Cette page fait l’objet d’une mesure de semi-protection étendue.

Southern Poverty Law Center

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Le Southern Poverty Law Center (SPLC) est une association américaine qui se dédie à la surveillance de l'extrême droite et des associations qui ont une philosophie de haine et d'exclusion aux États-Unis[1].

Elle est basée à Montgomery, capitale de l'Alabama, État du Sud des États-Unis. Elle a été fondée en 1971 par Morris Dees, Joseph J. Levin Jr. et Julian Bond[2].

Histoire

Le SPLC a initialement plaidé pour un large éventail de questions concernant les droits civils. En 1979, il a commencé à lutter contre le Ku Klux Klan et d'autres groupes suprémacistes blancs avec une stratégie de plaidoirie innovante impliquant le dépôt de poursuites civiles en dommages et intérêts au nom des victimes des harcèlements, de menaces et de violence de la part de ces groupes. Le SPLC s'est impliqué progressivement dans d'autres causes des droits civils, telles que la ségrégation raciale institutionnelle, la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle, les mauvais traitements des immigrants illégaux et la séparation de l'Église et de l'État[réf. nécessaire].

Parmi les personnes désignées par le SPLC comme « extrémistes » se trouvent le secrétaire au Logement et au Développement urbain des États-Unis Ben Carson, l'écrivaine d'origine somalienne et prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes Ayaan Hirsi Ali et le politicien libéral-démocrate britannique Maajid Nawaz[réf. nécessaire].

Controverses

La liste des groupes de propagande haineuse (hate groups) du SPLC a suscité de nombreuses controverses[3],[4],[5] qui ont amené le FBI[6] et le Pentagone[7] à rompre tout lien avec le SPLC. Selon certaines de ces critiques, la définition d'extrême droite ou de groupe haineux utilisée par le SPLC est trop large et l’inscription de certaines personnes est injustifiée[8],[9],[10]. Par exemple, en octobre 2016, le SPLC a été contraint de s'excuser et à verser 3,375 millions de dollars pour avoir calomnié l'activiste britannique anti-islamiste Maajid Nawaz[11].

Malgré ces critiques, les travaux du SPLC sont souvent cités par des médias[12],[13].

Le SPLC a été également critiqué pour ses tactiques de collecte de fonds, ainsi que pour la détention de comptes bancaires dans des paradis fiscaux[14].

Analyse

Dans une étude publiée en 2014 intitulée Watching the Watchers: The Neglect of Academic Analysis of Progressive Groups, George Yancey, professeur de sociologie à l'Université de North Texas, constate qu'aucun des groupes énumérés sur Hatewatch n'est libéral politiquement ou religieusement. Il en donne pour explication que c'est parce que le SPLC est devenu une organisation de gauche socialement et politiquement, utilisant des critères subjectifs pour choisir les groupes qui figurent sur leur liste. Selon Yancey, ces contrôles ciblés sur des groupes conservateurs et religieux, alors « que les organisations progressistes reçoivent un laissez-passer créent une compréhension déformée de la réalité. Ce faisant, les spécialistes des sciences sociales substituent un examen objectif de notre société à une approche partiale servant des intérêts sociaux et politiques progressistes. »[13]

Bibliographie

  • (en) George Yancey, Watching the Watchers: The Neglect of academic analysis of Progressive Groups, Springer Science and Business Media, 2014

Notes et références

  1. Corine Lesnes, « Chasseurs d'extrémistes », sur lemonde.fr, (consulté le 4 novembre 2018)
  2. « Attorney Morris Dees pioneer in using 'damage litigation' to fight hate groups », CNN, (consulté le 4 août 2008)
  3. (en-US) Ayaan Hirsi Ali, « Opinion | Why Is the Southern Poverty Law Center Targeting Liberals? », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 10 novembre 2017)
  4. (en) André Chung, « Has a Civil Rights Stalwart Lost Its Way? », POLITICO Magazine,‎ juillet/ août 2017 (lire en ligne, consulté le 10 novembre 2017)
  5. (en-US) David A. Graham, « How Did Maajid Nawaz End Up on a List of 'Anti-Muslim Extremists'? », The Atlantic,‎ (lire en ligne, consulté le 10 novembre 2017)
  6. (en-US) Jonah Bennett, « FBI Removed SPLC, ADL From Resources Pages Over ‘Number Of Concerns’ », The Daily Caller,‎ (lire en ligne, consulté le 10 novembre 2017)
  7. (en) Erik Rosales, « Pentagon Drops Southern Poverty Law Center's Anti-Christian 'Hate' Materials », CBN.com (beta),‎ (lire en ligne, consulté le 10 novembre 2017)
  8. (en) « Has a Civil Rights Stalwart Lost Its Way? », POLITICO Magazine,‎ (lire en ligne, consulté le 20 novembre 2018)
  9. « Annual report cites rise in hate groups, but some ask: What is hate? », Christian Science Monitor,‎ (ISSN 0882-7729, lire en ligne, consulté le 20 novembre 2018)
  10. (en-US) David A. Graham, « The Unlabelling of an ‘Anti-Muslim Extremist’ », The Atlantic,‎ (lire en ligne, consulté le 20 novembre 2018) :

    « While the fabled nonprofit has long had its critics, many of them hatemongers like Gaffney, the new chorus included sympathetic observers and fellow researchers on hate groups, who worried that SPLC was mixing its research and activist strains »

  11. Greg Price, « Southern Poverty Law Center Settles Lawsuit After Falsely Labeling 'Extremist' Organization », Newsweek,‎ (lire en ligne)
  12. (en) « Hate groups in the U.S. remain on the rise, according to new study », sur Washington Post (consulté le 20 novembre 2018)
  13. a et b (en) Napp Nazworth, Southern Poverty Law Center Biased in Labeling Family Research Council a 'Hate Group,' Academic Study Argues, christianpost.com, 5 mars 2014
  14. (en-US) Valerie Richardson, « Southern Poverty Law Center transferred millions to offshore tax havens: Report », The Washington Times,‎ (lire en ligne, consulté le 10 novembre 2017)

Articles connexes

Lien externe