Traité de Spire

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Le royaume de Jean-Sigismond en 1570

Le Traité de Spire, signé lors de la Diète de Spire en 1570, est un accord de paix entre les deux prétendants au royaume de Hongrie Maximilien II de Habsbourg qui régnait sur la Hongrie royale et Jean-Sigismond Zápolya qui contrôlait l'Est du pays. Selon les termes du traité, Maximilien II reconnait Jean-Sigismond comme « Prince de Transylvanie » et en contre-partie Jean-Sigismond renonce à son titre de roi de Hongrie et reconnaît Maximilien II comme roi de Hongrie et suzerain de sa principauté[1].

Interprétations divergentes[modifier | modifier le code]

L'historiographie hongroise moderne considère que dans ce cas précis, un État vassal comme la principauté de Transylvanie, même pourvu d'institutions et de forces propres, constitue en termes de droit public une partie du royaume de Hongrie[2], tandis que l'historiographie roumaine, pour sa part, considère la Principauté comme un État distinct, vassal de la Hongrie de facto et de jure jusqu'au traité de Spire, vassal de jure mais en fait indépendant depuis ce traité et jusqu'en 1699, puis vassal des Habsbourg après 1699, transformé en grand-duché autrichien en 1711 et aboli en 1867 lors de l'établissement de l'Autriche-Hongrie[3] : ce second point de vue s'appuie entre autres arguments sur la formulation du traité de Spire qui reconnait Jean-Sigismond comme « princeps Transsylvaniae et partium regni Hungariae dominus » (« Prince de Transylvanie et seigneur de parties du Royaume de Hongrie ») faisant ainsi une distinction entre principauté de Transylvanie et Hongrie orientale[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Andrew Pettegree, (en) The Reformation World, Routledge, 2000, p. 192.
  2. Anthony Endrey, (en) The Holy Crown of Hungary, Hungarian Institute, 1978, p. 70.
  3. Gerald Volkmer, Das Fürstentum Siebenbürgen (1541-1691) : außenpolitik und völkerrechtliche Stellung, Arbeitskreis für Siebenbürgische Landeskunde, Heidelberg, 2002 ; Anton Moisin, Istoria Transilvaniei, Vol. I - V, Bucarest 1998 - 2003 et Academia Republicii Populare Romîne, Istoria Romîniei, Bucarest 1960.
  4. István Keul, (en) Early modern religious communities in East-Central Europe: ethnic diversity, denominational plurality, and corporative politics in the principality of Transylvania (1526–1691), BRILL, 2009, p. 61.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Bérenger avec préface de Sándor Csernus La Hongrie des Habsbourg: Tome I de 1526 à 1790. Presses Universitaires de Rennes, Rennes (2010) (ISBN 978-2753509870) p. 401.