Jared Kushner

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Jared Kushner
Jared Kushner en 2017.
Jared Kushner en 2017.
Fonctions
Haut conseiller du président des États-Unis
En fonction depuis le
(7 mois et 30 jours)
Avec Stephen Miller
Président Donald Trump
Gouvernement Administration Trump
Prédécesseur Brian Deese
Valerie Jarrett
Shailagh Murray
Biographie
Nom de naissance Jared Corey Kushner
Date de naissance (36 ans)
Lieu de naissance Livingston (New Jersey, États-Unis)
Nationalité Américaine
Conjoint Ivanka Trump (depuis 2009)
Famille Joshua Kushner (frère)
Donald Trump (beau-père)
Profession Homme d'affaires
Religion Judaïsme orthodoxe[1]
Résidence New York

Jared Corey Kushner est un homme d'affaires américain, né le à Livingston. Il est marié depuis 2009 à Ivanka Trump, fille aînée de Donald Trump, le 45e président des États-Unis. Lui et son épouse sont qualifiés de « supercouple » par les médias américains, qui leur ont donné le surnom de J-Vanka[2]. Il devient le haut conseiller de son beau-père[3] au moment où celui-ci accède à la magistrature suprême.

Famille[modifier | modifier le code]

Une des grands-mères de Jared Kushner était une survivante de l'Holocauste ; elle a vécu aux États-Unis après avoir été passagère du Saint Louis, un paquebot en grande majorité composé de Juifs allemands fuyant l'Allemagne nazie et dont l'essentiel des passagers a été refoulé à son arrivée aux États-Unis[4].

Son père, Charles Kushner, est un entrepreneur majeur de l’immobilier du New Jersey, qui « n’a fait son entrée dans le cœur de New York qu’avec le concours plus présentable de Jared auprès des investisseurs »[5].

Formation[modifier | modifier le code]

Il est titulaire d'un BA en sociologie (en) de l'université de Harvard (2003) et d'un master professionnel en droit (JD (en)) ainsi que d'un MBA de l'université de New-York (2007).

Activités dans l'immobilier[modifier | modifier le code]

Il est le propriétaire de la société immobilière Kushner Properties et de la société d'édition de journaux The New York Observer. Il est le fils du promoteur américain Charles Kushner (en) et a hérité, alors que ce dernier a été emprisonné pour fraude fiscale, de sa « vaste entreprise de promotion immobilière[6] ».

Il a acheté en 2007 le bâtiment le plus cher dans l'histoire des États-Unis[7]: le 666 Fifth Avenue pour 1,8 milliards de dollars. Le prix unitaire payé pour cette acquisition —  1 200 dollars/pied2 (12 840 dollars/m2) — est le double du prix le plus élevé payé jusqu'alors sur le marché new-yorkais pour un achat immobilier[8]. Dès le début il s'avère que le prix est trop élevé, de même que l'emprunt consenti pour financer l'opération. La crise financière qui survient l'année suivant l'acquisition aggrave la situation en tirant les loyers vers le bas et en réduisant les surfaces louées, ce qui place la famille Kushner dans des difficultés financières que Jared s'efforce depuis lors de résoudre en faisant appel à des investisseurs et financements extérieurs[9].

Conseiller de Donald Trump[modifier | modifier le code]

Jared Kushner en visite à Bagdad, en avril 2017.

Après avoir soutenu financièrement le Parti démocrate les années précédentes, il compte, en 2016, parmi les conseillers de la campagne présidentielle de Donald Trump et est décrit comme l'architecte de sa campagne sur les médias numériques[5],[10]. Il joue un rôle essentiel dans le départ des deux premiers directeurs de campagne, Paul Manafort et Corey Lewandowski, et contribue à écarter Chris Christie — ennemi personnel de son père — de l'équipe de transition de Donald Trump[5]. Pendant la période de transition, il cherche à mettre en place un canal de communication secret avec la Russie[11].

Le 9 janvier 2017, Donald Trump le nomme Haut conseiller du président des États-Unis[12]. Jared Kushner a déclaré qu'il renoncerait à tout son salaire, pour la durée du poste[13]. Pour occuper son poste dans l'administration Trump, Kushner doit obtenir et conserver une autorisation de sécurité top secret qui, entre autres, l'a obligé à remplir le « Standard Form 86 »[14].

Une fois Donald Trump investi, il est chargé de définir la politique moyen-orientale des États-Unis et de suivre d’éventuelles négociations israélo-palestiniennes[15]. En avril 2017, il se voit chargé de la réforme de l’administration américaine[5]. Il figure également au premier plan des relations avec les régimes mexicain et chinois[5].

Mediapart le présente comme le « pense-bête de Donald Trump, un mémento de l’essentiel de ses préoccupations immédiates, des dossiers que seul un proche digne de la plus haute confiance pourrait se voir confier »[5].

Soutien à Israël et médiateur dans le conflit israélo-palestinien[modifier | modifier le code]

Donald Trump confie notamment à Jared Kushner la gestion du dossier du conflit israélo-palestinien. Très rapidement, la presse fait état de conflits d'intérêts.

La fondation de la famille Kushner à la tête de laquelle Jared Kushner siège avec ses parents a fait des dons pour un montant de 325,860 $ à l'organisation Friends of the Israeli Defence Forces (FIDF)[16] — association qui collecte des dons au bénéfice de l’armée israélienne[15]. Selon le journaliste Daniel Solomon, « les liens de Kushner avec les FIDF pourraient avoir assombri sa capacité à paraître comme un intermédiaire neutre » entre Israéliens et Palestiniens[17]. Son nom qui figurait parmi les membres du Conseil d'Administration de la fondation[16] en a d'ailleurs été retiré à la suite des révélations sur son « implication dans le groupe »[18],[17].

Entre 2011 et 2013, la Fondation Kushner a effectué des dons de 58,500 $ à des yechivas de colonies israéliennes, apportant notamment 38,000 $ aux American Friends of Beit El[16] — une colonie connue pour son opposition radicale au processus de paix entre Israël et la Palestine[15]. Selon le journaliste Philip Weiss, s'il n'y a rien d'illégal à faire des dons à une organisation de soutien à l'armée israélienne ou à des colonies, « le soutien à une armée d'occupation qui a commis de nombreuses atrocités envers les droits humains ne parle pas pour l'impartialité de Jared Kushner en tant que médiateur » dans le conflit israélo-palestinien[16].

Malgré la polémique, Jared Kushner conserve la confiance du Président Trump qui a déclaré au New-York Times que Kushner serait « très bon » pour la prise en charge des négociations entre Israël et la Palestine ; « Je veux dire qu'il connaît [la problématique] si bien. Il connaît la région, il connaît les gens, il connaît les acteurs »[16].

Le 21 juin 2017, à la tête d'une délégation américaine, il rencontre Mahmoud Abbas lors d'une réunion « tendue », notamment à cause de la reprise par les Américains des plaintes israéliennes quant aux salaires versés aux prisonniers palestiniens condamnés pour terrorisme par les Israéliens. Pour les Palestiniens, les Américains « semblaient être des conseillers de Netanyahou et non des arbitres impartiaux »[19].

Selon le journaliste Mehdi Hasan Kushner n'est pas le premier envoyé du gouvernement américain à afficher un biais pro-israélien, mais seulement le premier chez qui ce biais est aussi flagrant[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Glenn Thrush and Maggie Haberman. Son-In-Law Is Set To Be Key Adviser In Trump Office. The New York Times, Tuesday, January 10, 2017, p. A1 & A10. Voir, p. A10.
  2. (en) Helin Jung, « 20 Mildly Cringey Details About Ivanka Trump and Jared Kushner's Relationship; Here's what you might not know about the power couple. », sur Cosmopolitan.com, (consulté le 14 février 2017)
  3. Voir, (en) Michael S. Schmidt, Eric Lipton and Charlie Savage. Trump's Son-in-Law, Is Cleared to Serve as Advisor. The New York Times, January 21, 2017.
  4. Luc Vinogradoff, « Il y a 75 ans, les Etats-Unis renvoyaient 254 migrants vers la mort dans les camps nazis », sur lemonde.fr, (consulté le 1er février 2017).
  5. a, b, c, d, e et f Philippe Coste, « Trump promeut son gendre et sa fille pour masquer le chaos de l’administration », sur Mediapart, (consulté le 26 avril 2017).
  6. « Trump nomme son gendre Jared Kushner comme haut conseiller », sur 20 Minutes,
  7. (en) « Behind the record deal for 666 Fifth Avenue », sur The Real Deal New York, (consulté le 14 novembre 2016)
  8. [1]
  9. (en) Ben Walsh, Ryan Grim, Clayton Swisher, « Jared Kushner Tried and Failed to Get a Half-Billion-Dollar Bailout From Qatar », The Independent,‎ (lire en ligne).
  10. (en) Emily Jane Fox, « Was Donald Trump’s Son-in-Law the Evil Genius All Along? », sur Vanity Fair (magazine), (consulté le 14 novembre 2016)
  11. « Six proches de Trump soupçonnés d’« interactions » avec la Russie », sur lemonde.fr, (consulté le 2 juin 2017).
  12. « Administration Trump: son gendre Jared Kushner nommé haut conseiller », sur lexpress.fr, (consulté le 10 janvier 2017)
  13. « États-Unis : Trump nomme son gendre, Jared Kushner, haut conseiller à la Maison Blanche », leparisien.fr,‎ (lire en ligne)
  14. (en) Alana Abramson, « Could Jared Kushner Actually Lose His Security Clearance? We Asked the Experts », sur Time, (consulté le 18 juillet 2017).
  15. a, b et c René Backmann, « Israël-Iran: que veut Trump? », sur Mediapart, (consulté le 1er mars 2017).
  16. a, b, c, d et e (en) Philip Weiss, « Jared Kushner’s family foundations gave $325,000 to Israeli army support group », sur mondoweiss.net, .
  17. a et b (en) Daniel J. Solomon, « Jared Kushner’s Name Scrubbed From Pro-IDF Group Board », sur forward.com, .
  18. (en) Judy Maltz, « Jared Kushner's Name Removed From Website of Group Raising Money for Israeli Army », sur haaretz.com, .
  19. (en) Jack Khoury, « In Tense Meeting, Jared Kushner Reportedly Protested Abbas' Refusal to Condemn Jerusalem Terror Attack », sur Haaretz
  20. (en) Mehdi Hasan, « Jared Kushner’s Pro-Israel Bias Is Nothing New for U.S. Mideast Envoys — It’s Just the Most Blatant », The Intercept,‎ (lire en ligne).