Gab (réseau social)

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Logo de Gab (réseau social)
Logo officiel de Gab

Adresse gab.com (site)
Slogan Free Speech for Everyone (Liberté d’expression pour tout le monde)
Commercial oui
Écrit en PHP
Publicité non
Type de site Réseautage social
Langue Multilingue
Inscription Requise
Nombre d'inscrits 215 000+[1]
Siège social Austin
Drapeau des États-Unis États-Unis
Propriétaire Gab AI, Inc.
Directeur de la publication Andrew Torba
Lancement Voir et modifier les données sur Wikidata
Classement Alexa en augmentation 7,690 (Global)[2]
en augmentation 3,152 (États-Unis)[2]
État actuel Actif

Gab est un service de réseautage social en ligne basé à Austin, au Texas, créé pour servir d'alternative aux réseaux sociaux comme Facebook, Twitter et Reddit.

Lancé en 2016, il permet à ses utilisateurs de lire et d'écrire des messages comportant jusqu'à 300 caractères, appelé « gabs ». Le site propose également des fonctionnalités multimédia et s'est donné pour mission de servir ses « utilisateurs et la liberté de parole en premier ».

Il gagne en audience après la tuerie de la synagogue de Pittsburgh, le terroriste antisémite ayant un profil vérifié sur le site[3]. Gab cible une audience marquée à l’extrême droite, comme les néo-nazis, les conservateurs, l'alt-right et les suprématistes blancs[4]. Plusieurs figures de ces mouvements y sont par ailleurs actives, comme Richard B. Spencer, Mike Cernovich (en), ou Alex Jones[5].

Historique[modifier | modifier le code]

Gab a été créé en août 2016[6] pour proposer une alternative aux réseaux sociaux comme Facebook et Twitter[7]. Selon le fondateur et chef de la direction Andrew Torba, une des motivations pour créer ce réseau était notamment son insatisfaction avec « l'ensemble des services de réseau sociaux détenant le monopole qui sont de tendance politique de gauche ». Il décide notamment de créer son service internet « après la lecture d'articles de presse rapportant que Facebook censurait les articles de tendance politique conservatrice »[8]. Torba déclare en novembre 2016 que le nombre d'utilisateurs du site a augmenté de manière significative suite aux controverses concernant la position de monopole et l'usage de la censure impliquant les principaux médias sociaux et les principales entreprises internet[9], notamment suite à des suspensions permanentes de comptes Twitter de plusieurs personnalités de l'alt-right américaine[10].

En décembre 2016, Gab.ai se voit refuser l'accès au système de distribution des applications iOS App Store par Apple. Apple justifie cette décision en mentionnant la diffusion de contenus à caractère pornographique au sein du réseau. Dans le même temps, Twitter bloque l'accès de Gab à son interface de programmation sans en préciser la raison[11]. Après une nouvelle demande de diffusion par l'App Store suite à l'introduction d'une nouvelle fonctionnalité permettant de bloquer la pornographie par défaut, a également été rejetée pour violation des règles d'Apple sur le discours de haine[12].

Après 9 mois de bêta test fermé, le site est ouvert en mai 2017 à toutes personnes s'inscrivant avec un e-mail[13].

Le 24 juillet 2017, Torba annonce que le site avait enregistré 2 200 utilisateurs de la version Pro ce qui suffisait à financer le coût de fonctionnement du service[14].

Le 1er août 2017, Gab TV est lancé. Il s'agit d'un service de streaming vidéo pour les membres, ouvert pour les membres Pro sur le modèle de Periscope[15]. Selon Andrew Torba, le site est frappé par une attaque DDoS peu de temps après[16].

Le 17 août 2017, Google retire l'application Gab de son service de distribution Google Play Store en raison de la violation de la politique de lutte contre les discours de haine[17]. Google déclare que l'application n'a pas « démontré un niveau suffisant de modération, y compris pour des contenus encourageant la violence et la haine contre des groupes de personnes »[18].

La page d'accueil du site mentionne son attachement au pluralisme et à la liberté d'expression : Welcome to Gab, a social network that champions free speech, individual liberty, and the free flow of information online. All are welcome. qui se traduit en français par « Bienvenue sur Gab, un réseau social qui encourage la liberté d'expression, les libertés individuelles et le flux libre de l'information en ligne. Vous êtes tous bienvenus. »

Après la fusillade de la synagogue de Pittsburgh, perpétrée par Robert Bowers, Gab annonce sur Twitter que Joyent, le fournisseur d'hébergement de Gab, mettait fin à son service[19],[20],[21],[22]. Depuis la fusillade, Gab a reçu beaucoup d'attention de la part des médias alors que le site était relativement peu connu du grand public avant l'attaque[23]. Malgré les pressions, le PDG de Gab, Andrew Torba, a maintenu qu'il ferait tout en son pouvoir pour que le site continue d'exister, même si des investisseurs se retiraient du projet[24],[25].

En février 2019, un ingénieur de la plateforme d'hébergement Sybil, qui héberge Gab au moment de la déclaration, dit au Southern Poverty Law Center que les déclarations du réseau social à la SEC dépassent grandement les capacités loués à son employeur, et qu'il est plus probable qu'il n'y a que quelques milliers ou dizaines de milliers d'utilisateurs[26].

Critiques[modifier | modifier le code]

Les principales critiques reprochent à Gab de fournir une plate-forme pour les utilisateurs interdits ou suspendus des d'autres services en raison de violation de leurs conditions de service. Parmi les utilisateurs de Gab on compte notamment l'ancien écrivain de Breitbart Milo Yiannopoulos[27], Tila Tequila (une personnalité de télévision réalité qui a acquis une certaine notoriété après avoir effectué un salut nazi à un événement nationaliste blanc), des nationalistes blancs tels que Richard B. Spencer et l'utilisateur de Twitter « Ricky Vaughn ». Andrew Torba, le directeur de Gab, a été banni du réseau Y Combinator en raison de problèmes de harcèlement[28],[29].

Le réseau social Gab a été appelé le « Twitter pour les racistes » par le site d'actualité progressiste Salon[30] , et a été décrit comme « la chambre d'écho haineuse du racisme et des théories conspirationnistes » par Andrew Anthony dans Le Guardian[31]. Un éditorial paru dans Wired a également critiqué Gab pour ne pas modérer suffisamment les discours haineux. Les seules restrictions à l'expression sur le site sont les menaces de violence, la promotion du terrorisme, la pornographie illégale et le doxing. Torba nie le fait que Gab soit « conçu spécifiquement pour les utilisateurs conservateurs » , et il déclare que « nous accueillons tout le monde et ce sera toujours le cas ». Il a par ailleurs déclaré que « nous voulons que tout le monde se sente en sécurité sur Gab, mais nous n'allons pas nous charger du contrôle de ce qui est un discours de haine et de ce qui ne l'est pas ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en-US) « Happy Birthday, Gab: Announcing Our Plans For An ICO », (consulté le 15 août 2017)
  2. a et b (en) « gab.ai Traffic Statistics », sur Alexa Internet, Amazon.com, (consulté le 2 novembre 2018)
  3. (en-GB) Chris Graham, « What is Gab? Social media site used by Pittsburgh synagogue shooting suspect 'being forced offline' », The Telegraph,‎ (ISSN 0307-1235, lire en ligne, consulté le 18 novembre 2018)
  4. (en) « On Gab, an Extremist-Friendly Site, Pittsburgh Shooting Suspect Aired His Hatred in Full », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le 18 novembre 2018)
  5. Lucas Lima, Julio C. S. Reis, Philipe Melo et Fabricio Murai, « Inside the Right-Leaning Echo Chambers: Characterizing Gab, an Unmoderated Social System », arXiv:1807.03688 [cs],‎ (lire en ligne, consulté le 18 novembre 2018)
  6. (en-GB) Jason Wilson, « Gab: alt-right's social media alternative attracts users banned from Twitter », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  7. (en) « This New Social Network Promises Almost-Total Free Speech To Its Users », BuzzFeed,‎ (lire en ligne)
  8. Amanda Hess, « The Far Right Has a New Digital Safe Space », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  9. (en-US) Adam Shaw, « As Twitter cracks down on alt-right, aggrieved members flee to 'Gab' », Fox News,‎ (lire en ligne)
  10. (en-US) Abby Ohlheiser, « Banned from Twitter? This site promises you can say whatever you want. », The Washington Post,‎ (ISSN 0190-8286, lire en ligne)
  11. (en) Salvador Rodriguez, « Gab, the Alt-Right's Favorite Social Network, Gets Rejections From Apple, Twitter », Inc.com,‎ (lire en ligne)
  12. (en-US) Timothy B. Lee, « Google explains why it banned the app for Gab, a right-wing Twitter rival », Ars Technica,‎ (lire en ligne)
  13. (en) « New social site Gab is getting popular with the 'alt-right' », sur Engadget (consulté le 3 décembre 2016)
  14. (en-US) « Announcement from Andrew Torba's Gab account on number of Pro Users »
  15. (en-US) « Announcement from Andrew Torba's Gab account »
  16. (en-US) « Announcement from Andrew Torba's Gab account »
  17. (en) Rob Price, « Google’s app store has banned Gab — a social network popular with the far-right — for 'hate speech' », Business Insider UK,‎ (lire en ligne)
  18. (en) Devin Coldewey, « Alt-social network Gab booted from Google Play Store for hate speech », sur Techcrunch, (consulté le 18 août 2017)
  19. « Gab.com🍂 auf Twitter: "Breaking: @joyent, Gab’s new hosting provider, has just pulled our hosting service. They have given us until 9am on Monday to find a solution. Gab will likely be down for weeks because of this. Working on solutions. We will never give up on defending free speech for all people.… https://t.co/mGkpqOdgck" »,‎ (consulté le 2 novembre 2018)
  20. (en-GB) Chris Graham, « What is Gab? Social media site used by Pittsburgh synagogue shooting suspect 'being forced offline' », The Telegraph,‎ (ISSN 0307-1235, lire en ligne, consulté le 2 novembre 2018)
  21. (en) « Gab’s Hosting Provider Moves to Shut Down the Alt-Right Social Network », sur The Daily Beast, (consulté le 2 novembre 2018)
  22. (en) Adam Rosenberg, « Gab, a racist-friendly alt-Twitter, has been banned by PayPal and others », Mashable,‎ (lire en ligne, consulté le 2 novembre 2018)
  23. (en) « What is Gab, the fringe social network used by Pittsburgh shooting suspect? », USA TODAY,‎ (lire en ligne, consulté le 2 novembre 2018)
  24. (en-US) « Gab is still fundraising, even after companies sever ties », The Daily Dot,‎ (lire en ligne, consulté le 2 novembre 2018)
  25. Page de Francetvinfo
  26. https://www.splcenter.org/hatewatch/2019/02/14/no-way-gab-has-800000-users-web-host-says
  27. (en-US) Emily Heil, « Tila Tequila’s Twitter account suspended after appearance at white nationalist convention », The Washington Post,‎ (ISSN 0190-8286, lire en ligne)
  28. (en) Anthony Ha, « Pro-Trump CEO gets booted from Y Combinator over harassment concerns | TechCrunch » (consulté le 5 juin 2017)
  29. (en) « Trump-Supporting CEO Kicked Out Of Y Combinator Startup Incubator », BuzzFeed,‎ (lire en ligne)
  30. (en) Thor Benson, « Inside the "Twitter for racists": Gab — the site where Milo Yiannopoulos goes to troll now », sur Salon (consulté le 3 décembre 2016)
  31. (en-GB) « Inside the hate-filled echo chamber of racism and conspiracy theories », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)