Émile Pasty

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L'abbé Émile Pasty, né le à Chapelon (Loiret) et mort le à la maison d'arrêt de Fresnes, fut infirmier et aumônier des armées pendant la Première Guerre mondiale, curé de Baule à partir de 1920 et, pendant la Seconde Guerre mondiale, animateur d'un groupe de résistance dans le sud Gâtinais, groupe appelé 55 A, rattaché au réseau Prosper-PHYSICIAN du Special Operations Executive. Arrêté en juillet 1943, il mourut à Fresnes.

Famille[modifier | modifier le code]

  • Son père : petit agriculteur
  • Son frère et ses sœurs : Constance (1870-), Marie (1872-), Alphonse (1874-)

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Avant la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Louis-Émile Pasty naît le à Chapelon (Loiret). Il a une enfance difficile. Scolarité : école primaire à Chapelon ; puis, voulant être prêtre, il est pris en charge par son oncle, le chanoine Pierre Pasty. Il entre au petit séminaire à La Chapelle-Saint-Mesmin, puis, à 19 ans, au Grand Séminaire. Il fait son service militaire à Montargis et est ordonné prêtre le . De santé fragile, il renonce à son rêve de devenir missionnaire, et le , il est nommé curé de campagne à Bordeaux-lès-Rouches, près de Chapelon. En 1908, il est réformé.

Pendant la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

1914. À la déclaration de guerre, l'abbé Pasty reste à sa cure de Bordeaux. Le 24 décembre, il obtient du Dr Toulze, président de la commission cantonale des allocations, d’être déclaré « bon pour le service armé ».

1915. Le , il est incorporé à la 5e section d'infirmiers militaires, et convoqué au bastion 17, à Paris. Il est affecté aux Dardanelles, qu'il rejoint le 14 mai comme infirmier. En octobre, gravement atteint d’entérite et d’anémie, il est rapatrié en métropole. Demandant un poste d'aumônier, il est affecté à la 10e division coloniale du général Marchand comme aumônier du 33e régiment d'Infanterie coloniale.

1917. Comme infirmier et aumônier, il participe à de nombreux combats : Chemin des Dames, en août ; Verdun, en septembre.

1918. Suite des combats : Forêt d’Apremont, en janvier ; Fertigny, le 15 juillet.

1919. Démobilisation en février. Retour à Bordeaux-lès-Rouches.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

1920. L’abbé Pasty est nommé curé de Baule.

Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il s'engage dans la Résistance, à Baule, dans un groupe appelé « 55 A », rattaché d'abord (jusqu'à fin 1942) à Pierre Culioli, chef du réseau ADOLPHE, puis au réseau Prosper-PHYSICIAN de Francis Suttill, qui désigne Maurice Lequeux à la tête du groupe 55 A.

Au moment de l'effondrement du réseau Prosper, Maurice Lequeux est arrêté le et l'abbé Pasty le . Il est enfermé et interrogé à Orléans, puis transféré à Fresnes, où il décède le [1] des suites des mauvais traitements reçus et de sa mauvaise santé. Le , ses cendres sont ramenées à son église de Baule, où il est désormais inhumé.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Pour son action durant la Première Guerre mondiale, l'abbé Pasty a reçu les distinctions suivantes : Légion d'honneur, Croix de Guerre (1914-1918) avec six citations, médaille des blessés, Médaille des Dardanelles, Médaille de Salonique, Médaille de Verdun, Médaille de la croix de la Miséricorde de Serbie.

Monuments[modifier | modifier le code]

  • Monument commémoratif « À l’abbé Pasty et aux compagnons de résistance réseau Buckmaster groupe 55 A ». André Raimbault (1905-1970), déporté de la résistance, édifia le monument en souvenir de ses compagnons : Jean Bordier (1896-1945), Louis Rivière (1901-1945), Édouard Flamencourt (1891-1945), Jean Flamencourt (1893-1945), Georges Vappereau (1907-1944), Jean Fradet (1900-1945), Alain de Robien (1898-1945). Sculpteur : Ernest Diosi. Inauguré le . Adresse : rue de l’Abbé Pasty, Baule.

Voies[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Date à vérifier.

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]

  • Paul Guillaume, L'Abbé Émile Pasty, prêtre et soldat, comité "Abbé Pasty", s.d. [1945 ?]
  • Paul Guillaume, Au temps de l’héroïsme et de la trahison, Orléans, Imprimerie nouvelle, 1948 ; ch. V, Le réseau Buckmaster (1942-1943), p. 78-94.
  • Michael Richard Daniell Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2008, (ISBN 978-2-84734-329-8) / (EAN 9782847343298). Traduction en français par Rachel Bouyssou de (en) SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968 ; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004.
    Ce livre présente la version « officielle » britannique de l’histoire du SOE en France. Une référence essentielle sur le sujet du SOE en France.