. http://www.youtube.com/watch?v=3JP0WNYnhK4&feature=related
  8. http://www.youtube.com/watch?v=-wAAHC9vo3M


Annexe[modifier | modifier le code]