Cette page est semi-protégée.

Controverse du Gamergate

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La controverse du Gamergate (souvent écrit #Gamergate car massivement utilisé comme hashtag sur Twitter) est une série de polémiques née durant le mois d'août 2014[1]. Les tenants du Gamergate affirment que l'objet du mouvement concerne le problème de la déontologie du journalisme (déjà touchée par le passé dans l'affaire du « Doritos Gate »), de la censure et de la politisation du jeu vidéo [2]. Ils attribuent l'image négative dont souffre leur mouvement à une couverture médiatique de mauvaise qualité [3]. Les détracteurs du Gamergate dénoncent la misogynie de la culture du jeu vidéo et plus particulièrement les violences verbales et les campagnes de harcèlement dont sont victimes les femmes s'opposant au Gamergate[4].

Contexte

Lors de la genèse du mouvement Gamergate, les sujets de harcèlement sexiste et d'éthique journalistique ne sont pas nouveaux dans la sphère du jeu vidéo, mais n'étaient pas liés auparavant. En 2012 déjà, le Doritos Gate et les menaces contre Anita Sarkeesian, deux événements séparés ayant entraîné leur propre controverse indépendamment de l'autre, ont déjà agité la communauté du jeu vidéo.

Le Doritos Gate concerne la connivence entre les journalistes de jeux vidéo et les annonceurs. Ainsi nommé à cause du paquet de Doritos, une marque de chips, à côté duquel le journaliste canadien Geoff Keighley pose tout en présentant une critique de Halo 4, cette controverse fait alors grand bruit pour l'exposition crue de la relation entre journaux et industriels du jeu vidéo et d'autres produits de consommation[1]. Ce scandale, plus complexe que ne l'était le « Gerstmanngate », du nom d'un journaliste de jeu vidéo renvoyé en 2007 de GameSpot à la suite d'un article peu flatteur rédigé sur le jeu Kane and Lynch: Dead Men. Plusieurs facteurs — mauvaise communication, achat d'espace publicitaire, disparition ou édition des textes et vidéo originaux postés par Jeff Gerstmann — alimentent pendant plusieurs jours de nombreuses rumeurs et théories sur la possibilité qu'Eidos Interactive, l'éditeur du jeu, ait pu faire pression, via par exemple le budget publicitaire, sur GameSpot pour renvoyer Gerstmann[5],[6],[7].

Sur le sujet, Canard PC Hardware publie alors au début 2013 un dossier sur les pratiques du milieu du journalisme « high-tech », notamment du jeu vidéo et du hardware[8]. La controverse amène cependant de multiples réflexions sur les liens entre publicitaires, commerciaux des grands éditeurs et journalistes, dont un long article de Kotaku analysant les différents points de vue des membres de l'industrie[9].

Anita Sarkeesian, la même année, fait face à une vague d'insultes à caractère sexiste ainsi qu'à la publication de ses informations personnelles sur internet dès lors qu'elle lance une campagne de levée de fonds sur Kickstarter afin de réaliser ses vidéos de la série des Tropes vs Women, une série centrée sur les stéréotypes touchant les personnages féminins dans les jeux vidéo[4]. Une frange de sites « réactionnaires » voire « conspirationnistes » d'après un article paru dans Le Monde, suspecte Sarkeesian d'avoir fabriqué elle-même les preuves de ce harcèlement pour attirer l'attention sur elle et ses projets, rhétorique qui est réutilisée lors des premières vagues de critiques contre Zoe Quinn[1] et consistant à faire de la victime une coupable[10]. Elle n'est pas la seule à dénoncer le sexisme des jeux vidéo ou de la culture geek, et les critiques ont été régulières depuis[11].

Conflit d'origine

Le 16 août 2014, Eron Gjoni publie un long article sur Zoe Quinn. Eron Gjoni est l'ex-petit-ami de Zoe Quinn (en). Zoe Quinn est une développeuse indépendante de jeux vidéo et cybermilitante d'extrême gauche très active sur Twitter. Il publie sur un blog dédié un billet détaillant sa relation avec elle. Il l'accuse d'adultère et de mythomanie[1], affirmant qu'elle l'a trompé avec plusieurs professionnels du jeu vidéo[12]. Rapidement il est rejoint par d'autres témoignages de victimes passées[13],[14] de Zoe Quinn.

Gjoni fournit des captures d'écrans de leurs discussions comme preuves, mais il n'accuse pas formellement Quinn d'avoir cherché à faire progresser sa carrière via ces relations sexuelles. Le sujet est saisi rapidement par des membres des sites 4chan, Reddit et plusieurs vidéastes de YouTube[1]. Ils accusent dès lors ouvertement Quinn d'avoir échangé des faveurs sexuelles en échange de critiques positives de son jeu Depression Quest[12],[1], mis à disposition à prix libre et donc jouable grauitement. Le journaliste accusé de collusion avec Quinn n'a jamais rédigé de critique de ce jeu[12], mais il l'a toutefois mentionné de façon positive dans un article du site RockPaperShotgun[15] ainsi que sur le site Kotaku[16]. Un vidéaste, « Triox », justifie alors la virulence des réactions par le fait que le jeu développé par Quinn a reçu un accueil extrêmement favorable par la presse vidéo-ludique, en inadéquation avec la réception des joueurs. Ceci est combiné au fait que Depression Quest ne serait sorti de l'anonymat qu'après les allégations de harcèlement de Zoe Quinn, allégation qui a conféré une couverture médiatique suffisante pour que le jeu puisse être lancé sur la plateforme de distribution Steam[12], où il est mis à disposition des joueurs gratuitement. Plusieurs autres vidéastes ou utilisateurs de tumblr font rapidement de Zoe Quinn le symbole d'un biais supposé des médias du jeu vidéo en faveur des femmes soi-disant porteuses de messages de justice sociale[12].

La majorité des vidéos publiées concernant le jeu de Quinn ou Quinn elle-même, dont une du Youtuber MundaneMatt, sont dépubliées ou menacées de dépublication via le Digital Millennium Copyright Act, faisant valoir son droit d'auteur sur les extraits de Depression Quest inclus dans ces vidéos[12],[1]. Ces tentatives, parfois réussies, parfois vaines, ne font qu'apporter de l'eau au moulin de ses détracteurs qui considèrent que ces requêtes DMCA font partie d'une stratégie de Quinn pour détourner l'attention face à la teneur des révélations[12]. Toutes les discussions concernant les révélations choquantes faites par Eron Gjoni à propos de Zoe Quinn sont également systématiquement bannies du site communautaire Reddit, créant par la même un effet Streisand à propos de l'affaire.

Le 18 août 2014, le vidéo-blogueur InternetAristocrat commence une série de vidéo nommée « Quinnspiracy » critiquant vivement l'éthique des journalistes et la censure de la vidéo par Zoe Quinn.

#Gamergate et #NotYourShield

Le mouvement du Gamergate est essentiellement présent sur Reddit et Twitter[17], bien qu'il soit né sur 4chan[18] et sur quelques plateformes de blog[réf. souhaitée].

La première utilisation du hashtag Gamergate[note 1] a été faite par Adam Baldwin, un acteur, qui le 28 août utilise ce terme dans un tweet en liant deux vidéos du youtubeur InternetAristocrat dénonçant la « Quinnspiracy »[note 2],[18].

L'utilisation du hashtag décollera réellement quand une quinzaine d'articles au contenu similaire sont publiés sur des sites différents de jeux-vidéo, connus sous le nom "gamers are over"[19]. Ces articles se révèleront par la suite coordonnés.

Des extraits d'historiques IRC sur lequel étaient réunis des utilisateurs de 4chan, sont initialement tweetés par Zoe Quinn à partir du 6 septembre, après qu'elle s'est insérée anonymement dans le salon de discussion[20]. Ces extraits, d'un salon nommé « quinnspiracy », sont alors contestés par des utilisateurs de 4chan, qui considèrent les logs comme « hors contexte »[20] et fournissent alors au magazine The Escapist d'autres logs, du salon « burgersandfries ». Zoe Quinn souhaite démontrer que les utilisateurs sont entièrement focalisés sur la meilleure manière de ruiner sa carrière, et que le hashtag Gamergate a été artificiellement poussé vers le devant de la scène après son invention par Baldwin, grâce à des comptes dormants et des sockpuppets[18].

Le hashtag #NotYourShield (« pas ton (votre) bouclier ») a été lancé sur proposition d'un utilisateur de 4chan sur le board /v/ dédié aux jeux vidéo, qui suggérait d'employer NotYourShield sur Twitter en réclamant « aux SJW d'arrêter de nous utiliser comme un bouclier pour éviter les vraies critiques » — SJW signifiant Social Justice Warrior, Guerrier de la Justice Sociale littéralement en anglais. L'objectif est de montrer que le scandale du gamergate n'est pas une organisation misogyne car il est repris aussi par des femmes, supposées poster des photos d'elles-mêmes tenant une pancarte sur laquelle est écrit « #NotYourShield »[21]. Comme plusieurs fausses campagnes Twitter, comme #EndFathersDay ou #BikiniBridge[22], des faux comptes (appelés sockpuppets) sont créés dans le but de faire passer le hashtag en trending topic sur Twitter[18].

Les deux hashtags gagnent alors en visibilité et ont depuis attiré une grande quantité de personnes, supporteurs ou détracteurs[18].

Une étude statistique des tweets affiliés au Gamergate, effectuée fin octobre par Brandwatch à la demande de Newsweek, montre un clair déséquilibre du traitement des personnes impliquées, avec par exemple bien plus de tweets envoyés à Zoe Quinn qu'à Nathan Grayson — le journaliste accusé, sans qu'il n'y ait de preuves, d'avoir écrit une critique positive sur Depression Quest en échange de faveurs sexuelles —, Anita Sarkeesian et Brianna Wu en recevant à elles deux plus que tous les autres journalistes de jeux vidéo étudiés dans la statistique. Newsweek estime que le déséquilibre net entre la quantité de tweets #Gamergate envoyé aux femmes s'étant élevées contre le mouvement et les hommes, montre que le mouvement harcèle plus qu'il ne réclame une meilleure éthique journalistique, et se concentre particulièrement sur les femmes[17]. En outre, l'aspect négatif, positif ou indéterminé du ton des tweets montrerait que, si proportionnellement au nombre total de tweets reçus, les journalistes masculins ont reçu plus ou moins autant de tweets négatifs, en termes de quantité absolue, ce sont les journalistes féminines et les développeuses qui reçoivent le plus de tweets négatifs[17].

Harcèlement de personnalités du jeu vidéo

Anita Sarkeesian

En octobre 2014, Anita Sarkeesian, vidéoblogueuse, critique de la pop-culture et féministe décide d'annuler sa conférence après avoir reçu des menaces anonymes l'avertissant que si elle se présentait à l'université où devait avoir lieu la conférence, cette personne perpétrerait un massacre « du style de Montréal[23] »[24],[25]. Bien que les menaces étaient anonymes et n'y fassent pas référence, Anita Sarkeesian attribua ces menaces à des membres du GamerGate.

The Fine Young Capitalists

Le 12 août 2014 une campagne Indiegogo est lancée pour aider cinq développeuses indépendantes. Zoe Quinn est approchée par le groupe pour faire partie du groupe de développeuses. The Fine Young Capitalists expliqueront cependant que Zoe Quinn a longuement hésité à les rejoindre ou non, avant de les dénoncer et de lancer une campagne de harcèlement à leur encontre sur Twitter. Ils qualifieront leur relation avec Zoe Quinn comme « le problème le plus important qu'ils aient eu à gérer »[26], ce qui aurait eu pour effet de leur fermer tout accès aux journaux. The Fine Young Capitalists accusera également Zoe Quinn d'avoir doxxé plusieurs de leurs membres[27], ce qui sera démenti par la suite[28]. Certains membres du Gamergate ont aussi été victimes de harcèlement et de doxxing selon des témoignages recueillis sur le blog de OneAngryGamer, un partisan du mouvement[29],[28].

En réaction, le groupe /v/ de 4chan décide d'aider financièrement le projet de The Fine Young Capitalists amenant Quinn et ses soutiens à reprocher à The Fine Young Capitalists d'avoir pactisé avec le groupe /v/ qualifiant la partie du forum où se regroupent ces derniers de « cathédrale de la misogynie »[30].

Le 24 août la page de campagne de The Fine Young Capitalists est piratée[31]. Il faut deux jours à The Fine Young Capitalists et au site de financement participatif pour remettre la page en ligne[pertinence contestée][32],[33].

L'éthique du journalisme de jeu vidéo

Des bloggueurs ont découvert que des journalistes étaient des financeurs (au travers de Patreon) de certains développeurs de jeu indépendant. Des journalistes et des développeurs, impliqués sentimentalement ou financièrement, étaient aussi membres de jury pour attribuer des récompenses aux jeux indépendants[34], notamment le jeu Fez, créé par Phil Fish, proche de Zoe Quinn, qui avait œuvré un temps sur ce projet.

Le 26 août, le rédacteur en chef de Kotaku annonce qu'il change le code éthique de ces journalistes en interdisant à ceux-ci de participer financièrement aux jeux vidéo indépendants. Le même jour, Polygon fait une annonce similaire, en demandant en plus aux journalistes de lister toutes leurs contributions financières passées[35].

Le 4 décembre 2014, un article de NicheGamer publie une entrevue avec des développeurs qui révèlent de mauvaises pratiques entre les journalistes et les éditeurs. Notamment ils négocient de meilleurs revues contre des exclusivités sur des préversions[36].

GameJournoPros

Le 17 septembre 2014, Milo Yiannopoulos affirme avoir des preuves d'une coordination entre journalistes de jeu vidéo, notamment à travers un groupe privé sur Google nommé GameJournoPros. Des décisions y seraient prises en commun notamment le fait de sortir des articles ayant le même contenu, le fait de défendre Zoe Quinn, ou comment renvoyer un journaliste sans éveiller les soupçons sur la cause réelle du renvoi[37][réf. insuffisante].

GameJournoPros est un groupe privé sur Google dans lequel plusieurs journalistes de différentes rédactions sont regroupés pour discuter entre eux[38],[39].

Lors de la fuite d'informations sur le groupe GameJournoPros, des images montrent que Kyle Orland (rédacteur chez Ars Technica), Ben Kuchera (éditeur chez Polygon), Jason Schreier (rédacteur chez Kotaku) et James Fudge (managing editor chez GamePolitics.com) ont discuté du traitement de l'affaire Zoe Quinn[40],[41]. Parmi ces mails, Ben Kuchera demande à effacer les messages sur le site The Escapist parlant de la vie privée de Quinn.

Sur le blog OneAngryGamer, des mails du groupe GameJournoPros ont été dévoilés : dans ceux-ci est évoquée la situation du journaliste chez Destructoid Alisstair Pinsof, à la suite de la publication de son enquête sur une campagne Indiegogo nommé Gamers Against Bigotry qu'il jugeait frauduleuse. La publication de cet article a fait l'objet de critiques, car il pouvait heurter certaines communautés[38],[42],[43]. À la suite du conflit entre Chloe Sagal, qui est à l'origine de cette campagne, et Allistair Pinsof, ils se seraient réconciliés après discussion[44]. Cependant cette histoire aurait mené à la suspension du journaliste avec comme instruction de ne pas parler de l'affaire sur Twitter[38].

Sur ce même blog, Yanier Gonzalez, fondateur du site de jeux vidéo Destructoid, répond que le rédacteur oublie de signaler le changement de ton qui a fait suite à ses attaques sur Twitter et Reddit, et qu'il a désobéi aux ordres qui lui ont été donnés de ne pas communiquer sur l'affaire via Twitter[38].[pertinence contestée]

Allistair Pinsof, de son côté, a fait un résumé de sa situation sur son Twitter[45] et dévoilé l'identité de la personne ayant révélé ces discussions : un collègue de travail nommé Jonathan Holmes. Il dépose également sous pastebin un article Reddit non publié détaillant l'intégralité de ses expériences depuis la naissance du scandale, glissant au passage sa décision de quitter le milieu du journalisme de jeux vidéo[46],[47].

À la suite de ces révélations, Kyle Orland, rédacteur chez Ars Technica, dit que la discussion sur le traitement de l'affaire Quinn a eu lieu à la suite de la révélation des détails de sa vie privée, qu'il n'y avait pas lieu de parler d'éthique journalistique à la suite de la relation de Nathan Grayson avec la développeuse indépendante Zoe Quinn et que selon lui, le groupe devrait apporter son soutien à Zoe Quinn[48].

Le 17 octobre 2014, dans une note éditoriale, le journaliste Christopher Grant répond dans un article sur le Gamergate que l'éthique journalistique est un des sujets du groupe et que des désaccords ont fréquemment lieu entre les membres[49].

Accusations de sexisme dans les jeux vidéo et chez la communauté « gamer »

« Gamers are over »

Le 28 août, douze sites sortent le même jour des articles comportant le même contenu[50] : ils affirment que les attaques contre Zoe Quinn et Anita Sarkeesian sont des attaques sexistes, sous couvert de défendre l'éthique dans le journalisme du jeu vidéo[51]. Ils critiquent également la culture du jeu vidéo, qu'ils estiment gangrenée par un sexisme rampant. Leigh Alexander, rédactrice sur Gamasutra, signe un billet d'opinion virulent, intitulé « 'Gamers' don't have to be your audience. 'Gamers' are over. », où elle affirme que le stéréotype du jeune homme joueur de jeu vidéo n'est plus représentatif de la communauté et que ses valeurs doivent évoluer[52].

L'article de Leigh Alexander sera critiqué par de nombreux joueurs, sympathisants ou non[53] du Gamergate, journalistes[54] et professionnels [55]du jeu vidéo qui jugent la tribune insultante et stéréotypée. De plus, le fait que deux mois avant la parution de cette tribune, la journaliste devenait responsable communication pour le jeu narratif et non violent Sunset, correspondant en tous points aux types de jeux dont elle fait la promotion dans l'article, conforte ses détracteurs dans le fait qu'il s'agisse d'une opération de communication[56].

Face aux réactions défavorables à sa tribune, Leigh Alexander quitte Gamasutra peu après la polémique, désirant pouvoir exprimer plus librement ses opinions controversées sur un nouveau blog, Offworld[57], et collaborer avec le groupe Vice Media, spécialisé dans le contenu de marque.

Le 4 février 2016, Leigh Alexander annonce qu'elle arrête d'écrire sur les jeux-vidéo et quitte Offworld[58].

Christina Hoff Sommers

Le 16 septembre, Christina Hoff Sommers publie une vidéo intitulée Are Video Games Sexist? sur la chaîne de l'American Enterprise Institute, dans laquelle elle se montre critique quant à la description faite des stéréotypes dans le milieu du jeu vidéo et prend des positions favorables au mouvement du GamerGate[59].

Christina Hoff Sommers, se présente comme une féministe égalitariste qui critique dans ses livres et ses vidéos sur internet, le féminisme de troisième vague.

Bien que Sommers se déclare « féministe égalitariste », Zaid Jilani, journaliste chez Salon, a critiqué le fait que Sommers prenne part au débat autour du Gamergate, n'étant ni journaliste ni connaisseuse du milieu du jeu vidéo mais qu'elle profite de la situation, comme le journaliste Milo Yiannopoulos, pour défendre une position anti-féministe[60].

Actions attribuées aux « Gamergaters »

Harcèlement et doxxing

Les membres de Gamergate s'illustrent par la grande virulence à laquelle ils répondent à toute personne critiquant leur mouvement, bien que les opposants à Gamergate, comme Stephen Colbert notent que le harcèlement reçu est bien plus important lorsque la critique émane d'une femme[61]. Les cibles vont de critiques occasionnelles, comme l'actrice Felicia Day[62], à des activistes ayant décidé de s'engager contre le mouvement Gamergate, comme Randi Harper ou Sarah Nyberg. Ainsi, le reporteur de Breitbart News Milo Yiannopoulos, membre éminent du mouvement Gamergate (bien qu'il ait précédemment affirmé son mépris pour leurs joueurs de jeu vidéo [63]) dont l'opposition au féminisme est bien antérieur à la controverse, publie notamment un article dans le but d'exposer la vie privée de cette dernière. Milo Yiannopoulos sera finalement banni à vie de Twitter suite au harcèlement de l'actrice Leslie Jones par lui-même et ses fans[64].

Courriel aux sociétés ayant des publicités sur les sites opposés à Gamergate

Plusieurs « opérations » ayant divers noms, ont consisté à envoyer des courriels aux sociétés qui financent contre publicité, les sites qui selon les GamerGateurs ont des problèmes d'éthique et refusent de reconnaître le GamerGate comme un mouvement légitime qui n'a rien à voir avec le harcèlement des femmes. Intel[65], BMW[66], Olympus, Nissan [67],[68], Electronic Arts, Discover[69], Kelloggs [70], Dyson, Giffgaff à différents moments ont retiré ses publicités de Gamasutra ou Kotaku.

Le 11 décembre 2014, au vu des pertes de revenues dues aux actions des pro-GamerGate, les propriétaires de Gawker décident de changer l'équipe dirigeante au 1er janvier 2015[71].

Opération Baby Seal

L'opération Baby Seal est une campagne de mail coordonnée par des gamergaters ciblant les agences de publicité présentes dans le site Gawker. Le but affiché est de présenter un maximum de preuves que Gawker viole les conditions générales de ces agences, dans le but de leur faire stopper leur partenariat avec Gawker. Par exemple pour Google Adsense, le contenu adulte[72], la violation de copyright[73], le contenu violent[74] ou illégal violent la politique de Google Adsense.

Les membres du GamerGate écrivent de manière coordonnée à chaque annonceur des sites Gawker, Gamasutra, Polygon, etc. Ils reprochent à ces sites leurs articles particulièrement offensant envers les joueurs, et le font savoir aux sponsors du site.

Intel[75], Adobe, BMW et Mercedes[76] ont cessé leur coopération avec ces sites.

Vivian James

Durant la levée de fonds organisée par les Fine Young Capitalists, des utilisateurs du forum politique /pol/ de 4chan proposent de participer à cette levée. L'idée est reprise par le forum « jeux vidéo » /v/, car elle pourrait être, selon certains utilisateurs, un moyen de « donner une bonne image » de 4chan et redorerait le blason du board[77]. Le groupe /v/ de 4chan ayant collectivement dépassé la somme de 2 000 $, les membres du groupe décident de réclamer ce que le financement participatif offre en échange de cette somme : la création d'un personnage qui serait intégré dans un jeu[78].

Des votes furent mis en place. Le personnage qui en résultat fut un personnage féminin roux au regard apathique, nommé Vivian James. Le polo à rayure violet et vert et le serre-tête avec un trèfle vert servent à rappeler 4chan. C'est une femme « gamer » à l'apparence intentionnellement normale, ce qui était destiné à démontrer que l'image perçue de la femme parmi les utilisateurs de /v/ correspondait très majoritairement à une figure très filiale, qualifiée de « daughterfu » (mélange loufoque de « daughter » et « waifu », lui-même dérivée de « wife », pour désigner une femme, souvent fictive, qui fait figure de femme idéale) car fruit de la collaboration créative des utilisateurs de /v/, et déterminera certains utilisateurs à se pourvoir d'avoir ainsi « trollé » leurs détracteurs, au vu de la réputation misogyne du board[78].

Il a été pointé que, bien qu'une partie des promoteurs de la création de Vivian James ait pu l'ignorer, les couleurs du sweat du personnage sont identiques à celles utilisées du mème « daily dose » né et développé sur le board /v/ de 4chan[77]. Le vert et le violet font ainsi référence à une image .gif de deux personnages de Dragon Ball Z, Petit-Cœur et Végéta, dont l'un viole l'autre. Ce mème utilisait d'abord cette image, avant qu'elle ne soit interdite sur les forums de 4chan. Certains utilisateurs du site se postaient alors des images reprenant les couleurs vert et violet afin de distribuer une « dose quotidienne » du mème aux autres utilisateurs. Le caractère intentionnel de la reprise de ce code couleur pour Vivian James est fermement réfuté par des partisans du Gamergate, de par son manque absolu de rapport avec le contexte du mouvement[79] et de l'intention principale de vouloir créer un personnage ordinaire et inoffensif [80].

Rassemblement de GamerGateurs

Plusieurs rassemblements pro-Gamergate ont eu lieu à travers le monde, notamment à Miami, Paris, New York, au Danemark, Tel Aviv, Victoria, Raleigh, Renton, Los Angeles, etc.

La rencontre à Washington D.C. a été interrompue par une alerte à la bombe et l'évacuation de la police [81]. Les pro-GamerGateurs accusent les anti de vouloir empêcher leurs rencontres, les antis accusent les pro de vouloir se faire de la publicité.

Débat à la conférence de l'Association des Journalistes Professionnels (SPJ Airplay)

La SPJ (Society of Profesionnal Journalists / l'Association des Journalistes Professionnels) a voulu organiser un débat entre les pro et les anti-#GamerGate. Il a été demandé à chaque communauté d'élire leurs représentants. Aucun représentant des antis n'a voulu être présent. Pour apporter un contre-point de vue, un panel neutre, composé de deux journalistes (Lynn Walsh et Ren Laforme) et d'un développeur de jeux vidéo (Derek Smart), a donc été composé[82].

Le débat, qui a eu lieu le 15 août 2015, s'est déroulé en deux temps :

  • la première partie du débat a porté sur l'"éthique de la presse spécialisée en jeux vidéo", et le GamerGate était représenté par Allum Bokhari et Asche Chow (journalistes), et Mark Ceb (vidéaste).

Les deux panels sont tombés d'accord sur toutes les problématiques de la discussion, à tel point que Michael Koretzky, le modérateur, après le débat, considère qu'il ne « s'agissait même pas d'un débat. Il s'agissait d'une collaboration entre gamers et journalistes[83]. »

  • la seconde partie portait sur les "controverses autour de la couverture médiatique" du GamerGate, qui était représenté par Cathy Young et Milo Yiannopoulos (journalistes) et Christina Hoff Sommers (auteure et ancienne professeur de philosophie).

Un désaccord est rapidement survenu entre le panel GamerGate et Koretzky sur la forme que devait prendre le débat, Yiannopoulos souhaitant notamment exposer son point de vue dans un premier temps sans être interrompu, et aborder des thématiques traitées lors de la première partie.

Le débat a été interrompu à ce moment par l’évacuation de la conférence à cause d'au moins six alertes à la bombe[84],[85]. Le débat s'est poursuivi à l'extérieur des locaux.

À la suite du débat, Koretzky a exprimé le souhait de créer un prix de l'éthique pour la presse spécialisée en jeux vidéo, qui serait remis lors de la conférence annuelle de la SPJ [86].

South by Southwest

Pour de l'édition du festival South by Southwest (SXSW) de 2016, les organisateurs ont décidé d'organiser plusieurs conférences dont deux sont liées au GamerGate :

  • "Level Up: Overcoming Harassment in Games", identifiée comme anti-GamerGate, devait traiter du harcèlement en ligne au sein de la communauté jeux vidéo. Les intervenants prévus étaient Caroline Sinders (ingénieur numérique), Katherine Cross (journaliste) et Randi Harper (fondatrice de la Online Abuse Prevention Initiative).
  • "#SavePoint: A Discussion on the Gaming Community", identifée comme pro-GamerGate, devait traiter du climat socio-politique actuel au sein de la communauté jeux vidéo et de l'éthique de la presse spécialisée. Les intervenants prévus étaient Perry Jones (fondateur de l'Open Gaming Society), Mercedes Carrera (actrice X), et Lynn Walsh (journaliste).

Le 27 octobre 2015, les organisateurs de SXSW ont décidé d'annuler les deux conférences, à la suite de nombreuses menaces[87].

Buzzfeed et Vox menacent de boycotter SXSW[88]. Comme ils encadrent la plupart des conférences, il semble difficile que SXSW arrive à les gérer.

Le 30 octobre 2015, les organisateurs déclarent avoir pris une mauvaise décision en annulant les conférences et annoncent que les intervenants des deux panels seront réunis au sein d'une grande conférence autour du harcèlement en ligne, à laquelle se joindront une vingtaine d'intervenants supplémentaires[89].

Création des Kunkel Awards

Le 10 novembre 2015, l'Association des Journalistes Professionnels américaine (SPJ) annonce la création des Kunkel Awards[90], une série de prix destinée à récompenser l'excellence en journalisme de jeux vidéo, et nommés ainsi en hommage à Bill Kunkel, pionnier du journalisme de jeux vidéo [91]. Le but avoué de ces récompenses est d'encourager l'éthique de la presse spécialisée. Michael Koretzky, directeur régional de la SPJ, déclare que les Kunkel Awards n'auraient pas été créés sans la pression du GamerGate auprès de la SPJ et le débat à la conférence de la SPJ d'août 2015 qui en a découlé. Les Kunkel Awards, qui seront remis en 2016, seront renouvelés en cas de bon déroulement des évènements[92].

Actions attribuées aux « anti-Gamergaters »

La liste de blocage de l'IGDA

Le 21 novembre 2014, l'IGDA publie une liste de blocage pour tweeter qui a plus de 10 000 comptes listés. La liste est présentée comme contenant les noms de comptes des « pires harceleurs du #GamerGate sur tweeter ». La liste contient de nombreux faux-positifs[93],[94],[95].

Le lendemain, l'IGDA retire tout lien vers l'outil de blocage et la liste. L'auteure continue de maintenir sa liste controversée[96].

Harcèlement et doxxing

Des Gamergaters, parmi lesquels des femmes, rapportent subir un harcèlement de la part d'anti-Gamergaters, et recevoir des menaces de mort ou de viol. Certains ont vu leurs informations personnelles dévoilées en ligne. Une des figures du mouvement, TotalBiscuit, raconte endurer « presque deux ans de harcèlement quotidien, les trucs les plus haineux que j'ai entendu dans ma carrière. "Je vais te tuer", "je vais violer ta femme", "je vais tuer ton enfant". Ça provenait de gens qui s'autoproclamaient défenseurs de la "justice sociale". » [97]

Crash Override Network leaks

En août 2016, des conversations archivées issues de groupes de discussions de Crash Override Network (une organisation venant en aide aux victimes de harcèlement en ligne fondée par Zoe Quinn) ont été dévoilées par un ancien membre. Celles-ci révèlent que:

  • certains membres de l'organisation, parmi lesquels Randi Harper (fondatrice de l'organisation anti-harcèlement Online Abuse Prevention Initiative), planifient régulièrement des campagnes de harcèlement, de doxxing ou de diffamation de sympathisants du GamerGate.
  • certains membres sont conscients qu'une partie du harcèlement et des menaces attribuées au GamerGate proviennent en réalité de trolls se faisant passer pour des supporters du GamerGate.
  • des liens financiers existent entre Zoe Quinn et plusieurs sites internet, dont Polygon. Zoe Quinn a également tenté d'user de son influence pour empêcher la publication d'un article la mettant en mauvaise posture[98],[99].

Notes et références

Notes

  1. Composé à partir de gamer, terme générique pour les joueurs de jeux vidéo et parfois utilisé pour parler des joueurs les plus assidus, et du suffixe gate, utilisé pour les grandes affaires et scandales en référence au scandale du Watergate.
  2. Mot-valise constitué de Quinn, le nom de famille de Zoe Quinn et Conspiracy, ou conspiration en anglais.

Références

  1. a, b, c, d, e, f et g William Audureau, « Comprendre les affaires de sexisme dans le jeu vidéo », sur Le Monde.fr,
  2. (en) « Challenge accepted: interviewing an Internet #hashtag – GamePolitics » (consulté le 8 avril 2016)
  3. (en) « Blame GamerGate's Bad Rep on Smears and Shoddy Journalism », sur Observer (consulté le 24 octobre 2015)
  4. a et b William Audureau, « Une féministe spécialiste des jeux vidéo victime de menaces de mort », sur Le Monde.fr,
  5. (en) Andy Chalk, « Gamespot Editor Fired, Rumors Say Eidos Did It », sur The Escapist,
  6. Junaid Alam, « Gamespot Staff on Verge of Mass Resignation: Kotaku Source », sur The Escapist,
  7. (en) Kyle Orland, « GameSpot addresses Gerstmann-gate concerns in depth », sur Joystiq,
  8. « Doritos Gate ? De la rigolade ! », Canard PC Hardware, série Les pages du doc',‎ , p. 90-97 (lire en ligne [[PDF]])
  9. Stephen Totilo, « The Contemptible Games Journalist: Why So Many People Don’t Trust The Gaming Press (And Why They’re Sometimes Wrong) », sur Kotaku,
  10. Damien Leloup, « Photos volées : les victimes ne sont pas coupables », sur Le monde,
  11. Alexandre Léchenet, « Des enquêtes mettent en cause le sexisme des geeks », sur M le magazine du Monde,
  12. a, b, c, d, e, f et g (en) Aja Romano, « The sexist crusade to destroy game developer Zoe Quinn », sur The Daily Dot, (consulté le 13 novembre 2014)
  13. « The Snazziest Mad God — diarrheaworldstarhiphop: Indie developer comes... », sur snazz-athoth.tumblr.com (consulté le 23 août 2015)
  14. « Zoe Quinn's lying, cheating, claim of stabbing and killing a man alleged by photographer - Incredulous » (consulté le 23 août 2015)
  15. (en) « Admission Quest: Valve Greenlights 50 More Games », sur RockPaperShotgun,
  16. (en) « The Indie Game Reality TV Show That Went To Hell », sur Kotaku,
  17. a, b et c (en) Taylor Wofford, « Is GamerGate About Media Ethics or Harassing Women? Harassment, the Data Shows », sur Newsweek,
  18. a, b, c, d et e (en) Casey Johnston, « Chat logs show how 4chan users created #GamerGate controversy », sur Ars Technica,
  19. http://knowyourmeme.com/memes/events/gamergate#AntiGamer
  20. a et b (en) Greg Tito, « Exclusive: 4Chan and Quinn Respond to Gamergate Chat Logs », sur The Escapist,
  21. (en) Patrick Toworfe, « NotYourShield: The Gamergate saga continues », sur Gamerheadlines,
  22. (en) Fernando Alfonso III, « No, feminists aren't trying to #EndFathersDay—it's a hoax », sur The Daily Dot,
  23. (en) Kevin Rawlinson, 2 septembre 2014 : « Gamers take a stand against misogyny after death threats ». BBC News. Consulté le 7 septembre 2014.
  24. (en) Frank, Jenn, 1er septembre 2014 : « How to attack a woman who works in video gaming ». The Guardian. Consulté le 18 septembre 2014.
  25. (en) Alex Hern, « Feminist games critic cancels talk after terror threat », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  26. « #GamerGate: An Interview with The Fine Young Capitalists » (consulté le 23 août 2015)
  27. http://knowyourmeme.com/memes/events/the-fine-young-capitalists-game-jam
  28. a et b http://blogjob.com/oneangrygamer/2014/10/gamergate-tfyc-was-doxxed-by-a-games-writer-not-zoe-quinn/
  29. Wikipedia Editors Doxxed For Updating #GamerGate Wiki Page
  30. Erik Kain, « GamerGate: A Closer Look At The Controversy Sweeping Video Games » (consulté le 23 août 2015)
  31. Sarah Perez, « Indiegogo Campaign Hacked This Weekend, But Wasn’t Part Of A Widespread Attack » (consulté le 23 août 2015)
  32. http://knowyourmeme.com/memes/vivian-james
  33. http://www.forbes.com/sites/erikkain/2014/09/04/gamergate-a-closer-look-at-the-controversy-sweeping-video-games/
  34. « Fraud in the Indie World? – FEZ Investors outed as Judges for Title’s Awards », sur GamesNosh (consulté le 23 août 2015)
  35. « Polygon, Kotaku Revise Their Policies Amidst Controversy | CINEMABLEND » (consulté le 23 août 2015)
  36. http://nichegamer.net/2014/12/gamergate-interview-christian-allen-edition/
  37. (en)The List: Every Journalist in the GameJournoPros Group Revealed, Breibart
  38. a, b, c et d (en)#GamerGate: Destructoid, Corruption And Ruined Careers, OneAngryGamer
  39. (en)The Escapist #GamerGate Forums Brought Down In DDoS Attack, Forbes
  40. (en)Exposed: The Secret Mailing List of the Gaming Journalism Elite, Breibart
  41. (en) « Secret Game Journalist Mailing List, GameJournoPros, Exposed - TechRaptor », TechRaptor,‎ (lire en ligne)
  42. (en)Article d'un blog destructoid
  43. (en)A Journalist “Outs” a Trans* Person, Gets Eviscerated Online: How we are missing the point, Article de Gamers Against Bigotry
  44. (en)Reconciliation: A roundtable discussion with Chloe and Allistair, Gamers Against Bigotry
  45. (en)Statut twitter de Allistair Pinsof
  46. (en) Lance Liebl, « Here’s what we know: Allistair Pinsof, Destructoid, Yanier "Niero" Gonzalez, Game Journo Pros and more », sur Gamezone, (consulté le 20 février 2017)
  47. « Reddit Confession - Allistair Pinsof », sur Pastebin.com, (consulté le 20 février 2017)
  48. (en)Addressing allegations of “collusion” among gaming journalists, Ars Technica
  49. (en)On GamerGate: A letter from the editor, Polygon
  50. http://www.slate.com/articles/technology/bitwise/2014/09/gamergate_explodes_gaming_journalists_declare_the_gamers_are_over_but_they.html
  51. (en) Nick Wingfield, « Intel Pulls Ads From Site After ‘Gamergate’ Boycott »
  52. (en) Leigh Alexander, « 'Gamers' don't have to be your audience. 'Gamers' are over. »,
  53. (en) Leigh Alexander, « 'Gamers' don't have to be your audience. 'Gamers' are over. »,
  54. (en) David Auerbach, « Gaming Journalism Is Over »,
  55. « Gamasutra’s Leigh Alexander Attacks Bioshock Creator Because He Won’t Hate #Gamergate », sur www.reaxxion.com (consulté le 27 août 2015)
  56. (en) « Tale of Tales' Sunset - and Agency ! - Leigh Alexander », sur leighalexander.net, (consulté le 26 août 2015)
  57. « Liquor Loving Leigh Alexander Leaves Gamasutra in Disgrace » (consulté le 26 août 2015)
  58. http://www.breitbart.com/tech/2016/02/04/former-progressive-rising-star-leigh-alexander-to-quit-games-journalism/
  59. https://www.youtube.com/watch?v=9MxqSwzFy5w
  60. (en) Zaid Jilani, « "Gamergate’s fickle hero: The dark opportunism of Breitbart’s Milo Yiannopoulos" », sur Salon,
  61. (en) Rich McCormick, « Stephen Colbert takes on Gamergate with Anita Sarkeesian », The Verge, (consulté le 18 novembre 2014)
  62. (en) Nicole Brodeur, « Despite the threats and sexism, Felicia Day believes in the gaming world », The Seattle Times, (consulté le 21 septembre 2015)
  63. (en) « Few things are more embarrassing than grown men getting over-excited about video games. »
  64. « Qui est Milo Yiannopoulos, journaliste pro-Trump banni de Twitter ? »
  65. http://www.polygon.com/2014/10/4/6906909/intel-gamergate-advertising-gamasutra
  66. http://www.inquisitr.com/1561606/gamergate-gawker-loses-bmw-mercedes-and-adobe-advertising-due-to-bullying-gamers/
  67. http://theralphretort.com/nissan-cuts-ties-gawker/
  68. http://theralphretort.com/zoom-out-olympus-leaves-gawker/
  69. http://digiday.com/brands/gamergate-experiences-mixed-success/
  70. http://theralphretort.com/email-says-kelloggs-gawker-media/
  71. http://www.capitalnewyork.com/article/media/2014/12/8558320/gawker-discusses-cost-gamergate
  72. (en) « Gawker publish Lenore Zann nudes », sur Gawker
  73. (en) « Gizmodo illegally acquired an iPhone prototype »
  74. (en) « Jezebel writers bragged about perpetrating domestic violence »
  75. http://arstechnica.com/gaming/2014/10/intel-folds-under-gamergate-pressure-pulls-ads-from-gamasutra/
  76. http://gawker.com/how-we-got-rolled-by-the-dishonest-fascists-of-gamergat-1649496579
  77. a et b (en) « Vivian James », sur Know Your Meme
  78. a et b (en) Allegra Ringo, « Meet the Female Gamer Mascot Born of Anti-Feminist Internet Drama », sur Vice,
  79. (en) Steven Melendez, « The Secret Meaning Behind GamerGate's Branding », sur Fast Co. Design,
  80. « 4chan | Vivian James », sur Know Your Meme (consulté le 15 mars 2016)
  81. http://www.breitbart.com/london/2015/05/03/dc-gamergate-meetup-disrupted-by-feminist-bomb-threat/
  82. « The speakers | AirPlay », sur spjairplay.com (consulté le 27 août 2015)
  83. (en) « The two sides of GamerGate | AirPlay », sur spjairplay.com (consulté le 24 octobre 2015)
  84. http://gamepolitics.com/2015/08/15/spj-airplay-event-evacuated-after-multiple-bomb-threats
  85. http://www.forbes.com/sites/erikkain/2015/08/15/gamergate-event-evacuated-after-multiple-bomb-threats/
  86. (en) « SPJ considers games journalism awards - Breitbart », sur Breitbart (consulté le 24 octobre 2015)
  87. (en) « SXSW festival pulls pro- and anti-Gamergate panels after 'threats' », sur The Guardian,
  88. (en) « BuzzFeed threatens to pull out of SXSW after threats shut down anti-harassment panel », sur The Verge,
  89. « SXSW Apologizes for Canceling Gaming Panels and Announces Daylong Harassment Summit » (consulté le 10 novembre 2015)
  90. http://www.spj.org/kunkel.asp
  91. http://www.wired.com/2011/09/bill-kunkel-dies/
  92. http://www.breitbart.com/tech/2015/11/10/kunkel-awards-for-games-journalism-launched-by-spj/
  93. http://nichegamer.net/2014/11/confused-or-ignorant-igda-links-to-block-list-retracts-link-may-link-to-list-again/
  94. http://techraptor.net/content/igda-names-10000-people-worst-offenders-online-harassment
  95. http://techraptor.net/content/twitter-blocklist-10000-accounts-causes-trouble-just-gamers-developers
  96. http://nichegamer.com/2014/11/confused-or-ignorant-igda-links-to-block-list-retracts-link-may-link-to-list-again/
  97. http://www.bbc.co.uk/bbcthree/item/9fe76f89-2d48-4393-bbdd-d6b15b0b0503
  98. (en) « Chat Logs Expose Crash Override Network as Online Bullies », (consulté le 30 août 2016)
  99. « When the harassed become the harassers » (consulté le 30 août 2016)

Annexes

Articles connexes

Liens externes