Mohammed ben Salmane

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Mohammed ben Salmane
محمد بن سلمان
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait du prince héritier Mohammed ben Salmane (2017).

Titres

Prince héritier d'Arabie saoudite
Premier vice-Premier ministre

Depuis le
(4 ans, 2 mois et 29 jours)

Prédécesseur Mohammed ben Nayef Al Saoud

Président du Conseil des affaires économiques et du développement d’Arabie saoudite

Depuis le
(6 ans, 4 mois et 21 jours)

Prédécesseur Salmane ben Abdelaziz Al Saoud

Ministre de la Défense saoudien

Depuis le
(6 ans, 7 mois et 27 jours)

Prédécesseur Salmane ben Abdelaziz Al Saoud

Vice-prince héritier d'Arabie saoudite
Second vice-Premier ministre


(2 ans, 1 mois et 23 jours)

Prédécesseur Mohammed ben Nayef Al Saoud
Successeur Poste vacant
Biographie
Dynastie Saoud
Nom de naissance Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz ben Abderrahmane ben Fayçal ben Turki ben Abdallah ben Mohammed ben Saoud
Naissance (36 ans)
Riyad (Arabie saoudite)
Père Salmane ben Abdelaziz Al Saoud
Mère Fahda bint Falah ben Sultan Al Hithalayn
Résidence Palais d'Al-Yamamah
Religion Islam sunnite wahhabite

Description de l'image Coat of arms of Saudi Arabia.svg.

Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud (en arabe : محمد بن سلمان بن عبدالعزيز آل سعود), plus souvent appelé Mohammed ben Salmane ou désigné par ses initiales MBS, né le à Riyad (Arabie saoudite), est prince héritier d'Arabie saoudite et vice-Premier ministre depuis le .

Membre de la dynastie Al Saoud, fils du roi Salmane et petit-fils d'Ibn Saoud, le fondateur du royaume, il est aussi depuis le plus jeune ministre de la Défense au monde et président du Conseil des affaires économiques et du développement[1].

Dès son arrivée aux commandes du pays, il lance l'intervention militaire saoudienne dans le cadre de la guerre civile yéménite. Celle-ci est suivie en 2017 par la crise du Golfe avec le Qatar. Dirigeant autoritaire, il mène la purge de novembre de la même année qui entraîne le limogeage ou l'arrestation de dizaines de princes, ministres et d’hommes d’affaires, lui assure le contrôle des principaux leviers du pouvoir et en fait l'homme fort du royaume[2]. Au même moment, il est également mêlé à l'affaire de la rétention du président du Conseil des ministres du Liban de l'époque, Saad Hariri, en Arabie saoudite, et accusé par la Central Intelligence Agency (CIA)[3] d'avoir commandité l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi l'année suivante à Istanbul. Il mène en parallèle des réformes économiques et sociétales.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance et famille[modifier | modifier le code]

Mohammed ben Salmane naît le à Riyad, la capitale du royaume d’Arabie saoudite. Il est le fils de Salmane ben Abdelaziz Al Saoud et de Fahda bint Falah ben Sultan Al Hithalayn, sa troisième épouse. Contrairement à ses frères qui ont étudié aux États-Unis et au Royaume-Uni, il est diplômé en droit de l'université du Roi-Saoud[4].

Il est marié depuis 2008 à la princesse Sara bent Mashour ben Abdelaziz Al Saoud, avec laquelle il a 5 enfants:

- prince Salman

- prince Mashour

- princesse Fahda

- princesse Nora

- prince Abdelaziz (né 17 Avril 2021)

Il est notamment aussi connu pour la passion qu'il a pour les jeux vidéos, ce qui fait partie de sa figure de dirigeant jeune et moderne, tranchant avec ses prédécesseurs[5].

Début de carrière politique[modifier | modifier le code]

Mohammed ben Salmane commence sa carrière politique en en devenant, à 24 ans, conseiller spécial de son père, alors gouverneur de la province de Riyad. En 2011, lorsque Salmane ben Abdelaziz Al Saoud est nommé ministre de la Défense, il devient son conseiller personnel[6]. En 2013, il dirige le cabinet princier à la suite de la nomination de son père en tant que prince héritier[7].

En , il devient secrétaire d'État et membre du gouvernement[8].

Ministre de la Défense[modifier | modifier le code]

Nomination[modifier | modifier le code]

Mohammed ben Salmane et le secrétaire à la Défense des États-Unis Ashton Carter se dirigeant vers le Pentagone (2016).

Le , lors de l'accession de son père au trône, il est nommé ministre de la Défense et chef de la Cour royale[9] à 30 ans, ce qui en fait le plus jeune ministre de la Défense au monde[10].

Opérations militaires[modifier | modifier le code]

Depuis , Mohammed ben Salmane conduit les opérations militaires saoudiennes au Yémen contre les houthis, une organisation armée et politique zaïdite[11]. En , il est visé par une plainte déposée à Paris pour complicité d’actes de torture par une organisation humanitaire yéménite[12], ce qui a débouché sur l'ouverture d'une enquête en [13].

En , il annonce la mise en place d’une alliance militaire islamique de 41 pays pour lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes. Elle comprend un volet sécuritaire et militaire (échange de renseignement, entraînement, équipement et déploiement de forces « si nécessaire »), ainsi qu’un volet « idéologique » pour contrer les capacités d’endoctrinement des groupes djihadistes[14].

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Le même mois, dans une déclaration publique, le service de renseignement allemand exprime son inquiétude devant la nouvelle politique étrangère du jeune prince, soulignant de quelle façon la « position diplomatique jusqu'ici prudente des chefs aînés de la famille royale est remplacée par une politique interventionniste impulsive » et présente un danger pour la stabilité de la région[15]. Le gouvernement allemand a réagi à la déclaration en affirmant que celle-ci ne reflétait « pas la position du gouvernement fédéral »[16].

En , il réfute l’éventualité d’une guerre contre l’Iran, estimant qu’un tel conflit « aurait un impact très fort sur le reste du monde »[17].

Critiques de sa politique[modifier | modifier le code]

Il est l'objet de critiques concernant sa politique intérieure dans le royaume et l'opération militaire Restaurer l'espoir dans la guerre civile yéménite, notamment de la part du journaliste Jamal Khashoggi[18],[19]. Sa position est remise en cause en raison de son implication présumée dans l'assassinat de celui-ci, survenu le à Istanbul[20].

Prince héritier[modifier | modifier le code]

Débuts comme vice-prince héritier[modifier | modifier le code]

Le , à la suite de la mise à l'écart du prince héritier Moukrine ben Abdelaziz et à son remplacement par Mohammed ben Nayef, ministre de l'Intérieur, Mohammed ben Salmane est nommé vice-prince héritier d'Arabie saoudite et second vice-Premier ministre[21].

Mécénat : la fondation MiSK[modifier | modifier le code]

En 2011, lors du printemps arabe, le royaume saoudien, craignant une contagion révolutionnaire, injecte 130 milliards de dollars supplémentaires dans le budget de l’État afin d'assurer la paix sociale[22]. La même année, Mohammed ben Salmane fonde la fondation MiSK, dont il devient le président du comité exécutif. Cette fondation affiche comme objectif d'accompagner les jeunes du royaume dans les domaines de la technologie, des arts, de la culture, du social ou de l’entrepreneuriat[22],[23]. Cette fondation est l’une des premières associations à but non lucratif d’Arabie saoudite. Elle soutient des initiatives internationales, comme le 9e Forum UNESCO des jeunes en 2015[24]. Mohammed ben Salmane utilise également la fondation MiSK pour porter le projet « Vision 2030 », visant à moderniser le pays[25],[23].

Intronisation[modifier | modifier le code]

Le , à 31 ans, Mohammed ben Salmane est nommé prince héritier d'Arabie saoudite par son père, le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, et le conseil d'allégeance de la famille royale saoudienne en lieu et place de son cousin Mohammed ben Nayef[26],[27],[28]. D'après le diplomate François-Aïssa Touazi, Mohammed ben Salmane est « partisan d'un État fort, [et] souhaite privilégier une gestion verticale du pouvoir, plus autoritaire, plus dure, sans concession et sans compromis » pour réformer le royaume[29]. Il s'agit d'une transmission du pouvoir inédite en Arabie saoudite, brisant le système dit adelphique (de frère en frère) ; en effet, Mohammed ben Salmane n'est ni le plus âgé de ses cousins, ni l'aîné de sa fratrie mais simplement le fils préféré du roi Salmane[4].

Mohammed ben Salmane avec le président de la FIFA Gianni Infantino (tout à gauche), l'ancien président panaméen Juan Carlos Varela (à gauche) et l'ancien président de la République française Nicolas Sarkozy (à droite) durant la Coupe du monde de football en Russie (2018).

Réformes politiques, sociales et économiques[modifier | modifier le code]

Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche avec l'ancien président des États-Unis Donald Trump (2017).
Des manifestants anti-Mohammed ben Salmane lors de sa venue à Londres (2018).
Le plan national Vision 2030[modifier | modifier le code]

Touchée par la baisse du prix du pétrole, l'Arabie saoudite doit réduire le budget de fonctionnement de l'État. Dans le cadre du Programme de transformation nationale lancé en , Mohammed ben Salmane dresse la feuille de route de plusieurs réformes économiques et sociales qui doivent aboutir à une évolution profonde de l'économie saoudienne vers une économie diversifiée, plus ouverte, industrialisée et modernisée[30]. Développement durable, e-gouvernement, rôle des femmes dans l’économie saoudienne, l'ensemble des mesures du plan Vision 2030 a été dévoilé le [31], accompagné de la première interview télévisée de Mohammed ben Salmane[32].

Réformes budgétaires[modifier | modifier le code]

En raison de la baisse des cours du pétrole en 2015 et de recettes pétrolières revues à la baisse, Mohammed ben Salmane amorce des réformes budgétaires : les subventions sur l'essence, l'eau et l'électricité sont désormais conditionnées aux revenus des ménages saoudiens. Une taxe sur certains produits nocifs pour la santé comme les cigarettes ou les boissons sucrées a également été introduite[33]. En , Mohammed ben Salmane rétablit la plupart des bonus et aides aux fonctionnaires[34].

Libéralisation économique[modifier | modifier le code]

Président du Conseil des affaires économiques et du développement depuis le et président du Conseil suprême de la compagnie nationale saoudienne d'hydrocarbures Saudi Aramco[35], il est responsable de la politique pétrolière et économique du royaume.

L’objectif du plan Vision 2030 est de diversifier l’économie du pays en réduisant sa dépendance vis-à-vis du pétrole. Mohammed ben Salmane décrit cette réforme comme « thatchérienne ». Elle repose notamment sur la libéralisation des prix du marché de l’énergie, le développement de secteurs sous-exploités (mines d’uranium, tourisme religieux), ainsi que la mise en œuvre d’une politique de privatisation (santé, éducation, secteurs militaires), l’introduction d’une taxe sur la valeur ajoutée et la réduction des aides sociales[33],[36].

Il impulse également une profonde réforme de l’administration du royaume, en important la méthode de gouvernance anglo-saxonne des Key Performance Indicators (KPI) qui vise à assigner aux hauts fonctionnaires des objectifs précis[6].

Économie et société[modifier | modifier le code]

En , Mohammed ben Salmane annonce qu'un projet de privatisation partielle de Saudi Aramco est à l'étude et qu'une décision sera prise dans les prochains mois[37],[33]. Cette privatisation de 5 % du capital de la compagnie pétrolière nationale pourrait donner naissance à la première capitalisation boursière mondiale, estimée à 2 000 milliards de dollars. Elle traduit une volonté nouvelle d'ouverture du capital aux investisseurs étrangers[38],[33]. Le prince héritier a annoncé que le produit de la vente des 5 % et des dividendes, qui serviront à alimenter le Fonds public d'investissement d'Arabie saoudite (Public Investment Fund ou PIF), seront réinvestis dans d’autres secteurs dans le cadre de la diversification de l’économie[39].

Le , lors d'une conférence intitulée Future Investment Initiative réunie à Riyad, Mohammed ben Salmane dévoile Neom, un projet de zone de développement économique et « mégapole high-tech » sur les rives de la mer Rouge (Golfe d'Aqaba, essentiellement dans la province de Tabuk)[40],[41].

Devant la montée du chômage, il fait expulser des dizaines de milliers de travailleurs yéménites et instaure de nouvelles taxes sur la main-d’œuvre étrangère. Plus de 100 000 Yéménites ont été expulsés en 2017 et 2018[42].

Relations avec les autorités religieuses[modifier | modifier le code]

En marge de la conférence Future Investment Initiative du , Mohammed ben Salmane affirme vouloir mettre fin à l'influence notable que les milieux religieux conservateurs exercent sur la société saoudienne depuis des décennies, en déclarant : « Nous ne ferons que retourner à un islam modéré, tolérant et ouvert sur le monde et toutes les autres religions », tout en ajoutant : « Nous n'allons pas passer 30 ans de plus de notre vie à nous accommoder d'idées extrémistes et nous allons les détruire maintenant »[43]. Il veut notamment favoriser l'accès des femmes au marché de l'emploi[44]. Depuis , les femmes peuvent créer et gérer leur propre entreprise sans autorisation préalable d’un tuteur masculin[45]. Depuis la même date, des postes militaires sont ouverts aux femmes dans plusieurs provinces d’Arabie saoudite[46]. Il estime que « les lois de la charia sont très claires. Comme les hommes, les femmes doivent s'habiller de manière décente », mais précise au sujet de ces dernières que ça « ne signifie pas porter une abaya ou un foulard noir »[47]. Pour la journaliste Clarence Rodriguez, correspondante de France Inter en Arabie saoudite de 2005 à 2017, ces mesures sont de la communication et de la « poudre aux yeux » à destination de l'Occident, rappelant que quelques semaines avant leur annonce, une dizaine de militantes féministes réclamant le droit de conduire ont été arrêtées, la majorité d'entre elles étant toujours en prison plusieurs mois après[48], certaines ayant été torturées[49].

Il déclare que l'État d'Israël, comme la Palestine, a droit de cité et présente l'Arabie saoudite comme « la première victime de l'extrémisme »[47].

Outre le tourisme religieux qui est un secteur capital de l’économie saoudienne, le royaume tend à s’ouvrir au tourisme non religieux[50]. Les cinémas ou les randonnées sur les sites naturels et archéologiques du pays se développent[51],[52].

Selon le politologue Stéphane Lacroix, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI) : « Avec MBS, les deux dossiers avancent toujours en parallèle. Il veut être à la fois le grand modernisateur autoritaire, qui met à bas le système saoudien traditionnel, et le porte-étendard du volontarisme saoudien face à l’Iran. L’histoire s’accélère. »[53]. Cela suscite toutefois des critiques, notamment sur la personnalisation inédite du pouvoir en Arabie saoudite ainsi que concernant l'emprisonnement de personnalités politiques progressistes et conservatrices[4].

Pour Stéphane Lacroix, Mohammed ben Salmane a besoin de la légitimation religieuse et ne veut pas briser le pacte entre le prince et les oulémas qui forme la base du système wahhabite[54]. Cependant il souhaite en redéfinir les termes : « Historiquement, il y a un partage des tâches entre les princes et les ulémas. Les princes gouvernent en toute indépendance et les ulémas ne se mêlent pas de politique et soutiennent les décisions des princes, en échange de quoi ces derniers sous-traitent aux religieux la définition de la norme religieuse et surtout le contrôle de la société par la norme religieuse. C’était un État bicéphale. MBS ne veut pas supprimer la place des religieux, mais les mettre sous la tutelle du politique. En gros, il veut faire des religieux en Arabie l’équivalent d’al-Azhar en Égypte. Cela ne veut pas dire qu’il ne va pas utiliser le conservatisme religieux quand il en aura besoin. »[54].

Purges de novembre 2017 et de mars 2020[modifier | modifier le code]

Le , une commission « anticorruption » est créée par décret royal, avec Mohammed ben Salmane à sa tête. Le soir même, la commission fait arrêter 4 ministres, 11 princes dont le milliardaire Al-Walid ben Talal Al Saoud[55], et des dizaines d'anciens ministres, fait limoger les chefs de la Garde nationale et de la Marine, et fait immobiliser des jets privés à Djeddah afin d'éviter des fuites hors du territoire[56]. Les enquêtes de la commission concernent entre autres la gestion des inondations meurtrières qui ont dévasté la ville de Jeddah en 2009[57].

Le même jour, l'hôtel Ritz-Carlton de Riyad est réquisitionné par le gouvernement pour servir de prison de luxe aux personnalités arrêtées[58]. Au total, ce sont plus de 300 personnes qui y sont logées. Entre et , un bon nombre d'entre elles sont libérées au terme d'arrangements consistant à rembourser le Trésor saoudien des sommes dont les autorités s'estiment flouées[59]. Selon le quotidien américain du Wall Street Journal, le gouvernement saoudien aurait visé des liquidités et des actifs d'une valeur allant jusqu'à 800 milliards de dollars[60].

Les arrestations ont abouti à la mise à l'écart définitive de la faction du défunt roi Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud et à la consolidation complète par Mohammed ben Salmane du contrôle des trois branches des forces de sécurité, faisant de lui l'homme le plus puissant d'Arabie saoudite depuis son grand-père, le premier roi, Abdelaziz ibn Saoud[61].

Les 4 et , il fait arrêter les princes Mohammed ben Nayef Al Saoud, Ahmed ben Abdelaziz Al Saoud, Nawaf ben Nayef[62] et Nayef ben Ahmed[63].

Autoritarisme[modifier | modifier le code]

Mohammed ben Salmane a entamé, à partir de son accession aux pleins pouvoirs, une politique de répression féroce, visible au travers de la hausse des décapitations (48 rien que pour les quatre premiers mois de 2017), mais aussi et surtout au travers des arrestations et détentions arbitraires de défenseurs des droits de l'homme[64]. Il est également accusé d'être le commanditaire de l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, démembré dans le consulat saoudien à Istanbul en Turquie par un commando de militaires saoudiens[65]. Il a également durci et militarisé ses relations avec ses voisins qataris et iraniens, donnant lieu à la guerre civile yéménite, laquelle est à l'origine de la plus grande famine de l'histoire du XXIe siècle[66].

Le politologue Stéphane Lacroix observe que Mohammed ben Salmane joue beaucoup la carte de l'ultranationalisme : « Un discours ultranationaliste qui ressemble en fait à celui des pays autoritaires arabes suivant un schéma bien particulier : le pays est attaqué par ses ennemis, il faut tous être derrière le dirigeant, on parle de complot à longueur de journée dans la presse saoudienne (l’Iran, le Qatar, l’affaire Khashoggi, etc.), on arrête les opposants qualifiés de traîtres… Tout un langage qu’on n’utilisait pas avant »[54]. Selon lui, avec Mohammed ben Salmane l'Arabie saoudite passe aussi d'un « autoritarisme mou, de consensus » à un autoritarisme arabe classique : « Il y a une stratégie de la terreur et du blocage du débat, un niveau de peur jamais vu »[54].

En 2019, pendant une visite du roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud en Égypte, Mohammed ben Salmane se fait donner le titre de vice-roi par les médias d'états, chose jugée inhabituelle par certains observateurs.[67] Selon le quotidien britannique The Guardian, des tensions entre Mohammed ben Salmane et le roi auraient amené ce dernier à revoir la composition de son équipe de sécurité pendant ce voyage de peur qu'un coup de palais soit tenté[68].

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Le , le prince héritier a entamé à Abou Dabi sa première visite à l'étranger, depuis l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le au consulat de son pays à Istanbul[69]. Six pays sont prévus pour marquer la tournée de Mohammed ben Salmane : les Émirats arabes unis, le Bahreïn, la Tunisie, l’Égypte, l’Algérie et la Mauritanie[70]. Le SNJT (Syndicat national des journalistes tunisiens) et une dizaine d'organisations, dont la Ligue des droits de l'homme ou l'Association des femmes démocrates (ATFD) ont dénoncé la visite du prince héritier en Tunisie en appelant à des manifestations[71].

En visite en Argentine, le , dans le cadre de la G20, l'Organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW) porte plainte contre le prince héritier pour son implication dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi[72],[73].

Il fait préparer par ses généraux un plan d'invasion de l'Iran[74].

Il manifeste certaines velléités de rapprochement avec Israël, déclarant notamment en  : « Il y a beaucoup d’intérêts que nous partageons avec Israël et, s’il y a la paix, il y aura beaucoup d’intérêts entre Israël et les pays du Conseil de coopération du Golfe ». La chaîne de télévision saoudienne Al-Arabiya, très proche du régime, présente en 2020 « l'accord du siècle » dévoilé par le président des États-Unis Donald Trump et le Premier ministre d'Israël Benjamin Nétanyahou comme un « plan de paix »[75].

Mohammed ben Salmane accueillant (de gauche à droite) Jared Kushner, Ivanka Trump, Wilbur Ross, Rex Tillerson et Reince Priebus à Riyad au Murabba Palace (2017).
Guerre au Yémen[modifier | modifier le code]

L'intervention saoudienne au Yémen en 2015 est en partie présentée comme le résultat de la politique personnelle[76] du prince héritier[77], cette guerre lui permettant d'asseoir sa stature de ministre de la Défense et d'homme d'État[78],[79]. Depuis, les échecs de la coalition ont fragilisé sa position notamment vis-à-vis des États-Unis[80].

Les critiques vis-à-vis de la coalition sous la direction du prince héritier se sont accrues à mesure que la presse internationale dévoilait l'ampleur des souffrances des populations civiles. La coalition est ainsi accusée, du fait des nombreuses mesures économiques punitives visant à saper les rebelles houthis, d'avoir aggravé la situation des civils et d'être en partie responsable de la crise alimentaire qui touche le pays[81]. En 2018, une association yéménite de défense des droits de l'homme a ainsi porté plainte contre Mohammed ben Salmane, l'accusant d'avoir « sciemment » attaqué des populations civiles au Yémen[82],[83].

Affaire de l'enlèvement de Saad Hariri[modifier | modifier le code]

Le , Saad Hariri, le Président du Conseil des ministres du Liban, annonce sa démission depuis Riyad[84]. Selon les autorités libanaises, Saad Hariri a été détenu en Arabie saoudite sur ordre des Saoudiens, notamment Saoud al-Qahtani, et contraint de démissionner ; le président libanais, Michel Aoun, déclare : « Rien ne justifie que Hariri ne revienne pas après 12 jours. Nous le considérons donc comme en captivité et détenu, ce qui est contraire à la convention de Vienne »[85]. Certains observateurs jugent que cet enlèvement s'inscrit à la fois dans la purge de 2017 en Arabie saoudite et dans la Guerre froide au Moyen-Orient. Après une escalade diplomatique, puis la médiation du président de la République française Emmanuel Macron, Saad Hariri revient au Liban et conserve son poste de premier ministre, après avoir réaffirmé la neutralité libanaise.

Affaire de l'assassinat de Jamal Khashoggi[modifier | modifier le code]
Le secrétaire d'État des États-Unis Mike Pompeo à Riyad avec le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane pour discuter du cas du journaliste Jamal Khashoggi (2018).

En , Jamal Khashoggi, un journaliste saoudien critique du régime est porté disparu depuis son entrée dans le consulat de l'Arabie saoudite à Istanbul pour une démarche administrative[86]. Selon des responsables turcs l’éditorialiste saoudien aurait été torturé et assassiné par une équipe d’agents saoudiens à l'intérieur du consulat, ce que l’Arabie saoudite a démenti dans un premier temps[87],[88]. Les enquêtes menées par les autorités turques ont cependant permis d’identifier les identités des membres d’une équipe de 15 Saoudiens dont un expert en médecine légale qui ont fait un aller-retour à Istanbul le jour de la disparition du dissident saoudien[89]. Selon le Middle East Eye, sept des 15 suspects dans l’assassinat de Jamal Khashoggi font partie de la sécurité rapprochée du prince héritier[90]. Riyad rejetant ces accusations, le président de la République de Turquie Recep Tayyip Erdoğan a appelé le gouvernement saoudien à prouver sa non-implication dans la disparition de Jamal Khashoggi[91].

Le , l’Arabie saoudite a fini par reconnaître le meurtre de Jamal Khashoggi à l’intérieur du consulat. Riyad a également annoncé le limogeage du général Ahmed Assiri et de Saoud al-Qahtani homme-clé de l’entourage de Mohammed ben Salmane ainsi que l’arrestation de 18 suspects[92],[93]. Le quotidien américain du Washington Post révèle que selon des renseignements recueillis par les services secrets américains, Mohammed ben Salmane avait ordonné une opération pour ramener Jamal Khashoggi en Arabie saoudite afin de le placer en détention[94]. Selon John Sawers, un ancien chef du Secret Intelligence Service (MI6), service secret britannique, les preuves attestent l’implication de Mohammed ben Salmane dans l’assassinat de Jamal Khashoggi. Dans son analyse, John Sawers exclut également la théorie avancée par le parquet saoudien pour dédouaner Mohammed ben Salmane[95].

Le , le prince héritier qualifie d’« incident hideux » l’assassinat du journaliste dissident en soulignant que l’Arabie saoudite coopérait avec la Turquie pour élucider ce crime[96].

Le , le parquet saoudien absout le prince héritier d'Arabie saoudite dans l’assassinat de Jamal Khashoggi. Le porte-parole du procureur général Shaalan al-Shaalan a déclaré que Mohammed ben Salmane n’avait aucune connaissance du dossier en rajoutant que la victime avait été droguée et démembrée à l’intérieur du consulat. Le procureur général a requis la peine de mort contre cinq accusés de ce crime[97].

Le , le président des États-Unis Donald Trump a reconnu que le prince héritier « pourrait avoir eu connaissance » du meurtre de Jamal Khashoggi[98],[99].

Selon le quotidien américain du Washington Post, la Central Intelligence Agency (CIA) a conclu que le prince héritier d'Arabie saoudite était le commanditaire de l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi à Istanbul[100],[101],[102]. Quelque temps plus tard, deux sénateurs américains, Bob Corker, chef de la commission des Affaires étrangères et Lindsey Graham, informés à huis clos des conclusions de la CIA, ont tous deux affirmé n'avoir « aucun » doute sur l'implication du prince héritier d'Arabie saoudite dans le meurtre du journaliste[103].

Dans une interview accordée en à la chaîne américaine Columbia Broadcasting System (CBS), Mohammed ben Salmane nie toute implication dans l'assassinat de Jamal Khashoggi mais déclare en assumer la responsabilité puisque l'assassinat a été perpétré par des agents saoudiens et qu'il est dirigeant du pays[104].

Le 26 février 2021, le bureau de la directrice du renseignement national américain déclassifie un rapport de la Central Intelligence Agency datant de 2018, dans lequel il est mentionné que Mohammed Ben Salmane est le commanditaire de l'assassinat de Khashoggi, et qu'il l'a « validé ». Les États-Unis mettent alors en place une interdiction d'accès à leur territoire contre 76 Saoudiens accusés d'être impliqués dans cette affaire, à l'exception de Mohammed ben Salmane[105],[106].

Le , l'ONG Reporters sans frontières dépose une plainte pour « crimes contre l’humanité » contre Mohammed Ben Salmane devant le procureur général de la cour fédérale allemande — en application du principe de Compétence universelle, visant la persécution des journalistes en Arabie saoudite, en s'appuyant notamment sur l'affaire Khashoggi[107].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Entre 2015 et 2017, Mohammed ben Salmane a dépensé 1,18 milliard de dollars pour des vacances aux Maldives, sur l’île privée de Velaa. Le prince et ses invités étaient accompagnés de 150 mannequins et de chanteurs de renommée internationale comme Pitbull ou Psy[108].

En 2015, Mohammed ben Salmane achète au milliardaire russe Yuri Scheffler le yacht “Serene” pour 458 millions de dollars[108].

Il achète en 2017 le Salvator Mundi, une peinture attribuée à Léonard de Vinci, pour 450 millions de dollars[109].

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Qui est Mohammed Ben Salmane, le prince héritier d'Arabie saoudite ? », sur ouest-france.fr,
  2. « Arrestations de princes et ministres, limogeages dans les forces armées... Une purge "sans précédent" en Arabie saoudite », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. Information reprise par Le Monde, édition du 17 novembre 2018
  4. a b et c Christine Ockrent, interviewée par Armin Arefi, « Ockrent : "Le meurtre de Jamal Khashoggi porte la marque de MBS" », lepoint.fr, 18 octobre 2018.
  5. ARTE, « La nouvelle guerre du Golfe | ARTE », (consulté le )
  6. a et b « Le fils du roi Salman, un héritier pressé et ambitieux en Arabie saoudite », sur Le Monde,
  7. « Mohammad ben Salmane, "l’homme fort de l’Arabie saoudite" », sur L'Orient Le Jour,
  8. « Mohammad Ben Salmane. Les secrets d’une ascension fulgurante », sur http://magazine.com.lb
  9. « Le roi Salmane réaffirme l’influence des sept Soudayris, écarte un proche conseiller d'Abdallah », Middle East Eye (en), 24 janvier 2015
  10. « Mohammed bin Nayef kingpin in new Saudi Arabia : country experts », sur Middle East Eye (consulté le ).
  11. <Le Monde Diplomatique, Enlisement saoudien au Yémen
  12. « Mohammed Ben Salman visé par une plainte à Paris pour complicité d’actes de torture au Yémen », lemonde.fr, 10 avril 2018.
  13. « Tortures au Yémen: MBS visé par une enquête en France », sur LExpress.fr (consulté le )
  14. « Comment l’Arabie saoudite envisage sa coalition contre l’Etat islamique », sur Le Monde,
  15. (en) German spy agency warns of Saudi shift to 'impulsive' policies, reuters.com, 2 décembre 2015
  16. (en) Allison Smale, « Germany Rebukes Its Own Intelligence Agency for Criticizing Saudi Policy », New York Times,‎ (lire en ligne)
  17. « Zarif: L’Iran ne veut pas une escalade de la tension dans son voisinage », sur french.alahednews.com.lb,
  18. Libération, « Affaire Khashoggi : un «commando» saoudien dans le viseur d’Ankara », sur Libération (consulté le ).
  19. « L’affaire Kashoggi met Riyad sous pression », Le Monde diplomatique, .
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Christine Ockrent, Le Prince mystère de l'Arabie. Mohammed Ben Salman, les mirages d'un pouvoir absolu, Robert Laffont, 2018.

Articles[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]