Le Comte de Monte-Cristo

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Le Comte de Monte-Cristo
Image illustrative de l'article Le Comte de Monte-Cristo
Affiche promotionnelle pour l'édition illustrée de L'Écho des Feuilletons (1846) par Paul Gavarni et Tony Johannot.

Auteur Alexandre Dumas avec la collaboration d'Auguste Maquet
Pays France
Genre Roman-feuilleton
Éditeur Journal des débats
Date de parution août 1844 à janvier 1846

Le Comte de Monte-Cristo est un roman d’Alexandre Dumas, écrit avec la collaboration d’Auguste Maquet et dont la publication commence durant l'été 1844. Il est partiellement inspiré de faits réels, empruntés à la vie de Pierre Picaud[1].

Le livre raconte comment, au début du règne de Louis XVIII, le 24 février 1815, jour où Napoléon quitte l'île d'Elbe, Edmond Dantès, jeune marin de dix-neuf ans[2], second du navire Le Pharaon débarque à Marseille pour s'y fiancer le lendemain avec la belle Catalane Mercédès. Trahi par des « amis » jaloux, il est dénoncé comme conspirateur bonapartiste et enfermé dans une geôle du château d'If, au large de Marseille. Après quatorze années, d'abord réduit à la solitude et au désespoir puis régénéré et instruit en secret par un compagnon de captivité, l'abbé Faria, il réussit à s’évader et prend possession d'un trésor caché dans l’île de Montecristo dont l'abbé, avant de mourir, lui avait signalé l'existence. Riche et puissant désormais, Dantès se fait passer pour divers personnages, dont le comte de Monte-Cristo, et entreprend méthodiquement de se venger de ceux qui l’ont accusé à tort et fait emprisonner, et de garantir le bonheur et la liberté aux rares qui lui sont restés fidèles.

Ce roman est, avec Les Trois Mousquetaires, l’une des œuvres les plus connues de l’écrivain tant en France qu’à l’étranger. Il a d’abord été publié en feuilleton dans le Journal des débats du 28 août au 19 octobre 1844 (1re partie), du 31 octobre au 26 novembre 1844 (2e partie), puis finalement du 20 juin 1845 au 15 janvier 1846 (3e partie).

Résumé[modifier | modifier le code]

Marseille[modifier | modifier le code]

Edmond Dantès, jeune officier prometteur, revient d'un voyage à bord du Pharaon, navire appartenant à l'armateur Pierre Morrel. Il a dû remplacer le capitaine Leclère, décédé durant le voyage des suites d'une fièvre cérébrale. À son arrivée, il est accueilli par Morrel qui lui promet de le nommer capitaine. Dantès est au comble du bonheur : il va ainsi pouvoir aider financièrement son vieux père et épouser sa belle fiancée, la Catalane [Note 1] Mercédès. Mais ce bonheur suscite la jalousie. Il y a tout d'abord Danglars, le comptable du bateau qui souhaite briguer le poste de capitaine du Pharaon, et aussi Fernand Mondego, un pêcheur catalan, cousin et amoureux de Mercédès qui est cependant repoussé par cette dernière.

Alors que Caderousse, voisin et ami de Dantès, a été rendu ivre par Danglars et Fernand, ces derniers vont comploter pour se débarrasser d'Edmond. Profitant d'une escale que Dantès a faite à l'île d'Elbe pour satisfaire une des dernières volontés du capitaine Leclère, ils le font passer pour un dangereux bonapartiste. Edmond Dantès est ainsi arrêté le jour de son mariage et interrogé par le substitut du procureur du roi, Gérard de Villefort.

« M. le Procureur du roi est prévenu, par un ami du trône et de la religion, que le nommé Edmond Dantès, second du navire le Pharaon, arrivé ce matin de Smyrne, après avoir touché à Naples et à Porto-Ferrajo, a été chargé, par Murat, d'une lettre pour l'usurpateur, et, par l'usurpateur, d'une lettre pour le comité bonapartiste de Paris.

On aura la preuve de son crime en l'arrêtant, car on trouvera cette lettre ou sur lui, ou chez son père, ou dans sa cabine à bord du Pharaon[3]. »

La lettre est écrite par Danglars et relue par Fernand devant Caderousse de plus en plus ivre mais qui proteste néanmoins. Danglars lui affirme alors qu'il ne s'agit que d'une plaisanterie et fait semblant de froisser la lettre, que Fernand récupère pour la faire parvenir au Procureur du roi.

Edmond Dantès est porteur d'une lettre de la part du capitaine Leclère, qu'il ne sait pas compromettante et adressée à M. Noirtier, le père bonapartiste du substitut du procureur Gérard de Villefort. S'en apercevant et convaincu de l'innocence de Dantès, le substitut l'envoie directement au château d'If comme prisonnier d'État pour éviter la compromission que son père risquait et par la même occasion, il parvient grâce à cette action à être promu.

Captivité[modifier | modifier le code]

Montecristo
L'île de Montecristo, une des îles de l'archipel toscan, où est caché le trésor des Spada.

Dantès désespère dans sa captivité jusqu'à songer au suicide. Il aura la chance (première manifestation de la « Providence ») de faire la connaissance de l'abbé Faria, un autre prisonnier qui, voulant s'évader, a creusé un tunnel durant sept ans. Hélas, ce tunnel débouche non sur la mer mais vers la cellule de Dantès. L'abbé Faria, très érudit, va se lier d'amitié pour Dantès et lui donner une éducation exceptionnelle tant économique que politique, sociale, philosophique et mondaine. Dantès lui prendra pour un second père. Par ailleurs, le prêtre explique à Dantès, par une série de déductions[4], qu'il a été victime d'un complot tramé par Danglars et Mondego en présence de Caderousse, et lui révèle la participation postérieure mais décisive de de Villefort. Faria lui fait part également d'un secret qui le fait lui-même passer pour fou aux yeux de ses geôliers : il est le dépositaire d'un immense trésor, celui des Spada, enfoui depuis des siècles dans l'île de Montecristo. Les deux prisonniers décident de préparer ensemble leur évasion, mais le vieux prêtre meurt et Edmond, pensant pouvoir s'échapper, prend sa place dans le sac où le corps a été cousu. Il comprendra que tous les prisonniers morts en captivité sont jeté à la mer avec aux pieds un boulet de trente-six[5] au château d'If.

Toutefois le couteau de l'abbé, dont il a eu soin de se munir, lui permet de s'échapper du sac et de recouvrer la liberté. Devenu très riche grâce au trésor des Spada, dont il prend possession, Dantès revient à Marseille. Il y apprendra que son père est mort de faim, et que sa fiancée Mercédès, croyant à son décès, a épousé Fernand.

Préparation de la vengeance[modifier | modifier le code]

Armoiries.

Dantès mène une enquête discrète et vérifie tous les faits qu'avait déduits l'abbé Faria dans leur geôle[6].

Se faisant passer auprès de Caderousse – le moins impliqué (l'ivresse aidant) dans le complot – pour un abbé italien qui aurait assisté aux derniers moments de Dantès, il se fait raconter l'incroyable destinée de ses ennemis et leur fulgurante ascension sociale. Il donne enfin à Caderousse le diamant prétendument légué par Edmond, cependant Caderousse était cupide, voulait le diamant et l'argent du diamant, assassine le bijoutier de Vaucaire venant acheter le diamant et sa femme, est condamné à la galère. Edmond sauve ensuite de la ruine, sous les traits de lord Wilmore, l'armateur Morrel, qui a aidé son père et avait voulu, quatorze ans plus tôt, le nommer capitaine du Pharaon[7]. Puis il part pour l'Orient où il va, plusieurs années durant, étendre encore l'immense culture que lui avait donnée Faria, augmenter sa fortune colossale et mettre minutieusement au point sa vengeance.

En 1838, soit vingt-trois ans après son emprisonnement et neuf après son évasion, celui qui se fait appeler désormais le comte de Monte-Cristo a quarante-deux ans. En Italie, il organise l'enlèvement puis la libération du fils de Mercédès, le jeune vicomte Albert de Morcerf, tombé dans les griffes du bandit romain Luigi Vampa durant le carnaval de Rome. Et Albert l'introduit quelques mois plus tard dans la haute société parisienne. Grâce à la péripétie de Rome et à un train de vie d'un faste inouï, il se rapproche de ceux qu'il veut frapper. Il retrouve Danglars, qui s'est enrichi dans l'intendance de guerre et qui est devenu banquier et baron. Villefort, ancien substitut à Marseille, est procureur du roi à Paris, et Fernand, qui a épousé Mercédès, est devenu le comte de Morcerf et siège à la Chambre des pairs. Monte-Cristo va peu à peu réussir, par un long entrelacs de complots et de ruses, à les acculer au déshonneur, à la ruine et à la mort, à l'exception de Danglars, qu'il épargnera en apercevant sa vengeance providentielle trop rude suite à la mort du fils de Villefort qui n'était pas concerné par la vengeance.

Le vengeur[modifier | modifier le code]

Le comte attaque d'abord de Villefort, dont l'épouse empoisonne, méthodiquement et un à un, les membres de sa belle-famille, afin que son fils Édouard soit seul héritier. Les poisons qu'elle utilise lui sont conseillés par Monte-Cristo[8]. Après avoir soupçonné sa fille Valentine, puis démasqué la coupable, de Villefort lui ordonne de mettre fin à ses jours, sans quoi il requerra lui-même contre elle la peine de mort. Elle s'empoisonne donc mais, autant par vengeance que par amour insensé, elle tue également leur jeune fils. De Villefort, après avoir montré à Edmond épouvanté le cadavre de l'enfant, perd la raison. Monte-Cristo a pu, entre-temps, empêcher Valentine de Villefort de mourir à son tour de la folie homicide de sa marâtre. Celle-ci aime et est aimée de Maximilien Morrel, le fils de l'armateur. Il parvient ensuite à les réunir et c'est à cette occasion, dans le palais troglodyte de Simbad le Marin, sur l'île de Monte-Cristo, que Valentine lui révélera l'amour absolu que lui porte Haydée[9].

Puis vient le tour de Fernand, l'ancien pêcheur catalan, n'est parvenu à s'enrichir et à obtenir son titre de comte de Morcerf (conféré par Louis-Philippe) qu'en trahissant d'abord Napoléon à la bataille de Ligny[10], puis son protecteur, Ali Tebelin, pacha de Janina, en les livrant, sa forteresse et lui, aux Turcs en échange d'argent et de prébendes. Monte-Cristo a retrouvé Haydée, la fille du pacha, et est parvenu à la sortir de l'esclavage où Fernand l'avait réduite pour se débarrasser d'un témoin gênant. Elle témoigne devant la Chambre des pairs sans informer le comte mais certainement guidée pas celui-ci. La chambre des pairs est informée par un article paru dans l'Impartial et intitulé On nous écrit de Janina (article certainement inspiré par le comte). Le fils du comte de Morcerf, Albert de Morcerf, devinant la machination du comte, provoque ce dernier en duel. Mercédès, reconnaissant le comte comme Edmond Dantès dès de début, supplie le comte de Monte cristo d'épargner son fils. Le comte, qui était déterminé à tuer Albert, abandonne sa vengeance sous les prières de Mercédès et décide alors de se laisser tuer par Albert et informe Mercédès de l'origine de sa disparition. Cette dernière informa à son tour Albert et le pousse à pardonner le comte de Monte-Cristo. Le comte de Morcerf, quant à lui , est déclaré coupable, et acculé à quitter la chambre des pairs. Croyant que son fils lui a lavé son honneur, il assiste en spectateur à son abandon par sa femme et son fils. Ne pouvant supporter son humiliation, Morcerf se suicide. Mercédès, accablée par la révélation de la trahison de Fernand, part avec son fils, abandonnant demeure, fortune, bijoux et rang social. Elle se réfugie à Marseille, dans la petite maison du père Dantès dont Edmond lui a fait cadeau, accompagnée d'un maigre pécule qu'Edmond avait amassé en vue de leur mariage en 1815[11]. Albert, prenant le nom de sa mère, s'engagera dans les spahis avec les protections du comte de Monte-Cristo[12].

Dans le même temps, Monte-Cristo s'attaque à Danglars. Grâce à sa fortune et aux mauvais penchants du baron banquier, il va presque parvenir à le ruiner. Il s'arrange ensuite pour l'acculer à donner – ou, plus exactement, à « vendre » – en mariage à sa fille Eugénie un prétendu aristocrate italien, le prince Andrea Cavalcanti, personnage fabriqué de toutes pièces par le comte et supposé très riche par Danglars. La fiancée découvrira, le jour de la signature du contrat, que Benedetto n'est ni prince ni riche ni même italien : il s'agit d'un forçat évadé, fils adoptif de Bertuccio, le maître d'hôtel corse du comte. Benedetto est l'enfant adultérin que Villefort a eu avec Madame de Nargonne, devenue Madame Danglars. Le procureur avait enterré ce fils né hors mariage pour ne pas être déshonoré, et raconte alors à Madame Danglars que c'était un mort-né. Ayant déterré le nouveau-né, Bertuccio l'avait ramené à la vie et adopté.

Entre-temps, Danglars, piégé par Monte-Cristo, et préférant une bonne banqueroute à une mauvaise prison, s'est enfui à Rome où le comte le fait enlever par le bandit Vampa en vue de lui prendre, repas après repas[13], les millions qu'il a volés aux hospices et ce à raison de « cent mille francs par souper ». Lorsque Danglars, à bout de faim et de soif, ayant tout donné à ses geôliers[14], voit apparaître ce « Maître » qui ordonne à Vampa lui-même, il reconnaît d'abord Monte-Cristo, puis enfin Edmond Dantès. Il se repent alors du mal qu'il a causé. Entre son enlèvement et ce repentir, il y a eu la mort du jeune Édouard de Villefort et Edmond, moralement ébranlé, accorde la grâce à son dernier ennemi. Il lui laisse son dernier argent et l'invite même à dîner : « Et maintenant, mangez et buvez ; ce soir je vous fais mon hôte »[15]. Abandonné ensuite en pleine campagne, à demi-fou, Danglars, se penchant sur un ruisseau pour y étancher sa soif, s'aperçoit qu'en une nuit ses cheveux sont devenus blancs. Il est ruiné mais sauf, alors que Caderousse et Morcerf sont morts et que de Villefort a perdu la raison.

Une fois sa vengeance accomplie mais torturé de questions sur le droit de se faire justice, de se substituer à Dieu, Monte-Cristo repart pour l'Orient en compagnie de la femme qu'il aime, Haydée, qui, peut-être, lui fera retrouver une sérénité mise à mal par la mort injuste du jeune Édouard. Il a richement doté Valentine et Maximilien et leur a fait cadeau de son île en ne leur laissant qu'un bref message : « Attendre et espérer ! »[16].

Personnages du roman[modifier | modifier le code]

Principaux personnages[modifier | modifier le code]

  • Edmond Dantès, second pressenti pour devenir le capitaine du navire le Pharaon, alias comte de Monte-Cristo, lord Wilmore, abbé Giacomo Busoni, Zaccone, ou encore Simbad le Marin. Dantès est dénoncé par ses « amis » Fernand et Danglars comme espion bonapartiste. Il est envoyé au château d'If, prison située au large de Marseille (il y sera même maintenu par Villefort durant les Cent-Jours[17]). Pour reconstituer la vérité sur le crime qui lui a fait perdre quatorze années de sa vie, il prendra de nombreux déguisements et mènera ses plans de très longue main d'abord en Italie puis à Paris.
  • Mercédès Herrera, d'abord fiancée à Edmond Dantès puis, convaincue de sa mort, épouse de Fernand Mondego qui devient comte de Morcerf. De ce mariage naîtra Albert de Morcerf. Elle sera la seconde, après Morrel père, à reconnaître Dantès sous le masque du "comte de Monte-Cristo".
  • Fernand Mondego, pêcheur catalan, l'un des dénonciateurs d'Edmond. Il est devenu comte de Morcerf et pair de France. Il épouse Mercédès en la convainquant de la mort d'Edmond.
  • Danglars, comptable sur le navire le Pharaon, puis commis aux écritures, est jaloux de l'ascension rapide d'Edmond. C'est un arriviste et opportuniste. Il épouse la veuve de monsieur de Nargonne, qui a déshonoré son mari (en le trompant avec Villefort), ce qui d'après Danglars a fortement contribué à la mort de l'époux[18]. Il est devenu un banquier richissime grâce à la campagne d'Espagne et à ses conséquences qu'il a largement exploitées au profit de ses divers trafics et spéculations. Mari plus que complaisant, il est en outre admirablement renseigné sur la politique intérieure et extérieure du gouvernement par l'amant de sa femme, Lucien Debray, secrétaire particulier du ministre de l'Intérieur.
  • Gérard de Villefort, substitut du procureur à Marseille, nommé très rapidement procureur du Roi à Paris grâce au faveur dont jouisse ses beaux parents au près du roi. Il jette Edmond en prison en sachant que celui-ci est innocent pour protéger son père et sa propre carrière. En effet, son père, Noirtier, est un ancien Conventionnel et un bonapartiste enragé réduit à la demi-solde. C'est à lui qu'est destinée la lettre remise au défunt commandant du Pharaon par le Grand Maréchal Bertrand à l'île d'Elbe, élément matériel de la dénonciation.
  • Maximilien Morrel, officier de spahis, protégé du comte de Monte-Cristo, le cadet des enfants du Morrel père, honnête et vertueux armateur sur un des navires duquel Dantès a servi comme second, était resté du côté son vieux père lorsque celui-ci était tombé dans la misère. Monte-Cristo sauvera l'armateur Morrel prêt à se suicider car celui-ci respectait la tradition jamais brisée d'honorer ses dettes exactement à leurs termes. Or, à cause de plusieurs naufrage de suite, celui-ci ne pouvant plus honorer ses dettes. Edmond, sous l'apparence de lord Wilmore, lui rend la bourse qu'il avait donnée au vieux Dantès, bourse qu'il garnit d'un diamant (pour dot de sa fille Julie, sœur de Maximilien) et de traites acquittées en remise totale des dettes de l'armement Morrel auprès de la Maison Thomson & French de Londres, créancière de l'armateur.
  • L'abbé Faria, prisonnier au château d'If depuis de nombreuses années lorsque Dantès y arrive. Il transmet à Edmond une large part de son immense savoir, l'éveille au raisonnement logique et à la science, et lui révèle l'emplacement d'un immense trésor caché depuis très longtemps sur l'île de Monte-Cristo. Sa mort permettra l'évasion audacieuse d'Edmond.
  • Albert de Morcerf, fils de Mercédès et de Fernand. Il devient l'ami de Monte-Cristo à la suite d'une aventure certainement instrumentée par le comte à Rome.
  • Gaspard Caderousse, voisin de Dantès, ancien tailleur ruiné après l'arrestation d'Edmond, devenu propriétaire de l’Auberge du Pont-du-Gard. Il témoigne auprès de « l'abbé Busoni » : ce sont Danglars et Fernand qui en sa présence ont provoqué la chute d'Edmond et donc la mort de son père en écrivant et adressant la lettre de dénonciation. Il confesse deux erreurs : en état d'ivresse, avoir d'abord cru naïvement à une plaisanterie, puis le lendemain avoir égoïstement et en toute connaissance de cause laissé se dérouler l'arrestation par crainte de « la politique telle qu'elle se faisait à l'époque ». Il s'est marié depuis avec Madeleine Radelle dite la Carconte. L'abbé Busoni lui offrira, pour prix de ses confidences, un diamant supposé légué par Dantès mourant et qui, loin de faire sa fortune, l'enfoncera d'un degré de plus dans sa déchéance.
  • Haydée, officiellement l'esclave du comte de Monte-Cristo. Elle est la fille d'Ali Tebelin, pacha de Janina, et a été vendue aux Turcs par Fernand à la suite de sa trahison. Monte-Cristo l'a sauvée en la rachetant au marchand El Kobbir afin de perdre Morcerf.
  • Bertuccio, corse, ancien contrebandier et homme d'honneur à sa manière. Majordome et factotum du comte de Monte-Cristo. Il est le père adoptif de Benedetto qu'il a sauvé alors qu'il était nouveau-né et que son père adultérin, Gérard de Villefort, avait enterré vivant. Bertuccio avait déclaré jadis la Vendetta au procureur car celui-ci refuse d'examiner la mort de son frère et le blessa ce jour-là grièvement d'un coup de couteau, pensant le tuer.
  • Benedetto, entièrement fabriqué prince Andrea Cavalcanti par Monte-Cristo pour frapper à la fois Danglars et Villefort. Fils illégitime de Villefort et de madame de Nargonne, veuve devenue madame Danglars. Fils adoptif de Bertuccio.
  • Noirtier de Villefort, père du très royaliste procureur Villefort, ancien Conventionnel anobli par l'Empereur et ci-devant sénateur d'Empire réduit à la demi-solde. Le plus souvent désigné simplement comme Noirtier pour éviter la confusion avec son fils, il est le destinataire de la lettre compromettante remise à l'île d'Elbe par le Grand Maréchal Bertrand au capitaine Leclère, commandant du Pharaon, et rapportée à Marseille par Edmond après la mort du capitaine durant le voyage de retour. Après la sortie de prison de Dantès, il concentre toute son affection sur sa petite fille. Malgré son état de paralysé, il va être atteint du syndrome d'enfermement, il va se battre pour qu'elle épouse Maximillien Morrel (qu'elle aime) plutôt que Franz d'Epinay, l'ami du vicomte de Morcef et du comte de Monte Cristo.
Relations entre les personnages du roman Le Comte de Monte-Cristo

Personnages secondaires[modifier | modifier le code]

  • Luigi Vampa, bandit romain dont le quartier général, les geôles et les cuisines se trouvent dans les catacombes de Saint-Sébastien ou sous les ruines des thermes de Caracalla, il lit les Commentaires de César et les Lettres à Lucilius de Sénèque dans le texte, commande à une terrible bande et ne se reconnaît qu'un seul maître, Monte-Cristo qui a sauvé l'un de ses amis de l'exécution à laquelle il était promis[19]. La biographie de Vampa est minutieusement détaillée[20] à Franz d'Épinay et Albert de Morcerf par « Maître » Pastrini, leur hôtelier romain. On y découvre le lien qui l'unit depuis longtemps à Monte-Cristo.
  • Lucien Debray, secrétaire particulier du ministre de l'Intérieur. Il est l'amant de Madame Danglars qu'il renseigne sur les affaires internationales, ce qui leur permet de boursicoter de concert avec l'argent du banquier dans une « […]roulette où l'on gagne toujours sans miser jamais ! » comme dit joliment Danglars à sa femme lorsque la tendance s'inverse fâcheusement par la faute de Monte-Cristo et du Télégraphe Chappe.
  • Beauchamp, jeune mais influent journaliste à l'Impartial, feuille d'opinion plutôt d'opposition à Louis-Philippe. C'est dans L'Impartial que sera publié le fameux article « On nous écrit de Janina », suscité par le comte et qui déclenchera le scandale d'Albert de Morcerf, le fils de Fernand. Provoqué par Albert, Beauchamp diligentera une enquête confirmant et aggravant lourdement les premiers soupçons. Par amitié pour le jeune vicomte, il accepterait bien d'étouffer l'affaire mais, passant à la vitesse supérieure, le comte, toujours incognito, a alerté l'ensemble de la presse parisienne et l'Impartial ne pourra plus reculer, provoquant ainsi le duel avorté entre Albert et le comte puis le déshonneur et le suicide de Fernand.
  • Le « major » Cavalcanti, fripouille envoyée à Monte-Cristo par l'abbé Busoni. Il n'est évidemment pas plus « major » que « Cavalcanti » mais accepterait aussi bien d'être l'ange Gabriel pour la moitié de ce que le comte lui donne. Busoni lui a remis des papiers confirmant non seulement cette noble identité mais également celle de son fils odieusement enlevé enfant par d'affreux bandits et que le comte va lui permettre enfin de serrer sur son cœur[21]. Ce « fils » si opportunément retrouvé, c'est Benedetto, compagnon de chaîne de Caderousse au bagne de Toulon qui va devenir, par la grâce du comte et de façon très éphémère, ce prince Andréa Cavalcanti qui perdra successivement Caderousse en le tuant, Danglars en le ruinant et Villefort, son père biologique qui l'avait enterré encore vivant à sa naissance, en le déshonorant lors de son procès.
  • Barrois, serviteur personnel du père Noirtier de Villefort qui vit reclus chez son fils depuis qu'il est tétraplégique. Avec Valentine, petite-fille du vieillard, et monsieur de Villefort, il est seul à pouvoir le comprendre. Il mourra à la place de son maître, empoisonné par madame de Villefort qui ignore que celui-ci est « mithridatisé » par la brucine que lui administre son médecin, le docteur d'Avrigny.
  • La Marquise de Saint-Méran, première belle-mère de Villefort. Elle n'a les honneurs de la citation qu'au tout début du roman[22] lors du mariage de sa fille, lors du décès de son mari[23] et vers la fin, lors de sa mort, la deuxième d'une série après son mari. Elle sera, elle aussi, l'instrument de la Providence en s'obstinant à vouloir marier sa petite-fille Valentine au jeune baron Franz de Quesnel d'Épinay, fils d'un général royaliste tué en duel par Noirtier.
  • Docteur d'Avrigny, excellent médecin et diagnosticien remarquable. Il soigne Noirtier à la brucine et l'a donc en même temps et sans le savoir immunisé contre les poisons administrés par madame de Villefort. C'est lui qui décèlera le premier l'origine criminelle de la mort des Saint-Méran puis de Barrois. Accusant tout d'abord la fille du magistrat, il répand un climat de terreur dans l'hôtel de Villefort puis, lorsque Valentine est empoisonnée à son tour, il ouvrira les yeux du procureur dont la volonté de faire justice aboutira à la mort de son fils, au suicide de sa femme et à sa folie.
  • Général Flavien de Quesnel, baron d'Épinay, général d'Empire fait baron par Louis XVIII. Officier royaliste que quelques bonapartistes ont cru à tort des leurs. Ce personnage « secondaire », autre instrument de la Providence, est le seul qui n'apparaisse pas « physiquement » dans le roman. Et pour cause : il est mort le 5 février 1815[24], soit trois semaines avant l'arrivée du Pharaon dans le port de Marseille. Il fait l'objet de l'un des plus beaux chapitres[25] du roman dans lequel l'extraordinaire volonté de Noirtier va s'employer, malgré son terrible handicap, à faire échouer le mariage de sa petite-fille avec le fils du général en lui révélant que c'est lui-même qui a tué son père en duel à la sortie d'une réunion du club bonapartiste de la rue Saint-Jacques, où le général avait refusé de se rallier à l'Empereur protestant hautement de sa fidélité au roi.
  • Ali, esclave muet de Dantès. Sur ordre de son maître, il sauve Mme de Villefort et son fils.

Genèse du roman[modifier | modifier le code]

Contexte politique[modifier | modifier le code]

Les liens de Dumas avec le bonapartisme étaient contradictoires. Son père, fils d'une esclave noire de Saint-Domingue, devenu général sous la Révolution avait été destitué de son grade par Bonaparte, à la suite de l'insurrection de l'île dont il était originaire ; en 1848, Dumas soutient Cavaignac aux élections contre Louis-Napoléon Bonaparte et, en 1851, il est opposé au coup d'État.

Dans un petit écrit publié en 1857, État civil du Comte de Monte-Cristo[Note 2], Alexandre Dumas raconte que l’idée du roman lui est venue à un moment où il avait des contacts fréquents et intimes avec des membres de la famille Bonaparte. Dumas se trouvait en 1841 à Florence où résidait également le prince – et ex-roi de WestphalieJérôme Bonaparte, frère de Napoléon Bonaparte. Dumas était un visiteur quotidien dans la maison du prince et lorsque le fils de Jérôme, Napoléon, revint d’Allemagne pour vivre dans la maison paternelle, son père demanda à Dumas d’accompagner le jeune homme en voyage en Italie. Ce qui fut fait. Les deux voyageurs visitèrent ainsi l'île d'Elbe, partant de Livourne dans un petit bateau. Après Elbe, ils voulurent chasser et mirent le cap sur l’île de Monte-Cristo. Finalement ils se contentèrent d’en faire le tour, car l’aborder les aurait contraints à une quarantaine au retour, l'île étant en « contumace ». Le jeune prince aurait demandé à Dumas : « À quoi cela sert-il de faire le tour de cet îlot ? » et l’écrivain aurait répondu : « À donner, en mémoire de ce voyage que j’ai l’honneur d’accomplir avec vous, le titre de L’Île de Monte-Cristo à quelque roman que j’écrirai plus tard »[26].

Depuis une année les cendres de Napoléon Ier étaient en France. Le bonapartisme avait donc un centre qui allait devenir lieu de culte et pèlerinage. Un autre neveu de Napoléon Ier, Louis-Napoléon, était en prison pour avoir ourdi des tentatives de coups d’État en 1836 et 1840[Note 3]. Il réussit à s’échapper en 1846 – sous déguisement – et s’exila en Angleterre. Puis il revint en France pour se joindre au mouvement républicain en 1848 et devenir le premier président de la République française. Bien qu'il n'eût aucune expérience politique, il fut élu avec une énorme majorité, (mais contre l’avis de Dumas, qui était dans le camp de Cavaignac). Or, le triomphe du roman de Dumas se situe dans les années 1844 à 1848. Son statut de livre à succès mondial fut rapidement acquis et déjà en 1848 le roman était traduit et connu dans le monde entier[27]. Il existe donc à la fois une similarité entre les destins d’Edmond Dantès et de Napoléon III (le prisonnier à vie qui s’évade et revient dans le monde comme un être puissant et impénétrable) et une simultanéité entre la création du roman et l’avènement du Second Empire. Dumas n’explique pas cette similarité et il ne mentionne pas dans l'État-civil du Comte de Monte-Cristo qu'il a visité le jeune Louis-Napoléon dans sa prison à Ham[28].

Le Comte de Monte-Cristo et le bonapartisme : chronologie

  • Le général Dumas
    • 1793 : Thomas Alexandre Dumas devient général dans l'armée de la première République.
    • 1794 : Il désapprouve publiquement les massacres perpétrés dans l'ouest de la France.
    • 1795-97 : Il jouit d'une grande célébrité. Se bat sous les ordres de Napoléon.
    • 1802 : Épuration raciale de l'armée de l'Empire qui a rétabli l'esclavagisme.
    • 1802 : Naissance de son fils, Alexandre Dumas « père ».
    • 1806 : Th. A. Dumas meurt accablé par l'injustice de l'Empire.
  • Dumas père
    • 1832 : Le fils de Napoléon Ier meurt et la lignée directe de l'empereur s'éteint avec lui.
    • 1836 : A. Dumas est déjà un écrivain célèbre.
    • 1836 : Premier putsch de Louis-Napoléon, âgé de 28 ans.
    • 1840 : 10 juin. Une loi décide que les cendres de Napoléon Ier doivent être ramenées en France.
    • 1840 : 6 août. Deuxième tentative de Louis-Napoléon. Condamné à la prison à vie, il devient connu comme prétendant au trône impérial.
    • 1841 : Dumas vit à Florence et fréquente l'ex-roi Jérôme et son fils Napoléon.
    • 1841-42 : Dumas rédige des impressions de voyages
    • 1843 : Dumas et Maquet imaginent la trame du roman
    • 1843-1844 : Rédaction des parties I et II
    • 1845 : Rédaction de la partie III
    • 1846 : Le roman est déjà traduit et extrêmement populaire.
    • 1846 : Louis-Napoléon s'enfuit de la citadelle de Ham.
    • 1848 : Deuxième République. Louis-Napoléon est élu président de la République mais Dumas ne vote pas pour lui.
    • 1857 : Publie État civil du Comte de Monte-Cristo.

Histoire éditoriale de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

L'histoire éditoriale de cet ouvrage est assez complexe[29].

Comme Dumas le rappelle lui-même dans ses Causeries, c'est durant les années d'exil à Florence en 1840-1842 qu'il trouve un décor et une sorte de prétexte à un récit de voyage... à travers Paris (cf. « Contexte politique » ci-dessus). Alors qu'il ne chôme pas, que des pièces de théâtre et des nouvelles sont écrites, en juin 1843, il est à Marseille pour travailler sur ses « mousquetaires », juste après un dernier séjour à Florence en avril[30]. Vers la fin de 1843, Dumas signe un contrat d'impression avec l'imprimeur parisien « Béthune et Henri Plon - Imprimerie des Abeilles » (36 rue de Vaugirard, Paris) qui devait en principe se charger de la composition des « Impressions de voyage dans Paris », prévues en huit volumes. Et Dumas de préciser :

« Comme il m'était aussi égal de faire un roman que des impressions de voyage, je me mis à chercher une espèce d'intrigue pour le livre de MM. Béthune et Plon. J'avais depuis longtemps fait une corne, dans la Police dévoilée [1838] de [Jacques] Peuchet, à une anecdote d'une vingtaine de pages, intitulée : « le Diamant et la Vengeance ». Tel que cela était, c'était tout simplement idiot ; si l'on en doute, on peut le lire. Il n'en est pas moins vrai qu'au fond de cette huître il y avait une perle ; perle informe, perle brute, perle sans valeur aucune, et qui attendait son lapidaire. Je résolus d'appliquer aux Impressions de voyage dans Paris l'intrigue que je tirerais de cette anecdote. Je me mis, en conséquence, à ce travail de tête qui précède toujours chez moi le travail matériel et définitif. La première intrigue était celle-ci : Un seigneur très riche, habitant Rome et se nommant le comte de Monte- Cristo, rendrait un grand service à un jeune voyageur français, et, en échange de ce service, le prierait de lui servir de guide quand, à son tour, il visiterait Paris. Cette visite à Paris, ou plutôt dans Paris, aurait pour apparence la curiosité ; pour réalité, la vengeance. Dans ses courses à travers Paris, le comte de Monte-Cristo devait découvrir ses ennemis cachés, qui l'avaient condamné dans sa jeunesse à une captivité de dix ans. Sa fortune devait lui fournir ses moyens de vengeance. Je commençai l'ouvrage sur cette base, et j'en fis ainsi un volume et demi, à peu près. Dans ce volume et demi étaient comprises toutes les aventures à Rome d'Albert de Morcerf et de Frantz d'Epinay, jusqu'à l'arrivée du comte de Monte-Cristo à Paris. J'en étais là de mon travail, lorsque j'en parlai à Maquet, avec lequel j'avais déjà travaillé en collaboration. Je lui racontai ce qu'il y avait déjà de fait et ce qui restait à faire.[31] »

Alors que Les Trois Mousquetaires paraissent en feuilletons entre le 14 mars et le 14 juillet 1844 dans le journal Le Siècle[29], un nouveau roman feuilleton de Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, est annoncé cette fois dans le Journal des débats : les deux premières parties y sont publiées, respectivement du 28 août 1844 au 19 octobre 1844, puis du 31 octobre au 26 novembre 1844. À partir de la fin 1844 et au début de 1845, après la sortie de la première partie en feuilletons, les premiers volumes reliés qui formeront au total dix-huit tomes, vont se succéder en librairie, en deux vagues, d'abord quatorze volumes chez le libraire Baudry (partie I puis II), mais à partir du septième, c'est l'imprimeur A. Henry, rue Gît-le-Cœur, qui reprend la composition, et les quatre derniers volumes sortent chez le libraire-commissionnaire Pétion, rue du Jardinet, juste après la publication en feuilletons de la partie III publiée du 20 juin 1845 au 15 janvier 1846 : un tirage de cette édition appelée la « Baudry-Pétion en 18 volumes », devenue rarissime en bel état, a été vendu 253 000 euros en 2010[32].

Au cours de cette même année 1846 sort la première édition illustrée, d'abord sous la forme de fascicules vendu 40 centimes pièce, puis réunis sous la forme de neuf volumes in-octavo, chez l'éditeur « Au bureau de l'Écho des feuilletons », périodique dirigé par L.-P. Dufour et Jean-Baptiste Fellens, accompagnée de gravures sur bois signées Paul Gavarni et Tony Johannot, lancée à grand renfort d'affichettes publicitaires (cf. ci-dessus) ; elle est vue comme peu pratique et est donc suivie, chez le même éditeur, par une édition ramassée en deux volumes[33].

Fin 1846 (et non en 1850), commence à sortir l'édition en six volumes, non illustré, en un format certes plus grand mais moins cher que la Baudry-Pétion, chez l'éditeur Michel Lévy[34], qui conserve son monopôle bien après la mort de Dumas (via Calman-Lévy).

Le succès peut se mesurer d'une part à la vitesse avec laquelle toutes ses éditions s'enchaînent et d'autre part, à la quantité de parodies plus ou moins subtiles qui fleurisent sur la scène parisienne à partir de la fin 1846 et qui brocardent les lecteurs obnibulés par ce récit.

Les premières traductions en langues étrangères commencent dès 1844 à Londres en version abrégée, traduite et adaptée par M. Valentin ; cette version connaît un certain succès en Amérique, à Boston, puis à New York, éditée chez Burgess & Stringer Company (2 volumes) ; ou en Allemagne, à Munich, chez Taschenbuch, traduite par Thomas Zirnbauer, etc., et contribuent également au succès et au renom de Dumas dans le monde.

En 1853 paraît une suite faussement attribuée à Dumas (en réalité sans nom d'auteur), et ce pour des raisons commerciales, au Portugal, intitulée La Main du défunt (A Mão do finado par Alfredo Hogan), bientôt traduite dans le monde entier y compris en France, début d'une longue série d'étonnantes variations littéraires, le roman laissant ouvertes de nombreuses perspectives puisque le héros ne meurt pas à la fin. Dumas réagit très mal en découvrant l'édition portugaise, puis française, et en 1864, il déclare au périodique Le Grand Journal  : « Comme cette suite est exécrable, j’ai par le monde une foule d’amis qui soutiennent, tout bas, bien entendu, que cette suite est de moi. À l’époque où l’ouvrage a paru, j’ai protesté dans tous les journaux, ou à peu près ; mais je ne vous apprendrai rien de nouveau en vous disant que les amis lisent toujours les accusations, jamais les protestations », affirmant par ailleurs qu'il n'écrira jamais de suite à ce roman[35].

Adaptations et inspirations fictionnelles[modifier | modifier le code]

Au théâtre par Dumas[modifier | modifier le code]

Toujours avec Maquet, Alexandre Dumas a tiré de son roman trois drames formant quatre parties, il s'agit d'une adaptation comportant des variations :

Cette transposition dramatique est reprise à Londres en octobre 1868 avec succès puis à Boston et New York en 1869.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Photographie de plateau de The Count of Monte Cristo (1908) de Francis Boggs : c'est le premier film hollywoodien.
Le Comte de Monte-Cristo (1917) : au centre, Léon Mathot (Dantès) ; à droite, Nelly Cormon (Mercédès).

Les deux premières tentatives de transposition à l'écran remonte à 1908 et sont américaine et française. Il faut attendre 1915 pour qu'une transposition fidèle voit le jour, avec Henri Pouctal[36].

À la télévision[modifier | modifier le code]

En animation[modifier | modifier le code]

En poésie[modifier | modifier le code]

  • 2015 : La Ballade Lunaire de Jack Samat, recueil de poèmes dont l'un des textes intitulé Le comte de Monte Cristo est dédié au personnage d'Edmond Dantès.

En comédie musicale[modifier | modifier le code]

  • 2006 : Le Comte de Monte-Cristo, d'Emmanuel Incandela et Arnaud Thouvenel[37]
  • 2007 : Il Conte di Montecristo : The Musical de Francesco Marchetti, mise en scène Jocelyn Hattab[38] (Italie)
  • 2008 : L'Affaire Edmond Dantès, composée par Christophe Loiseleur des Longchamps, pour solistes, chœur d'enfants et orchestre symphonique, créée à Brive (Espace Ceyrac) par la Maîtrise Notre-Dame de Brive ; reprise en 2010 à Brive (Espace des Trois Provinces) : L'Oiseleur des Longchamps, (Edmond Dantès, rôle-titre, baryton & mise en scène), Magali Paliès (Mercédès, mezzo), Estelle Andréa (Haydée, soprano), Simon Lehuraux (Comte de Morcerf).
  • 2013 : Le Comte de Monte Cristo, de David Tainturier.

En musique[modifier | modifier le code]

En bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • Mickey à travers les siècles T6 : Mickey et le vrai comte de Monte-Cristo (Hachette, 1971)
  • Yves Sente et Grzegorz Rosinski, La vengeance du comte de Skarbeck (Dargaud), deux chapitres.
    1. Deux mains d'or, 2004.
    2. Un cœur de bronze, 2005.
  • Dantès, de Pierre Boisserie, Philippe Guillaume et Erik Juszezak (Dargaud)
    1. La Chute d’un trader (2007)
    2. Six années en enfer (2008)
    3. Le Visage de la vengeance (2009)
    4. Pour solde de tout compte (2010)
    5. Le Complot politique (2011)
    6. L'affrontement final (2012)

Suites et variations romanesques[modifier | modifier le code]

Véritable mythe littéraire, il en existe à ce jour plus d'une centaine de suites et variations romanesques parues sous la forme d'ouvrages, soit pastichant le style de Dumas, soit le parodiant. La première date de décembre 1846, L'Île de Monte-Cristo, pochade théâtrale écrite par Auguste Jouhaud pour la scène du Baumarchais (Paris) et qui s'ouvre sur un homme obsédé par la lecture du roman[39]. Parmi tous ces ouvrages, citons celles-ci :

  • Jules Lermina
    • Le Fils de Monte-Cristo, Paris, L. Boulanger, 1881 ; nombreuses rééditions[40]lire sur Gallica.
    • [anonyme][41], Le Trésor de Monte-Cristo, Paris, Charaire et fils, 1885.
  • Italo Calvino, Le Comte de Monte-Cristo, 1967 (réécriture du roman de Dumas sous forme de nouvelle), concluant le recueil Temps zéro[42].
  • François Tallandier, Mémoires de Monte-Cristo, Paris, 1994.

Thème similaire[modifier | modifier le code]

Plusieurs romanciers ont, après Dumas, repris le thème du prisonnier qui s'évade pour se venger de l'accusation crapuleuse portée contre lui.

Hommages et tourisme culturel[modifier | modifier le code]

Le Château d'If en 2009

En 1889, à Paris, est ouverte une rue Monte-Cristo, qui débouche sur la rue Alexandre-Dumas.

En 1844-1846, Alexandre Dumas fait construire une demeure au Port-Marly (Yvelines), et qu'il appelle le « château de Monte-Cristo » ; il se visite, ainsi que le parc, depuis 1994.

En 1935 est créée à La Havane le cigare de marque Montecristo en hommage au roman considéré comme populaire parmi les ouvriers des usines à rouler[44].

Du côté de Marseille, des visites de la « cellule d’Edmond Dantès » sont organisées au Château d'If, au large de la ville. Le réalisme est poussé jusqu'à avoir creusé une galerie entre la cellule supposée de Dantès et celle de l'abbé Faria[réf. nécessaire].

En 2011, certains circuits touristiques s'intéressent de près à Edmond Dantès, au point de proposer une visite du centre-ville de Marseille « sur les pas de Dantès »[45].

Pour commémorer l'évasion du comte de Monte-Cristo, une traversée à la nage entre le château d'If et Marseille est organisée tous les ans en juin. Environ 750 nageurs participent pour une distance de 5 kilomètres[réf. nécessaire].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Quartier mitoyen de Marseille où vivait, plus ou moins repliée sur elle-même, une très importante communauté hispanique à dominance catalane.
  2. Se trouve comme annexe dans l'édition de la Pléiade .
  3. Dumas a trouvé le moyen de mentionner le nom de la citadelle où était enfermé le jeune Napoléon III : Ham, ce qui est d’autant plus significatif que c'est sans lien avec l'action. p. 140 dans l'édition de la Pléiade.
  4. La production s'est interrompue pendant la guerre.
  5. Albert Valentin reprend ici et adapte la « vraie » histoire du Diamant de la vengeance.
  6. Jules Verne l'affirma explicitement et dédia à ce titre par courrier son livre à son ami Alexandre Dumas-fils qui en réponse le salua en le qualifiant de "véritable fils de son père".

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Peuchet, Mémoires tirés des archives de la police de Paris, depuis Louis XIV jusqu'à nos jours, A. Levavasseur et cie, (lire en ligne), p. 207
  2. Chapitre VII, Volume I, p. 84.
  3. Chapitre IV, Volume I, p. 45.
  4. Chapitre XVII, Volume I, p. 225 à 230.
  5. Chapitre XX, Volume I, p. 282.
  6. En particulier Chapitre VII, Volume II, p. 88.
  7. Chapitre I, Volume I, p. 11.
  8. Chapitre XIV, Volume III.
  9. Chapitre XX, Volume VI, p. 273.
  10. Chapitre VI, Volume II, p. 72.
  11. Chapitre XIV, Volume V, p. 207-208.
  12. Chapitre IX, Volume VI, p. 127.
  13. Chapitre XVIII, Volume VI.
  14. Chapitre XIX, Volume VI, p. 256.
  15. Chapitre XIX, Volume VI, p. 257.
  16. Chapitre XX, Volume VI, p. 278.
  17. Chapitre I, Volume XIII, p. 157.
  18. « Cela veut dire, madame, que M. de Nargonne, votre premier mari, n’étant ni un philosophe ni un banquier, ou peut-être étant l’un et l’autre, et voyant qu’il n’y avait aucun parti à tirer d’un procureur du roi, est mort de chagrin ou de colère de vous avoir trouvée enceinte de six mois après une absence de neuf. […] Pourquoi, au lieu de tuer, s’est-il fait tuer lui-même ? » (Chapitre VIII, Volume IV, p. 103).
  19. Chapitre XIV, Volume II, p. 265.
  20. Chapitre XII, Volume II, p. 181 à p. 214.
  21. Chapitre XVII, Volume III.
  22. Chapitre VI, Volume I.
  23. Chapitre XVI, Volume IV.
  24. Chapitre XVIII, Volume IV, p. 251.
  25. Chapitre XVIII, Volume IV.
  26. Claude Schopp, « Le Véritable Monte Cristo », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 18 mai 2012.
  27. Traduction en danois : 1845-1848 ; en anglais : 1846. Les dates témoignent du succès immédiat du roman. Pour l'étendue de ce succès les chiffres manquent. La préface de l'édition de la Pléiade note qu'il y a eu, avant 1972, 28 adaptations cinématographiques, et que les rééditions sont innombrables.
  28. Pierre Milza, Napoléon III, Perrin, Paris, 2004.
  29. a et b Claude Aziza (2013), Dossier de présentation et historique, édition Omnibus, p. IV à VII et p. 1147-1251.
  30. Sylvain Ledda, Alexandre Dumas, Paris, Folio Biographie, 2014, (ISBN 9782072477102), Chapitre 11.
  31. Alexandre Dumas, Causeries, Paris, Jules Hetzel, 1857, chapitre IV : « État-civil du comte de Monte-Cristo », pp. 119-135extrait en ligne.
  32. Notice bibliographique, Christie's, 21 avril 2010.
  33. Notice bibliographue, sur editions-originales.com.
  34. Notice du Catalogue général, BNF.
  35. Notice bibliographique, sur pastiches-dumas.com.
  36. Source de la cinébibliographie : [Collectif], Travelling, revue de cinéma, no 41, février/mars 1974, imprimée en Suisse ; volume consacrée à « Alexandre Dumas au cinéma » — Notice Calindex en ligne.
  37. « http://www.lecomtedemontecristo.net »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  38. Sito ufficiale di Jocelyn Hattab:autore, conduttore e regista tv.
  39. Liste des suites et variations avec notices détaillées, sur pastichedumas.com
  40. Cf. l'essai de Vittorio Frigerio, Les Fils de Monte-Cristo : idéologie du héros de roman populaire, Limoges, Presses de l'Université de Limoges (PULIM), 2002, 356 p. (ISBN 2842872509), Présentation sur le site de l'éditeur.
  41. Cette suite de la suite-pastiche, est parue sans nom d'auteur — Notice bibliographique sur pastichedumas.com.
  42. Sandrine Granat-Robert, « Le Comte de Monte-Cristo réécrit par Calvino », Cahier d'études romanes, Centre aixois d'études romanes, no 20,‎ (lire en ligne)
  43. (en) « Critique d'Airman par le journal britannique : "The Guardian" », sur http://www.theguardian.com/uk
  44. Il existe plusieurs version de cette histoire devenue mythique, dont celle rapportée par Alberto Manguel, dans Une histoire de la lecture, Paris/Montréal, Actes Sud/Leméac, 1998, pp. 141-142.
  45. « http://www.marselladantes.com »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).

Annexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Aziza (édition critique de) [1998], Le Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas, Paris, Omnibus, 2013, (ISBN 9782258100558).
  • Vittorio Frigerio, « Le Comte de Monte-Cristo. Surhomme bourgeois ou Unique ? », In: Cent cinquante ans après, Marly-le-Roi (Paris), Éditions Champflour, 1995. p. 119-133.
  • Claude Schopp, Alexandre Dumas, collection Biographie, Paris, Fayard, 2002, (ISBN 9782213614083).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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