Stephen Bannon

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Stephen Bannon
Steve Bannon en 2017.
Steve Bannon en 2017.
Fonctions
Conseiller du président des États-Unis
En fonction depuis le
(6 mois et 6 jours)
Président Donald Trump
Gouvernement Administration Trump
Prédécesseur John Podesta
Biographie
Nom de naissance Stephen Kevin Bannon
Date de naissance (63 ans)
Lieu de naissance Norfolk (Virginie)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti républicain
Religion Catholicisme[1]

Stephen Bannon dit Steve Bannon, né le à Norfolk (Virginie), est un homme d’affaires, dirigeant de médias, réalisateur et producteur de cinéma et ancien officier de marine américain.

Militant conservateur, il est, de 2012 à 2016, président exécutif de Breitbart News LLC, la société mère de Breitbart News. Il a réalisé un film-hommage à l'ancien président Ronald Reagan, In the Face of Evil, et un film pro-Tea Party, Generation Zero. En 2012, il co-fonde GIA, journal d'investigation politique.

En août 2016, Stephen Bannon est désigné au poste de directeur exécutif de la campagne présidentielle de Donald Trump. Après la victoire de ce dernier le , il est nommé conseiller du président des États-Unis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Stephen Bannon obtient son diplôme à Virginia Tech en 1976 et est titulaire d’une maîtrise en études de sécurité nationale délivrée par l’université de Georgetown. En 1983 il reçoit un MBA avec distinction de la Harvard Business School[2].

Service militaire[modifier | modifier le code]

Stephen Bannon est un ancien officier de l’United States Navy dans laquelle il a servi à bord du destroyer USS Paul F. Foster (en) en tant qu’officier chargé de la lutte au-dessus de la surface dans la flotte du Pacifique[3]. Il quitte la Navy en 1983[4].

Carrière dans les affaires et les médias[modifier | modifier le code]

Après son service militaire, Stephen Bannon travaille comme banquier d’investissement dans le département Fusions & Acquisitions de Goldman Sachs[5]. En 1990, Bannon et plusieurs de ses collègues de Goldman Sachs lancent Bannon & Co, une banque d’investissement niche qui se spécialise dans les médias. Par son truchement, Bannon négocie la vente de Castle Rock Entertainment à Ted Turner. En guise de paiement, Bannon & Co accepte une participation dans cinq shows télévisés, comprenant Seinfeld. La Société générale achète Bannon & Co en 1998[6].

Stephen Bannon commence sa carrière dans le cinéma en 1991, en tant que producteur exécutif du film The Indian Runner, première réalisation de Sean Penn.

En 1993, alors qu’il dirige encore Bannon & Co, Stephen Bannon est désigné directeur gérant du projet de recherche Biosphère II à Oracle dans l’Arizona. Sous sa direction le projet fait passer sa priorité de la recherche sur l’exploration et la colonisation de l’espace vers la pollution et le réchauffement climatique. Il quitte le projet en 1995[7],[8].

Après la vente de Bannon & Co, Stephen Bannon devient producteur exécutif à Hollywood. Il produit en 1999 le film Titus, avec Anthony Hopkins. Il devient partenaire de Jeff Kwatinetz (en), un acteur de l’industrie du divertissement au travers de la société The Firm Inc., une société de gestion de films et de télévision[9].

En 2004, Stephen Bannon réalise un documentaire sur Ronald Reagan intitulé In the Face of Evil. Au cours de la réalisation du film, il fait la connaissance de l’universitaire Peter Schweizer (en) et de l’éditeur Andrew Breitbart[9].

Bannon est également l’animateur de l'émission de radio Breitbart News Daily diffusée sur un canal radio de Sirius XM[10].

De 2007 à 2011, Stephen Bannon est le directeur et chef exécutif de Affinity Media. De mars 2012 à août 2016, il est le président exécutif de Breitbart News LLC, la société mère de Breitbart News[11],[12]. Andrew Breitbart le décrit comme le « Leni Riefenstahl du mouvement tea party[9] ». Il est également le président exécutif et co-fondateur du Government Accountability Institute où il apporte son aide à l’orchestration de la publication du livre Clinton Cash[13],[11].

En 2015, Stephen Bannon est classé no 19 sur la liste Mediaite des « 25 personnes les plus influentes dans les médias d’information politiques pour 2015 »[14].

Selon le site web Scout.ai, Bannon serait membre du conseil d'administration de la société Cambridge Analytica dont les méthodes d'analyse et d'action auraient pu jouer un rôle dans l'élection de Donald Trump ou dans le référendum sur le Brexit[15].

Carrière auprès de Donald Trump[modifier | modifier le code]

Manifestations contre la nomination de Bannon.

Le , Donald Trump l’engage au poste de chef exécutif de sa campagne électorale pour la présidence des États-Unis[16],[17],[11],[18]. Il est le co-fondateur et le directeur exécutif du Government Accountability Institute (en) et ancien président de Breitbart News LLC, la société mère de Breitbart News[19]. Il quitte Breitbart pour prendre ses nouvelles fonctions[12],[20]. Après l'élection de Donald Trump à la présidence son nom est annoncé comme candidat possible au poste de chef de cabinet de la Maison-Blanche[21].

Le 13 novembre 2016, le président élu, Donald Trump, le désigne « Haut conseiller et chef de la stratégie » de la Maison Blanche[22], soit conseiller du président des États-Unis. Le 28 janvier 2017, Donald Trump le nomme au Conseil de la sécurité nationale[23]. Cette décision provoque de fortes critiques tant du Parti républicain que du Parti démocrate. Le 5 avril 2017, la Maison Blanche annonce que Bannon ne fait plus partie du Conseil de sécurité nationale[24]. Une semaine plus tard la presse, qui avait précédemment rapporté des divergences de vues récurrentes entre Bannon et Jared Kushner, gendre et conseiller du président, fait état d'une interview donnée au New York Post par Trump au cours de laquelle ce dernier prend ses distances avec Bannon[25].

En mai-juin 2017, il plaide, avec succès, auprès du président pour que les États-Unis quittent l'accord de Paris sur le climat. Depuis le début de la présidence de Donald Trump, il fait partie de l'aile nationale-populiste du cabinet présidentiel, « qui se méfi[e] d'un interventionnisme excessif » à l'étranger et pour qui « l'essentiel est de défendre les intérêts de l'Amérique de manière sourcilleuse, sans céder aux logiques contraignantes des organisations internationales », s'opposant notamment à l'aile interventionniste qui plaide pour une méthode inspirée de Ronald Reagan et d'une autre, plus modérée, défendue par les conseillers Ivanka Trump et Jared Kushner[26].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En février 1996, il est accusé de violences par sa seconde épouse qui l’accuse de l’avoir violentée dans leur maison. Il est alors mis en examen pour violences conjugales et pour avoir tenté d'empêcher un témoignage en sa défaveur. L'affaire est cependant abandonnée lorsque son épouse ne comparaît pas au tribunal. Dans les minutes du procès, elle déclare par la suite que son conjoint lui aurait ordonné de quitter la ville pour ne pas avoir à témoigner[27],[28],[29],[30].

Stephen Bannon se considère lui-même comme un conservateur[17],[31],[32]. Évoquant son rôle au sein de Breitbart, Bannon explique : « Nous nous voyons nous-mêmes comme virulemment anti-establishment, en particulier contre la classe politique permanente[33] ».

Idées[modifier | modifier le code]

Selon plusieurs sources[Qui ?], Bannon serait très inspiré par l'essai The Fourth Turning: What the Cycles of History Tell Us About America’s Next Rendezvous with Destiny publié en 1997 par les historiens amateurs Neil Howe (en) et William Strauss (en), connus pour être les initiateurs de la Strauss–Howe generational theory (en). Selon cette théorie les États-Unis vivraient une crise majeure par siècle et chaque siècle serait divisé en quatre saisons. La crise financière marquerait l'arrivée de l'hiver au terme duquel un nouveau cycle séculaire est censé commencer. Le début d'un nouveau cycle ne pourrait toutefois pas avoir lieu sans conflits de forte intensité. Si la théorie de Strauss-Howe est régulièrement critiquée, certains n'y voyant que pseudo-science, le fait que Bannon ait validé cette théorie tout en ayant l'oreille du Président des États-Unis inquiète certains observateurs[34],[35]. Il admire Ronald Reagan, à qui il a consacré un documentaire hagiographique[36]. Il se déclare influencé par la doctrine du nationalisme intégral de Charles Maurras[37].

Newsweek a comparé Bannon à Alexandre Douguine[38].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause, considérez son contenu avec précaution. En discuter ? (juin 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://fr.aleteia.org/2016/12/21/diaporama-le-gouvernement-tres-chretien-de-donald-trump/
  2. Stephen K. Bannon, Bloomberg Businessweek
  3. Who is Stephen Bannon? An Interview with the Director of The Undefeated, Amy Schumer, Houston Press, 15 juin 2015.
  4. Why Trump's Weel of Chaos May Suit Steve Bannon's Bigger Plans, Heather Dgiby Parton, Alternet, 30 janvier 2018
  5. Another Goldman Sachs Alum Joins Donald Trump's Campaign, Fortune, Dan Primack, 17 août 2016.
  6. This Man Is the Most Dangerous Political Operative in America, Joshua Green (en), Bloomberg Businessweek, 8 octobre 2015.
  7. TRUMP’S CAMPAIGN CEO RAN A SECRETIVE SCI-FI PROJECT IN THE ARIZONA DESERT, Tim Murphy, Mother Jones, 26 août 2016.
  8. Long before Breitbart, Trump CEO Bannon ran Ed Bass’ Biosphere 2, Bud Kennedy, Star Telegram, 25 août 2016.
  9. a, b et c This Man Is the Most Dangerous Political Operative in America, Joshua Green, Bloomberg Businessweek, 8 octobre 2015.
  10. Conservative nonprofit plans to expand statewide presence, Bill Mahonay, Politico, 21 mai 2015.
  11. a, b et c [ http://www.politico.com/blogs/media/2012/03/breitbart-to-announce-new-management-117836 Breitbart to announce new management], Keach Hagey, Politico, 19 mars 2012.
  12. a et b Trump shakes up campaign, demotes top advisr, Washington Post, 17 août 2016.
  13. Team, Government Accountability Institute.
  14. Mediaite’s 25 Most Influential in Political News Media 2015, Mediaite, 29 décembre 2015
  15. The Rise of the Weaponized AI Propaganda Machine, Berit Anderson & Brett Horvath
  16. Donald Trump Appoints Media Firebrand to Run Campaign, Martin, Jonathan; Rutenberg, Jim; Haberman, Maggie, New York Times, 17 août 2016.
  17. a et b On the Right Side of the Theater Aisle, James Ulmer, New-York Times, 26 juin 2005.
  18. Breitbart News Network Plans Global Expansion, Leslie Kaufman, New York Times, 16 février 2014.
  19. Team, Government Accountability Institute
  20. Former Breitbart Staffer to Powerhouse Politics: Bannon Ran Meetings That Sounded Like White Supremacists Talking, Liz Stark, ABC News, 18 août 2016.
  21. Pour le poste de "premier ministre" de Donald Trump, Steve Bannon est en pole position. Et il fait froid dans le dos., Maxime Bourdeau, Huffington Post, 11 novembre 2016.
  22. Hunter Walker et Dylan Stableford, « President-elect Trump names Steve Bannon and Reince Priebus to his senior White House leadership team », sur Yahoo, (consulté le 13 novembre 2016).
  23. (en) Alan Yuhas, « Trump gives National Security Council seat to ex-Breitbart chief Steve Bannon », sur The Guardian, (consulté le 29 janvier 2017).
  24. Bannon ousted from National Security Council, Louis Nelson & Shane Goldmacher, Politico, 5 avril 2017.
  25. Trump prend ses distances avec son conseiller controversé Bannon, La Presse, 12 avril 2017
  26. Laure Mandeville, « À la Maison-Blanche, Bannon a cette fois-ci gagné la bataille », Le Figaro, samedi 3 / dimanche 4 juin 2017, page 4.
  27. Donald Trump’s Campaign Chief, Stephen Bannon, Faced Domestic Violence Charges in 1996, Megan Twohey, Steve Eder, Noah Smith, New York Times, 25 août 2016.
  28. Trump campaign CEO once charged in domestic violence case, Hadas gold, John Bresnahan, Politico, 25 août 2016.
  29. Divorce papers show new Trump campaign CEO 'was charged with domestic violence after grabbing his wife's throat and said he would only marry her if the twin girls she was carrying were "normal"', James Wilkinson, Daily Mail, 26 août 2016.
  30. (en) Elizabeth Chuck, Ali Vitali, Andrew Blankstein et Katie Wall, « Trump Campaign CEO Steve Bannon Accused of Anti-Semitic Remarks by Ex-Wife », NBC News, 27 août 2016.
  31. (en) Rebecca Mead, « Rage Machine », The New Yorker, 24 mai 2010.
  32. (en) « The Conservatives You Should Know at CPAC 2014 », Abby D. Philipp, ABC News, 6 mars 2014.
  33. How Breitbart has become a dominant voice in conservative media, Paul Farhi, The Washington Post, 27 janvier 2016.
  34. Jean-Marie Potttier, « Stephen Bannon et la prochaine apocalypse américaine », Slate.fr, 10 février 2017.
  35. Paul Blumenthal, « Pour Steve Bannon, l'éminence grise de Donald Trump, l'apocalypse est proche et la guerre inévitable », HuffingtonPost, 9 février 2017.
  36. Guillaume Gendron, « L’hydre idéologique du populiste Trump », sur liberation.fr, (consulté le 26 février 2017).
  37. « Maurras, Raspail : une inspiration pour Bannon », lesechos.fr,‎ (lire en ligne).
  38. (en) « Alexander Dugin and Steve Bannon's Ideological Ties to Vladimir Putin's Russia », sur Newsweek.com, (consulté le 15 mai 2017).
  39. (en) Todd McCarthy, « Review: ‘Titus’ », Variety,‎ (lire en ligne)
  40. (en) Ned Martel, « Ronald Reagan, in Black and White », New York Times,‎ (lire en ligne)
  41. (en) David Weigel, « Blowing Up Stuff », Slate,‎ (lire en ligne)
  42. a, b et c (en) Gabe Wardell, « Director Stephen Bannon talks Sarah Palin's Undefeated », Creative Loafing,‎ (lire en ligne)
  43. (en) Kate O'Hare, « Sarah Palin documentary 'The Undefeated' to roll out to other cities », Los Angeles Times,‎ (lire en ligne)
  44. (en) Kelsey Whipple, « The director of Occupy Unmasked talks facts, bias and the future of the movement », Denver Westward,‎ (lire en ligne)
  45. (en) Jedidiah Bila, « Obama voters reject 'hope and change' in new documentary », Fox News,‎ (lire en ligne)
  46. (en) Bill Hoffman, « Newsmax TV's 'Fire From the Heartland' Celebrates Conservative Women », Newsmax,‎ (lire en ligne)
  47. (en) Noah Barkin, « Exclusive: White House delivered EU-skeptic message before Pence visit - sources », sur Reuters, (consulté le 21 février 2017)