Rue Saint-Jacques (Paris)

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Rue Saint-Jacques
La rue Saint-Jacques et la Sorbonne.
La rue Saint-Jacques et la Sorbonne.
Situation
Arrondissement 5e
Quartier Sorbonne ; Val-de-Grâce
Début 79 rue Galande, rue Saint-Séverin
Fin 84 boulevard de Port-Royal
Morphologie
Longueur 1 550 m
Largeur 20 m
Historique
Dénomination 1806
Ancien(s) nom(s) Via Superior
Grant-Rue
Grant-Rue-Oultre-Petit-Pont
Grand'rue du Petit-Pont
Grand'rue Saint-Jacques-des-Prêcheurs
Grand'rue Saint-Étienne-des-Grès
Grand'rue Saint-Benoît-le-Beslournet
Grand'rue près du chevet de l'église Saint-Severin
Grand'rue outre Petit-Pont
Grand'rue vers Saint-Mathelin
Grand'rue Saint-Benoît
Grand'rue Saint-Jacques

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Saint-Jacques
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48° 50′ 48″ N 2° 20′ 36″ E / 48.846667, 2.343333

La rue Saint-Jacques est probablement la rue la plus ancienne de Paris, son tracé est inchangé depuis au moins le Ier siècle av. J.-C. Elle est située sur la rive gauche de la Seine, dans le 5e arrondissement. Elle commence au 79, rue Galande et se termine au 84, boulevard de Port-Royal. Des nos 1 bis et 2 bis à 161 et 184, elle traverse le quartier de la Sorbonne, et des nos 163 et 186 à 307 et 350, celui du Val-de-Grâce.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Ancienne piste gauloise, elle devient le principal axe nord-sud gallo-romain sous le nom de Via Superior. Large de neuf mètres et solidement pavée, c'est la route de Genabum (Orléans) depuis la rue des Feuillantines jusqu'au boulevard de Port-Royal[1]. Son tracé correspond à la partie Sud du Cardo de l'ancienne Lutèce, la ville romaine dont le centre se situait dans l'actuel quartier latin (Luxembourg, Panthéon). Elle se trouve dans le prolongement de la rue du Petit-Pont et se poursuit vers le sud par la rue du Faubourg-Saint-Jacques.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, c'était la principale artère qui reliait Paris à Étampes et Orléans. Elle était empruntée par les nombreux pèlerins qui se rendaient à Saint-Jacques-de-Compostelle, depuis l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, dont l'actuelle tour Saint-Jacques est le dernier vestige, par les rues Saint-Jacques, du Faubourg-Saint-Jacques et de la Tombe-Issoire.

La rue a changé de très nombreuses fois de dénomination. Au XIIe siècle, elle s'appelait : Grant-Rue-Oultre-Petit-Pont, Grand'rue du Petit-Pont ou plus simplement Grant-Rue ; au XIIIe siècle, elle prit selon les tronçons les noms suivants : Grand'rue Saint-Jacques-des-Prêcheurs, Grand'rue Saint-Étienne-des-Grès, Grand'rue Saint-Benoît-le-Beslournet, Grand'rue près du chevet de l'église Saint-Severin, Grand'rue outre Petit-Pont, Grand'rue vers Saint-Mathelin, Grand'rue Saint-Benoît, enfin Grand'rue Saint-Jacques, en raison de la chapelle Saint-Jacques, où s'établirent en 1218 dans un établissement qui devint le couvent des Jacobins et subsista jusqu'en 1790, les religieux dominicains, frères Prêcheurs, dits depuis Jacobins. Cette voie, jusqu'à la rue de la Bourbe, porte enfin le nom de rue Saint-Jacques depuis 1806.

Vers 1280-1300, elle est citée dans Le Dit des rues de Paris de Guillot de Paris sous la forme Grant-Rue.

La porte Saint-Jacques sur le plan de Truschet et Hoyau (1550).

La rue Saint-Jacques formait l'une des limites du fief du Clos de Garlande.

Une des portes de Paris de l'enceinte de Philippe Auguste, la porte Saint-Jacques, se trouvait légèrement après l'intersection avec la rue Soufflot. Appelée aussi porte Notre-Dame-des-Champs car on l'empruntait pour se rendre à ce monastère, elle vit passer le 13 avril 1436 les troupes de Charles VII entrant dans Paris libéré des Anglais. La porte fut abattue en 1684.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Le 4 septembre 1557, la rue Saint-Jacques est le théâtre d'un fait divers sanglant, prélude aux guerres de religion. (Voir Affaire de la rue Saint-Jacques.)

Du XVIe au XVIIIe siècles s'y concentrent les premiers imprimeurs en France puis les libraires-imprimeurs comme le Soleil d’Or et les Trois Cigognes.

La rue, étroite dans sa dernière partie, perdit beaucoup de son importance après le percement du boulevard Saint-Michel, par le préfet Haussmann sous Napoléon III. Ce nouveau boulevard, parallèle à la rue Saint-Jacques, beaucoup plus large n'est situé que deux cents mètres à l'ouest.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Sites non localisés[modifier | modifier le code]

  • Dans cette rue se trouvait l'enseigne de Saint-Chrisostome, l'atelier du libraire-éditeur François Babuty en 1717. Il fut l’exécuteur testamentaire en 1721 du graveur et marchand Jacques Chiquet, dont la boutique était à l'enseigne du Grand Saint-Henry ;
  • Au début de cette rue se trouvaient les libraires-éditeurs Antoine-Claude Briasson, Michel-Antoine David et Laurent Durand, aux enseignes respectives de La Science, La Plume d'or, Saint Landry et Au Griffon : ils furent associés à André Le Breton pour publier l′Encyclopédie de Diderot et D'Alembert ;
  • En 1487, l'imprimeur Georges Mittelhus habitait dans la maison des drapiers de Hacqueville ;
  • En 1653, La Salamandre d'argent était l'enseigne de Jean Piot, imprimeur[27] ;
  • En 1703, sur une gravure de Sébastien Le Prestre de Vauban: " A Paris chez H. Bonnart, rue Saint-Jacques à l'enseigne Au Coq [28] et N. Bonnart en 1707 à l'enseigne A l'Aigle, dessin de Robert Bonnart (1652-1733) Vauban en pied prenant une prise de tabac[29]
  • En 1709, l'imprimeur ordinaire du roi Frédéric Léonard était établi dans cette rue à l'enseigne de L'Écu de Venise[30] ;
  • En 1710 se trouvait dans cette rue le libraire Charles Robustel à l'enseigne Au Palmier[31] ;
  • En 1720, à l'enseigne de La Fleur de Lys d'Or, librairie tenue par Guillaume Cavelier fils qui y vend le Mercure de France ;
  • En 1735, le libraire Osmont y avait son enseigne à L'Olivier, le libraire Huart l'aîné à La Justice, et le libraire Clousier à L'Écu de France[32] ;
  • En 1739, Jean-Thomas Herissant était libraire à l'enseigne de Saint-Paul et Saint-Hilaire[33],[34]
  • En 1740, à L'Étoile, librairie-imprimerie de Gabriel et Claude Martin ;
  • En 1743, se trouvait dans cette rue, entre autres libraires-imprimeurs, la veuve Delaune, la veuve Ganeau, Cavelier (père), Coignard, Mariette, Giffart, Guérin l'aîné, ainsi que les associés Lemercier et Boudet[35];
  • En 1749, l'enseigne du Livre d'Or de P. G. Le Mercier[4] ;
  • En 1749, l'enseigne de Jean-Thomas Herissant est à Saint-Paul et Saint-Hilaire[4] ;
  • La veuve de Jean Camusat tenait l'imprimerie-librairie à La Toison d'Or et à La Croix d'Or, dans cette rue[3]. En 1749 la Croix d'Or était à Pierre-Alex Le Prieur[4];
  • Jean-Jacques Rousseau tenait un loyer tout en haut de la rue Saint-Jacques, comme il le dit dans le livre VII des Confessions ;
  • En 1921, le peintre brésilien Antonio Gomide s'installe dans une maison de cette rue[36].

Voies rencontrées[modifier | modifier le code]

La rue Saint-Jacques rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) en descendant cette rue depuis la Seine :

Accès[modifier | modifier le code]

La rue Saint-Jacques est desservie à proximité par la ligne de RER B, aux gares de Saint-Michel – Notre-Dame, du Luxembourg et de Port-Royal, par la ligne de métro (M)(10), à la station Cluny – La Sorbonne, et par les lignes de bus RATP 21 27 38 82 84 85 89 91.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Dans le film Les Yeux sans visage (1960) de Georges Franju, c'est dans cette rue, à la sortie de l'université de la Sorbonne, qu'Edna Grüberg (Juliette Mayniel) repère discrètement des jeunes filles destinées à servir de cobayes scientifiques au docteur Génessier (Pierre Brasseur).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hillairet et Payen-Appenzeller 1985, p. 438-449
  2. Henri Sauval, Histoires et recherches des antiquités de la ville de Paris, t. II, Paris chez Jacques Chardon, Imprimeur-Libraire, rue du Petit-Pont, au bas de la rue Saint-Jacques à la Croix d'Or.
  3. a et b Liste des imprimeurs et libraires de Mazarinades[réf. insuffisante].
  4. a, b, c et d Louis Moréri, Nouveau supplément au grand dictionnaire historique…, t.2., H-Z, Paris, 1749.
  5. Les Vies des Saints…, Paris, chez Estienne-François Savoye, 1739.
  6. Lettres édifiantes, et curieuses écrites des missions étrangères, par quelques missionnaires de la Compagnie de Jésus Recueil XVII, à Paris chez Nicolas Le Clerc, libraire juré de l'université, rue de la Bouclerie, près le pont Saint-Michel, à l'enseigne de Saint-Lambert. Cy-devant rue Saint-Jacques, et Rue Saint-Jacques, chez P.G. Le Mercier fils, proche la fontaine Saint-Séverin, à l'enseigne de Saint-Hilaire, 1726 et le Recueil XXIII au Livre d'Or en 1738
  7. Le couvent des Mathurins fut la maison parisienne de l'ordre des Trinitaires du début du XIIIe siècle jusqu'à la dissolution de l'ordre en 1790. Il occupait le terrain délimité actuellement par la rue Saint-Jacques, le boulevard Saint-Germain, l'hôtel de Cluny et la rue Du Sommerard (anciennement appelée rue des Mathurins-Saint-Jacques) (Paul et Marie-Louise Biver, op. cit., p. 231).
  8. Arrest du grand conseil concernant l'usurpation des Biens Ecclésiastiques du treize janvier 1698
  9. Catherine Brut, « La rue Saint-Jacques de l'Antiquité au Moyen Âge », in Les Dossiers d'archéologie, no 371. septembre-octobre 2015, p. 43.
  10. Source dossier de l'IGPDE
  11. Acte de décès de Philibert Aspairt.
  12. Guyot de Fère, Statistique des beaux-arts en France, annuaire des artistes français , Paris, 1835, p. 9.
  13. Site Terre des écrivains.
  14. Barbé 1987, p. 614.
  15. « Notice no PA75050006 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  16. « Notice no PA00088401 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  17. « Notice no PA00088411 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  18. Louis Bulteau, Abrégé de l'Histoire de l'Ordre de Saint Benoist, où il est parlé des principaux Saints, des Hommes Illustres, de la Fondation, et des principaux évenements des Monasteres. Le tout tiré des Actes des Saints, des Chroniques, et des Chartes des Monasteres, et d'autres anciens Monumens; et accompagné d'une Table Chronologique. Par ***** de la Congrégation de Saint Maur, à Paris chez Jean-Baptiste Coignard, à la Bible d'or, rue Saint Jacques, 1684.
  19. Guy Coquille, Les œuvres de maistre Guy Coquille, sieur de Romenay. T. 1, contenans plusieurs traitez touchant les libertez de l'église gallicane, l'histoire de France et le droict français, entre lesquels plusieurs n'ont point encore esté imprimez, et les autres ont été exactement corrigés, t.1, nouvelle édition, 1703.
  20. Frédéric Barbier, Sabine Juratic, Annick Mellerio, Dictionnaires des Imprimeurs, libraires et gens du Livres (1701-1789) A-C, Droz, 2007, p. 279.
  21. Nicole Alix et Rosine Leprévots, « Les peintures murales gallo-romaines découvertes 242 rue Saint-Jacques (5e arr.) en 1974 », dans Cahiers de la Rotonde, no 1, 1978, p. 77-84, 4 fig.
  22. Plaque apposée à l'extérieur, sur le mur de l'établissement.
  23. Plaque apposée à l'intérieur du bâtiment dans la cour d'honneur, en français et en anglais.
  24. Hillairet et Payen-Appenzeller 1985, p. 476-477.
  25. a et b Barbé 1987, p. 612.
  26. Statistique des beaux-arts en France, annuaire des artistes français, Paris, 1835, p. 7.
  27. Dom Georges Viole, La Vie de Saincte Reine vierge et martyre, seconde édition, à Paris chez Jean Piot, rue saint-Jacques à la Salemandre d'argent, 1653.
  28. Tondouze, 1703 ou 1704 gravure de Vauban en Maréchal
  29. BnF département des estampes
  30. Martyrologe universel…, 0 Paris chez F. Leonard, rue Saint Jacques à l'Écu de Venise, 1709.
  31. Lenain de Tillemeont, Mémoires pour servir l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles…, Paris, chez Charles Robustel, rue Saint Jacques au Palmier, 1711.
  32. Histoire littéraire de la France…, 1735, en vente à Paris chez ces libraires.
  33. Les Vies des saints…, Paris 1739, chez J.T. Herissant, rue Saint Jacques.
  34. Traité histoirique et pratique sur le chant ecclésiastique…, Paris, 1741.
  35. Ils vendaient tous le Dictionnaire universel Français-Latin, leur nom figurant sur la première page de l'ouvrage.
  36. Marie-Ange Nami, « Marcel-Lenoir et la fresque », in In Situ (texte en ligne[réf. insuffisante]).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Hillairet et Pascal Payen-Appenzeller, Dictionnaire historique des rues de Paris, vol. 2, t. I, Paris, Éditions de Minuit,‎ , 8e éd., 544 p. (ISBN 2707310549)
  • Adélaïde Barbé (dir.), Guide Bleu de Paris, Paris, Hachette livre,‎ (ISBN 2-01-011485-X)
  • Louis Capitan, Camille Jullian, « Les vestiges de la voie antique récemment découverte rue Saint-Jacques et rue des Écoles », in Commission Municipale du Vieux Paris - Année 1921 - Procès-Verbaux, [procès-verbal de la séance de la Commission du Vieux Paris, le 21 janvier 1921], p. 15 à 26.
  • Louis Capitan, « La dernière réfection en dalle de grès de la voie romaine de Lutèce à Genabrum dans sa traversée de Paris », in Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, t.2, 1921, p. 85-90.
  • M. Viré, « Paris gallo-romain : un nouveau fragment de la grande voie d'Orléans sous la rue Saint-Jacques », in Paris aux cent villages, no 4, 1975, p. 1 à 16.