Histoire de la Transylvanie

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L'histoire de la Transylvanie comprend :

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de Transylvanie (en roumain : Ardeal et Transilvania, en hongrois : Erdély et en allemand : Siebenbürgen) apparaît au Moyen Âge. Le territoire désigné par ce nom a varié dans le temps : son cœur historique correspond à une région située au cœur de la Transylvanie actuelle, en Roumanie, mais a parfois été bien plus étendu, notamment pendant la période où elle fut un état quasi-indépendant (1526-1699).

Comme la toponymie, ses diverses appellations (et leurs origines supposées) témoignent de la présence millénaire sur ce territoire de populations de langues latine (Roumains), finno-ougrienne (Hongrois, Sicules), ou germanique (Saxons) :

  • en latin et en roumain Transilvania (forme moderne), Transsylvania, qui apparaît dans un document latin en 1075, sous la forme ultra silvam (« au-delà de la forêt ») ;
  • en hongrois : Erdély (au XIe siècle graphie Erdeelw = en alphabet moderne erdő elü[1]), mot correspondant au sens « au-delà de la forêt » des noms latins et formé de
    • erdő « forêt » en position de complément de nom, donc « de la forêt »
    • el, en hongrois ancien « (partie) de devant ; qui s'éloigne », d'où « (région) au-delà »[2] ;
  • en roumain Ardeal, forme traditionnelle encore usitée par les Roumains d'aujourd'hui,
  • en allemand : Siebenbürgen (« sept places fortifiées »). Celles-ci sont : Kronstadt, Schäßburg, Mediasch, Hermannstadt, Mühlbach, Bistritz et Klausenburg.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les sites archéologiques préhistoriques de Transylvanie appartiennent aux cultures du Danube (en), de Starčevo, de Vinča et de Halstatt, montrant des échanges commerciaux multiples et à longue distance : l'or transylvain des Carpates a été retrouvé jusqu'en Crète, tandis que de l'obsidienne méditerranéenne est présente en Transylvanie.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Bracelet en or avec têtes de taureaux provenant de Transylvanie (Âge du Bronze)
Médaille frappée par les Romains à l’occasion de la fondation de la province de Dacie.

La région était, dans l’Antiquité, le centre politique du royaume des Daces, les Thraces du nord, avec comme capitale Sarmizégetuse. En 106, elle est conquise par l’empereur romain Trajan (Marcus Ulpius Nerva Traianus) et devient la province de Dacia Felix, avec pour capitale Sarmiségetuse Trajane. Cette province romaine ne correspondait que partiellement aux limites de la future Transylvanie du Moyen Âge. Ce sont essentiellement l’or et le sel gemme des Carpates qui motivèrent la conquête romaine.

Après le départ des Romains en 271, la région entre dans une longue période de « diète documentaire » pour les historiens, car les sources écrites se raréfient comme partout en Europe. Néanmoins, une présence chrétienne est bien attestée à partir du VIIe siècle, tandis que toponymie et linguistique montrent une longue cohabitation de populations d’origines diverses.

Antiquité tardive et haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Les pays traditionnels transylvains (hongrois szeg ou főld, roumain țări : ceux fondés par des roumains sont dits « valachies » pour les distinguer des « sklavinies » slaves). Principauté de Transylvanie en rose, voïvodat de Marmatie en bleu, région de Satu Mare en vert, régions de Sălaj, Bihor et Zărand en jaune, Banat en violet.
Carte hongroise du XIXe siècle illustrant la « Gesta Hungarorum ».
Carte hongroise de la Hongrie et ses vassaux au XIIe siècle.
Carte hongroise de la Hongrie et ses vassaux au XIIIe siècle - la Transylvanie et la Marmatie en rose, les Sicules en orange, les Saxons en vert pâle.
Carte de la Hongrie orientale et de la Principauté de Transylvanie aux XV-XVI siècles.

Sources[6] :

La « diète documentaire » concernant les années 271-1100 est appelée « siècles obscurs » par les historiens hongrois et allemands, et « âge pastoral » par les historiens roumains. L’archéologie montre que le pays était peuplé et que le christianisme y était présent, mais quelles langues y parlait-on ? La toponymie laisse penser que différentes ethnies y ont cohabité entre le IIIe et le Xe siècle. S’y succédèrent des Huns (confédération à dominante turcophone), des Gépides (germanophones), des Avars (autre confédération turcophone), des Slaves (slavonophones), des Bulgares (confédération à composantes iranienne et turque), des Iasses (Alains iranophones)… Un exemple connu pour l’archéologie du temps des grandes migrations est constitué par les tombes gépides d'Apahida. Quant aux populations romanisées autochtones, Eutrope écrit qu’elles se sont repliées au sud du Danube et c’est la thèse adoptée par l’historiographie hongroise moderne ; les historiens roumains en revanche affirment que ces populations ont au moins partiellement persisté, et se basent sur la toponymie des montagnes et la linguistique (si l’aroumain a évolué au contact direct de la langue grecque, le roumain pour sa part a reçu ses mots grecs par l’intermédiaire bulgare, ce qui montre qu’il a évolué au nord du Danube).

Les résultats des recherches archéologiques et toponymiques indiquent que depuis 1500 ans, les latinophones, les slavophones et les autres ont vécu étroitement mêlés sur un territoire beaucoup plus vaste que la Transylvanie, allant de l'Adriatique à la Mer Noire et de l'actuelle Ukraine au centre de l'actuelle Grèce. Les données toponymiques montrent que les latinophones étaient, à la manière des Romanches, des Ladins, des Frioulans, des Istriens et des Dalmates, localement majoritaires autour de certains massifs montagneux tels que les chaînes Dinariques, le Pinde, les Balkans occidentaux, le massif du Bihor, les Carpates et le Macin. Dans les plaines entourant ces massifs, la population était majoritairement slave. Ces populations vivaient en petites communautés agro-pastorales attestées par les sources de l'époque[7] : du VIe siècle au début du Xe siècle, la future Transylvanie est une mosaïque de « canesats » locaux slaves et roumains, appelés « Sklavinies » ou « Valachies », placés sous les dominations successives, mais plutôt nominales des Avars et des Bulgares. « Canesatus » dans les chroniques traduit le mot slave kniaz : « prince ». Ces petits duchés étaient dirigés par des « joupans », ou par des « boyards ». Outre le pastoralisme, ils tirent leurs ressources du commerce du bois, du sel et de l'or des Carpates, comme en témoignent les objets et les monnaies trouvées dans les tombes. L'habitat est dispersé, mais en cas d'invasion, les habitants mettent leurs biens à l'abri dans leurs « posadas » (mot roumain désignant d'étroits passages fortifiés par des palissades en bois entourant des clairières cachées au cœur des forêts), grimpent sur les hauteurs et de là, harcèlent et bombardent les envahisseurs de flèches, rochers et billes de bois[8].

Village « valaque » traditionnel en bois de Transylvanie.

De l'osmose entre romanophones et slavophones sont issus les Roumains actuels et une partie des Serbes, des Bulgares et des Hongrois actuels, tandis que les Aroumains des Balkans ont, eux, subi très peu d'influences slaves, ce qui montre que Roumains et Aroumains ne descendent pas les uns des autres mais ont, au moins depuis le Xe siècle, évolué séparément. L'osmose linguistique en Transylvanie est démontrée par la toponymie : par exemple, la bourgade de Săvădisla/Szent-László vient du slave Sveti Vladislav (saint Ladislas), tandis que le pays de Târnava a en roumain un nom slave et en hongrois un nom d'origine finno-ougrienne (Küküllő) (signifiant respectivement « épineux » et « prunier »). Les noms des montagnes (Pietrosu, Găina, Codru, Pleșu, Căpățâna, etc.) sont presque tous d'origine latine, comme la rivière Arieș (en hongrois Aranyos) qui tire son nom du latin Auraneus (« doré », en référence à l'orpaillage) ; les noms de beaucoup d'autres rivières sont hérités de l'antiquité. Néanmoins, les noms finno-ougriens dominent le long de ces mêmes fleuves et dans les plaines, ce qui montre que des populations magyares étaient préférentiellement implantées le long des grands cours d'eau et dans les zones de végétation ouverte. De leur côté les Valaques (comme on appelait alors les latinophones) dominaient sur les piémonts (dans les romanies populaires de Marmatie, Oaș, Crasna, Sălaj, Lăpuș, Năsăud, Gurghiu, Toplița, Vlăhița, Bihor, Zărand, Moților, Caraș, Vâlcu, Montana, Hațeg, Petroșani, Amlaș, Cibin, Făgăraș et Bârsa) où ils s'adonnaient à l'élevage extensif, surtout ovin (c'était encore le mode de vie traditionnel de la plupart des Roumains transylvains au XIXe siècle).

Installation des magyars en Transylvanie[modifier | modifier le code]

Selon la Gesta Hungarorum, Gelou aurait été le premier dux des Valaques et des Slaves de Transylvanie, vaincu et tué par les Magyars au Xe siècle en 900 ou 903, et son duché se serait soumis au traité d'Esküllő (aujourd'hui Aşchileu, au nord-ouest de Cluj), mais la fiabilité de cette source est contestée[9]. Quoi qu'il en soit, à partir du XIe siècle, les Magyars, peuple parlant une langue du groupe finno-ougrien venu du nord de la Mer Noire (pays d'Etelköz) et installés à la place des Avars au centre du bassin danubien, étendent progressivement leur emprise jusqu'aux chaîne des Carpates, y compris sur les montagnes de l'Est (massif du Bihor), puis sur ce qui devient alors la Transylvanie (Erdély en hongrois, littéralement : « pays au-delà des forêts »). Ils évincent les Bulgares de ces régions et soumettent les populations locales majoritairement slaves et valaques : le slavon bulgare reste néanmoins la langue officielle de la noblesse et de l'église (orthodoxe) de Transylvanie, qui relève de l'éparchie de Turnu-Severin, elle-même rattachée par périodes aux patriarcats orthodoxe d'Ohrid, de Peć ou directement de Constantinople (voir histoire de l'église orthodoxe en Roumanie). Lors du schisme de 1054 les Magyars, appelés « Hongres » ou « Hongrois » par confusion avec leurs alliés Onoghours, adoptent majoritairement la forme catholique du christianisme : l'évêché catholique d'Alba Iulia est fondé au XIe siècle, pour contrer l'orthodoxie de la population. Par alliances, par mariages ou par la force, les « canesats » sont intégrés au système féodal hongrois : certains deviennent des banats, d'autres sont rattachés aux comtés (megye) hongrois, d'autres encore sont organisés en voïvodats comme la Marmatie et la Transylvanie. La noblesse slave ou roumaine est progressivement magyarisée, notamment par passage au catholicisme.

Outre les Magyars, les nouveaux seigneurs hongrois sédentarisent dans la partie orientale de la Transylvanie, le long des Carpates orientales, des mercenaires, les Sicules (en hongrois székelyek, en roumain secui, en allemand Szekler), colons aux origines incertaines (finno-ougriennes ? turques ? mongoles ?). Ce « peuple d'hommes libres » de langue hongroise devient lui aussi catholique, et prend en charge la garde des frontières.

La Principauté et le Grand-duché de Transylvanie[modifier | modifier le code]

Du XIe au milieu du XIXe siècle, la Transylvanie est dotée de ses propres institutions et lois, autonome par rapport au royaume de Hongrie mais vassale de celui-ci. Son statut est celui d’un voïvodat jusqu’au XVe siècle, puis d’une principauté. Après 44 ans d’indépendance de 1526 à 1570, elle devient vassale de l’Empire ottoman entre 1570 et 1699, puis de la monarchie de Habsbourg, qui règne sur la Hongrie, à partir de 1699.

Article détaillé : Principauté de Transylvanie.

En 1711, la principauté devient un grand-duché, toujours au sein de la monarchie des Habsbourg. La Transylvanie militaire est créée en 1762. La région est intégrée avec le royaume de Hongrie à l’empire d'Autriche en 1804.

Article détaillé : Grand-duché de Transylvanie.

En Autriche-Hongrie après l'abolition du Grand-duché[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transylvanie austro-hongroise.

Après 1867 et le compromis austro-hongrois, les Hongrois ont carte blanche pour réorganiser la partie de l'Empire qui leur est dévolue (Transleithanie) : ils construisent le projet de la « Grande Hongrie unitaire ». En Autriche-Hongrie, la Principauté de Transylvanie, rattachée à la Hongrie, disparaît définitivement des cartes et des institutions, pour ne subsister que comme titulature des Habsbourg en tant que rois de Hongrie (1867-1918). Le territoire hongrois ainsi agrandi est découpé en « comitats » (megyek) uniformes (1876). La diète de Szeben, renvoyée par l'empereur dès 1865, est remplacée par une diète à Kolozsvár qui s'auto dissout (1868). Le Parlement est désormais à Budapest.

Après une première période plutôt conciliatrice[10], le gouvernement hongrois mène en Transylvanie une politique de magyarisation de plus en plus poussée et agressive (elle culmine en 1907 avec la Loi scolaire Apponyi) dans une province constituée, à l'époque, d'environ 55 % de Roumains, 10 % de Saxons et 35 % de Hongrois. Cette politique aboutit à un effet contraire à celui recherché : les manifestations identitaires tant roumaines que saxonnes se renforcent. Les associations nationales de tout type (sport, arts, culture, banque) se multiplient, comme partout en Europe centrale.

Autonomistes roumains de Transylvanie en 1894, à l'occasion d'un procès intenté contre eux pour trahison par l'État hongrois (procès du Memorandum).

Du côté roumain, après une période de boycott (dite « passiviste » : 1867-1902), une élite politique déterminée se forme au début du XXe siècle (Iuliu Maniu, Vaida-Voievod) qui oblige le gouvernement hongrois (István Tisza) à négocier à deux reprises en 1910 et en 1913-1914. En outre, l'unification de la Valachie et de la Moldavie en un seul État de Roumanie (autonome en 1859, indépendant en 1878) est un message fort pour les roumains de Transylvanie, même si l'on ne peut parler de véritable irrédentisme, car l'unionisme roumain ne touche encore qu'une minorité, la plupart des roumains revendiquant plutôt un rétablissement de l'autonomie transylvaine et/ou la reconnaissance de leur langue. Quant aux Saxons qui ont perdu leurs privilèges en 1867, ils choisissent majoritairement la voie du compromis avec Budapest (1890) mais, forts de leur avance économique et sociale, ils développent des stratégies de résistance à la magyarisation et, déçus par Vienne, regardent de plus en plus vers Berlin, où ils envoient leurs enfants faire leurs études universitaires.

Pendant la Grande guerre, la Transylvanie va devenir l'objet des tractations et des convoitises entre puissances. Le pays concerné en premier chef est le Royaume de Roumanie. Dans les mouvements unionistes roumains, depuis les années 1880-1890, la revendication du rattachement de la Transylvanie, volontiers qualifiée de « troisième pays roumain » (avec la Valachie et la Moldavie), est devenue un leitmotiv. Le jeune royaume roumain, allié à la Triplice est gouverné par un roi allemand (Hohenzollern) qui ne peut guère laisser libre cours à de telles politiques. La donne change à partir de 1913 : lors de la Deuxième Guerre balkanique, l'état-major roumain, formé en France et très francophile, profite des difficultés de la Bulgarie pour lui arracher la Dobroudja du sud, ce qui dresse les deux nations, jusque-là amies depuis leur commune libération de l'emprise ottomane, l'une contre l'autre. La Bulgarie se tourne dès lors de plus en plus vers les Empires centraux, tandis que la classe politique roumaine, malgré le roi Hohenzollern, est majoritairement favorable à une alliance avec l'Entente. Au début de la Première Guerre mondiale, la monarchie roumaine reste prudemment neutre, négociant avec les deux camps. Farouchement francophile, son opinion la pousse, néanmoins, à une alliance avec la France, le Royaume-Uni et l'Empire de Russie contre l'Autriche-Hongrie, pour libérer les « frères transylvains opprimés » (et qui l'étaient en effet culturellement, mais bénéficiaient d'un niveau de vie et d'instruction supérieur aux Moldaves et aux Valaques).

Le , le Royaume de Roumanie déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie et les troupes roumaines entrent en Transylvanie, mais après quelques semaines de combats et quelques victoires (prise de Brașov), la contre-offensive allemande les repousse au-delà des cols des Carpates. La Roumanie subit des désastres militaires comme la Bataille de Turtucaia et est envahie par les Allemands, les Austro-hongrois et les Bulgares. Malgré sa résistance à Mărășești (le « Verdun roumain ») durant l'année 1917, en fin de compte la défection russe et l'épuisement des ressources la contraignent à la capitulation en mai 1918 (traité de Bucarest).

En Transylvanie, de nouvelles associations ultranationalistes hongroises font la chasse aux Roumains, considérés comme « tous traîtres », et le gouvernement mène une politique de colonisation rurale anti-roumaine. Les écoles roumaines sont fermées. Certains dirigeants et militants roumains transylvains passent clandestinement dans la petite partie de la Roumanie restée non occupée par les Puissances centrales et forment une « Légion de volontaires transylvains » incorporée dans l'armée roumaine (juin 1917). À l'automne 1918, quand l'Autriche-Hongrie s'effondre, les Roumains de Transylvanie proclament l'Union de la Transylvanie à la Roumanie (Assemblée d'Alba Iulia, , actuellement fête nationale de la Roumanie). Les représentants saxons valident l'union le à Mediaș, les hongrois quant à eux s'y opposent le 22 décembre de la même année. Les Transylvains roumains leur donnent des garanties pour le respect de leurs droits (ces garanties seront inégalement respectées par la suite : plutôt bien durant la démocratie parlementaire de 1921 à 1938, plutôt moins durant les périodes de dictature de 1938 à 1989, malgré l'établissement, par le régime communiste, d'une « région autonome hongroise » dans l'Est de la Transylvanie entre 1947 et 1968).

En Roumanie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transylvanie (région).

À la suite de la victoire des Alliés en 1918, les assemblées territoriales de la Transylvanie, de la Bucovine et de la Bessarabie votent leur rattachement à la Roumanie dont la population passe ainsi de 8 millions à 18 millions d'habitants. L'unification de cette « Grande Roumanie » est reconnue (sauf par les Soviétiques) au traité de Saint-Germain-en-Laye (1919).

L'union de facto de la Transylvanie et d'autres parties orientales de la plaine hongroise (Banat, Partium/Crișana…) à la Roumanie est votée par l'assemblée d'Alba Iulia le , mais il faut attendre le Traité de Trianon signé le ) pour sanctionner formellement de jure cette union. Durant cette période, les armées roumaines du Sud, épaulées par la mission française Berthelot, se positionnent dans la province à partir de décembre 1918, tandis que le gouvernement est assuré par un condominium hongro-roumain et par un gouvernement transylvain autonome (Consiliul Dirigent, 1918-1920, à majorité roumaine pour la première fois dans l'histoire du territoire). De mai à août 1919, la Hongrie, devenue communiste, tente vainement de reprendre la Transylvanie : par extension abusive, une partie de l'historiographie hongroise ultérieure et, à sa suite, internationale, considère l'ensemble de la période du au comme une guerre nationaliste d'un an et demi entre la Hongrie et la Roumanie[11], alors qu'en fait la guerre, anticommuniste et n'impliquant pas que des Roumains, n'a duré que quatre mois (la coalition antibolchévique comprenait aussi le gouvernement hongrois de Gyula Károlyi et, au Sud, l'armée franco-serbe de Franchet d'Espèrey). Les franco-roumains occupent Budapest le 6 août 1919 et remettront le pouvoir à l'amiral Miklós Horthy, qui mènera la répression anti-communiste et sera régent du Royaume de Hongrie jusqu'en 1944.

Une commission interalliée présidée par le géographe français Emmanuel de Martonne trace la nouvelle frontière entre la Hongrie et la Roumanie, qui est jusqu'à ce jour la frontière occidentale de la Transylvanie roumaine. Cette question des frontières, évidemment considérée par la Hongrie comme un résultat injuste, installe pour longtemps un contentieux territorial entre la Hongrie et la Roumanie.

Après le Traité de Trianon, qui attribue à la Roumanie la majeure partie des territoires qui avaient proclamé leur union le et le pays sicule, la tradition jacobine de la Roumanie, fidèle au modèle français, intègre la province dans le système des județe, calqué sur le modèle français des départements : pas plus qu'à l'époque hongroise, la Transylvanie n'a d'autonomie politique et administrative, et, comme sous les Habsbourg d'Autriche, elle n'existe qu'en tant que titulature, cette fois des Hohenzollern de Roumanie (cette titulature disparaîtra à son tour avec la monarchie roumaine, en 1948). Ce centralisme, couplé au manque d'esprit démocratique de Bucarest (du moins jusqu'aux réformes démocratiques de 1923), provoque le mécontentement des élites roumaines de Transylvanie (boycott du couronnement du roi en octobre 1922). De leur côté, les Magyars, principale « minorité nationale », ne se satisfont pas du rattachement à la Roumanie : ils oscillent entre un « Erdélysme » sentimental (idéalisant un soi-disant « Âge d'Or » du XVIIe siècle... excluant les Roumains, alors asservis) et un irrédentisme larvé qui ira croissant dans les années 1930, avec la montée des crispations nationalistes. Parmi eux, les aristocrates hongrois, grands perdants de la réforme agraire de 1921, jouent un rôle majeur dans la cristallisation des revendications contre le Traité de Trianon. Chez les Saxons, le déclin démographique et les difficultés économiques après 1929 favorisent l'essor du parti nazi local animé par Andreas Schmidt, qui propage les idées du Grand Reich (Assemblée de Sibiu en octobre 1933).

En août 1940, l'amiral Horthy obtient de Hitler un arbitrage qui oblige la Roumanie à céder à la Hongrie la moitié nord de la Transylvanie, mais en août 1944 la Roumanie déclare la guerre à l’Axe, reprend la Transylvanie du nord et rejoint ainsi les Alliés, qui, au traité de paix de Paris, lui en reconnaissent la possession.

Historiographie[modifier | modifier le code]

Des débats historiques se sont mis en place avec la montée des nationalismes, allant de pair avec les revendications roumaines et les réfutations austro-hongroises. Ainsi, deux histoires antagonistes de la Transylvanie se sont construites aux XIXe et XXe siècles, notamment concernant le peuplement ancien et la durée d’existence de la principauté.

Au sujet du peuplement ancien,

  • la thèse roumaine, développée par des historiens comme Alexandru Dimitrie Xenopol ou Iorga, affirme la permanence d'une population latinophone nombreuse en Transylvanie depuis la Dacie romaine à nos jours. C’est le « sédentarisme ». Il admet la présence d'autres populations au milieu des roumanophones (germaniques, slaves, turcophones) et s’appuie sur l’archéologie[12] ;
  • la thèse austro-hongroise, et plus tard germano-hongroise, développée par Édouard Robert Rössler[13], affirme la disparition des latinophones après les 170 ans de présence romaine, et leur retour après mille ans d'absence, à l'appel des rois de Hongrie, depuis les Balkans où ces latinophones ont survécu. C'est le « migrationnisme », pour qui les Roumains descendent des Aroumains. Il s'appuie sur les récits d'Eutrope et certaines données toponymiques et linguistiques[14].

Au sujet de la durée d’existence de la Principauté,

  • l’historiographie roumaine présente la Transylvanie comme l’une des trois principautés roumaines médiévales et même la première d'entre elles, fondée en 1111 à partir des duchés roumains antérieurs de Gelou, Glad et Menumorout, ultérieurement magyarisée au niveau de ses classes dominantes, et abolie en 1867 par le compromis austro-hongrois : cette conception exclut la Transylvanie de la Hongrie orientale (limitée dans cette vision au Partium[15]), considère les voïvodes transylvains depuis 1111 comme des souverains à part entière[15] et le Traité de Spire (en) de 1570 comme la reconnaissance de jure d’une indépendance antérieure de facto de la Principauté[15] ;
  • l’historiographie hongroise affirme, pour sa part[16], que les voïvodes transylvains d’avant 1570 n’étaient que des gouverneurs nommés par le roi hongrois ; que la Transylvanie, quelle que soit son étendue avec ou sans le Partium, n’a jamais cessé de jure de faire partie du royaume de Hongrie (orientale) et n’a été créée qu’en 1570 par le Traité de Spire, constituant de facto le « Royaume de Hongrie orientale » (point de vue suivi par divers auteurs germanophones ou anglophones[17]) pour disparaître en 1711 au profit du Grand-Duché habsbourgeois qui n’est, dans cette optique, qu’une subdivision du royaume de Hongrie dans l’Empire des Habsbourg. À noter que dans la version anglophone de cet article de Wikipedia, seul ce point de vue est présenté, mais très bien sourcé : voir par exemple Robert John Weston Evans, T. V. Thomas. Crown, Church and Estates: Central European politics in the sixteenth and seventeenth centuries, Macmillan, 1991, p. 80-81.

Ces polémiques ont occulté la recherche purement scientifique et ont inscrit l’histoire transylvaine dans une « réécriture nationaliste de l’histoire »[18], alors que le bilinguisme et le caractère non-nationaliste des identités avant le XIXe siècle rendent impossible toute comptabilité fiable par nationalités avant 1780 : le fait de savoir s’il y avait une majorité hongroise ou roumaine avant 1700 en Transylvanie reste, actuellement, indémontrable. Dans les faits, avant comme après 1570, la Transylvanie avait un territoire défini, une assemblée propre, des lois propres, des institutions propres, une armée propre, et ses voïvodes, en grande majorité d’origine hongroise, étaient vassaux du roi de Hongrie qui les adoubait après leur élection par la noblesse transylvaine, elle aussi en grande majorité hongroise. C’était donc un état lié à la Hongrie et peuplé de Hongrois (Magyars et Sicules), de Roumains et d’Allemands[19].

Quant au Traité de Spire (en) de 1570 il confère à la Principauté le statut, qu'elle n'avait pas auparavant, de sujet de droit international reconnu par les autres puissances et agrandi des parties adjacentes de la Hongrie. Ce sujet est, dans la Traité, dénommé « Principauté de Transylvanie » et non « Royaume de Hongrie » (orientale ou pas) car l’intitulé « Royaume de Hongrie » était réservé à la « Hongrie royale » (occidentale) appartenant aux Habsbourg[15]. En effet, le Traité spécifie clairement que l’indépendance transylvaine n’est reconnue qu’en échange du renoncement du voïvode transylvain Jean Sigismond au titre de roi de Hongrie. Titre auquel il pouvait légitimement prétendre, car personne à l’époque n’aurait eu l’idée de mettre en doute le caractère hongrois de la Principauté de Transylvanie, caractère qui allait de soi y compris pour ses habitants de toute origine (les Roumains de Transylvanie, par exemple, étaient dénommés Ungureni soit « de Hongrie » par leurs semblables Moldaves ou Valaques)[20].

Quoi qu’il en soit, et quelles qu’aient été les évolutions et les migrations de ses différentes populations, la Transylvanie a toujours été pluri-ethnique. Elle n’a pas été une principauté roumaine, mais hongroise : cela n’en fait pas pour autant une simple province du Royaume magyar puisqu’elle a bien eu un statut politique spécifique et autonome dès le XIIe siècle sans pour autant être, la plupart du temps, indépendante. Quel que soit le statut du pays, pour les joupans locaux « valaques », vivant initialement sous le jus valachicum (« droit valaque »), l’« ascenseur social » transylvain c’est-à-dire l’intégration dans la noblesse magyare, passait par l’abandon de l’orthodoxie et du jus valachicum pour passer au catholicisme et à la culture et langue hongroise (cas probable de la famille de Jean Hunyadi, qui, comme beaucoup de joupans et boyards roumains, était d’ascendance coumane)[21]. Ceux qui s’y refusaient n’avaient d’autre choix que de fuir au-delà des Carpates dans les principautés roumaines voisines, comme les paysans roumains réduits au servage après l’échec de la révolte de Bobâlna et la constitution de l’« Union des Trois Nations » (dont ils furent exclus) en 1438[22]. Ce marronnage continu des Roumains de Transylvanie était appelé en roumain descălecare (« descente », les principautés de Moldavie et Valachie étant situées aux pieds des Carpates, plus bas que la Transylvanie). Des communautés entières y recouraient, après avoir déserté leurs villages et leurs vallées, et passé parfois des années en rebelles vivant du pastoralisme dans leurs posade (défrichages fortifiés) de la forêt : ce sont les mocans, aussi dénommés selon leurs lieux d’origine transylvains bârseni, colibași, mărgineni, moroieni, săceleni ou țuțuieni, en magyar havasoláhok (« valaques des neiges ») et en allemand Gebirgswalachen (« valaques montagnards »)[23]. Cette situation a eu une profonde influence sur la culture roumaine, car dans les principautés roumaines, à partir de l’époque phanariote, l’« ascenseur social » nécessitait de s’helléniser voire de se franciser pour intégrer l’aristocratie des boyards ou la bourgeoisie[24], et de ce fait, la culture roumanophone proprement-dite est restée, tant en Moldavie et Valachie qu’en Transylvanie, une civilisation essentiellement rurale et populaire, caractère sur lequel ont fait levier, au XXe siècle, les propagandes des dictatures de droite et de gauche qui se sont succédé de 1938 à 1989, en y ajoutant des aspects nationalistes et xénophobes[25].

Depuis que la démocratie a été mise en place à partir de 1990, depuis que la Hongrie et la Roumanie sont toutes deux dans l’Union européenne à partir de 2004 et 2007, ouvrant enfin la frontière entre les deux pays, les controverses nationalistes se sont en partie apaisées, et la complexité du réel peut réapparaître lorsque s’effacent les simplifications militantes[26]. C’était du moins le cas jusque dans les années 2010, lorsque le gouvernement de Viktor Orbán s’est mis à engager la société hongroise dans une voie de plus en plus nationaliste, poussé par les surenchères de quelques mouvements politiques comme le « Jobbik »[27]. Du côté roumain, l’équivalent de ces mouvements est le « Parti de la Grande Roumanie »[28].

La légende de Dracula[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dracula (personnage).

La légende de « Dracula » est liée à la Transylvanie. Mais quoi que puissent en dire certains guides et agences de tourisme, les deux Vlad, « Dracul » et « Țepeș » (le dragon et l'empaleur) étaient Voévodes de Valachie, et non de Transylvanie. Vlad II Dracul (le dragon), de la dynastie des Basarab, était ainsi surnommé parce que le roi de Hongrie Sigismond de Luxembourg l'avait adoubé chevalier de l'ordre du Dragon Ourobore, voué à la lutte contre les Turcs ottomans. Vlad III Țepeș (« l'empaleur »), son fils, devait son surnom à une transgression de l'immunité diplomatique : il avait empalé un ambassadeur turc, Hamza Bey, et son chambellan Thomas Catavolinos, parce que ceux-ci avaient cherché à l'empoisonner. Vlad « Țepeș » ayant augmenté les droits de douane en Valachie des marchands saxons de Brașov, ceux-ci publièrent contre lui (Gutenberg venait d'inventer l'imprimerie) des gravures le traitant de monstre et de vampire, ou le montrant devant une forêt de pals : il y figurait sous le surnom de « Dracula ». Au XIXe siècle, l'écrivain irlandais Bram Stoker eut connaissance de ces gravures par son correspondant austro-hongrois Ármin Vámbéry, et y puisa le titre de son fameux roman, où Vámbéry est cité sous le nom d'Arminius Vambery, et où figurent aussi des éléments de biologie sud-américaine (les chauves-souris vampires Desmodus rotundus). Dracula n'est pas une légende transylvaine, mais une légende gothique de l'époque victorienne, dont l'action se situe en Transylvanie…

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Béla Köpeczi (dir.), Histoire de la Transylvanie, Budapest, Akadémiai kiadó,‎ (ISBN 963 05 5901 3), « La Transylvanie dans le Royaume de Hongrie de la haute époque (1003-1172) »
  2. (hu) Ildikó Farkas, « A korai Erdély a nyelvtudomány tükrében » [« La Transylvanie des temps les plus anciens à travers la linguistique »], História, Budapest, no 04,‎ (ISSN 0139-2409, lire en ligne)
  3. a et b Gaulois *arduo- et proto-indo-européen *(w)r̥Hdʰwo- = « haut, dressé, droit » : Xavier Delamarre, « Gauloises Ardasina, Titiluxsa, Uxesina, grec παρθένος [parthénos], avestique ərəduuafšnī — Une dénomination indo-européenne de la jeune femme : ‘celle qui a les seins hauts’ », Historische Sprachforschung, vol. 121,‎ , p. 65-68 (ISSN 0935-3518, lire en ligne)
  4. Selon Ion Maiorescu citant (de) Ludwig von Heufler, Österreich und seine Kronländer — IV. Noten und Register [« L'Autriche et les pays de sa Couronne »], Wien, Leopold Grund,‎ (lire en ligne), p. 29-30, si l'on en croit (la) Leibniz, Collectanea etymologica, Hannoverae, Foerster,‎ (lire en ligne), « Celtica — 6. Glossarii celtici specimen », ardal avait en celtique le sens de « pays » (țară en roumain), or les Celtes Scordiques étaient présents en Transylvanie parmi les Daces.[pertinence contestée]
  5. (ro) Dorin Ștef, Dicționar de regionalisme și arhaisme din Maramureș (DRAM), Baia Mare, Ethnologica,‎ , 233 p. (ISBN 6068213072), « Ardéal »
  6. (hu) Kartográfiai Vállalat Szerkesztőbizottsága, Történelmi atlasz a középiskolák számára [« Atlas historique pour les collèges »], Budapest, Kartográfiai Vállalat,‎ (ISBN 963-351-422-3), et A. Drăgoescu (éd.) Transilvania, istoria României, 2 vol., Cluj, 1997-99
  7. Les chroniqueurs byzantins Cédrène, Théophane le Confesseur, Théophylacte Simocatta et Jean Skylitzès
  8. Thurocz: Chronica Hungarorum, 1486, in A. Drăgoescu (éd.) Transilvania, op. cit.
  9. L'historiographie magyare, mais aussi des historiens roumains comme Nicolae Iorga, pensent que la Gesta Hungarorum est un récit héroïque mais fantaisiste destiné à l'éducation des jeunes de la cour de Hongrie, dont les auteurs ont inventé les détails et les noms des protagonistes, en s'inspirant de la toponymie et du contexte local. Ils soulignent que :
    • aucun autre document ne corrobore l'existence de Gelou ;
    • la Gesta ne mentionne pas des personnalités historiques importantes de l'époque comme Svatopluk et Siméon Ier de Bulgarie ;
    • d'autres personnages de la Gesta ont visiblement été inventés d'après des toponymes (par exemple Zobor).
    La majorité de l'historiographie roumaine, elle, affirme que le récit de la Gesta est historique et donc, que les formations politiques et les princes cités sont réels, suivis par Édouard Sayous, Histoire générale des Hongrois, Budapest/Paris, Athenaeum/F. Alcan,‎ (lire en ligne), qui affirme page 25 que « Deux petits royaumes, celui de Gelu en Transylvanie, celui de Glad entre l'Aluta et la Theiss, semblent avoir été surtout valaques ». L'existence même du voïvodat de Transylvanie, distinct du royaume mais vassal de celui-ci, est également contestée : l'historiographie magyare le considère (du moins jusqu'en 1570) comme une simple province du royaume de Hongrie tandis que pour l'historiographie roumaine il s'agit d'une principauté à part entière, roumaine à l'origine, avant sa conquête par les Magyars : voir (ro) Ioan Marian Țiplic, « Considerații cu privire la liniile întărite de tipul prisăcilor din Transilvania », Acta terrae Septemcastrensis, Sibiu, vol. I,‎ , p. 147-164 (ISSN 1583-1817, lire en ligne).
  10. Loi Eötvös sur les nationalités de 1868.
  11. József Breit, Hungarian Revolutionary Movements of 1918-19 and the History of the Red War, Vol. I : Main Events of the Károlyi Era, Budapest 1929, p. 115-16 et à sa suite Priscilla Mary Roberts, World War I : a Student Encyclopedia ; A. Webb, The Routledge companion to Central and Eastern Europe since 1919, Routledge, 1-ère édition, 2008 ou encore Joe C. Dixon, Defeat and Disarmament : allied Diplomacy and Politics of Military Affairs in Austria, 1918-1922, Associated University Presses, 1986, p. 34.
  12. A. Drăgoescu (éd.), Transilvania, istoria României, 2 vol., Cluj, 1997-1999.
  13. Édouard Robert Rössler ou Roesler, ne le 2 mars 1836 à Olmütz et mort de 19 août 1874 à Graz est un historien autrichien dont les thèses, dites « théorie de Roesler », exposées dans son ouvrage Rumänische Studien. Untersuchungen zur älteren Geschichte Rumäniens [« Études roumaines, recherches sur l'histoire ancienne de la Roumanie »] éditée en 1871 à Leipzig, développe les thèses de Franz Josef Sulzer, Josef Karl Eder et Johann Christian von Engel, selon lesquelles la Transylvanie aurait été vide d'habitants à l'arrivée des Magyars (Awarenwüste ou « désert des Avars ») et les Valaques n'y seraient arrivés qu'à partir de la fin du XVIIe siècle.
  14. (hu) Kartográfiai Vállalat Szerkesztőbizottsága, Történelmi atlasz a középiskolák számára [« Atlas historique pour les collèges »], Budapest, Kartográfiai Vállalat,‎ (ISBN 963-351-422-3)
  15. a, b, c et d Academia Republicii Populare Romîne Istoria Romîniei, Bucarest 1960 ; et aussi le manuel scolaire de Felicia Adăscăliței et Liviu Lazăr Manual de istorie pentru clasa a 12-a - éd. Corvin, Deva 2007, ISBN 978-973-622-369-3.
  16. Iván Boldizsár, NHQ : the new Hungarian quarterly, Vol. 22, éd. 1, Lap kiadó, Budapest, 1981, p. 64 sur NHQ;.
  17. Friedrich Emanuel von Hurter, Geschichte Kaiser Ferdinands II, vol. 1, Hurter,‎ (présentation en ligne) et Robert John Weston Evans, T. V. Thomas. Crown, Church and Estates: Central European politics in the sixteenth and seventeenth centuries, Macmillan, 1991, p. 80-81.
  18. Le professeur Jean Ravenstein de l’université d'Aix-Marseille appelle cette réécriture : « rétroprojection nationaliste ».
  19. Béla Köpeczi (dir.), History of Transylvania, 3 vol., Boulder, East European Monographs, 2001-2002 (Abrégé français sur Histoire de la Transylvanie, Budapest, Akademiai Kiadó, 1992).
  20. Florin Constantiniu : Une histoire sincère du peuple roumain, éd. Univers, Bucarest 2002 et Catherine Durandin : Histoire des Roumains, Fayard, Paris, 1995. ISBN 2-213-59425-2.
  21. Zoltán Balassa, A Hunyadiaktól karácsonyig (« Des Huniades au mot "Noël" »), éd. Jel, Budapest 2001, ISSN 0865-0616.
  22. Voir Historia urbana, par l'Académie roumaine, 1993.
  23. E. Mateș, Le pastoralisme transylvain dans les Principautés danubiennes, Arad, 1925, p. 187-188 et Ion Ghelase, Les Mocans : importance et évolution sociale-économique, Préface de Nicolae Iorga, Bucarest, 1937. 128 pp.
  24. Neagu Djuvara, Les pays roumains entre Orient et Occident : les Principautés danubiennes au début du XIXe siècle, Publications Orientalistes de France, 1989.
  25. Catherine Durandin, Histoire des Roumains, Fayard, 1995.
  26. Florin Constantiniu, Une histoire sincère du peuple roumain, éd. Enciclopedica, Bucarest, 2006.
  27. Béatrice Giblin, L'extrême droite en Europe, La Découverte, 2011 et László Toroczkai : Vármegyés a véres úton, Budapest 2005, ISBN 9632290453.
  28. Béatrice Giblin, L'extrême droite en Europe, La Découverte, 2011.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edouard Sayous pag.25, https://archive.org/details/histoiregnra00sayouoft
  • Béla Köpeczi (dir.), History of Transylvania, 3 vol., Boulder, East European Monographs, 2001-2002. (Traduction anglaise d'un ouvrage célèbre, très documenté et précis mais contesté car restant attaché au « point de vue hongrois » sur la question. Il est paru en 1986 en Hongrie. Il existe une version abrégée en français disponible sur internet : Histoire de la Transylvanie, Budapest, Akademiai Kiadó, 1992).
  • A. Dragoescu (éd.), Transilvania, istoria României, 2 vol., Cluj, 1997-1999. (Ces volumes collectifs en roumain se veulent une réplique aux trois volumes dirigés par Köpeczi).
  • Jean Nouzille, La Transylvanie, Strasbourg, Revue d’Europe centrale, 1993.
  • Harald Roth, Kleine Geschichte Siebenbürgens, Cologne, Böhlau Verlag, 1996. (Ouvrage bref mais qui s'efforce de garder l'équilibre entre les points de vues polémiques roumains et hongrois).
  • Auguste de Gérando, La Transylvanie et ses habitants (2 volumes). Imprimeurs-Unis, Paris, 1845. (Ouvrage ancien qui décrit la Transylvanie du XIXe siècle).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]