Geert Wilders

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Geert Wilders
Wilders avec sa femme au Prinsjesdag, en 2014.
Wilders avec sa femme au Prinsjesdag, en 2014.
Fonctions
Chef politique du Parti pour la liberté
En fonction depuis le
Prédécesseur Fonction créée
Biographie
Date de naissance (52 ans)
Lieu de naissance Venlo
Nationalité Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Parti politique VVD (1998-2004)
Indépendant (2004-2006)
PVV (depuis 2006)
Résidence La Haye

Geert Wilders (API : ['ɣe:ʁt 'ʋildɛʁs]), né le 6 septembre 1963 à Venlo (Pays-Bas), est un homme politique néerlandais, député à la seconde Chambre depuis le 25 août 1998 et fondateur du Parti pour la liberté (Partij voor de Vrijheid, PVV), parti politique nationaliste et islamophobe[1]. Il est ainsi de facto président du groupe parlementaire du PVV.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Geert Wilders est le fils d'un père néerlandais et d'une mère née en Indes orientales néerlandaises. Dans un article de l'hebdomadaire De Groene Amsterdammer, l'anthropologue Lizzy van Leeuwen écrit que « la grand-mère de Wilders, Johanna Ording-Meijer, était issue d'une vieille famille judéo-indonésienne et que Wilders mentait dans sa biographie de 2008 »[2]. Ce dernier suit une formation d'assistant social à Amsterdam et obtient des diplômes en sciences juridiques à l'Université néerlandaise libre. Il s'installe quelques années en Israël où il travaille dans un moshav. Il visite les pays arabes de la région puis retourne aux Pays-Bas. Il travaille dans le secteur de l'assurance maladie puis entre en politique comme rédacteur de discours pour le Parti populaire libéral et démocrate.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

De 1990 à 1998, Geert Wilders est l'assistant parlementaire de Frits Bolkestein[3].

Il est membre de la seconde Chambre depuis 1998, d'abord pour le Parti populaire libéral et démocrate (VVD) puis pour le Parti pour la liberté (PVV), qu'il a créé en 2006 à la suite de son départ du VVD.

À la tête du PVV, il a réalisé un très bon score aux élections européennes de juin 2009. Avec environ 16 % des voix, le PVV est arrivé en effet en deuxième position derrière le CDA du Premier ministre Jan Peter Balkenende, qui lui, totalisait seulement 20 % des suffrages.

En février 2010, ils arrivent deuxièmes et opèrent une percée symbolique aux élections municipales.

Lors des élections législatives de juin 2010, le PVV récolte 16 % des voix, ce qui en fait le troisième des Pays-Bas, derrière le VVD (21 %) et le PvdA (20 %). En octobre 2010, le PVV signe un accord de gouvernement avec le VVD et la CDA sur la base d'un programme clairement à droite tant sur le plan économique que sur celui de la lutte contre l'immigration. En apportant son soutien au VVD et à la CDA, Geert Wilders rend possible la formation du gouvernement mais il n'y participe cependant pas directement. Il est élu député européen le 25 mai 2014, mais démissionne avant même de siéger.

Prises de positions et controverses[modifier | modifier le code]

Sur l'islam[modifier | modifier le code]

Depuis l'assassinat du réalisateur Théo van Gogh par un islamiste, il s'est distingué par ses prises de position contre l'islam, qu'il assimile à une « idéologie fasciste[4] ». Il déclare notamment :

« Je n'ai rien contre les individus, mais nous avons un problème avec l'idéologie islamique. Je ne veux pas renvoyer ceux qui sont ici et veulent s'assimiler, mais je leur dis de se débarrasser de cette idéologie, que je qualifie de fasciste. »

Il fustige tout particulièrement la place réservée aux femmes et aux homosexuels par l'islam, en dénonçant le sexisme de cette religion. Il préconise l'arrêt de l'immigration venant de pays à majorité musulmane ainsi que l'expulsion de toute personne originaire de ces pays coupable de délit. Il développe : « Je le dis de manière plus claire : ma culture est meilleure que la culture islamique. Nous ne traitons pas les femmes, les homosexuels, les relations politiques au sein de la société, comme cette culture attardée. Les individus sont égaux[4]. ».

Il est avec Arnoud van Doorn[5] l'auteur d'un court métrage vidéo, Fitna[6], très critique à l'égard du Coran, livre qu'il assimile au Mein Kampf d'Adolf Hitler et dont il a demandé l'interdiction[7]. Al-Qaïda a lancé un appel au meurtre de Wilders pour cette raison[8].

Ce court-métrage a été diffusé le 27 mars 2008 sur LiveLeak[9],[10].

Il suscita aussi une vive controverse en 2009 en accusant Joanie de Rijcke, journaliste néerlandaise enlevée et violée par des talibans, de souffrir du syndrome de Stockholm car elle refusait de condamner l'islam[11].

Fin 2010, Wilders est jugé pour « incitation à la haine raciale » pour son film Fitna et sa proposition d'interdire le livre saint des musulmans. Le 23 juin 2011, le tribunal d'Amsterdam conclut toutefois à la relaxe de Wilders pour tous les quatre chefs d'accusation mis à sa charge, dont incitation à la haine et à la discrimination raciale et religieuse[12],[13].

En juin 2011, la commune de Savièse (canton du Valais) refuse la venue de Geert Wilders sur son territoire[14], alléguant des « questions de sécurité[14] », annulant ainsi de facto sa rencontre avec le conseiller national UDC valaisan Oskar Freysinger pour un débat consacré à l’islam[14]. Une conférence de presse doit réunir les deux personnalités en Hollande, à La Haye, en date du 9 juin 2011, dans l’enceinte du Parlement[14].

Le 3 mai 2015, il est l'invité d'honneur d'une exposition de caricatures de Mahomet au centre Curtis Culwell de Garland, au Texas, lors de laquelle une fusillade a éclaté[15]. Il a par la suite voulu faire exposer des caricatures du prophète dans le Parlement au nom de la liberté d'expression, ce qui lui a été refusé.

Sur la tension politique en Belgique[modifier | modifier le code]

En mai 2008, il déclare que la Flandre devrait se séparer de la Belgique et être annexée aux Pays-Bas. Il propose un référendum en Flandre et aux Pays-Bas pour sonder la population.[réf. nécessaire]

Sur l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Wilders s'est marié avec une Hongroise à Budapest en 1992. Il était membre du groupe de travail hongrois du VVP et s'est opposé fermement à l'entrée de la Slovaquie et de la Roumanie à l'Union européenne[16]. De surcroît, il a demandé à ce que la Roumanie et la Bulgarie en soient expulsées. Élu député européen en juin 2009, il a annoncé qu'il ne siégerait pas au Parlement européen, dont il demande l'abolition[11].

Sur l'État d'Israël[modifier | modifier le code]

Geert Wilders affirme entretenir une relation personnelle forte avec Israël[17]. Il s'est rendu en Israël une quarantaine de fois au cours des 25 dernières années. Selon ses propres déclarations, il y aurait rencontré plusieurs fois Ariel Sharon et Ehud Olmert. Il revendique des liens étroits avec le Mossad[17].

Wilders voulait dans un premier temps émigrer vers Israël. Il y a d'ailleurs travaillé dans des boulangeries industrielles et dans un moshav[17]. Élu député , il soutient Israël et fustige les pays qui lui sont hostiles. Il continue de s'y rendre après son élection, accompagné d'autres élus de son parti[18].

Geert Wilders a été soutenu pendant le processus judiciaire contre lui par des néoconservateurs américains comme Daniel Pipes et David Horowitz[19]. La Coalition juive républicaine (Republican Jewish Coalition, RJC) a financé un de ses discours dans une synagogue à Boston (États-Unis)[19].

Sur l'élection de Khadija Arib[modifier | modifier le code]

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Le 13 janvier 2016, l'écrivaine néerlando-marocaine Khadija Arib est élue présidente de la chambre basse du Parlement. Geert Wilders ne tarde pas à réagir : « C'est un jour noir pour l'histoire parlementaire ». Il reproche à Arib de détenir la double nationalité, et avait déjà dénoncé son accession à la présidence par intérim après la démission d'Anouchka van Miltenburg. « Il ne s'agit pas d'elle en tant que personne, mais quelqu'un qui a la double nationalité ne devrait pas être président de la chambre basse du Parlement néerlandais ». Pour sa défense, Arib explique souhaiter se séparer de sa nationalité marocaine mais que son pays d'origine interdit à ses ressortissants d'y renoncer. Elle précise qu'elle laisserait le PVV librement s'exprimer lors des travaux parlementaires, parti qui selon elle représente une partie du peuple qui doit pouvoir se faire représenter.

Les détracteurs de Wilders affirment que cet acte montre que son raisonnement est hypocrite : selon eux, comme Arib est un exemple réussi d'intégration, il aurait dû la féliciter pour son élection.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Aux Pays-Bas, le député anti-islam Geert Wilders veut diffuser ce matin à la TV publique des ... » (consulté le 21 juin 2015)
  2. "Geert Wilders' Indonesian roots define his politics, says anthropologist", NRC Handelsblad, 4 septembre 2009
  3. « Geert Wilders », sur La république des Lettres,‎ (consulté le 15 novembre 2015)
  4. a et b « Geert Wilders : “L'idéologie islamique est fasciste” », Le Figaro, 7 mars 2008.
  5. (en) « Former Anti-Islam Film-Maker, Arnoud Van Doorn, Peforms Hajj After Becoming Muslim », Huffington Post UK,‎ (consulté le 22 avril 2014)
  6. Fitna (vidéo) - Break.com.
  7. « Les Pays-Bas craignent des attaques terroristes », Le Nouvel Observateur, 6 mars 2008.
  8. (en) Far-right Dutch MP Geert Wilders vows to defy UK ban Times Online
  9. Lien du court-métrage diffusé sur Liveleak
  10. « Pays-Bas : le populiste Geert Wilders réussit à diffuser son film anti-islam sur Internet », Le Monde, 24 mars 2008.
  11. a et b (en) Fiachra Gibbons, « Dutch backlash shocks Europe », RFI, 5 juin 2009.
  12. Incitation à la haine : Geert Wilders relaxé, La Libre Belgique en ligne, 23 juin 2011
  13. Incitation à la haine : Geert Wilders relaxé Le Soir en ligne, 23 juin 2011
  14. a, b, c et d [vidéo] [audio] Oskar Freysinger rencontrera Geert Wilders aux Pays-Bastsrinfo.ch – 5 juin 2011, 17:14.
  15. « Fusillade mortelle près d’une exposition de caricatures de Mahomet - Amériques - RFI », sur RFI,‎ (consulté le 23 novembre 2015)
  16. Hella Rottenberg, « Hongarije-werkgroep VVD is Hongaarser dan Hongaars », De Volkskrant, 26 août 1996, p. 21
  17. a, b et c (nl) « Verliefd op Israel », De Volksrant, 10 avril 2007.
  18. (en) « Far-right Dutch politician brings his anti-Islam rhetoric back to Jerusalem », sur Haaretz.com,‎ (consulté le 29 décembre 2015)
  19. a et b Op zoek naar dollars, Cherchant des dollars, Vrij Nederland

Liens externes[modifier | modifier le code]

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