Château de Montsoreau

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Château de Montsoreau
Image illustrative de l'article Château de Montsoreau
Château de Montsoreau
Période ou style Renaissance
Type Château de la Loire
Début construction XVe siècle
Fin construction XVIe siècle
Propriétaire initial Jean II de Chambes
Propriétaire actuel Département de Maine-et-Loire
Protection classé monument historique 1862
Coordonnées 47° 12′ 56″ nord, 0° 03′ 36″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Maine-et-Loire
Commune Montsoreau

Géolocalisation sur la carte : Maine-et-Loire

(Voir situation sur carte : Maine-et-Loire)
Château de Montsoreau

Le château de Montsoreau est le seul château de la Loire à avoir été construit dans le lit de la Loire ; c'est un château français de style Renaissance, de transition entre la forteresse et la demeure de plaisance. Il s'élève directement le long de la Loire sur la commune de Montsoreau dans le département de Maine-et-Loire à 15 kilomètres de Saumur, 4 kilomètres de Fontevraud-L'abbaye, 20 kilomètres de Chinon et 2 kilomètres de Candes-Saint-Martin.

Le Château de Montsoreau se situe à un emplacement stratégique, immédiatement à la confluence de la Loire et de la Vienne, à l'intersection de trois régions l'Anjou, le Poitou et la Touraine, et au cœur de la vallée de la Loire. Une présence Gallo-Romaine est attestée à proximité comme en témoigne la découverte d'un fût de colonne cannelée provenant d'un temple ou d'un édifice public antique. L'occupation pérenne du lieu n'apparait dans les sources écrites qu'au VIe siècle avec la mention du domaine de Restis mais ce n'est réellement qu'avec le château créé à la fin du Xe siècle qu'une agglomération va naitre et voir sa population prospérer. Une partie de ce château a été mise à jour à la fin du XXe siècle. Reconstruit dans le style Renaissance en 1450 par Jean II de Chambes, un des hommes les plus riches du royaume, conseiller et chambellan de Charles VII et de Louis XI.

Le château de Montsoreau a été immortalisé par Alexandre Dumas dans son roman La Dame de Monsoreau écrit entre 1845 et 1846.

Il a été classé Monument Historique en 1862 et inscrit au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco le 30 novembre 2000.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La première mention écrite attestant une occupation du site par le domaine de Restis date du VIe siècle. Il est transformé en place forte vers 990 par le comte de Blois Eudes Ier, puis passe sous domination angevine un peu avant 1001[1]. Le comte Foulques Nerra en confie la garde au chevalier Gautier Ier de Montsoreau qui appartient à l'une des plus prestigieuses familles de l'Anjou.[2] Ainsi, le castrum Monsorelli fait partie de la quarantaine de places fortes angevines et figure parmi les quelques sites ayant déjà le statut de seigneurie châtelaine aux premières heures de l'an 1000. Une agglomération se développera rapidement aux abords du château, dans la narratio de commendatione Turonice provincie édité par Salmon en 1854, on trouve la mention de Monte Sorelli comme un des oppidis munitissimi et popuylosis, pour la seconde moitié du XIe siècle (après 1050)[3]. Un tonlieu est attesté dans les sources écrites à partir du XIIe siècle[4].

Lors de l'installation de la communauté fontevriste en 1101, l'abbaye de Fontevraud dépendait de Gautier de Montsoreau, vassal direct du comte d'Anjou[5]. La belle mère de Gautier, Hersende de Champagne, en sera la première grande-prieure du vivant de Robert d'Arbrissel. Guillaume IV de Montsoreau prend le parti de Geoffroy Plantagenêt contre son frère Henri II Plantagenêt, futur roi d'Angleterre et mari d'Aliénor d'Aquitaine. Ce dernier assiège le castrum et l'enlève à la fin du mois d'août 1156 malgré le soin pris à sa fortification[6]. Il fait prisonnier Guillaume et ses défenseurs, Guillaume retrouvera toutefois son fief un peu plus tard ; une ordonnance du roi d'Angleterre Henri II (vers 1168) concernant les aménagements de la Loire est signée de Guillaume de Montsoreau et de son fils Guillaume. En 1171, ce dernier octroie aux moines de Turpenay le droit de construire dans l'enceinte du castrum des maisons libres de toute redevance. Avec Gautier, son fils ainé, n'ayant pas d'enfant mâle, la seigneurie passe à la famille Savary de Montbazon, à la suite du mariage de sa fille Ferrie avec Pierre II Savary, seigneur de Montbazon en 1213. Après sa victoire à Bouvines, Philippe-Auguste le choisira en 1214, avec Guy Turpin, archidiacre de Tours, pour traiter la paix avec le roi d'Angleterre Jean sans Terre. La seconde maison de Montsoreau s'éteint en 1362, lors du mariage de la fille unique de Renaud VII avec Guillaume II de Craon. La famille de Craon conserve la seigneurie jusqu'en 1398. La quatrième maison, celle des Chabot, ne durera que quelques décennies.

En 1450, afin de régler diverses dettes, Louis II Chabot vend ses domaines de Montsoreau et de la Coutancière à son beau frère Jean II de Chambes[7], qui entreprend de faire construire l'essentiel du château actuel de Montsoreau. Descendant d'une vieille famille noble originaire de l'Angoumois, Jean II de Chambes entre au service de Charles VII en 1426 comme écuyer, deux ans avant la célèbre entrevue que le roi aura au château de Chinon avec Jeanne d'Arc. Panetier en 1438, conseiller puis chambellan, il devient en 1444 "premier maître d'ostel" du roi, époque à laquelle il s'associe avec Jacques Cœur[8]. Jean II de Chambes après la disgrâce de ce dernier en 1453 reçoit une somme considérable d'argent que le financier lui devait. Charles VII lui confie plusieurs missions diplomatiques sensibles et l'envoie notamment comme ambassadeur à Venise en 1459 pour préparer une nouvelle croisade, à Rome et en Turquie[9]. Ses seigneuries de Montsoreau et d'Argenton, mais aussi ses différentes charges -il sera gouverneur de La Rochelle et capitaine châtelain et viguier de Niort, Talmont-sur-Gironde et Aigues-Mortes lui assurent de substantiels revenus.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

De 1450 à 1460, Jean II de Chambes joue de plus en plus un rôle d'ambassadeur, il est appelé très fréquemment à séjourner hors d'Anjou, alors que son château est en cours de construction[10] ; ces dix années représentent une ascension remarquable de son influence politique et financière grâce à sa proximité de Charles VII. Moins proche de Louis XI que de Charles VII, Jean II de Chambes se retire progressivement de la politique à partir de 1461.

Jean III succède à son père décédé en 1473 et épouse Marie de Chateaubriant qui fonde en 1519 la collégiale Sainte-Croix de l'autre côté du fossé ceinturant le château.

En 1505, Anne de Bretagne et sa fille Claude de France séjournent pendant un mois au chateau de Montsoreau avant de redescendre la Loire vers la Bretagne. Claude de France est alors fiancée à Charles de Luxembourg pour faciliter la conduite de la troisième guerre d'Italie en renforçant l'alliance espagnole. Louis XIII fait annuler ses fiançailles en 1505 et ordonne son mariage avec François de Valois-Angoulême, futur François Ier.

En 1530, Philippe de Chambes, qui réside à Montsoreau, épouse Anne de Laval-Montmorency. Son fils ainé, Jean IV de Chambes hérite de Montsoreau, du domaine de la Coutancière, et voit ses terres érigées en baronnie en 1560. Montsoreau est pillée par les protestants en 1568 ; la collégiale Sainte-Croix est rasée et les fortifications de la ville détruites. Quatre années plus tard, Jean IV de Chambes s'acquitte avec zèle de l'organisation de la "Saint Barthélemy Angevine" à Saumur, puis à Angers ; sa baronnie est érigée en comté par lettres patentes de 1573 et 1575. Après sa mort en 1575, son frère Charles de Chambes devient comte de Montsoreau et épouse l'année suivante Françoise de Maridor, dont le nom reste attaché à l'assassinat de Louis de Bussy d'Amboise[11].

Une garnison de cinquante puis de vingt hommes de guerre réside au château dans le courant de la dernière décennie du XVIe siècle[12]. Elle n'existe cependant plus sous le règne de Louis XIII ; René de Chambes sollicite en effet une garnison de troupes royales mais se heurte au refus de Richelieu. Faux-monnayeur et faux-saunier, il est condamné à mort et doit s'enfuir en Angleterre d'où il ne reviendra pas. Après le décès de son successeur Bernard de Chambes, le château de Montsoreau ne sera que rarement occupé par ses divers propriétaires; L'ainée des filles de Bernard de Chambes se marie avec Louis-François Ier du Bouchet qui meurt en 1716, laissant 400 000 livres de dettes. Son fils ainé Louis Ier du Bouchet, épouse Jeanne de Pocholle du Hamel qui lui apporte 200 000 livres de dot.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La veuve de Louis-François II du Bouchet de Sourches, marquis de Tourzel, vend le château et ce qui subsistait du domaine de Montsoreau à partir de 1804.

Le château de Montsoreau au XVIIe siècle.

À la suite de la mise en vente de la propriété, le bâtiment est occupé par 19 propriétaires qui remodèlent le site. L'état extérieur du corps de logis nous est partiellement connu grâce à différentes représentations et descriptions réalisées dans la seconde partie du XIXe siècle, qui rendent compte de l'état de délabrement du bâti[13]. En 1910, le château est dans un état pitoyable dont s'émeuvent les membres de la Société Française d'Archéologie[14]. Grâce à la pugnacité du sénateur de Geoffre qui va sensibiliser le Conseil Général, la situation finit par évoluer favorablement. Le département de Maine-et-Loire acquiert progressivement les différentes propriétés à partir de 1913, et les travaux de restauration, engagés en 1923, se poursuivent sans interruption jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Après un nouveau programme de restaurations entre 1997 et 2001, le château ouvre à la visite le 6 juillet 2001 avec un parcours son et lumière intitulé " Les Imaginaires de Loire" qui attire environ 35 000 visiteurs par an.

En avril 2016, le Conseil départemental de Maine et Loire confie les clés du château à Philippe Méaille qui y installe sa collection d'art contemporain centrée sur l'art conceptuel de Art & Language et organise de nombreux événements : expositions, conférences...

La façade intérieure du château avec sa tour Renaissance.

Géographie : le site et son environnement naturel[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Le Château de Montsoreau se situe à un emplacement stratégique, immédiatement à la confluence de la Loire et de la Vienne, à l'intersection de trois régions l'Anjou, le Poitou et la Touraine, et au cœur de la vallée de la Loire. Il est situé dans le Parc Naturel régional Loire Anjou Touraine.

Le château a été construit immédiatement en bordure de la Loire, au pied du coteau, avec un soubassement naturel en tuffeau constitué d'un rocher encore visible par endroits. Ce type de fondations naturelles se retrouvent assez couramment dans l'édification d'ouvrages importants. Sa position topographique est assez défavorable sur le plan défensif. Il est situé entre deux petites vallées qui isolent une portion du plateau d'une trentaine d'hectares dont les abords sont assez escarpés à l'Est et à l'Ouest.

Archéologie[modifier | modifier le code]

L'existence d'un lieu-dit "La Motte" en léger retrait du coteau, pourrait conserver le souvenir d'une fortification protégeant le château bas[15]. Néanmoins cette hypothèse n'est étayée par aucune trace sur le terrain, même s'il convient de noter que les champs alentours montrent un éparpillement de fragments de tuiles (dont des tegulae) sur une grande étendue. Plus largement la présence de mobilier gallo-romain sur place, témoigne de l'existence d'un site antique sans doute important mais encore très mal connu. La fouille du talus au sud du château a notamment livré un fût de colonne cannelée provenant vraisemblablement d'un temple ou d'un édifice public antique. Le site qui se développe entre la Loire au nord, et le village au sud, se compose de deux ensembles distincts. La basse-cour, à laquelle on accède par un passage couvert longeant la chapelle castrale, qui abrite encore deux corps d'habitation. À l'est, la partie seigneuriale est protégée sur trois cotés par un large et profond fossé. Un pont défendu par un châtelet avec pont-levis à flèches constituait l'unique moyen de franchir ce fossé pour pénétrer dans la cour haute du château.

La façade nord du corps de logis était à l'origine directement baignée par la Loire avant la construction de la route longeant le fleuve vers 1820. Le plan barlong du logis flanqué de deux tours carrées, est prolongé par trois ailes, deux en retour vers le sud et une dans le prolongement ouest du bâtiment. Deux tourelles d'escalier prennent place dans les angles que forme le corps de logis avec les ailes en retour. Une portion de courtine conservée côté est, relie l'aile orientale aux restes d'une tour dérasée, improprement appelée "le donjon", qui se trouvait encore en élévation à la fin du XVIIe siècle[16]. Un puissant rempart de terre fouillé durant l'été 2000, et dans lequel ont été mises en évidence des parties du château du XIe siècle, ferme la cour au sud[17].

Vue du château et de son chemin de ronde entrecoupé à partir du village
Le village de Montsoreau, accroché au côteau
La façade Est. La porte de l'Anjou
Vue du soleil couchant depuis la terrasse

Architecture[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

L'escalier -contemporain du XVe siècle- par lequel on pénètre dans le château aboutit dans une cour quadrangulaire. Au nord, côté Loire, s'élève le corps de logis, situé entre deux hauts pavillons flanqués, à l'est comme à l'ouest, de deux petites ailes placées en équerre. À l'est subsiste une tour rectangulaire ruinée, improprement appelée donjon, qui fut arasée au siècle dernier à quelques mètres du niveau du sol. À l'opposé, le pavillon d'entrée fut également détruit en vue de récupérer des matériaux de construction. Seul subsiste au sud un large rempart de terre, percé de caves, qui doublait le mur d'enceinte. Au-delà du fossé, s'élève la petite chapelle castrale gothique, Saint-Michel du Boile, qui est aujourd'hui transformée en habitation.

Le fossé défensif, large d'une vingtaine de mètres et fort profond à l'origine, entoure le château sur trois de ses côtés. Lors des crues il était périodiquement envahi par les eaux du fleuve.

L'ensemble de l'édifice est construit en tuffeau blanc. Ce calcaire tendre, poreux, si fréquent en Anjou et en Touraine, est ici de très bonne qualité. Il a été extrait des profondes carrières souterraines creusées à même la falaise, à proximité immédiate du chantier de construction, et taillé en pierres de dimensions assez modestes, peu différentes de celles en usage avant la guerre de cent ans ; les signes lapidaires -chiffres romains gravés sur la plupart des murs intérieurs- ne correspondent pas à l'identité des tâcherons, mais indiquent la hauteur précise des pierres, ce qui témoigne d'une organisation de chantier très élaborée. Les toits sont en ardoises d'Angers, comme il était d'usage dans toute la vallée.

Entre château fortifié et château d'agrément[modifier | modifier le code]

La façade sur la Loire présente, avec ses deux pavillons rectangulaires et massifs en légère saillie, un aspect sévère, nettement atténué cependant par les larges fenêtres à meneaux et traverses. Mais ce qui la différencie surtout de la façade sur cour -pourtant sobre- c'est l'importance de la partie basse du mur, simplement percé de petites ouvertures. Aucune matérialisation de travées ne vient souligner les lignes verticales ; en revanche, le chemin de ronde fait ressortir un net tracé horizontal. Le dispositif de défense du château est limité au fossé profond, à quelques meurtrières et au chemin de ronde couronné par des mâchicoulis. Ceux-ci sont portés par des consoles moulurées ; le parapet est orné d'arcs tréflés en accolade, de formes variées, qui révèlent de la part des bâtisseurs un intéressant soucis d'esthétique. L'intérieur de l'édifice dispose -et cela dès l'époque de la construction- de divers éléments qui traduisent un désir de confort, telles les grandes fenêtres assurant un bon éclairage des pièces et disposant de bancs dans leur embrasure, ou bien la présence de 25 cheminées. En revanche, les vestiges de décor peint qui apparaissent sur quelques cheminées sont postérieurs à la construction -ils doivent dater du XVIe siècle- et les sculptures sont peu nombreuses.

En ce qui concerne les commodités, les latrines étaient disposées dans des réduits, à l'angle des pavillons, et réparties du rez-de-chaussée au deuxième étage. L'évacuation se faisait directement dans la Loire, par de simples conduits verticaux. L'aile en retour à l'est a été construite plus tardivement et présente un système plus élaboré.

Éléments de confort[modifier | modifier le code]

L'escalier à vis médiéval est bien ajouré et dessert les différents étages du château, des caves aux combles. Il permet d'accéder à la grande salle et aux divers niveaux du pavillon ouest ; une partie du bâtiment ne se trouve accessible qu'en traversant les pièces une à une.

Le corps de logis repose sur d'imposante caves, sous terre vers la cour et percées de petites baies côté Loire. Quatre salles voutées en plein cintre, de dimension variées, s'y succèdent. L'ouverture d'origine, protégée par un système défensif, s'ouvre à l'ouest, vers le fleuve ; située à quelques mètres du niveau de la Loire, elle permettait aux bateliers de décharger leur cargaison. L'accès actuel ne date que du siècle dernier, lorsqu'un occupant, négociant en vin, voulut entreposer plus aisément ses barriques.

Au rez-de-chaussée, comme au premier étage, le corps de logis central est partagé en deux salles de taille inégale. La plus grande est chauffée par deux cheminées, l'une au nord, en façade sur la Loire, l'autre à l'est, alors que la plus petite n'en comporte qu'une. Les deux pavillons comprennent chacun une seule salle, elle aussi chauffée.

Les couloirs étant inexistants, les pièces communiquent entre elles à chaque étage, du pavillon occidental au pavillon oriental. La porte d'entrée de chaque salle peut être condamné par une ou deux barres de bois. Un étroit escalier à vis occupe l'angle nord-est et dessert les différents étages du pavillon est. Au premier, la petite pièce de ce pavillon est voutée d'ogives, ce qui laisse supposer qu'elle a servi d'oratoire.

Au deuxième étage, le plan est réduit aux salles du corps de logis et à celles des deux pavillons et de l'aile en retour sud-est.

Toutefois des éléments défensifs demeurent, l'organisation des lucarnes gothiques à deux niveaux, présentes sur les façades nord et sud, méritent une mention particulière. Si les lucarnes supérieures éclairent les combles, les lucarnes inférieures, à l'aplomb de ces dernières, viennent s'insérer à l'emplacement du chemin de ronde afin d'éclairer les salles du logis. Le chemin de ronde, entrecoupé de lucarnes, se trouve ainsi divisé en tronçons. Chaque tronçon, d'une longueur de 2,1 à 7 mètres, n'est accessible que par une seule pièce. Seules communiquent par le chemin de ronde, au nord, les deux pièces du corps de logis. C'est peut-être pour cela que, dans la salle des gardes, la cheminée nord est reportée à l'ouest. À l'étage des combles, la grande salle a conservé une partie de la charpente d'origine ; elle est en chêne -et non en châtaignier comme il fut répété à l'envi-, dite à chevrons portant ferme. La petite pièce, quant à elle, a été dotée d'une structure en béton.

Le pavillon oriental possède encore une partie des troisième et quatrième étages, ainsi qu'une disposition originale du chemin de ronde ; de là, il était possible de surveiller les principales voies de passage aux portes de l'Anjou. Les deux terrasses aujourd'hui aménagées en partie supérieure des pavillons permettent d'embrasser un paysage étendu et de mieux comprendre le rôle de surveillance du château : à l'est, la confluence entre la Loire et la Vienne ; au nord la large vallée du fleuve ; au sud, la petite cité fortifiée.

La Renaissance[modifier | modifier le code]

Insérée dans l'angle droit de la façade sur cour, la tourelle de forme octogonale est un ajout de la Renaissance. Son escalier à vis dessert les premier et deuxième étages du château. Il est couronné d'une balustrade constituée de deux rangs de couronnes en tuffeau, obturés par des plaques circulaires d'ardoise, et s'achève par une belle voûte en palmier, dont les huit nervures retombent sur une colonne centrale prolongeant le noyau de l'escalier. Elle fait partie des 4 seuls exemples de voûtes de ce type connus en Anjou, avec le château du Roi René à Baugé, le logis Barrault à Angers et l'Hôtel de ville de Saumur. À l'extérieur, la porte, en anse de panier, est surmontée de quatre fenêtres superposées dont les piédroits, encadrés de pilastres décorés, accusent l'élan vertical[18]. D'inspiration italienne, le décor comporte des médaillons et des motifs parfois complexes. Le bandeau surmontant la fenêtre basse présente un visage en médaillon, encadré de putti. Au-dessus de la deuxième fenêtre un casque est entouré de rinceaux ; une banderole porte l'inscription "Chambes crie", allusion au constructeur du château. L'entablement de la troisième fenêtre présente une scène particulièrement curieuse : sous une large bande déployée sur la partie supérieure, deux singes se font face de part et d'autre d'une représentation énigmatique : l'un des animaux soulève, à l'aide d'une chaine, une pierre sur laquelle est installée un petit singe. Sur la bande on peut y lire la devise des Chambes "Je le feray". Enfin, la fenêtre haute porte au-dessus de sa corniche un cerf au repos.

On a insisté sur la présence de coquilles sur la cordelière et les pilastres, soulignant que les armoiries de la maison de Laval-Loué, dont était issue Anne de Laval, épouse de Philippe de Chambes, comportaient cinq coquilles d'argent. L'escalier aurait ainsi pu être construit à l'occasion de leur mariage, célébré en 1530, mais les similitudes observées avec le décor du pavillon d'entrée du château de Gaillon plaiderait plutôt en faveur d'une date un peu plus ancienne.

Quoi qu'il en soit, l'édification de la tourelle conduisit à percer de nouvelles portes et entraina surtout une redistribution des pièces plus conforme aux nouvelles tendances de l'habitat seigneurial. Malgré l'absence de couloir de distribution, chaque pièce, à l'exception de la plus occidentale, pourra désormais être isolée et communiquer directement avec un escalier.

Dans son ensemble, Montsoreau reste un bel et rare exemple de château entrepris sous le règne de Charles VII. Il a ainsi bénéficié d'importants travaux de restauration, qui permettent aux visiteurs d'aujourd'hui de contempler toute la splendeur de ce monument de facture royale. Ces restaurations, ont été menées pour l'essentiel entre 1923 et la Seconde Guerre Mondiale pour la première, et entre 1997 et 2002 pour la deuxième. Elles restent souvent très discrètes, à l'exception des fenêtres, des baies et de la partie sommitale du pavillon occidental. Les poutrelles en béton remplaçant la plus grande partie des pièces de bois des plafonds sont parfaitement imitées, et il faut un regard attentif pour distinguer les originaux des copies. Cependant, l'on peut observer dans la pièce occidentale du deuxième étage, les différents stades de l'élaboration de ces éléments en béton. La partie supérieure de la tourelle d'escalier médiévale a également été reconstruite, de façon à permettre l'accès à la partie supérieure du pavillon occidental.

L'ancienne enceinte du château a été inscrite monument historique par arrêté du 6 octobre 1938 alors que le château Renaissance avait déjà été classé par liste en 1862. Les restes de la chapelle ont été inscrits le 3 décembre 1930.

Le palais de la Sénéchaussée situé dans l'ancienne enceinte du château a été inscrit le 6 octobre 1938[19].

Le château de Montsoreau et les arts[modifier | modifier le code]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Le château de Montsoreau a été immortalisé par Alexandre Dumas dans son roman La Dame de Monsoreau écrit entre 1845 et 1846. Ce roman prend pour décor le château de Montsoreau et s'insère dans la trilogie de Dumas sur la Renaissance entre La Reine Margot et Les Quarante-cinq.

La dame de Monsoreau est un roman historique mêlant deux intrigues :

  • une histoire d’amour entre Louis de Clermont, seigneur de Bussy d'Amboise et Diane de Méridor, épouse du comte de Monsoreau.
  • une intrigue politique qui met en scène les troubles politiques et religieux sous le règne d'Henri III, notamment la rivalité qui l'oppose à son frère François de France, duc d'Alençon puis duc d'Anjou, personnage intrigant et sans honneur.

Dans le cinéma et l'audiovisuel[modifier | modifier le code]

Dans les arts plastiques[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, la structure massive du château de Montsoreau en bords de Loire, inspire les artistes romantiques et pré-impressionnistes effectuant leur voyage de la Loire.

Auguste Rodin, Façade du Chateau de Montsoreau

En 1832, Joseph Mallord William Turner réalise une acquarelle représentant le Chateau de Montsoreau avec pour décor la confluence de la Vienne et de la Loire et la collegiale de Candes Saint-Martin.

Vers 1897, Auguste Rodin, fasciné par l'architecture du château, dessine une vue de la façade nord de l'édifice.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Reader's Digest, Les châteaux de la Loire. Merveilles de l'art et de l'histoire, 1997.
  • O. Desme de Chavigny, Les anciens seigneurs de Montsoreau, Tours, 1888.
  • Savette, Le château de Montsoreau, Bull. Soc. Lettres, Sciences et Arts Saumurois, No66, 1933.
  • Savette, Le château de Montsoreau, Bull. Soc. Lettres, Sciences et Arts Saumurois, No67, 1933.
  • M. Seignan, La garnison du château de Montsoreau, Bull. Soc. Lettres, Sciences et Arts Saumurois, No31, 1922.
  • Raimbault, Notice historique sur le château et la commune de Montsoreau, Répertoire archéologique de l'Anjou, 1965.
  • O. Guillot, Le comte d'Anjou et son entourage au XIe siècle, Paris, 1972.
  • J. Levron, La véritable histoire de la dame de Montsoreau, Paris, 1938.
  • A. Rhein, Montsoreau, Congrès archéologique de France, LXXVIIe session, 1910, Angers-Saumur.
  • D. Prigent, La pierre de construction et sa mise en œuvre, Paris, 2000.
  • R. Hardion, Une visite au château de Montsoreau, Tours, 1928.
  • V. Manase et D. Prigent, Le château de Montsoreau, Coll. Itinéraire du patrimoine, 1999.
  • M. Mollat, Les affaires de Jacques Cœur. Journal du procureur Dauvet, Paris, 1952-53.
  • M. Saché, L'escalier d'honneur du château de Montsoreau, Province d'Anjou, 1926.
  • J.-P. Babelon, Châteaux de France au siècle de la Renaissance, Paris, 1989.
  • M. Orhon, La première Renaissance dans la partie est de l'Anjou, mém. DEA, Paris IV, 1998.
  • E. Berger, Montsoreau, dans de Wismes, Le Maine et l'Anjou, t. 2, 1860.
  • Robida, La Touraine, 1892, réed. 1992.
  • V. Manase, Montsoreau romantique, 303, No58, 1998.
  • A. Salamagne, Archères mâchicoulis et tours dans l'architecture militaire du Moyen Âge (XIIIe-XVe siècles) : éléments fonctionnels ou symboliques ?, Université du Maine, 2001.
  • E. Litoux, D. Prigent et J.-Y. Hunot, Le château de Montsoreau, Soc. F. Arch. Musée des Monuments Français, Paris, 2003.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. O. Guillot, Le comte d'Anjou et son entourage au XIe siècle, Paris, , t.1, p.310
  2. O. Guillot, Le comte d'Anjou et son entourage au XIe siècle, Paris, , t.2, p.32
  3. J. Boussard, Le comté d'Anjou sous Henri Plantagenêt et ses fils, Paris, , p.11
  4. V. Manase, Montsoreau : un château, un port, Loches, Bull. Soc. des amis du pays Lochois, p.87-99
  5. Raimbault, Notice historique sur le château et la commune de Montsoreau, Angers, Arch. Départementales du Maine-et-Loire, , p.304-314
  6. O. Desme de Chavigny, Les anciens seigneurs de Montsoreau, Tours, , p.18
  7. Jean II de Chambes épouse Jeanne Chabot, première dame d'honneur de la reine, le 17 mars 1445
  8. M. Mollat, Les affaires de Jacques Coeur, journal du procureur Dauvet, Paris, , p.483, 618
  9. Prévost du Romant d'Amat, Dictionnaire de biographie française, Paris, , t.8, p.243
  10. Il est aussi en ambassade enTurquie et à Rome en 1454, à Venise en 1459, préside les Etats du Languedoc assemblés à Carcassone en 1457.
  11. J. Levron, La véritable histoire de la dame de Montsoreau, Paris, Chapelon,
  12. M. Seignan, La garnison du château de Montsoreau, Saumur, Bull. Soc. Lettres, Sci. et Arts du Saumurois, , p.15-19
  13. Principales représentations antérieures aux restaurations : A.D. Maine-et-Loire, Coll. Icon. Célestin Port, Carton 27
  14. A. Rhein, Montsoreau, Angers-Saumur, Congrès archéologique de France, LXXVIIe session, , p.35-39
  15. Correspond aux parcelles 710 et 717 à 721 de la section B2 du cadastre de 1813 A.D. Maine-et-Loire
  16. Gravure aquarellée de la collection Gaignières, 1699, B.n.F., Cabinet des estampes.
  17. Talus de 55m de long. La plateforme sommitale, à 5m au dessus du niveau de la cour, mesure jusqu'à 8m de large.
  18. Les échafaudages mis en place à l'occasion des travaux de restauration ont permis une couverture photographique détaillée et l'analyse précise des différentes sculptures dont l'état de conservation rend difficile et aléatoire l'analyse depuis la cour.
  19. Base Mérimée