Richard Heslop

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Richard Harry Heslop
Richard Heslop
Surnom Fabien, Xavier, Alexandre ou Raymond
Naissance
Décès (à 65 ans)
Origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Arme agent secret britannique du Special Operations Executive
Grade lieutenant-colonel
Conflits Seconde Guerre mondiale

Richard Heslop, né le et mort le , est pendant la Seconde Guerre mondiale un agent secret britannique du Special Operations Executive (SOE), qui effectue trois missions clandestines en France occupée.

Identités[modifier | modifier le code]

  • État civil : Richard Harry Heslop
  • Comme agent du SOE :
    • Nom de guerre (field name) : « Fabien », puis « Xavier » (« Fabien » comme membre du réseau PRIVET d'Edward Wilkinson « Alexandre » ; puis « Xavier », comme chef du réseau MARKSMAN).
    • Nom de code opérationnel : MARKSMAN (en français TIREUR D'ÉLITE)
    • Nom sur les papiers : Louis Lejeune (à partir de septembre 1943)
    • Surnom : Raymond, pour les résistants liés à PRIVET[1].

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Richard Heslop naît le .

Première mission[modifier | modifier le code]

Avec pour nom de guerre « Fabien », pendant un an, il fait partie du réseau PRIVET d’Edward Wilkinson « Alexandre » dans la région d'Angers et du Mans.

Deuxième mission[modifier | modifier le code]

Définition de la mission MUSC. Il s'agit d'une mission exploratoire franco-britannique (BCRA-SOE) qui consiste à évaluer la situation des maquis de l'Ain et de la Haute-Savoie, l'importance de leurs effectifs, leur niveau d'instruction, et leurs besoins en armement et en ravitaillement.
  • Dans la nuit du 21/, il est déposé par opération aérienne sur le terrain JUNOT au sud de Tournus, accompagné du représentant du BCRA, le capitaine Jean Rosenthal « Cantinier ».
  • Accompagnés de Henri Jaboulay « Belleroche », responsable maquis de la région R1, ils font la tournée des maquis existants ou en formation dans les onze départements de la région. « Cantinier » installe un poste radio dans la gendarmerie de Megève.
  • Dans la nuit du 16/17 octobre 1943, un avion les remmène à Londres.
Bilan de la mission : leur rapport fait état de 2350 hommes prêts à combattre et propose le Plateau des Glières comme terrain de parachutage pour équiper la Haute-Savoie. « Cantinier » rend compte directement au général de Gaulle. C'est l'origine de l'armement des maquis du Plateau des Glières.

Troisième mission[modifier | modifier le code]

Ils se voient immédiatement confier une nouvelle mission opérationnelle interalliée en Savoie.

  • Dans la nuit du 18 au , l'équipe du réseau MARKSMAN :
– Richard Heslop « Xavier » chef du réseau,
Owen Denis Johnson « Gaël », dit Paul, capitaine américain, opérateur radio,
Elizabeth Devereaux-Rochester (ou Reynolds) « Élisabeth », courrier,
est déposée dans le Jura, sur le terrain ORION, près de Bletterans, en même temps que Jean Rosenthal « Cantinier », délégué de la France libre. Jusqu’à la Libération, ce réseau assure, par ses liaisons avec Londres, l’approvisionnement en armes du maquis de l'Ain et du Haut-Jura conduit par Henri Romans-Petit.
  • Après le débarquement, le réseau MARKSMAN est renforcé par l'arrivée du chirurgien britannique Geoffrey Parker « Parsifal », de l'expert en explosifs Gordon Norbable « Bayard » et de l'opérateur radio canadien Marcel Veilleux « Yvello ».
  • Automne 1944. La mission s'achève à la libération de la région. Le 18 septembre, il reçoit une lettre de Yves Farge, commissaire de la République pour la région rhodanienne :
« Le Commissaire de la République notifie au Lieutenant-Colonel XAVIER, chef de la Mission britannique auprès des F.F.I. pour le département de l’Ain, que sa présence, pour des raisons d’ordre dans le dit département, est indésirable.
Dans ces conditions, il le prie de bien vouloir quitter le département de l’Ain et de la région RHÔNE-ALPES, dans le délai de trois jours. »

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Après la Libération, il est promu lieutenant-colonel.

Le 17 janvier 1973, il meurt à Herne Bay (Kent), en Angleterre. Le 1er juillet, conformément à son vœu exprimé dans son testament, ses cendres son inhumées au monument de la prairie d'Échallon, Ain[2],

Ses mémoires[modifier | modifier le code]

  • (en) Richard Heslop, Xavier: the famous British agent's dramatic account of his work in the French Resistance, Hart-Davis, 1970. (ISBN 024663989X).

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

Richard Heslop est honoré aux monuments suivants :

  • Le Monument de la prairie d’Échallon a été érigé en reconnaissance pour l'aide apportée par les Ailes Alliées pour la Libération de la France. Ses cendres y ont été déposées[3]. Chaque année, le premier dimanche de juillet, une cérémonie commémorative est organisée par les anciens des maquis de l’Ain et l’amicale du Haut Jura.
  • Stèle édifiée à Hotonnes-en-Valromey, Ain (01260), Les Plans d'Hotonnes.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Source : Henri-Jean Dutertre, p. 171.
  2. L’inhumation des cendres de Richard Heslop eut lieu lors de la cérémonie de commémoration annuelle au monument de la prairie d'Échallon. Des discours d’hommage y furent prononcés par le colonel Girousse, président de l’association des Anciens des maquis de l'Ain et du Haut-Jura, par M. Humbert, maire d’Échallon, par Jean Rosenthal, par le colonel Maurice Buckmaster, chef de la section F du SOE, par M. Rodier, sous-préfet de Nantua, représentant le gouvernement français, en présence de personnalités : M. le Consul Evans, représentant le gouvernement britannique ; M. Dupoizat, préfet ; Vera Atkins ; chef d’escadron de Charry, représentant le général gouverneur de Lyon ; colonel Alban Vistel, compagnon de la Libération ; général Hugo, compagnon de la Libération ; commandant Malin, compagnon de la Libération, etc. La famille était représentée par deux des quatre enfants de Richard Heslop : Richard, son fils aîné et sa fille Sally, ainsi qu’un cousin. [La Voix du maquis, périodique d’information des anciens de l’Armée secrète et des maquis de l'Ain et du Haut-Jura, no 35, 3e trimestre 1973].
  3. Les cendres de plusieurs responsables y ont été déposées :
    • Colonel britannique Richard Heslop « Xavier » (1907-1973), chef du réseau MARKSMAN ;
    • Capitaine français Raymond Aubin, dit Alfred Lajoie, (1909-1991) ;
    • Capitaine américain Owen Denis Johnson « Gaël », alias Paul, (1918-1993), opérateur radio du réseau MARKSMAN ;
    • Lieutenant canadien Marcel Veilleux « Yvello » (1921-2004), deuxième opérateur radio du réseau MARKSMAN, à partir de juillet 1944.

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]

  • Fiche Richard Heslop, avec photographies sur le site du Special Forces Roll of Honour.
  • Maquis de l'Ain.
  • (en) Denis Rake, Rake's Progress; the Gay - and Dramatic - Adventures of Major Denis Rake, MC, the Reluctant British War-Time Agent, with a foreword by Douglas Fairbanks, Hardcover, 271 p., 22 cm, Publisher: Leslie Frewin, 1968, ASIN: B001JPUDB6 ; (ISBN 009087580X)
  • Henri-Jean Dutertre, Un parcours parmi tant d'autres, Éditions Opéra, 1995, (ISBN 2 908068-56-7).
  • Michael R. D. Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2008, (ISBN 978-2-84734-329-8). Traduction en français par Rachel Bouyssou de (en) SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968 ; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004.
    Ce livre présente la version officielle britannique de l’histoire du SOE en France.
  • Lt. Col. E.G. Boxshall, Chronology of SOE operations with the resistance in France during world war II, 1960, document dactylographié (exemplaire en provenance de la bibliothèque de Pearl Witherington-Cornioley, consultable à la bibliothèque de Valençay). Voir sheet 46, MARKSMAN CIRCUIT.
  • Fabrizio Calvi, OSS, la guerre secrète en France, 1942-1945, les services spéciaux américains, la Résistance et la Gestapo, Hachette, 1990.