Jobbik

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Mouvement pour une meilleure Hongrie
(hu) Jobbik Magyarországért Mozgalom
Image illustrative de l'article Jobbik
Logotype officiel.
Présentation
Président Gábor Vona
Fondation
Siège Budapest (Hongrie)
Vice-présidents Erik Fülöp
Dávid Janiczak (hu)
Tamás Sneider
László Toroczkai
János Volner
Dániel Z. Kárpát
Positionnement Extrême droite
Idéologie Nationalisme[1]
Ultranationalisme[2]
Irrédentisme hongrois
Opposition à l'immigration
Euroscepticisme
Anti-mondialisme
Touranisme[3]
Antisionisme
Affiliation européenne Alliance européenne des mouvements nationaux
Adhérents 17 927 (2016)[4]
Couleurs Vert, argent et rouge
Site web jobbik.hu
Représentation
Députés
24 / 199
Députés européens
3 / 21

L'Alliance des jeunes de droite - Mouvement pour une meilleure Hongrie (hongrois : Jobboldali Ifjúsági Közösség-Jobbik Magyarországért Mozgalom, Alliance des jeunes de droite - Mouvement pour une meilleure Hongrie), communément appelé Jobbik, est un parti politique hongrois d'extrême droite ultranationaliste parfois qualifié de néo-nazi[5], fondé en 2003 et présidé par Gábor Vona. Jobbik est l'acronyme de Jobboldali Ifjúsági Közösség, et signifie également en hongrois « le meilleur »[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

En 1999, le mouvement lycéen et étudiant Jobboldali Ifjúsági Közösség (« Communauté de la jeunesse de droite ») est fondé.

En 2003, le Jobbik se constitue en parti politique. L'année suivante, il ne participe pas aux premières élections européennes organisées en Hongrie, en raison de son opposition à l'adhésion de la Hongrie à l'Union européenne.

Premières élections et fondation de la Garde hongroise (2006-2009)[modifier | modifier le code]

En , le Jobbik participe à une alliance de partis nationalistes (la « Troisième Voie »), avec le MIÉP, pour les élections législatives hongroises de 2006. Ensemble, ils obtiennent 2,2 % des voix.

En , le Jobbik est à l'initiative de la constitution de la Garde hongroise, association de type plus ou moins para-militaire qui provoque un grand scandale en Hongrie. La Garde est dénoncée par le gouvernement et les partis de gauche, tandis que l'opposition conservatrice préfère rester silencieuse sur le sujet et que la Garde reçoit quelques soutiens de personnalités politiques (l'ancien ministre de la défense Lajos Für ou la député conservatrice Maria Wittner).

Succès électoraux (depuis 2009)[modifier | modifier le code]

En , le Jobbik obtient 8,5 % des voix lors d'une élection législative partielle à Budapest. Le même mois, Gabor Vona annonce que Krisztina Morvai, professeur réputée de droit et avocate féministe se présentera en tête de liste du parti aux élections européennes du mois de juin. Selon les sondages, si les élections avaient lieu « le dimanche suivant », Morvai obtiendrait entre 10 et 15 %. Lors de ces élections le parti remporte trois des 22 sièges pour la Hongrie au Parlement européen (14,77 % des suffrages).

En octobre 2009, lors du sixième congrès du Jobbik est créée l'Alliance européenne des mouvements nationaux destinée à rassembler les partis nationalistes d'Europe[7].

En avril 2010, lors des élections législatives hongroises, le Jobbik recueille 16,67 % des voix soit 47 sièges à l'Assemblée nationale[8]. En avril 2011, il refuse de voter la loi fondamentale de la Hongrie, une nouvelle constitution prônée et ensuite votée par le Fidesz-Union civique hongroise de Viktor Orbán renforçant le pouvoir du gouvernement.

Aux élections législatives d'avril 2014, le Jobbik sort renforcé et obtient 20 % des voix[9].

Ligne politique[modifier | modifier le code]

Le Jobbik plaide, au nom de la préservation de l'identité nationale, pour le retour des valeurs chrétiennes, de la famille et de l'autorité au cœur de l'action de l'État hongrois. Entretenant le souvenir de la période de régence de Miklós Horthy, le Jobbik se positionne explicitement contre le libéralisme politique et le communisme. Il rend le cosmopolitisme responsable des maux du pays et, selon des responsables catholiques et juifs, entretient un discours antisémite latent[10], et assimile l'élite intellectuelle et économique résidant à Budapest à des alliés objectifs des intérêts étrangers. Il revendique un certain provincialisme et fait de la protection de l'environnement et de l'agriculture hongroise des thèmes de campagne récurrents. Le Jobbik est à l'origine d'une milice rurale, la Garde hongroise.

Le Jobbik est favorable à la réunification de l'enseignement moral et de l'éducation religieuse. Il s'oppose également à l'avortement. Il est globalement défavorable à la construction européenne et à l'immigration tout en dénonçant le Traité de Trianon.

Le Jobbik a abandonné la proposition d'un référendum sur le retrait de l'Union européenne (UE) au profit de la création d'un groupe centre-européen avec la Pologne et la Croatie pour mieux influer sur l'agenda de l'UE[11].

Contrairement à d'autres forces de la droite radicale en Europe, le Jobbik ne suit pas une politique pro-Israël[12]. Dans son ouvrage Né un 20 août paru en 2011, Gábor Vona décrit sa fascination pour l'Islam qui est à ses yeux un des derniers bastions du traditionnalisme[13] et « le dernier espoir de l’humanité dans les ténèbres du globalisme et du libéralisme »[14].

Présidents[modifier | modifier le code]

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections parlementaires[modifier | modifier le code]

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Année Députés Voix  % Rang Groupe
2009
3 / 22
427 773 14,8 3e NI
2014
3 / 21
340 287 14,7 2e NI

Organisation[modifier | modifier le code]

Filiales en Roumanie[modifier | modifier le code]

En 2013 et 2014, le Jobbik ouvre huit filiales en Roumanie (Cluj-Napoca, Miercurea-Ciuc, Sfântu Gheorghe, Odorheiu Secuiesc et les județ de Satu Mare, Mureș, Sălaj, et Bihor) afin de « communiquer les problèmes de la minorité hongroise de Roumanie » auprès de la Hongrie[15],[16].

Structures associées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Nationalist Jobbik Party Doubles Voter Base In Hungary », sur xpatloop.com, .
  2. « Extrême droite hongroise: "le FN est sioniste" », sur Le Figaro, .
  3. « Les relations ambiguës du FN et du Jobbik hongrois », sur droites-extremes.blog.lemonde.fr, .
  4. (hu) « Kezd összeesni az MSZP, a párt inkább hallgat a taglétszámról », sur NOL.hu, .
  5. (en) « Hungary election: Concerns as neo-Nazi Jobbik party wins 20% of vote », sur The Independent, .
  6. « Le meilleur » parmi deux possibilités (comparatif avec suffixe déterminatif -ik, et non superlatif a legjobb « le meilleur ») ; et le mot évoque aussi jobb « droite ».
  7. (en) AENM Press Conference in Brussels, site officiel du Mouvement pour une meilleure Hongrie, . Consulté le 6 février 2010.
  8. « Le Parlement hongrois vire très à droite », TSR.ch, .
  9. « Triomphe électoral pour Viktor Orban en Hongrie », lematin.ch, 7 avril 2014.
  10. Juifs et Chrétiens s'inquiètent de la montée de l'extrême-droite en Hongrie, dans Radio Vatican le 27/04/2012, [lire en ligne].
  11. Laszlo Gruber, « Les socialistes hongrois face à Orbàn et l'extrême droite », Office universitaire de recherche socialiste, no hors-série 76-77,‎ juillet-décembre 2016, p. 47.
  12. Béatrice Giblin, L'extrême droite en Europe, La Découverte, 2011, p. 61
  13. Béatrice Giblin, L'extrême droite en Europe, La Découverte, 2011, p. 63
  14. « Une extrême droite qui n’exècre pas l’islam », Le Monde diplomatique,‎ .
  15. (ro) « Partidul extremist Jobbik din Ungaria a înfiinţat o filială la Cluj-Napoca », sur monitorulcj.ro, (consulté le 12 avril 2016).
  16. (ro) « Opt filiale Jobbik în România: Se caută simpatizanți nationaliști radicali », sur Ziare.com, (consulté le 12 avril 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Jobbik.