Claude Dansey

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Claude Dansey
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 70 ans)
BathVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Wellington College (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
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Arme
Conflits

Le lieutenant-colonel Sir Claude Edward Marjoribanks[1] Dansey (1876-1947), également connu sous le nom de « Z », Colonel Z, Haywood, Uncle Claude, « la chaussette », fut le vice-directeur du Secret Intelligence Service, les services extérieurs de renseignement du Royaume-Uni, plus connus sous le nom de MI6. Sa carrière dans le renseignement, commencée en 1900, se termina à sa mort en 1947.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

1876. Claude Dansey naît le à Londres. Son père, Edward Dansey, est capitaine dans les Life Guards.

Jeunesse. Claude Dansey fait des études au Wellington College, institution qui dispense une éducation militaire, puis à l'English College de Bruges. Il séjourne fréquemment en France.

1893. Vers cette époque, il s'enrôle dans la police d'Afrique du Sud.

1899. Il est membre de la Borneo Company Police.

1900. Il est de retour sur le continent africain où, dans le Renseignement, il participe à la guerre des Boers.

1911. Il est en Amérique du Sud, à Panama, au Mexique.

1917. Il travaille dans les services secrets de Mansfield Smith-Cumming, chef du SIS : il est chargé de la liaison avec le réseau belge de renseignements la Dame Blanche tout en débrouillant la confusion qui règne à l'intérieur des services anglais qui ont pu s'installer aux Pays-Bas restés neutres.

1918-1929. Après la guerre, il quitte ce poste et tente sa chance dans les affaires, nouant de nombreuses relations avec l'Europe et les États-Unis. L'expérience avorte lorsque survient la grande crise boursière de 1929.

1929. Il réintègre les services de renseignement. Durant cette période, il est chef de poste du MI6 à Rome.

1936. Il est exclu de l'IS. Il fonde à Zurich un holding, du nom de « Z », conglomérat de sociétés d'import-export, de commerce, de transport. Les réseaux « Z », sorte de MI6 parallèle, totalement clandestins et dont les ramifications ne tardent pas à s'étendre à l'Europe entière. Le recrutement est large : Sir Henri Deterding (fondateur de la Royal Dutch Shell), William Stephenson (Press Steel Company, au Canada), le producteur de cinéma Alexandre Korda, De Beers, le maître du diamant. Il attire aussi à lui nombre de petits criminels, escrocs, souteneurs, faussaires et autres chevaliers d'industrie et, loin des regards indiscrets de ses collègues, poursuit silencieusement son œuvre.

1939. À la tête du MI6, Stewart Menzies, qui a remplacé l'amiral Hugh Sinclair décédé l'année précédente, choisit Claude Dansey pour adjoint. Tous deux travaillent alors en étroites relations, sans pour autant que se tissent des liens d'amitié.

1939-1945. Pendant la guerre, il gère les contacts avec le réseau belge de renseignements Clarence, puis il est introduit dans la London Controlling Section, organisme chargé de l'élaboration des plans de mystification, ainsi que dans le Comité XX qui est chargé des agents retournés, et aussi dans le W-Board qui organise toute désinformation susceptible d'égarer l'ennemi quant à l'ordre de bataille des armées alliées et aux intentions du grand état-major.

1947. Il meurt le . Sa femme, ainsi qu'il l'a expressément demandé, détruit tous ses documents.

Personnalité[modifier | modifier le code]

Dans sa nature profonde, Dansey dissimule une froideur et une dureté qui découragent toute admiration et tout sentiment. Ses passions comme ses haines sont intenses, tenaces, entières. Misogyne, il ne fait aucune confiance aux agents féminins qu'il considère plutôt comme un risque. Sa haine pour les Français est proverbiale ainsi que son mépris pour les Américains. Il s'est forgé une vision du monde totalement cynique. Certains le disent pragmatique. À son image, son organisation reste impénétrable. En 1939, il est l'homme le plus puissant des services secrets.

Toutefois, une opinion différente et personnelle émane de conversations reprises par Marie-Madeleine Fourcade avec "Sir Claude" dans son ouvrage “L'Arche de Noé” (Fayard). Elle était le chef du réseau de résistance Alliance qui pendant la deuxième guerre mondiale travailla avec le MI6 pour transmettre aux Alliés des informations capitales qui ont notamment permis le débarquement en Normandie. Les discussions régulières qui ont été menées à Londres entre le vice-directeur du MI6 et le chef du réseau étaient sèches mais courtoises et cette femme n'a jamais eu à se plaindre de sa reconnaissance comme chef du plus grand réseau français d'information malgré son extrême féminité. Collaborant pendant 4 ans, Sir Claude ne montra jamais de misogynie, ni de haine à l'égard des membres de ce réseau composé de résistants et de soldats français et qu'il protégea même dans des situations difficiles au sein du milieu très particulier franco-britannique londonien (propos de Richard Kauffmann, président de l'association “L'Alliance” et petit-fils du Colonel Edouard Kauffmann, un des chefs de ce Réseau fusillé par la Gestapo en novembre 1944).

L'écrivain Somerset Maugham dit de lui : « Un de ces hommes qui préfèrent toujours les voies tortueuses au droit chemin pour le subtil plaisir de tromper ses congénères. »

Dans son histoire du SOE, Nigel West le signale comme étant d'une nature impitoyable. Mais il ajoute que lui et son assistant, Kenneth Cohen, ont acquis au sein des services, une extraordinaire réputation pour leur habileté à manœuvrer les hommes.

À l'époque de la Première Guerre mondiale, l'IS l'apprécie comme suit : « Officier sobre taillé dans l'acier. Moralement et physiquement plein de ressources. On peut lui faire confiance. Réussit tout ce qu'il entreprend. A des capacités pour accéder à n'importe quelle position. »

Le père du renseignement scientifique britannique Reginald Victor Jones affirme de son côté « Il m'a fait l'effet d'un homme capable de passer toute une vie à bâtir un service de renseignement, mais aussi de se déclarer ravi par la suite si on lui prouvait que les agents auxquels il se fie le plus émargeaient en fait chez l'ennemi. »[2]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marjoribanks : prononciation « Marchbanks ».
  2. R.V. Jones, Most secret war : British scientific intelligence 1939-45, Coronet Books, 1978, p.336

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