Ehud Barak

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Ehud Barak
אהוד ברק
Ehud Barak, en 2012.
Ehud Barak, en 2012.
Fonctions
Ministre de la Défense d’Israël
Président Shimon Peres
Gouvernement Netanyahou I
Netanyahou II
Prédécesseur Amir Peretz
Successeur Moshe Ya'alon
Président Ezer Weizman
Moshe Katsav
Gouvernement 28e
Prédécesseur Moshe Arens
Successeur Binyamin Ben-Eliezer
10e Premier ministre israélien
Président Ezer Weizman
Moshe Katsav
Gouvernement 28e
Législature 15e
Prédécesseur Benyamin Netanyahou
Successeur Ariel Sharon
Biographie
Date de naissance (72 ans)
Lieu de naissance Mishmar Hasharon (Palestine sous mandat britannique)
Nationalité Israélienne
Parti politique Haatzmaout
Religion Judaïsme

Signature

Ehud Barak
Premiers ministres israéliens

Ehud Barak (en hébreu : אהוד ברק), né le au kibboutz Mishmar Hasharon, est un homme politique israélien. Il est, de 1999 à 2001, Premier ministre de l'État d'Israël.

Candidat à la direction du Parti travailliste, il arrive en tête lors du premier tour, le , devant Ami Ayalon, ancien chef du Shin Beth (services secrets israéliens) et, en troisième position, le leader sortant du parti, Amir Peretz, ministre de la Défense. Le second tour oppose, le 12 juin, Ehud Barak et Ami Ayalon et se traduit par la victoire d'Ehud Barak.

Après la démission d'Amir Peretz de ses fonctions de ministre de la Défense dans le gouvernement de coalition dirigé par Ehud Olmert, Ehud Barak est lui-même nommé 4e vice-Premier ministre et ministre de la Défense, le et investi le 19 juin. Il conserve ses fonctions dans le gouvernement du conservateur Benyamin Netanyahou jusqu'en 2013.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'Israel Brog et d'Esther Godin, immigrés respectivement de Lituanie et de Pologne, le jeune officier Ehud Brog changea de nom à la demande des autorités israéliennes pour des raisons de sécurité liées à son incorporation dans l'unité de forces spéciales Sayeret Matkal et pour répondre à la politique institutionnelle d'israélisation (ou tsabarisation) patronymique en place dans les années 1960 (Barak signifie Éclair en hébreu).

Ayant devancé l'appel à 17 ans et demi, il débuta sa carrière militaire en 1959, pour la finir au grade sommital de Rav Alouf[note 1] le 1er janvier 1995 en tant que 14e chef d'état major (RamatKal -רמטכ"ל-) de Tsahal.

Après une tentative avortée à l'École de pilotage de l'Armée de l'air, il rejoint l'infanterie pour rapidement y devenir officier. Il fut notamment commandant d'un groupe de reconnaissance (Sayeret Matkal) pendant la guerre des Six Jours en 1967, et chef d'un bataillon blindé dans le Sinaï pendant la guerre de Kippour. Plus tard, en 1982, il sera nommé en qualité de chef du Bureau de la planification et promu général de division. Ensuite, durant l'opération Paix en Galilée, il sera promu commandant adjoint des forces israéliennes au Liban.

Ses faits d'armes sont réputés et le personnage bénéficie à ce sujet d'un crédit très important au sein de la population et de l'armée israélienne. À cet égard, il pourrait être cité la libération d'un avion de la compagnie belge SABENA détourné sur l'aéroport de Lod en 1972, ou encore le raid d'Entebbe dont il fut l'un des planificateurs.

Autant de missions d'action et de commandement qui lui permirent d'être honoré de la médaille du Service émérite et de quatre autres citations pour bravoure et excellence opérationnelle.

Parallèlement à sa carrière militaire, Ehud Barak a poursuivi des études civiles. Il est licencié en physique et en mathématiques de l'Université hébraïque de Jérusalem (1976). Par ailleurs, il est détenteur d'une maîtrise en système d'ingénierie économique de l'université Stanford, Californie (1978).

À l'issue de sa carrière militaire, il embrasse un parcours politique fulgurant au sein du Parti travailliste. Ministre de l'Intérieur en 1995, des Affaires étrangères de 1995 à 1996, il rejoint la Knesset en 1996, et prend la tête du parti travailliste.

Ehud Barak est élu Premier ministre de l'État d'Israël le , au détriment de Benjamin Netanyahou, lors des Élections générales israéliennes de 1999. Il tiendra à son poste jusqu'aux élections anticipées du 7 mars 2001, qui marquent l'accession au pouvoir d'Ariel Sharon.

Malgré seulement 13 députés travaillistes élus aux élections législatives, il est à nouveau membre du gouvernement Netanyahu en tant que ministre de la Défense, en juin 2007. Il démissionne du parti travailliste le 17 janvier 2011, avec quatre autres personnalités (Matan Vilnai, Einat Wilf, Orit Noked and Shalom Simchon) et annonce son intention de former un nouveau parti « centriste, sioniste et démocratique » du nom d'Indépendance (Hatzmaout)[1].

Il annonce le 26 novembre 2012 son intention de se retirer de la vie politique après les élections de janvier 2013 pour se consacrer à sa famille[2]. En juillet 2013, il devient consultant pour la banque suisse Julius Bär[3].

Faits marquants[modifier | modifier le code]

Durant son bref mandat, Ehud Barak a mené une politique parfois agressive, parfois attentiste, dont les faits marquants sont les suivants :

  • Formation d'une coalition avec le parti religieux Shass du Rav Ovadia Yossef,
  • Rupture avec le parti Meretz,
  • Retrait du Liban du Sud, à l'exception des Fermes de Chebaa,
  • Pourparlers de paix avec la Syrie,
  • L'établissement d'un cadre légal à l'exemption de service militaire pour les religieux (loi Tal),
  • Accroissement sans précédent de l'implantation de colonies juives en Cisjordanie,
  • Sommet de Camp David II : durant l'été 2000, sous l'impulsion du Président américain Bill Clinton, Ehud Barak et le leader palestinien Yasser Arafat sont réunis pendant plusieurs jours à la résidence d'été du président, sans succès.
  • Explosion de la seconde Intifada, dite Intifada Al-Aqsa,
  • Les ultimes pourparlers de Taba, qui voient le camp israélien faire les propositions de retrait les plus audacieuses jamais faites (du point de vue israélien), sans succès également.

Analyse[modifier | modifier le code]

Ehud Barak et Condoleezza Rice, le .

Ehud Barak aura, le temps d'un mandat de moins de deux ans, marqué la vie politique israélienne par trois faits politiques essentiels, qui représentent un tournant majeur dans la vie du jeune État israélien :

Fonctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Rav Alouf correspondrait à « Général d'armée », ce qui est parfois rendu de manière imprécise par « Lieutenant général ». L'armée israélienne comprend moins de grades et d'appellations que la plupart de ses homologues occidentales, cet emprunt à la terminologie militaire anglo-saxonne ne recouvre donc qu'une partie de la réalité.
Références
  1. (en) JPOST.COM Staff et Gil Hoffman et Herb Keinon, « Barak: New faction to be 'centralist, Zionist, democratic' », sur Jerusalem Post,‎ 17 janvier 2011
  2. « Retraite surprise d'Ehud Barak à deux mois des élections » (consulté le 26 novembre 2012)
  3. Dan Birenbaum, « Ehud Barak nommé consultant pour la banque « juive » Julius Baer », in jssnews.com, 8 juillet 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]