Jean Worms (résistant)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jean Worms.

Jean Worms (1909-1945) fut, pendant la Seconde Guerre mondiale, un agent secret français du Special Operations Executive. Il fut le chef du réseau JUGGLER, sous-réseau du réseau Prosper-PHYSICIAN, qui opéra dans la région de Châlons-sur-Marne au premier semestre 1943. Lors de l’effondrement du réseau Prosper, il fut arrêté par les Allemands. Interrogé, torturé, déporté, il fut finalement exécuté.

Identités[modifier | modifier le code]

  • État civil : Jean Eugène Worms
  • Comme agent du SOE :
    • Nom de guerre (field name) : « Robin ».
    • Nom de code opérationnel SOE : JUGGLER (en français JONGLEUR)
    • Identité de couverture : Jean Warrens.
    • Enregistrement SOE : J. de Vérieux

Parcours militaire : SOE, section F, General List ; grade : Lieutenant ; matricule : no 260903

Pour accéder à une photographie de Jean Worms, se reporter au paragraphe Sources et liens externes en fin d'article.

Famille[modifier | modifier le code]

  • Ses parents : Pierre et Marcelle Worms, Paris, France.
  • Sa femme : Simone Worms, née Ricciardi en 1905, Kensington, Londres.
  • Son frère : Roger Worms, connu comme écrivain sous le nom de Roger Stéphane.
  • Ses enfants (3) : Michel, né le 6 juillet 1932 ; Jean-Pierre, né le 16 juillet 1934 ; Jean-Manuel, né le 2 janvier 1943.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

1909. Naissance le 1er février, à Paris 9e.

1940. Le 28 juin, soit six jours après la signature de l'Armistice, à une époque où la Résistance en est encore à ses balbutiements, il crée avec Jean Weil un réseau de renseignements dont les informations seront acheminées vers l'Angleterre par la Suisse [1] et participe à différents réseaux de renseignements à Paris.

1941.

  • Juin. Il entre dans le réseau Famille-Martin.

1942.

  • Il rencontre Virginia Hall. Arrivé à Cannes chez André Gillois, il lui annonce : « Mon père vient de ma flanquer à la porte parce que je faisais de la résistance. Je n'ai plus un franc. J'ai une femme et deux enfants. » Pour le dépanner, André Gillois fait appel à Francis Basin, et c'est ainsi que Jean Worms adhère au service britannique[2]. Il rencontre aussi Peter Churchill.
  • Octobre. Il se rend en Angleterre par felouque via Gibraltar.
  • Il suit la formation d'agent SOE.

1943.

Mission en France. Sous le nom de guerre de « Robin », il vient établir un réseau nommé JUGGLER, qui animera des groupes de sabotage dans la région de Châlons-sur-Marne.
  • 22 janvier. Il est parachuté « blind »[3] vers Vitry-aux-Loges, à l'est d'Orléans, en même temps qu'Henri Déricourt « Gilbert », qui vient pour une autre mission. Lorsqu'ils se quittent près de la gare d'où ils vont séparément prendre le train pour Paris, Henri Déricourt lui dit[4] : « Si tu as besoin de me retrouver, tu pourras toujours me laisser un message Chez Tutulle, un bistrot, 8, rue Troyon, à Paris[5]. »
  • Il complète la direction du réseau par Jacques Weil, un ami à lui de longue date qui devient son adjoint, et Sonia Olschanezky « Tania », la fiancée de Jacques Weil, comme courrier. En attendant l’arrivée de l’opérateur radio du réseau (Gaston Cohen « Justin » sera parachuté le 13 juin), les liaisons avec Londres sont assurées par les opérateurs radio d’autres réseaux.
  • 27 juin. De nombreuses arrestations sont en cours : c’est l’effondrement du réseau Prosper-PHYSICIAN. Jean Worms propose à Londres de prendre la tête des restes du réseau. La demande est rejetée.
  • 30 juin. Il participe à une réunion avec Gustave Biéler, Michael Trotobas, Marcel Fox, les Guerne et la comtesse de La Rochefoucauld pour discuter de mesures de sécurité à prendre après les arrestations. Aucune décision n’est prise.
  • 1er juillet. Il est arrêté au restaurant Chez Tutulle, alors qu’il déjeune avec Armel Guerne. Jacques Weil, qui avait rendez-vous avec lui à 15 h pour discuter du projet de sabotage au jour J de la centrale téléphonique de Revigny (très utilisée par les Allemands pour leurs communications militaires), les voit partir menottés.
  • Jacques Weil reparti en Suisse, c'est Sonia Olschanezky qui reprend la direction du réseau, mais sans l’aval de la section F à Londres.

1945

  • Mars. Ayant été déporté au camp de concentration de Flossenbürg, il est exécuté le 29 mars.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]

  • Fiche Jean Worms (alias Jean de Vérieux), avec photographie voir le site Special Forces Roll of Honour.
  • Archives
    • Dossier personnel de Jean Worms aux National Archives britanniques à Kew, cote HS 9/1621/4.
    • Dossier personnel de Jean Worms aux archives du SHD, à Vincennes, cote GR 16 P 604266
    • Dossier du réseau Robin aux archives du SHD, à Vincennes, cote GR 17 P 43
  • Le Mémorial de la section F, Gerry Holdsworth Special Forces Charitable Trust, 1992
  • Michael R. D. Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2008, (ISBN 978-2-84734-329-8). Traduction en français par Rachel Bouyssou de (en) SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968 ; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004.
    Ce livre présente la version officielle britannique de l’histoire du SOE en France.
  • John Vader (trad. Charles Le Brun), Nous n'avons pas joué : l'effondrement du réseau Prosper1943, Lectoure (Gers, le Capucin, , 357 p. (ISBN 978-2-913-49341-4, OCLC 401485342)
  • Charles Wighton, Le Saboteur, traduit en français par Jacques Kohlmann, collection « La Guerre secrète », Fayard, 1959.
    Ce récit, qui présente la biographie de Jacques Weil sous forme romancée, est le plus souvent considéré comme peu fiable sur de nombreux points.
  • (en) Jean Lartéguy et Bob Maloubier, Triple jeu : l'espion Déricourt, Paris, R. Laffont, , 337 p. (ISBN 978-2-221-06836-6, OCLC 29548783).
  • André Gillois, Histoire secrète des Français à Londres de 1940 à 1944, Hachette,
  • (en) Lt. Col. E.G. Boxshall, Chronology of SOE operations with the resistance in France during world war II, 1960, document dactylographié (exemplaire en provenance de la bibliothèque de Pearl Witherington-Cornioley, consultable à la bibliothèque de Valençay). Voir sheet 52, JUGGLER CIRCUIT.
  • Henri Noguères, Marcel Degliame-Fouchè et Jean-Louis Viguier, Histoire de la Résistance en France, de 1940 à 1945, t. 1 : La première année, Paris, R. Laffont, , 510 p. (ISBN 978-2-221-00141-7, OCLC 612003187).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Henri Noguères, tome 1
  2. Source : André Gillois, ch. 4.
  3. C'est-à-dire sans comité de réception au sol.
  4. Source : Jean Lartéguy et Bob Maloubier
  5. C'est dans ce bistrot situé à deux pas de l’Étoile que Jean Worms sera arrêté cinq mois après.