Jobbik

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Mouvement pour une meilleure Hongrie
(hu) Jobbik Magyarországért Mozgalom
Image illustrative de l'article Jobbik
Logotype officiel.
Présentation
Président Vacant
Fondation
Siège 1113 Budapest, Villányi út 20/A (Hongrie)
Vice-présidents Erik Fülöp
Dávid Janiczak (hu)
Tamás Sneider
László Toroczkai
János Volner
Dániel Z. Kárpát
Organisation de jeunesse Section jeune du Jobbik
Organisation paramilitaire Garde hongroise (2007–2009)[1],[2],[3],[4]
Positionnement Droite[5] à extrême droite[6],[7],[8]
Idéologie Nationalisme[9]
Ultranationalisme[10]
National-conservatisme[11]
Populisme de droite[12]
Euroscepticisme[13]
Anti-mondialisme[14],[15]
Touranisme[16]
Conservatisme social[17]
Nationalisme économique[18]
Groupe au Parlement européen Non-inscrits
Adhérents 17 927 (2016)[19]
Couleurs Vert, blanc et rouge
Site web jobbik.hu
Présidents de groupe
Assemblée nationale János Volner
Représentation
Députés
26 / 199
Députés européens
3 / 21
Élus régionaux
81 / 419

L'Alliance des jeunes de droite - Mouvement pour une meilleure Hongrie (hongrois : Jobboldali Ifjúsági Közösség-Jobbik Magyarországért Mozgalom, Alliance des jeunes de droite - Mouvement pour une meilleure Hongrie), communément appelé Jobbik, est un parti politique hongrois ultranationaliste, souvent considéré comme d'extrême droite et parfois qualifié de néo-nazi[20], fondé en 2003. Jobbik est l'acronyme de Jobboldali Ifjúsági Közösség, et signifie également en hongrois « le meilleur »[21].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

En 1999, le mouvement lycéen et étudiant Jobboldali Ifjúsági Közösség (« Communauté de la jeunesse de droite ») est fondé.

En 2003, le Jobbik se constitue en parti politique. L'année suivante, il ne participe pas aux premières élections européennes organisées en Hongrie, en raison de son opposition à l'adhésion de la Hongrie à l'Union européenne.

Premières élections et fondation de la Garde hongroise (2006-2009)[modifier | modifier le code]

En , le Jobbik participe à une alliance de partis nationalistes (la « Troisième Voie »), avec le MIÉP, pour les élections législatives hongroises de 2006. Ensemble, ils obtiennent 2,2 % des voix.

En , le Jobbik est à l'initiative de la constitution de la Garde hongroise, association de type plus ou moins para-militaire qui provoque un grand scandale en Hongrie. La Garde est dénoncée par le gouvernement et les partis de gauche, tandis que l'opposition conservatrice préfère rester silencieuse sur le sujet et que la Garde reçoit quelques soutiens de personnalités politiques (l'ancien ministre de la défense Lajos Für ou la député conservatrice Maria Wittner).

Succès électoraux (depuis 2009)[modifier | modifier le code]

En , le Jobbik obtient 8,5 % des voix lors d'une élection législative partielle à Budapest. Le même mois, Gabor Vona annonce que Krisztina Morvai, professeur réputée de droit et avocate féministe se présentera en tête de liste du parti aux élections européennes du mois de juin. Selon les sondages, si les élections avaient lieu « le dimanche suivant », Morvai obtiendrait entre 10 et 15 %. Lors de ces élections le parti remporte trois des 22 sièges pour la Hongrie au Parlement européen (14,77 % des suffrages).

En octobre 2009, lors du sixième congrès du Jobbik est créée l'Alliance européenne des mouvements nationaux destinée à rassembler les partis nationalistes d'Europe[22].

En avril 2010, lors des élections législatives hongroises, le Jobbik recueille 16,67 % des voix soit 47 sièges à l'Assemblée nationale[23]. En avril 2011, il refuse de voter la loi fondamentale de la Hongrie, une nouvelle constitution prônée et ensuite votée par le Fidesz-Union civique hongroise de Viktor Orbán renforçant le pouvoir du gouvernement.

Aux élections législatives d'avril 2014, le Jobbik sort renforcé et obtient 20 % des voix[24].

Ligne politique[modifier | modifier le code]

Le Jobbik plaide, au nom de la préservation de l'identité nationale, pour le retour des valeurs chrétiennes, de la famille et de l'autorité au cœur de l'action de l'État hongrois. Entretenant le souvenir de la période de régence de Miklós Horthy, le Jobbik se positionne explicitement contre le libéralisme politique et le communisme. Il rend le cosmopolitisme responsable des maux du pays et, selon des responsables catholiques et juifs, entretient un discours antisémite latent[25], et assimile l'élite intellectuelle et économique résidant à Budapest à des alliés objectifs des intérêts étrangers. Il revendique un certain provincialisme et fait de la protection de l'environnement et de l'agriculture hongroise des thèmes de campagne récurrents. Le Jobbik est à l'origine d'une milice rurale, la Garde hongroise.

Le Jobbik est favorable à la réunification de l'enseignement moral et de l'éducation religieuse. Il s'oppose également à l'avortement. Il est globalement défavorable à la construction européenne et à l'immigration tout en dénonçant le Traité de Trianon.

Le Jobbik a abandonné la proposition d'un référendum sur le retrait de l'Union européenne (UE) au profit de la création d'un groupe centre-européen avec la Pologne et la Croatie pour mieux influer sur l'agenda de l'UE[26].

Contrairement à d'autres forces de la droite radicale en Europe, le Jobbik ne suit pas une politique pro-Israël[27]. Dans son ouvrage Né un 20 août paru en 2011, Gábor Vona décrit sa fascination pour l'Islam qui est à ses yeux un des derniers bastions du traditionnalisme[28] et « le dernier espoir de l’humanité dans les ténèbres du globalisme et du libéralisme »[29].

Courant 2016, le parti entreprend une stratégie de dédiabolisation en abandonnant une partie de corpus idéologique originel et en écartant certains éléments extrémistes, afin de rendre son image plus respectable et incarner une opposition crédible au gouvernement conservateur de Viktor Orbán[30],[31]. Malgré des gages donnés par le Jobbik notamment vers la communauté juive en Hongrie, de nombreux intellectuels et personnalités politiques engagés à gauche, déclarent vouloir maintenir leurs distances avec une organisation jugée non-démocratique[32],[33]. Au contraire la philosophe Ágnes Heller, rescapée de la Shoah, estime nécessaire de s'allier avec tous les partis d'opposition, y compris le Jobbik, pour défaire le Fidesz d'Orbán[34]. Selon elle, le Jobbik n'a jamais été un parti néonazi, bien qu'elle estime qu'il demeure un parti d'extrême droite et tient un discours raciste[35]. Au niveau local toutefois, des alliances implicites se sont nouées entre les partis de gauche et le Jobbik lors d'élections municipales partielles pour mettre en échec le parti gouvernemental[36].

Bien que le parti soit couramment décrit comme d'extrême droite par les observateurs et dans la presse internationale, certains médias considèrent désormais qu'il est plus difficile de classer le Jobbik tel qu'il se présente aujourd'hui à l'extrême droite du fait de sa dédiabolisation[37],[38] et de la droitisation toujours plus poussée du Fidesz[39], voire qu'il est actuellement un parti de droite[5],[40].

La stratégie de recentrage du parti a également eu comme effet l'émergence de formations dissidentes plus radicales, à l'image du nouveau parti Force et détermination (en)[41].

A la suite des législatives de 2018, devant l'échec de la stratégie de recentrage du parti (le Jobbik n'a gagné qu'un seul siège de plus par rapport au précédent scrutin), son président Gábor Vona démissionne[42].

Présidents[modifier | modifier le code]

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections parlementaires[modifier | modifier le code]

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Année Députés Voix % Rang Groupe
2009
3 / 22
427 773 14,8 3e NI
2014
3 / 21
340 287 14,7 2e NI

Organisation[modifier | modifier le code]

Filiales en Roumanie[modifier | modifier le code]

En 2013 et 2014, le Jobbik ouvre huit filiales en Roumanie (Cluj-Napoca, Miercurea-Ciuc, Sfântu Gheorghe, Odorheiu Secuiesc et les județ de Satu Mare, Mureș, Sălaj, et Bihor) afin de « communiquer les problèmes de la minorité hongroise de Roumanie » auprès de la Hongrie[43],[44].

Structures associées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Malloy, Tove H.,, Marko, Joseph, 1955-, Accademia europea di Bolzano, et European Centre for Minority Issues,, Minority governance in and beyond Europe: celebrating 10 years of the European yearbook of minority issues (ISBN 9004276483, OCLC 897376942, lire en ligne), p. 208.
  2. Peter Parycek. CeDEM 12 Conference for E-Democracy and Open Government 3–4 May 2012 Danube-University Krems, Austria. 2012. p. 233.
  3. William M. Downs. Political Extremism in Democracies: Combating Intolerance. Palgrave Macmillan. 2012. p. 191.
  4. Charles Asher Small. Global Antisemitism: A Crisis of Modernity. Martinus Nijhoff Publishers. 2013. p. 226
  5. a et b (en) « What to watch at Hungary's elections », sur Reuters, (consulté le 5 avril 2018).
  6. (ro) Graham Huggan et Ian Law, Racism Postcolonialism Europe, Liverpool University Press, (lire en ligne).
  7. (ro) Christina Schori Liang, Europe for the Europeans: The Foreign and Security Policy of the Populist Radical Right, Ashgate, (lire en ligne).
  8. Gill Kirton et Anne-Marie Greene, The Dynamics of Managing Diversity: A Critical Approach, Butterworth-Heinemann, (lire en ligne).
  9. (en) « Nationalist Jobbik Party Doubles Voter Base In Hungary », sur xpatloop.com, .
  10. « Extrême droite hongroise: "le FN est sioniste" », sur Le Figaro, .
  11. (ro) Bartek Pytlas, Radical Right Parties in Central and Eastern Europe: Mainstream Party Competition and Electoral Fortune, Routledge, , p. 36.
  12. (ro) Toril Aalberg, Populist Political Communication in Europe, Routledge, , p. 375.
  13. (en) Marton Dunai, « Hungary's Jobbik supports EU deepening with voters' blessing ».
  14. (hu) « A Jobbik szembefordul a globális kapitalizmussal », sur mandiner.hu (consulté le 26 octobre 2013).
  15. (hu) « Vona megmondta: befellegzett a globális kapitalizmusnak », sur nol.hu, .
  16. « Les relations ambiguës du FN et du Jobbik hongrois », sur droites-extremes.blog.lemonde.fr, .
  17. (ro) Mark Garnett, Political Ideologies, Oxford University Press, , p. 212.
  18. (en) « Hungary's Rebranded Far-Right Eyes Election Success », sur Israel National News, (consulté le 22 janvier 2018).
  19. (hu) « Kezd összeesni az MSZP, a párt inkább hallgat a taglétszámról », sur NOL.hu, .
  20. (en) « Hungary election: Concerns as neo-Nazi Jobbik party wins 20% of vote », sur The Independent, .
  21. « Le meilleur » parmi deux possibilités (comparatif avec suffixe déterminatif -ik, et non superlatif a legjobb « le meilleur ») ; et le mot évoque aussi jobb « droite ».
  22. (en) AENM Press Conference in Brussels, site officiel du Mouvement pour une meilleure Hongrie, . Consulté le 6 février 2010.
  23. « Le Parlement hongrois vire très à droite », TSR.ch, .
  24. « Triomphe électoral pour Viktor Orban en Hongrie », lematin.ch, 7 avril 2014.
  25. Juifs et Chrétiens s'inquiètent de la montée de l'extrême-droite en Hongrie, dans Radio Vatican le 27/04/2012, [lire en ligne].
  26. Laszlo Gruber, « Les socialistes hongrois face à Orbàn et l'extrême droite », Office universitaire de recherche socialiste, no hors-série 76-77,‎ juillet-décembre 2016, p. 47.
  27. Béatrice Giblin, L'extrême droite en Europe, La Découverte, 2011, p. 61
  28. Béatrice Giblin, L'extrême droite en Europe, La Découverte, 2011, p. 63
  29. Corentin Léotard, « Une extrême droite qui n’exècre pas l’islam », Le Monde diplomatique,‎ .
  30. Corentin Léotard, « Dé-dia-bo-li-sa-tion ou le grand ménage de printemps au Jobbik », Le Courrier d'Europe centrale,‎ (lire en ligne).
  31. La Rédaction, « Jobbik se pose en challenger du Fidesz pour les élections 2018 », Le Courrier d'Europe centrale,‎ (lire en ligne).
  32. Ludovic Lepeltier-Kutasi, « Hanoucca : le rabbin Köves rejette le bras tendu du Jobbik », Le Courrier d'Europe centrale,‎ (lire en ligne).
  33. Ildikó Lendvai, « « Pourquoi nous ne devons pas nous allier au Jobbik » », Le Courrier d'Europe centrale,‎ (lire en ligne).
  34. (hu) « Heller Ágnes és a Jobbik közeledése | Magyar Idők », sur Magyar Idők (consulté le 26 mars 2018).
  35. (hu) « „Fogják be az orrukat!” – Heller Ágnes a Jobbikról és a 2018-as választások tétjéről », sur m.magyarnarancs.hu (consulté le 5 avril 2018).
  36. Florence La Bruyère, « En Hongrie, la petite ville qui défie Orbán », sur Libération, (consulté le 11 avril 2018).
  37. (en) « Hungarian political foes unite against government ‘attack on nationalists’ », sur The Irish Times, (consulté le 5 avril 2018).
  38. (de) « Wahlkampf in Ungarn : Zwischen Budapest und Mekka », sur Frankfurter Allgemeine Zeitung, (consulté le 5 avril 2018).
  39. « Jobbik, l’ancien parti paria qui veut détrôner Viktor Orban », sur Libération, (consulté le 11 avril 2018).
  40. (en) « Hungarian Opposition Negotiations Falter in Boost to Orban », sur Hamodia, (consulté le 5 avril 2018).
  41. (en) « Hungarian far right launches new political party », sur The Guardian, (consulté le 11 avril 2018).
  42. « Hongrie: le chef du parti Jobbik démissionne », sur Le Figaro, (consulté le 11 avril 2018).
  43. (ro) « Partidul extremist Jobbik din Ungaria a înfiinţat o filială la Cluj-Napoca », sur monitorulcj.ro, (consulté le 12 avril 2016).
  44. (ro) « Opt filiale Jobbik în România: Se caută simpatizanți nationaliști radicali », sur Ziare.com, (consulté le 12 avril 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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