Mission Berthelot

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La mission Berthelot, du nom du général français Henri Berthelot (1861-1931) qui la commandait, est une mission militaire française dans le royaume de Roumanie entre 1916 et 1919.

Un monument aux morts de la coalition antibolchévique (1919) à Lippa. Parmi les morts, un Georges Pelle.
Le général Henri Berthelot.

Contexte[modifier | modifier le code]

Timbre hongrois surchargé Occupation française en 1919.

La Roumanie entre en guerre aux côtés des Alliés en 1916. Après des succès initiaux, les forces armées roumaines subissent d'importants revers. L'ambassadeur de France en Roumanie, Charles de Saint-Aulaire, avec l'accord du roi Ferdinand Ier et du chef d'état-major de l'armée roumaine, le général Dumitru Iliescu (ro), demande alors au gouvernement français l'envoi d'une mission militaire avec à sa tête un « grand chef » pour aider l'armée roumaine. La France va envoyer 430 officiers et 1 500 sous-officiers et soldats sous le commandement du général Henri Berthelot nommé à ce poste le 4 octobre 1916[1].

L'entrée du village « General Berthelot » (ex-Fărcădin) en Roumanie.

Déroulement[modifier | modifier le code]

La mission doit officiellement quitter la Roumanie à la suite du traité de Bucarest de mars 1918 qui retire ce pays du conflit[2] mais en fait, elle se fait discrète, en effectif réduit à Jassy, pour reprendre aussitôt du service vers l'est, en République démocratique moldave voisine, qui, attaquée par la République soviétique d'Odessa, appelle à l'aide. Les troupes roumaines et françaises passent le Prut, font cesser la terreur rouge en Bessarabie et se postent sur le fleuve Dniestr à l'appel du Sfatul Țării (parlement moldave)[3].

Elles y restent durant six mois, jusqu'au lorsque la Roumanie reprend les hostilités contre les Empires centraux. Outre la réorganisation de l'armée roumaine, la mission Berthelot l'a également rééquipée avec de l'armement français plus moderne, dont le casque Adrian[1]. La France livrera également 120 avions[1]. Le commandant François de Vergnette de Lamotte reformera et dirigera l'aviation roumaine.

À l'issue de la guerre, la mission Berthelot ne quitte pas la région : craignent que la Russie soviétique et la Hongrie bolchévique ne fassent leur jonction à travers la Pocutie et la Ruthénie, les autorités polonaises et roumaines, soutenues respectivement par les missions françaises Faury et Berthelot, engagent les guerres antibolchéviques soviéto-polonaise de 1919-1921 et hungaro-roumaine de l'été 1919[4]. La mission Berthelot n'achèvera sa mission qu'à l'automne 1919.

Suites[modifier | modifier le code]

Le général Berthelot deviendra un héros dans la Roumanie d'après-guerre. Plusieurs écoles et voies publiques portent son nom et un village sera même rebaptisé en General Berthelot, où le gouvernement roumain lui offrira une grande propriété confisquée à la famille Nopcsa, aristocrates austro-hongrois, située dans le village transylvain de Fărcădin. Le régime communiste roumain (-) les débaptise et laisse sa villa à l'abandon. Après la libération de 1989, les noms sont rétablis et, en 2008, sa villa et ses dépendances sont restaurées et abritent désormais le Centre de développement durable du pays de Hațeg.

Art[modifier | modifier le code]

Le peintre et graveur Henri Farge faisait partie en tant qu'officier de la mission Berthelot qui lui a inspiré un ensemble de gravures et de lavis réunis sous le titre La Roumanie douloureuse - Souvenirs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c [Mission Berthelot] Jean-Claude Demory, Stéphane Ferrard, Louis Klein, Cédric Neau et Serge Zeyons, Encyclopédie de la Première Guerre mondiale, Paris, éditions du Chêne - E/P/A - Hachette livres, (1re éd. 2008), « Campagne de Roumanie », p. 179.
  2. Petre Otu, « L’influence de la doctrine militaire française sur l’évolution de l’armée roumaine (1878-1940) », sur Revue historique des armées, (consulté le 21 décembre 2015).
  3. Ion Nistor, Istoria Basarabiei, éd. Humanitas, Bucarest 1991 (ISBN 973-28-0283-9), pp. 278-285.
  4. La 8e division roumaine des généraux Jacob Zadik et Nicolae Petala et la 4e division polonaise du général Kraliczek prennent donc position en Pocutie, tout en déclarant qu'elles n'intervenaient pas contre la République populaire d’Ukraine occidentale (qui n'en sera pas moins annexée par la Pologne en 1921) : Philippe Henri Blasen, (de) « Pocuce, injuste prius detractum, recepit… Rumänische Ansprüche auf die südostgalizische Gegend Pokutien ? » dans (ro) Analele Bucovinei, 1/2014, et Tomasz Schramm, [[Portail:{{{1}}}]] Francuskie misje wojskowe w państwach Europy Środkowej 1919–1938, Poznań, 1987.