Sighișoara

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Sighișoara
(hu) Segesvár
(de) Schäßburg
Blason de Sighișoara
Héraldique
Vue d'ensemble de Sighișoara.
Vue d'ensemble de Sighișoara.
Administration
Pays Drapeau de la Roumanie Roumanie
Région Transylvanie
Județ Mureș
Maire
Mandat
Tóth Tivadar (UDMR)
depuis
Code postal 545400
Indicatif téléphonique international +(40)
Démographie
Population 28 102 hab. ()
Géographie
Coordonnées 46° 13′ 14″ nord, 24° 47′ 30″ est
Altitude 383 m
Fuseau horaire +02:00 (heure d'hiver)
+03:00 (heure d'été)
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Roumanie

Voir la carte administrative de Roumanie
City locator 14.svg
Sighișoara

Géolocalisation sur la carte : Roumanie

Voir la carte topographique de Roumanie
City locator 14.svg
Sighișoara
Liens
Site web sighisoara.org.ro

Sighișoara (en allemand : Schäßburg, en saxon de Transylvanie : Schäsbrich, en hongrois : Segesvár, en latin : Castrum Saxorum) est une ville et une municipalité de Transylvanie, Roumanie. Elle est peuplée de 32 570 habitants en 2007[1]. C'est également une destination touristique connue pour son patrimoine historique, listée comme patrimoine mondial à l'UNESCO.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville de Sighișoara est située dans le Sud du județ de Mureș, sur la rivière Târnava Mare et dans la vallée homonyme, à 55 km au sud-est de Târgu Mureș (le chef-lieu du județ) et à 110 km au nord-ouest de Brașov.

La partie la plus ancienne de la ville est située sur un plateau dominé par une colline qui surplombe une boucle de la rivière. Dès le Moyen Âge, l'expansion urbaine a rejoint la rive gauche de la Târnava pour s'étendre à l'heure actuelle sur la rive droite où se trouvent la gare et de grands quartiers modernes.

La municipalité est composée de la ville de Sighișoara elle-même et des sept villages suivants (population en 2002)[2] :

  • Sighișoara (30 689), siège de la municipalité ;
  • Angofa (4) ;
  • Aurel Vlaicu (98) ;
  • Hetiur (914) ;
  • Rora (212) ;
  • Șoromiclea (71) ;
  • Venchi (195) ;
  • Viilor (121).

Histoire[modifier | modifier le code]

Sighișoara de nuit.

Une colonie dace, près de Sighișoara appelée Sondava date du IIIe siècle av. J.-C.. C'était le site d'un castrum romain et la base d'une légion romaine depuis le IIe siècle.

Au XIIe siècle, des artisans et des marchands d'origine allemande, appelés Saxons de Transylvanie sont invités par le roi de Hongrie à coloniser et défendre la frontière orientale de son royaume. Le chroniqueur Krauss mentionne la colonie saxonne à Sighișoara en 1191. Le lieu où se sont installés ces colons saxons avait déjà été fortifié par les Sicules une cinquantaine d'années auparavant.

Après les invasions mongoles de 1241, des fortifications sont élevées autour de la ville. Celles-ci sont payées par les corporations d'artisans (elles sont vingt-cinq en 1376). L'aristocratie et la bourgeoisie habitent alors la ville haute, sur la colline originelle tandis que des faubourgs, peuplés d'artisans et de paysans, se développent dans la ville basse, elle aussi protégée par des murailles et des portes défensives.

En 1280, Sighișoara est connue par son nom latin Castrum Saxorum, et en 1298 par son nom allemand de Schespurch. En 1337 Sighișoara devient une résidence royale, et obtient le statut de ville en 1367 sous le nom de Civitas de Segusvar.

Vlad II Dracul (Vlad II le Dragon), prince de Valachie s'établit dans la ville en 1421. Il y reste jusqu'en 1436 et c'est là que naît son fils qui règnera sous le nom de Vlad III l'Empaleur, dont la légende revue par l'écrivain Bram Stoker sera la base du personnage de Dracula.

Pendant plusieurs siècles, la ville joua un rôle stratégique et commercial significatif aux limites orientales du royaume de Hongrie, devenant l'une des villes les plus importantes de Transylvanie.

La pression des Turcs de 1421 à 1526 oblige à surélever les remparts. Les artisans et les marchands allemands dominent l'économie de la ville. On estime que pendant les XVIe et XVIIe siècles, Sighișoara posséda près de quinze guildes et vingt associations d'artisans. Le sculpteur baroque Elias Nicolai a vécu en ville.

La ville voit l'élection de Georges Ier Rákóczy comme prince de Transylvanie et roi de Hongrie en 1631. Les XVIIe et XVIIIe siècles voient la ville souffrir d'événements tragiques : incendies en 1676, 1736, 1788, épidémies de peste dont meurt la moitié de la population, inondations en 1771, séisme en 1838.

La région de Sighișoara voit la naissance en 1673 du mystique Johannes Kelpius, qui émigre en Pennsylvanie sur le « Sarah Maria Hopewell ». Il est l'âme du groupe d'ermites appelés Mystics of the Wissahickon, ou encore Society of the Woman in the Wilderness. Son héritage littéraire et musical comprend des hymnes, un journal, des correspondances, des traités théologiques, et surtout un livre de prière et de méditation intitulé A Short, Easy, and Comprehensive Method of Prayer, dans lequel il préconise une prière silencieuse et permanente, souligne que tous peuvent la pratiquer et exhorte chacun à le faire. Ce dernier ouvrage, facile d'accès, a connu un certain succès tout au long du XVIIIe siècle, et a été plusieurs fois réédité.

La plaine voisine d'Albești est le site de la Bataille de Segesvár, où l'armée des révolutionnaires hongrois de 1848 conduite par Józef Bem est défaite par l'armée russe de Luders le . Un monument est construit en 1852 à la mémoire du général russe Skariatin, qui mourut lors de cette bataille. On pense aussi que le poète hongrois Sándor Petőfi a été tué dans cette bataille; un monument à son honneur est érigé à Albești en 1897.

La ville reste à l'écart du développement économique du XIXe siècle, ce qui lui permet de préserver son centre historique de changements urbanistiques trop massifs. En 1876, lors de la réorganisation administrative de la Transylvanie, elle devient le chef-lieu du comitat de Nagy-Küküllő.

Par le Traité de Trianon, en 1920, la ville rejoint la Roumanie. Après le Deuxième arbitrage de Vienne, elle est occupée par les Hongrois de 1940 à 1944 avant de redevenir roumaine en 1945.

Le centre historique de Sighișoara, qui a conservé son aspect de ville fortifiée médiévale, est inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO[3]. Chaque année en juillet, un festival médiéval se tient dans la vieille citadelle.

Sites touristiques[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La "vieille ville de Sighişoara" constitue un ensemble remarquable d'architecture civile et militaire du Moyen Âge en Transylvanie, dont l'état de conservation a justifié son inscription sur la liste du Patrimoine mondial. Le centre historique est constitué par le site fortifié qui s'étend sur le plateau aux versants abrupts dominé par la colline de la Cité, la Ville Basse et les murailles qui enserrent l'ensemble.

Les monuments les plus remarquables sont :

  • la Tour de l'Horloge de Sighișoara (Turnul cu Ceas), tour défensive du XIIIe siècle et du XIVe siècle et porte d'entrée principale de la ville. Le Conseil Municipal de la cité se tenait à cet endroit jusqu'en 1456 ; elle a été transformée en Musée d'Histoire en 1899. Construction de 64 mètres de hauteur, la tour comporte une galerie surmontée d'un toit de tuiles vernissées et d'une flèche, l'emblème de Sighișoara.
  • l'église Saint-Nicolas, au sommet de la colline, de style gothique (1459-1495), avec un ensemble de fresques gothiques et plusieurs retables Renaissance.
  • l'escalier des Écoliers, escalier à rampes de 175 marches avec une couverture en bois datant de 1642, permet d'accéder à l'église Saint-Nicolas sur la colline[4].
  • la place de la Citadelle et rues avoisinantes, ensemble de maisons d'artisans à deux ou trois étages aux crépis colorés et aux hautes toitures de tuiles.
  • l'église catholique adossée aux remparts.
  • l'église du monastère, ancienne église des Dominicains (XIIIe siècle), agrandie en 1515, de style gothique avec une décoration intérieure baroque, un remarquable retable, une collection de tapis turcs.
  • les nombreuses maisons médiévales.
  • les murailles de la Citadelle (930 mètres de long, huit à dix mètres de haut), construite du XIIIe siècle au XVIIe siècle. Neuf tours subsistent sur les quatorze originelles. Chaque tour porte le nom d'une corporation : tour des Fourreurs, des Bouchers, des Tailleurs, des Ferblantiers, etc.

Tours[modifier | modifier le code]

Selon d’anciens écrits d’architecture militaire, les tours ont une fortification de défense mutuelle. Chacune est supposée être une forteresse indépendante ; casser l’une des bases de ces tours ne suffit pas à pénétrer dans la ville. Les tours sont creuses à l’intérieure et elles sont équipées d’ascenseurs et de galeries souterraines.

  • la tour à l'horloge (Turnul cu Ceas) : le monument mesure 64 m de haut et a été construit au XIIIe siècle. C’est aujourd'hui un musée historique ;
  • la tour des tanneurs  (Turnul cositorarilor)
  • la tour des bouchers (Turnul măcelarilor)
  • la tour des bottiers (Turnul cizmarilor)
  • la tour des tailleurs (Turnul croitorilor)
  • la tour des fourreurs (Turnul cojocarilor)
  •  la tour des ferrailleurs (Turnul fierarilor)
  • la tour des cordiers (Turnul frânghierilor)
  • la tour des tanneurs (Turnul tăbăcarilor)

Églises[modifier | modifier le code]

  •  L’église sur la colline (Biserica din Deal) – est indubitablement l’un des plus précieux monument architecturaux de la ville. Il fait partie des bâtiments le plus représentatif du style gothique en Roumanie.
  • L’église monastère Dominicane (Biserica Mânăstirii Dominicane) – est un bâtiment de style gothique. Elle est située dans les environs de la tour d’horloge. L’église a été construite au XIIIe siècle, c’est l’une des seules qui n’a pas de cloche. La raison est que les saxons ne voulaient pas en installer alors que l’église située sur la colline en a bénéficié d’une. Il leur semblait que c’était suffisant pour toute la ville.
  • L’église catholique Saint Joseph
  • Église de la lèpre (Biserica Leproșilor)
  • La cathédrale orthodoxe de Sighișoara (Catedrala Ortodoxă)

Architecture civile[modifier | modifier le code]

La plupart des 164 maisons de la ville n’ont pas moins de 300 ans d’histoires et elles sont considérées comme monuments historiques. La place centrale de la ville était autrefois habitée par les nobles familles de la ville. Bien que les maisons aient subies des changements au fil du temps, les plus jolies sont les seules qui ont conservé leur état d’origine.

  • Strada 1 Decembrie 1918
  • La maison du rocher (Casa de pe stâncă)
  • Maison vénitienne ou la maison verte  (Casa Venețiană)
  • La maison de la Vlad Dracula
  • L’Hôtel de Ville de Sighișoara
  • Le complexe hôtelier de Sighișoara – construit dans les années 1886 – 1889 et il était le siège de l’hôtel de ville.
  • Le Lycée de Sighișoara
  • La maison du cerf (Casa cu Cerb)
  • La place de la Citadelle (Piața Cetăți)
  • Casa Asociației Meșteșugărești (La Perla)
  • Bâtiment Joseph B. Teusch  (Hotel Central)

La ville basse possède aussi quelques bâtiments intéressants du début du XXe siècle, notamment l'hôtel Steaua, de style art nouveau et de beaux immeubles baroques.

Sighișoara dans les arts et la culture[modifier | modifier le code]

Sighișoara dans la littérature[modifier | modifier le code]

La ville et notamment sa Tour de l’Horloge est très présente dans l’œuvre de Gheorghe Crăciun[5].

Sighișoara au cinéma[modifier | modifier le code]

Sighișoara dans la peinture[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
2000 2015 Ioan Dorin Dăneșan PSD  
2015 2016 Ionel Gavrilă PNL intérim
2016 Ovidiu Mălăncrăvean PSD  
en cours Tóth Tivadar UDMR intérim
Élections municipales de 2016[6]
Parti Sièges
Parti national libéral (PNL) 3
Parti social-démocrate (PSD) 7
Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) 3
Union indépendante pour Sighișoara (UIPS) 6

Démographie[modifier | modifier le code]

Historique des recensements
Ann. Pop.  %±
1880 9 855
1900 12 082
1910 12 796 5,9%
1930 14 227 11,2%
1941 16 078 13,0%
1948 18 284 13,7%
1956 21 366 16,9%
1966 26 207 22,7%
1977 33 208 26,7%
1992 36 170 8,9%
2002 32 304 -10,7%
2011 28 102 -13,0%

Ethnies[modifier | modifier le code]

La composition démographique de la ville s'est profondément modifiée au cours du XXe siècle. La ville s'est « roumanisée » et a perdu peu à peu sa spécificité germanique.

En 1910, la ville comptait 6 092 Allemands (soit 47,61 % de la population totale), 3 580 Roumains (27,98 %) et 2 740 Hongrois (21,41 %)[7].

En 1930, on recensait 5 845 Allemands (41,08 %), 4 771 Roumains (33,53 %), 2 928 Hongrois (20,58 %), 504 Roms (3,54 %) et 146 Juifs (1,03 %).

En 2002, les proportions sont les suivantes : 24 751 Roumains (76,06 %), 5 934 Hongrois (18,36 %), 1 135 Roms et seulement 623 Allemands (1,92 %)[8].

Religions[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 2011, la répartition religieuse de la population est la suivante[9] :

Économie[modifier | modifier le code]

La ville possède des unités de fabrication de meubles, verreries, céramiques. L'industrie textile, la confection et les matériaux de construction sont également des secteurs actifs de l'économie locale.

Le commerce et le tourisme y jouent un rôle de plus en plus important.

Communications[modifier | modifier le code]

Routes[modifier | modifier le code]

La ville est reliée par la route nationale DN13 (route européenne 70) à Târgu Mureș au nord et à Brașov et Bucarest297 km) au sud.

Une route régionale permet de rejoindre à l'est le județ de Harghita et Odorheiu Secuiesc tandis que la route nationale DN14 à l'ouest la relie à Mediaș et Sibiu, dans le județ de Sibiu.

Voies ferrées[modifier | modifier le code]

Sighișoara bénéficie de très bonnes liaisons ferroviaires avec Brașov, Odroheiu Secuiesc et Mediaș.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]