Roumains et roumanophones

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Roumains/roumanophones
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La répartition actuelle des langues romanes orientales

Populations significatives par région
Drapeau de la Roumanie Roumanie 16 792 868 (2015)[1]
Drapeau de la Moldavie Moldavie 2 330 625 dont 675 881 se déclarent roumains, et 1 654 744 se déclarent moldaves (Conformément aux vœux des autorités moldaves pro-russes) (2014)[2]
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 319 646 dont 195 043 se déclarent roumaines et 124 603 se déclarent moldaves (Conformément aux distinctions des autorités ukrainiennes qui, comme les Soviétiques avant elles, comptent comme « roumains » les roumanophones de Bucovine, mais comme « moldaves » ceux de Bessarabie) (2012)[3]
Population totale 20 443 139 selon les sources ci-dessus mais 23 681 610 avec les minorités romanophones d'autres pays voisins selon la source ci-dessous[4]
Autres
Régions d’origine Dacie, Mésie, romanisation des Daces-Thraces
Langues Roumain (nommé « moldave » en Moldavie)
Religions Christianisme orthodoxe (majoritaire), Christianisme catholique grec, Christianisme catholique romain, Christianisme protestant, Judaïsme, Islam
Ethnies liées Aroumains, Méglénites, Istro-roumains

Les Roumains sont un ensemble politique défini selon le droit du sol : les 21 413 815 citoyens de la Roumanie[5], indépendamment de leurs origines, langues et particularités. Pour des informations sur l'ensemble politique roumain (voir l'article sur la Roumanie), et sur ses habitants, voir Démographie de la Roumanie et Communautés de la Roumanie.

Les roumanophones sont un ensemble linguistique, culturel et historique de populations vivant en Europe de l’Est, de part et d'autre des Carpates, du Danube et du Prut, locuteurs de la langue roumaine : cette langue, de la famille indo-européenne, provient de l'évolution linguistique des Thraces et Daces romanisés, ayant vécu dans les Balkans et le bassin du bas-Danube, et appelés « Valaques » dans l'histoire, et « Moldaves » dans l'ex-URSS. Les roumanophones vivent principalement en Roumanie où ils sont 88,9 % de la population (recensement roumain de 2011), et en République de Moldavie où ils sont 71,2 % de la population (recensement moldave de 2004). On estime leur nombre total à près de 23,8 millions. En Roumanie, on utilise le même terme, Români, pour les deux ensembles, généralement traduit par « Roumains ».

Il ne faut pas confondre les Roumains et les Roms, différents par les origines de leurs noms (« Roumain » provient de Romain, « Rom » signifie "êtres humains", "gens" en rrômanès) et de leurs langues (le roumain est une langue romane issue du latin, le rrômanès une langue hindique du Nord-Ouest issue du sanskrit), ainsi que par les spécificités respectives de leurs cultures et par leur aire de répartition (les Roumains ayant une diaspora moins diffuse et, en Asie et en Europe occidentale, moins ancienne que les Roms).

Drapeau des Daco-roumains
Drapeau des Aroumains

Définitions[modifier | modifier le code]

Relations entre citoyenneté, langue et appartenance géo-historique dans l'espace roumanophone.
Évolution des langues romanes orientales avec de bas en haut, les trois phases de la formation, de la dispersion et de la différenciation.
Parmi les "Valaques" du bas-Danube et des Balkans on distingue:
en gris = zone de rencontre inter-linguistique (tranhumance)
en blanc = Daco-Roumains
en vert = Istriens et Dalmates
en jaune = Aroumains
en orange = Megleno-Roumains.
Les chemins traditionnels de transhumance des Valaques.
Miklos Barabas : Famille roumaine transylvaine descendant au marché, 1844.
Roumains au XIXe siècle, par Charles Girardet, 1855.
En bleu l'aire de répartition de la langue roumaine en 1900 (le royaume de Roumanie en couvrait alors la moitié ; la Roumanie actuelle en couvre les quatre cinquièmes mais englobe davantage de minorités).
Costume traditionnel de Moldavie, 1995.

Il existe plusieurs définitions de deux ensembles « Roumains » et « roumanophones », selon le référentiel utilisé.

En Roumanie, « Roumain » désigne à la fois le gentilé de la Roumanie et l'ethnonyme des roumanophones, et inclut non seulement les communautés roumanophones hors-frontières, mais souvent aussi les Aroumains, soit l'ensemble des locuteurs des langues romanes orientales au sens large. Qui plus est, « Roumain », dans son acception courante en Roumanie, n'inclut pas les citoyens de la Roumanie appartenant à des communautés non-roumanophones : c'est la définition selon le droit du sang.

La plupart des langues d'Europe occidentale, mais aussi la plupart des pays voisins de la Roumanie, distinguent quant à eux le gentilé de l'ethnonyme, et, selon le droit du sol, réservent le terme « Roumain » à l'ensemble politique des citoyens roumains, pour désigner les roumanophones hors-frontières par d'autres noms comme « Valaques » ou « Moldaves ».

« Valaques » désignait non seulement les Roumains, mais aussi les Istriens ou Istro-roumains, les Aroumains, les Mégléno-roumains, et jadis les Diciens et les Dalmates (Morlaques ou Mavro-Valaques) issus des Thraco-illyriens antiques. Le nom « Valachie » a la même origine.

Au sens le plus strict, en français un « Roumain » est un citoyen de la Roumanie, un « Valaque » est un habitant de la Valachie, un « roumanophone » est un locuteur de la langue Daco-Romane (quelle que soit sa citoyenneté, et quel que soit le nom politique donné à sa langue) et un « Aroumain » est un locuteur de la langue aroumaine (quelle que soit sa citoyenneté).

Dénominations[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Noms des Roumains.

Outre « Valaques », « Moldaves » et « Moldo-Valaques » (fréquent au XIXe siècle), les roumanophones et les Roumains apparaissent parfois sous des noms régionaux comme « Diciens » en Dobrogée ou « Timocènes » en Serbie[6].

Beaucoup plus diverses sont les dénominations des locuteurs, partout minoritaires, d'autres langues romanes orientales que le roumain : « Aromounes », « Aromans », « Aroumains », « Ciciens », « Istriotes », « Istriens », « Istro-romans », « Istro-roumains », « Moglénites », « Mégléniotes », « Mégléno-romans », « Mégléno-roumains », « Valaques », « Vlaques », « Vlachs », « Vlachos », « Vlakhos », « Koutso-vlaques », « Koutso-valaques », « Tchipanes », « Cipans », « Farsherotes », « Gramoshtènes », « Zinzares » et bien d'autres encore[7],[8].

En français et dans d'autres langues, occidentales ou voisines de la Roumanie, le terme « Roumains » comme exonyme (ainsi que le terme « Roumanie ») est un néologisme du XIXe siècle. En roumain, il est en revanche attesté par écrit comme endonyme dès le XVIe siècle, longtemps avant l'apparition de l'État roumain[9]. En français, le journal Mercure de France de emploie pour la première fois l'expression « Valachie ou pays Roumain » lorsqu'il présente le texte de la Constitution octroyée par le Prince Constantin Mavrocordato en 1746[10]. Mais ce sont Émile Ollivier, Edgar Quinet et Élisée Reclus qui ont introduit dans le français courant le nom de « Roumains » à la place de « Valaques », de « Moldaves » et « Moldo-Valaques ».

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Aroumains et Daco-Roumains partagent des caractéristiques communes qui les rapprochent entre eux et les différencient des autres ethnies :

Certaines confusions sont fréquentes concernant les Roumains :

Histoire ancienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Origine des roumanophones.

Le groupe ethnique Roumain-Aroumain s'est formé jusqu'au VIIIe siècle, laissant des traces toponymiques aussi bien au nord qu'au sud du Danube. Les Thraces du sud (entre le Danube et la ligne découverte au XIXe siècle par l'historien et archéologue Konstantin Jiřeček) ont été romanisés à partir de l'an 29 (conquête romaine de la Mésie). Ceux du nord (en Dacie) le furent après la conquête romaine de 106 de notre ère. Cette population a été influencée plus tard par les Slaves, mais pas suffisamment pour adopter une langue slave comme langue véhiculaire.

La première mention de ces Thraces romanisés est faite en 579 par les chroniqueurs Théophane le Confesseur et Théophylacte Simocatta, dans la relation d'une bataille contre les Avars, les Thraces romanisés faisant partie de l'armée byzantine. La deuxième mention écrite est celle du chroniqueur Georges Cédrène en 976 quand il raconte l'assassinat par des « Valaques » du frère du tsar bulgare Samuel. C'est la première mention des romanophones orientaux sous ce nom de « Valaques » : auparavant les sources byzantines les comptaient parmi les Ῥωμαίοι (« Romées » ou « Romains d'orient »), au même titre que les Grecs ou les Albanais également aborigènes des Balkans. Les linguistes, eux, parlent de Proto-roumain pour désigner la langue en évolution parlée par les populations romanophones des Balkans, depuis l'étape des Thraces romanisés jusqu'aux « Valaques » de Cédrène au Xe siècle, puis d'aroumain et de daco-roumain pour désigner les langues parlées par les ancêtres des Aroumains et des Roumains à partir du XIe siècle. Pour le Proto-roumain, il existe aussi les dénominations de « roman oriental », « Thraco-roman » ou « proto-roman oriental ».

En 1186 apparaît sur le bas-Danube (actuelles Bulgarie, Macédoine et sud de la Roumanie) un état multiethnique fondé par la dynastie valaque des Caloian. Il ne s'agit plus cette fois de communautés romanophones ou de « romanies populaires » mais d'un véritable royaume médiéval, que les Bulgares appellent « Second empire bulgare », mais où la population romanophone avait, au sud comme au nord du Danube, encore assez d'importance pour que son souverain soit qualifié de « rex Bulgarorum et Vlachorum » par le pape Innocent III (1205) et par les chancelleries de l'époque. Ensuite, avec le temps, les communautés romanophones gardent plus ou moins longtemps leur « droit valaque » (dont les dernières traces seront abolies en 1867 en Autriche-Hongrie), tout en adoptant, en Marmatie et au sud du Danube, les langues slaves de leurs voisins, plus nombreux, au point qu'à la fin du Moyen Âge le mot « Valaques » (Vlasi) est utilisé aussi par les catholiques croates pour désigner leurs voisins orthodoxes, encore romanophones ou devenus slavophones (serbes).

Les Turcs, pour distinguer des « Valaques » du nord du Danube de ceux du sud, appellent les Roumains du pourtour des Carpates kara-iflak, car chez les Ottomans les points cardinaux avaient des couleurs, le sombre/ombreux (kara) désignant le nord. C'est aussi l'origine du nom actuel de la mer Noire. Les Aroumains des Balkans et du Pinde étaient les ak-iflak, le clair (ak) désignant le sud. En turc, la Méditerranée se dit Ak-Deniz, la « mer claire ». Mais d'autres noms sont attestés, comme koç-iflak (« valaques à béliers ») qui a donné en grec koutso-valaques (« valaques boiteux ») ou encore țințari qui souligne leur prononciation du "č" (cinci : « cinq ») en "ts" (ținți) et qui a donné en serbe, grec ou allemand zinzares.

Article détaillé : Noms des Roumains.

À l'époque moderne, les Grecs utilisent le mot vlahos avec un sens péjoratif (« montagnard », « naïf », « balourd ») et il n'est pas rare d'entendre aujourd'hui en Grèce des blagues où le personnage du vlahos joue le rôle du dindon de la farce. Toutefois, en Grèce, c'est aussi un nom de famille répandu.

Les ouvrages historiques actuels tendent, en raison des controverses entre historiens, à occulter l'existence des langues romanes orientales entre la fin de l'Empire romain et l'émergence des principautés médiévales de Moldavie et Valachie (soit pendant plus d'un millénaire), ce qui est considéré comme absurde par les historiens roumains tel Neagu Djuvara qui, dans une interview de 2008, disait avec humour : « Les arguments des thèses antagonistes peuvent tous être contestés, mais ils ont le mérite d'exister, tandis qu'aucun fait archéologique et aucune source écrite n'étayent l'hypothèse d'une disparition pure et simple des roumanophones pendant mille ans, qu'ils se soient envolés avec les hirondelles pour migrer en Afrique, ou qu'ils soient allés hiberner avec les ours dans les grottes des Carpates ou des Balkans... »[11]. À moins d'adopter la théorie d'un Vladimir Jirinovski (qui n'est pas historien) selon laquelle les locuteurs des langues romanes orientales proviendraient d'un « mélange de colons italiens venus sur les nefs génoises et de Tziganes danubiens, qui a envahi des terres appartenant légitimement à la Bulgarie, à la Hongrie et à la Russie »[12].

Répartition[modifier | modifier le code]

Les roumanophones dans l'espace danubien-pontique sont environ 23 230 000, dont :

Au sud du Danube, les Aroumains habitent dans le nord de la Grèce, le sud-est de l'Albanie, le sud-ouest de la Macédoine. Les Roumains qui vivent dans le nord de la Bulgarie et la vallée du Timok en Serbie ne sont pas des Aroumains, mais des Roumains comme ceux de Roumanie. Ils font l'objet d'une politique d'assimilation dans les pays où la situation politique est fortement influencée par les nationalismes (Serbie, Albanie, Macédoine). La Grèce ne publie pas de données (les dernières remontent à 1951) et ne reconnaît qu'une seule minorité, turque, les autres étant considérées comme des Grecs bilingues.

Les organisations des Aroumains estiment leur nombre à environ 350 000 dispersés dans les Balkans[14] et le Conseil de l'Europe fait mention en 1997 de 250 000 roumains[15].

L'émigration des Roumains a été (et est) importante, et se dirige majoritairement vers les pays suivants[16] (l'Italie et l'Espagne sont en tête en raison de la transparence linguistique de l'italien et de l'espagnol pour les Roumains) :

  • Drapeau de l'Italie Italie: 1 168 552 (en 2016) ;
  • Drapeau de l'Allemagne Allemagne : 788 000 (en 2016) ont des origines Roumaines dont 533 660 sont de nationalité Roumaine (en 2016) selon les statistiques officielles allemandes ;
  • Drapeau de l'Espagne Espagne : 678 098 (en 2017) ;
  • Drapeau des États-Unis États-Unis : en 2015, 160 318 personnes vivant États-Unis, déclarent être nées en Roumanie[17]. La même année, 460 980 personnes personnes se déclarent d'ascendance roumaine, soit 0,15 % de la population[18].
  • Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni: 220 000 (en 2015).
  • Drapeau du Canada Canada : en 2011, 192 170 personnes se déclarent d'ascendance roumaine, soit 0,6 % de la population[19].
  • Drapeau de l'Autriche Autriche : 105 651 (en 2017).
  • Drapeau de la France France : 96 687 (en 2012).
  • Drapeau d’Israël Israël: 77 800 (en 2015) nés en Roumanie et 213 100 (origine paternelle, recensement ethnique) en 2009.
  • Drapeau de la Belgique Belgique : 73 917 (en 2016).
  • Drapeau de la Grèce Grèce : 48 282 (en 2016) selon Eurostat. 46 523 (en 2011) selon le recensement grec.
  • Drapeau du Portugal Portugal : 30 429 (en 2016).
  • Drapeau de la Suède Suède : 27 974 (en 2016).
  • Drapeau du Danemark Danemark : 26 722 (en 2017).
  • Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas : 25 551 (en 2017).
  • Drapeau de Chypre Chypre : 24 532 (en 2011).
  • Drapeau de l'Irlande Irlande : 18 326 (en 2016).
  • Drapeau de l'Australie Australie : 17 230 (en 2016)
  • Drapeau de la Suisse Suisse : 14 330 (en 2017).
  • Drapeau de la Norvège Norvège : 13 889 (en 2017).
  • Drapeau de la République tchèque République tchèque : 10 826 (en 2016)
  • Drapeau de la Slovaquie Slovaquie : 8 299 née en Roumanie (en 2015) et 5 779 de nationalité Roumaine (en 2015)
  • Drapeau du Luxembourg Luxembourg : 4 142 (en 2017).
  • Drapeau de la Russie Russie : 3 201 (en 2010) selon le recensement ethnique Russe de 2010.
  • Drapeau de la Finlande Finlande : 3 165 (en 2016).
  • Drapeau du Qatar Qatar : 2 500 (en 2017).
  • Drapeau du Japon Japon : 2 408 (en 2015) selon les statistiques Japonaises.
  • Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande : 2 235 (en 2013).
  • Drapeau du Brésil Brésil : Estimation de 2 036 (en 2015) par les Nations unies.
  • Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud : Estimation de 1 738 (en 2015) par les Nations unies.
  • Drapeau de l'Argentine Argentine : Estimation de 1 078 (en 2015) par les Nations unies.

Atlas[modifier | modifier le code]

De nombreuses cartes concernant les Roumains, les roumanophones et leur histoire circulent, la plupart étant erronées en raison :

  • de conventions cartographiques appliquées sans discernement : pas de sources indiscutées = pas de représentation (selon l'illogisme « absence de preuve = preuve d'absence »), qui aboutit à représenter une disparition des langues romanes orientales suivie d'une miraculeuse résurrection mille ans plus tard (le protochronisme roumain s'est d'ailleurs emparé de cette représentation pour formuler une pseudohistoire du « peuple roumain, miracle historique ») ;
  • de conventions cartographiques inappropriées ou de l'ignorance des spécificités de l'Europe du Sud-Est, aboutissant à « occulter » la présence des roumains et/ou de leurs états en raison des alliances et des vassalités envers les puissances voisines (Bulgarie, Coumans, Tatars, Pologne, Empire ottoman par exemple), seules représentées (alors que d'autres états vassaux ou subordonnés sont bien figurés ailleurs sur la même carte) ;
  • des conventions toponymiques ou patronymiques inappropriées ignorant l'existence de l'alphabet gréco-slavon spécifique du roumain qui permet de translittérer les noms roumains anciens en alphabet roumain actuel : les auteurs qui l'ignorent se croient, par crainte d'être anachroniques, contraints d'utiliser des orthographes tirées de sources en d'autres langues (magyar, polonais, russe, turc)[20]
  • de positions nationalistes de leurs auteurs ou de leurs sources, visant soit à magnifier, soit au contraire à nier la présence, tantôt au nord, tantôt au sud du Danube (selon les thèses adoptées) des langues romanes orientales, des roumains et/ou de leurs états.

Cinq de ces cartes occultant ou minimisant la présence des roumains et/ou de leurs états, sont montrées ici à la suite de celles qui les représentent.

Personnalités internationalement connues[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mihnea Berindei et Gilles Veinstein : L'empire ottoman et les pays roumains. EHESS, Paris, 1987
  • Dimitrie Cantemir : Chronique de l'ancienneté des Romano-Moldo-Valaques (1708, réédité Bucarest 1901)
  • Georges Castellan : Histoire des Roumains. P.U.F., Paris (plusieurs rééditions)
  • Neagu Djuvara : Les pays roumains entre orient et Occident. P.U.F., Paris, 1989
  • Catherine Durandin : Histoire des Roumains. Fayard, Paris. (ISBN 2-213-59425-2)
  • Nicolae Iorga : Histoire des Roumains et de la romanité orientale. Université de Bucarest, 1945
  • Claude Karnoouh: L'Invention du peuple, chroniques de la Roumanie. Arcantère, Paris, 1990; seconde édition revue, corrigée et augmentée d'une longue postface consacrée aux années 1989-2007, L'Harmattan, Paris, 2008.
  • Alexandre Xenopol : Histoire des roumains de la Dacie Trajane. Cartea Româneasca, Bucarest 1925
  • Nicolas Trifon : Les Aroumains, un peuple qui s'en va. Acratie, Paris, 2005

Notes[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] [1]
  2. a et b [PDF] RECENSĂMÎNTUL POPULAŢIEI ŞI AL LOCUINŢELOR 2014 - CHESTIONAR PERSOANĂ, statistica.md
  3. a et b (en) Office des statistiques d'Ukraine, situation démographique en Ukraine en 2012
  4. Ethnologue
  5. Source : PopulationData.net, juillet 2013.
  6. (ro) Gheorghe Zbuche et Cezar Dobre, Românii timoceni, Bucarest, (ISBN 973-86782-2-6).
  7. Gilles De Rapper, Pierre Sintès et Kira Kaurinkoski, Nommer et classer dans les Balkans : les Valaques, E.F.A. et De Boccard, Paris, (ISBN 978-2-86958-202-6).
  8. Karl-Markus Gauss, La Nation disparue : chez les Aroumains de Macédoine, in « Voyages au bout de l'Europe », L'Esprit des péninsules, 2003 (trad. Valérie de Daran), (ISBN 2-84636-048-0).
  9. Bien qu'Ernest Gellner ait écrit que « ce sont les états qui créent les nations », la notion de « Roumain » ou « Aroumain » n'apparaît pas avec la Roumanie moderne (comme l'affirment les historiens occidentaux, soviétiques, pro-russes et grecs) mais la précède. Les premières attestations des Valaques se désignant eux-mêmes avec le nom de « romain » datent du XVIe siècle, alors que des humanistes italiens commencent à rendre des récits écrits sur leurs voyages dans les zones habitées par des Valaques. Ainsi:
    • Tranquillo Andronico écrit en 1534 que les roumains (en roumain : Valachi) « s’appellent eux-mêmes romains » (en roumain : nunc se Romanos vocant) in: A. Verress, Acta et Epistolae, I, p. 243.
    • En 1532 Francesco della Valle accompagnant le gouverneur Aloisio Gritti note que les roumains ont préservé leur nom de romains et qu'« ils s’appellent eux-mêmes roumains (Romei) dans leur langue ». Il cite même une phrase : « Sti rominest ? » (« sais-tu roumain ? », roum. : « știi românește ? »): « ...si dimandano in lingua loro Romei...se alcuno dimanda se sano parlare in la lingua valacca, dicono a questo in questo modo: Sti Rominest ? Che vol dire: Sai tu Romano... » (in: Cl. Isopescu, Notizie intorno ai romeni nella letteratura geografica italiana del Cinquecento, in Bulletin de la Section Historique, XVI, 1929, p. 1-90.
    • Ferrante Capeci écrit vers 1575 que les habitants des « provinces valaques de Transsylvanie, Moldavie, Hongro-valaquie et Mésie » s’appellent eux-mêmes roumains (romanesci) (« Anzi essi si chiamano romanesci, e vogliono molti che erano mandati quì quei che erano dannati a cavar metalli... » in Maria Holban, Călători străini despre Țările Române, vol. II, p. 158-161.
    • Pierre Lescalopier remarque en 1574 que « Tout ce pays la Wallachie et Moldavie et la plus part de la Transilvanie a esté peuplé des colonies romaines du temps de Trajan l’empereur…Ceux du pays se disent vrais successeurs des Romains et nomment leur parler romanechte, c'est-à-dire romain… » (Voyage fait par moy, Pierre Lescalopier l’an 1574 de Venise a Constantinople, fol 48 in Paul Cernovodeanu, Studii și materiale de istorie medievală, IV, 1960, p. 444).
    • Le saxon transylvain Johann Lebel note en 1542 que les Valaques se désignent eux-mêmes sous le nom de « Romuini » : « Ex Vlachi Valachi, Romanenses Italiani, /Quorum reliquae Romanensi lingua utuntur.../Solo Romanos nomine, sine re, repraesentantes./Ideirco vulgariter Romuini sunt appelanti » (Ioannes Lebelius, De opido Thalmus, Carmen Istoricum, Cibinii, 1779, p. 11-12.
    • Le chroniqueur polonais Orichovius (Stanislaw Orzechowski) observe en 1554 qu’« en leur langue ils s’appellent romin, selon les romains et valaques en polonais, d’après les italiens» (« qui eorum lingua Romini ab Romanis, nostra Walachi, ab Italis appellantur » in: St. Orichovius, Annales polonici ab excessu Sigismundi, in I. Dlugossus, Historiae polonicae libri XII, col 1555).
    • Le croate Anton Verancsics remarque vers 1570 que les Valaques se nomment eux-mêmes romains (roumains): „...Valacchi, qui se Romanos nominant...„ « Gens quae ear terras (Transsylvaniam, Moldaviam et Transalpinam) nostra aetate incolit, Valacchi sunt, eaque a Romania ducit originem, tametsi nomine longe alieno... » (in: De situ Transsylvaniae, Moldaviae et Transaplinae, in Monumenta Hungariae Historica, Scriptores; II, Pesta, 1857, p. 120).
    • Le hongrois transylvain Martinus Szent-Ivany cite en 1699 les expressions : « Sie noi sentem Rumeni » (« nous aussi, nous sommes roumains », pour le roumain : « Și noi suntem români ») et « Noi sentem di sange Rumena » (« nous sommes de sang roumain », pour le roumain : « Noi suntem de sânge român »): Martinus Szent-Ivany, Dissertatio Paralimpomenica rerum memorabilium Hungariae, Tyrnaviae, 1699, p. 39.
    • À la même époque, Grigore Ureche (Letopisețul Țării Moldovei, p. 133-134) écrit : « În Țara Ardealului nu lăcuiesc numai unguri, ce și sași peste seamă de mulți și români peste tot locul... ».
    • Dans son testament littéraire, Ienăchiță Văcărescu écrit : « Urmașilor mei Văcărești!/Las vouă moștenire:/Creșterea limbei românești/Ș-a patriei cinstire. »
    • Enfin dans une Istoria faptelor lui Mavroghene-Vodă și a răzmeriței din timpul lui pe la 1790 un Pitar Hristache versifie: « Încep după-a mea ideie/Cu vreo câteva condeie/Povestea mavroghenească/Dela Țara Românească ».
  10. Parmi les premières références explicites à un « territoire ethnolinguistique roumain » comprenant la Valachie, la Moldavie et la Transylvanie on trouve l’ouvrage « De la nation des Moldaves » du chroniqueur Miron Costin au XVIIe siècle. Au XVIIIe siècle, le prince érudit Dimitrie Cantemir désigne d’une manière systématique les trois principautés habitées par les roumanophones (la Moldavie, la Transylvanie et la Valachie) sous le nom de « Pays Roumain » (en roumain : Țara Românească}). România était déjà courant au début du XIXe siècle, et l'on peut le lire sur la pierre tombale de Gheorghe Lazăr à Avrig en 1823. En français, le nom « Roumanie » dans son acception moderne est attesté pour la première fois dans un ouvrage datant de 1816 dans un ouvrage, publié à Leipzig, de l'érudit grec Demetrios Daniel Philippidès.
  11. Neagu Djuvara sur [2]
  12. Vladimir Jirinovski cité sur : [3] et [4]
  13. [PDF][5]
  14. Selon les sites d'associations aroumaines : [6] ou [7]
  15. [8] Council of Europe Parliamentary Recommendation 1333(1997)
  16. Les chiffres de la diaspora sont des estimations du MAE (ministère des affaires étrangères) roumain : voir site de la présidence sur [9]
  17. (en) « Place of birth for the foreign-born population in the United States », sur factfinder.census.gov (consulté le 27 juillet 2017).
  18. (en) « People reporting ancestry », sur factfinder.census.gov (consulté le 27 juillet 2017).
  19. (en) « Statistics Canada: Ethnocultural Portrait of Canada Highlight Tables, 2006 Census », sur www12.statcan.ca (consulté le 10 août 2017)
  20. Alphabet gréco-slavon du roumain d'après Ion-Aurel Candrea, Dicţionarul enciclopedic ilustrat „Cartea românească”, 1re partie, Cartea românească, Bucarest, imprimé entre 1926 et 1931 :
    Lettre Nom de la lettre Valeur numérique Prononciation Correspondant actuel
    1 Α α az 1 /a/ a
    2 Б б buche /b/ b
    3 В ϐ vede 2 /v/ v
    4 Г г glagol 3 /ɡ/ g, gh
    5 Д δ dobru 4 /d/ d
    6 Є ε iest 5 /e/ e
    7 Ж ж jivete /ʒ/ j
    8 Ѕ ѕ dzelo, dzialu 6 /d͡z/
    9 З з zeta, zemlia 7 /z/ z
    10 И η ije, ita 8 /i/ i
    11 І і I 10 /i/ i
    12 К ϰ capa, caco 20 /k/ c, ch
    13 Л λ lambda, liude 30 /l/ l
    14 М μ mi, mislete 40 /m/ m
    15 N ɴ naş 50 /n/ n
    16 О o on 70 /o/ o
    17 П π pi, pocoi 80 /p/ p
    18 Р ρ riţi, râţă 100 /r/ r
    19 С с slovă 200 /s/ s
    20 Т τ tvirdo, ferdu 300 /t/ t
    21 Ѹ ѹ Ucu 400 /u/ u initial
    22 У ȣ u /u/ u ordinaire
    23 Ф ф fârtă 500 /f/ f
    24 Х χ heru 600 /h/ h
    25 Ѡ ω ot 800 /o/ o
    26 Щ щ ști / ște /ʃt/ șt
    27 Ц ц ți 900 /t͡s/ ț
    28 Ч ч cervu 90 /t͡ʃ/ c devant e et i
    29 Ш ш șa /ʃ/ ș
    30 Ъ ъ ieru /ə/
    /ʷ/
    ă
    31 Ы ы ieri /ɨ/
    /ʲ/
    /ʷ/
    â, î
    i
    32 Ь ь ier /ə/
    /ʲ/
    /ʷ/
    ă
    i
    33 Ѣ ѣ eti /e̯a/ ea
    34 Ю ю iu /ju/ iu
    35 Ѩ ѩ iaco /ja/ ia
    36 Ѥ ѥ ie /je/ ie
    37 Ѧ ѧ ia /ja/
    /e̯a/
    ia
    ea
    38 Ѫ ѫ ius /ɨ/ â, î
    39 Ѯ ξ csi 60 /ks/ x
    40 Ѱ ѱ psi 700 /ps/ ps
    41 Ѳ ѳ fita 9 /θ/, /ft/
    42 Ѵ υ ipsilon, ijiţă 400 /i/
    /u/
    i
    u
    43 Џ џ gea /d͡ʒ/ g devant e ou i
  21. Presque toutes les cartes de l'Europe du Sud-Est sont ainsi erronées, comme on peut le voir sur [10] qui occulte complètement l'existence des populations romanophones orientales et des roumanophones avant l'apparition des principautés de Moldavie et Valachie, et souvent celle de ces principautés elles-mêmes avant le XIXe siècle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]