Parti pour la liberté

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Parti pour la liberté
(nl) Partij voor de Vrijheid
Image illustrative de l'article Parti pour la liberté
Logotype officiel.
Présentation
Chef Geert Wilders
Fondation 22 février 2006
Siège Amsterdam
Positionnement Droite radicalisée[1]
Idéologie Libéralisme économique[2]
Populisme de droite[2],[3]
Libéral-conservatisme[3]
Euroscepticisme[4]
Anti-Islam[5]
Affiliation européenne Alliance européenne pour la liberté
Groupe au Parlement européen Europe des nations et des libertés
Couleurs Rouge, blanc et bleu
Site web pvv.nl
Présidents de groupe
Première Chambre Geert Wilders
Seconde Chambre Marjolein Faber
Parlement européen Marcel de Graaff
Représentation
Représentants
10 / 75
Sénateurs
20 / 150
Eurodéputés
4 / 26

Le Parti pour la liberté (en néerlandais : Partij voor de Vrijheid, abrégé en PVV) est un parti politique néerlandais fondé en 2006 par Geert Wilders[6], qui en est aussi le seul membre. Le parti est donc financé exclusivement par des fonds privés (voir § Financements).

Dans la presse hors des Pays-Bas, le parti est généralement placé à l'extrême droite. Un spécialiste comme Jean-Yves Camus le classe plus précisément parmi les partis de droite radicalisée[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le , le député Geert Wilders, élu du Parti populaire libéral et démocrate à la seconde Chambre, quitte son groupe parce qu’il était en désaccord avec la politique menée par son parti. Il décide de ne pas rendre son siège et de créer son propre groupe, le Groep Wilders, dont il était le seul membre. Il adopte des positions fermes mais nuancées sur ses thèmes de prédilection que sont l’immigration et la justice[réf. nécessaire].

Le , le Parti pour la liberté est créé afin de se présenter aux élections législatives de 2006. Il n'est toutefois pas ouvert aux adhésions, choisissant d'être financé exclusivement par des financiers privés.

Au cours des années, le PVV connaît une ascension fulgurante : se présentant pour la première fois aux élections législatives en 2006, il obtient 5,9 % et 9 sièges à la seconde Chambre, devenant ainsi la cinquième force politique du pays. Aux élections européennes de 2009, le parti parvient à recueillir 16,9 % des suffrages, et reçoit alors 4 sièges (sur 25) au Parlement européen, il devient alors la seconde force politique du pays. Lors de sa première participation aux élections municipales en 2010, le PVV est arrivé en tête à Almere (9 sièges sur 39) et deuxième à La Haye (8 sièges)[7].

Pourcentage d'électeurs par commune ayant voté pour le PVV, en 2010.

Les élections législatives de 2010, provoquées par la démission du gouvernement néerlandais, confirment la percée du parti sur la scène politique des Pays-Bas : il est en effet considéré comme le grand gagnant de ces élections, rassemblant 15,4 % des suffrages et passant de 9 à 24 sièges (sur 150) et devenant ainsi la troisième force politique du pays. À la suite de ces résultats, la reine Beatrix a demandé d’envisager une future coalition entre les libéraux du VVD et le PVV[8]. C’est finalement un gouvernement minoritaire qui est formé entre le VVD et le CDA mais avec le soutien du PVV. Cette stratégie du PVV est payante puisqu’en 2011, un sondage montrait que 25 % des électeurs du PVV et un sixième de l’ensemble des électeurs pensent que Geert Wilders est ministre du gouvernement de Mark Rutte[9].

Le parti fait tomber le cabinet Rutte et de nouvelles élections ont lieu en septembre 2012. Elles sont un échec pour Geert Wilders. Le parti passe de 15 à 10 % des voix. Le PVV entre dans l'opposition tandis que le VVD (conservateurs-libéraux) et le PvdA (travaillistes) s'unissent pour gouverner et former ainsi le cabinet Rutte II (79 députés, soit 52,9 % des sièges).

Très vite, le gouvernement dévisse dans les sondages, en particulier les travaillistes. Le PVV part favori pour les élections de mars 2017. Néanmoins, tous les partis ont fermé la porte à son inclusion au gouvernement, y compris en cas de première place.

Ligne politique[modifier | modifier le code]

Si le Parti pour la liberté est situé à l'extrême droite par Jean-Yves Camus[10] ou Nicolas Lebourg[11], Pierre-André Taguieff estime qu'il « ne saurait [...] être inclus dans le paysage de l'extrémisme, quels que soient les excès de langage de son leader »[12]. Pour Jean-Pierre Stroobants, journaliste au Monde, il s'agit d'« un parti sans structure et sans argent » et « sans véritable programme, outre la défense des oubliés du système, la condamnation sans nuance de l’immigration, de l’islam et de l’Europe dont, à en croire son leader, Geert Wilders, les Pays-Bas gagneraient à délaisser la monnaie et le projet »[13].

Son programme[6] comprend des éléments nationalistes, conservateurs et libéraux : on compare les positions du parti sur certains sujets, notamment sa fermeté en ce qui concerne l’immigration et la justice, à celle de la populiste Liste Pim Fortuyn, mais il se définit davantage comme d’inspiration conservatrice et libérale[6].

D'après l'universitaire Jan Herman Brinks, « le pouvoir de séduction du PVV sur l’électorat néerlandais repose sur deux piliers principaux : des options sévèrement anti-islamiques, et une critique virulente de la classe politique dirigeante nationale ». Il intègre parmi ses priorités l’interdiction immédiate et totale de l’immigration en provenance des pays musulmans, l’interdiction de construire de nouvelles mosquées, la fermeture de toutes les écoles islamiques et l’introduction de lois interdisant le port de la burqa et bannissant « le Coran fasciste »[14].

Il est néolibéral sur le plan économique[14]. Il est opposé à l’allongement de l’âge légal de départ à la retraite et à la baisse des déductions fiscales sur l’épargne-retraite[11].

Geert Wilders prône le rattachement de la Flandre belge aux Pays-Bas et propose de consulter, par référendum, Néerlandais et Flamands sur ce projet ; le Vlaams Belang, parti flamand d'extrême droite, soutient cette idée[15]. D'après Nicolas Lebourg, « la question d’un espace pouvant aller du Nord de la France aux Pays-Bas [est] une proposition récurrente de l’extrême droite radicale dans cette zone »[11].

En 2010, Jan Herman Brinks estime que « sur l'UE, la position du PVV est ambiguë. Officiellement, le parti est sceptique vis-à-vis de la coopération entre États, à l'exception des affaires économiques et monétaires »[14]. Geert Wilders s'engage à partir de 2014 à organiser la sortie de son pays de l’Union européenne et de la monnaie unique ; il affirme alors que cette démarche entraînerait une forte croissance de l’économie néerlandaise et rapporterait chaque année environ 10 000 euros à chaque famille[16]. À l'occasion des élections européennes de 2014, Laurent de Boissieu le classe parmi « les souverainistes les plus radicaux » en Europe avec l'Union populaire républicaine de François Asselineau en France, en raison de leur projet de « sortir de la construction européenne », et pas seulement de l’Union européenne »[17]. Geert Wilders salue la décision des Britanniques de sortir de l'Union européenne en juin 2016, et s'engage à organiser un référendum similaire en cas d'accès aux responsabilités aux Pays-Bas ; le PVV est le seul parti parlementaire néerlandais à proposer une telle mesure[16].

Sur le plan institutionnel, il défend l'introduction du référendum d’initiative populaire et du mandat impératif[11]. Jan Herman Brinks note que le PVV « prône l'introduction de référendums à force obligatoire – une opinion partagée bien au-delà de son parti »[14].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le PVV est une association dont Geert Wilders est le seul membre : Béatrice Giblin-Delvallet note que « cette forme d'organisation permet à Wilders de contrôler personnellement les candidats sur les listes électorales du PVV et les élus. Cela lui permet aussi de ne rien révéler de son financement. Les efforts de certains élus pour démocratiser le PVV ont jusqu'ici échoué »[18],[11],[14].

Financement[modifier | modifier le code]

Le financement public des partis n'étant ouvert aux Pays-Bas qu'à partir de 1000 membres[19], le PVV, qui n'a pas de système d'adhésion[20], n'est pas concerné.

La question des financements est taboue. Le PVV refuse de publier ses mécènes et a même promis de tout faire contre des lois qui le contraindrait à les divulguer[21]. Mais d'après Hero Brinkman (nl), un ancien député qui a quitté le PVV, le PVV est principalement financé par des groupes de pression (lobbies) américains[22]. D'après Reuters, le groupe néoconservateur Forum du Moyen-Orient dirigé par Daniel Pipes a payé les procès de Wilders ainsi que sa sécurité[23]. David Horowitz l'a aussi "grassement payé" pour deux discours aux États-Unis[24]. Ces financements se sont poursuivis les années suivantes, le PVV ayant notamment obtenu en 2015 108 244 euros versés par David Horowitz Freedom Center, un think tank animé par David Horowitz[25].

Programme[modifier | modifier le code]

D'après le programme électoral publié sur le site officiel pour les élections législatives de 2010, le PVV réclame[26] :

Au plan international :

  • le maintien dans l'OTAN et l'appel à l'expulsion de la Turquie ;
  • le retrait du pays de l'UE ;
  • le retrait de la zone l'Euro (retour au florin) ;
  • la fin de tout soutien à la Palestine ;
  • le soutien aux Afrikaners, en raison de l'héritage historique.

Contre l'islam :

  • la fermeture de toutes les écoles musulmanes (p. 15) ;
  • l'interdiction du halal (p. 55) - le cacher, aussi mentionné p. 55, fut retiré selon une déclaration de Wilders au Jerusalm Post[27] ;
  • l'inscription, dans la constitution, de la primauté de la culture judéo-chrétienne et humaniste (p. 35).

Au plan social :

  • la défense des droits LGBT (p. 33) ;
  • l'opposition à toute séparation des sexes (p. 15) ;
  • l'enregistrement de l'ethnie de tous les citoyens néerlandais (p. 11).

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections législatives[modifier | modifier le code]

Année Voix  % Sièges Rang Gouvernement
2006 579 490 5,9
9 / 150
5e Opposition
2010 1 454 493 15,4
24 / 150
3e Soutien sans participation au cabinet Rutte I
2012 950 263 10,1
15 / 150
3e Opposition
2017 1 372 941 13,1
20 / 150
2e Opposition

Parlement européen[modifier | modifier le code]

Année  % Mandats Rang Groupe
2009 17,0
4 / 25
2e NI
2014 13,3
4 / 26
3e NI (2014-2015), ENL (depuis 2015)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Yves Camus, « Extrêmes droites mutantes en Europe », sur monde-diplomatique.fr, (consulté le 2 juin 2015).
  2. a et b (en) Wolfram Nordsieck, « Parties and Elections in Europe » (consulté le 28 août 2015).
  3. a et b (en) « European Social Survey. Appendix A3 political parties », sur europeansocialsurvey.org, (consulté le 28 août 2015).
  4. « La gauche de la gauche, favorite des élections législatives néerlandaises », sur robert-schuman.eu, (consulté le 28 août 2015).
  5. Pauwels, Teun (2014). Populism in Western Europe: Comparing Belgium, Germany and The Netherlands. Routledge. pp. 117–118. (ISBN 9781317653912).
  6. a, b et c Voir les articles en français de Wilders sur Gatestone.
  7. Marion Brunet, « Nouvelle percée de l'extrême droite aux Pays-Bas », Le Figaro, .
  8. « Pays-Bas : la reine favorable à une alliance entre libéraux et extrême-droite », Le Monde, .
  9. « Presse néerlandaise du vendredi 11 février 2011 », sur Frankrijk in Nederland/ La France aux Pays-Bas (consulté le 14 novembre 2015).
  10. « Pays-Bas: le parti anti-islamiste réalise une percée », sur 20minutes.fr, (consulté le 20 octobre 2016).
  11. a, b, c, d et e Nicolas Lebourg, « Les alliés du Front national au sein de l'Union européenne », Notes de la Fondation Jean Jaurès,‎ (lire en ligne).
  12. Pierre-André Taguieff, « Les nouveaux sentiers de l'extrémisme », sur huffingtonpost.fr, (consulté le 20 octobre 2016).
  13. Jean-Pierre Stroobants, « Aux Pays-Bas, le populiste Geert Wilders fait la course en tête », sur lemonde.fr, (consulté le 3 décembre 2016).
  14. a, b, c, d et e Jan Herman Brinks (trad. Elsa Paroissien), « Fragilités du pacte démocratique aux Pays-Bas : Geert Wilders et l’islam », Politique étrangère, vol. 4,‎ , p. 899-911 (lire en ligne)
  15. Jean-Pierre Stroobants, « Les populistes néerlandais veulent annexer la Flandre », sur lemonde.fr, (consulté le 3 décembre 2016).
  16. a et b Jean-Pierre Stroobants, « Les Pays-Bas et la tentation référendaire », sur lemonde.fr, (consulté le 25 décembre 2016).
  17. Laurent de Boissieu, « Les populistes divisés au-delà de l’euroscepticisme », sur La Croix.com, (consulté le 28 avril 2016).
  18. Béatrice Giblin-Delvallet, L'extrême droite en Europe, La Découverte, , 198 p. (lire en ligne).
  19. (nl) Parlement & Politiek, site du parlement néerlandais
  20. (nl) "Wet financiering politieke partijen", Gouvernement des Pays-Bas
  21. (nl) "PVV zal alles doen om bekendmaking donateurs te vermijden - POLITIEK BINNENLAND - PAROOL". Parool.nl
  22. (nl) « Lobbykantoren VS steunen PVV », sur Nu.nl, .
  23. (en) Reuters: Exclusive: U.S. groups helped fund Dutch anti-Islam politician Wilders, 9-10-2012
  24. Partners Wilders in VS verdienen aan acties tegen moslimextremisme
  25. The Dutch far right’s election donors are almost exclusively American, Aamno Mohdin, Quartz, 10 mars 2017
  26. (nl) "De agenda van hoop en optimisme"
  27. Jerusalem post, "Group calls on Dutch rightists to support 'shechita'"

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]