Pierre Batcheff

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Pierre Batcheff
Description de l'image Pierre Batcheff by Henri Manuel.jpg.
Nom de naissance Benjamin Bacev
Naissance
Harbin, Mandchourie, Empire de Chine
Nationalité Drapeau de la Russie Russe, Drapeau de la France Français
Décès (à 24 ans)
7e arrondissement de Paris, France
Profession Acteur
Films notables Feu Mathias Pascal
Un chien andalou

Benjamin Batcheff dit Pierre Batcheff, né à Harbin (Mandchourie) le [1] et mort le dans le 7e arrondissement de Paris[2], est un acteur[3] français d'origine russe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Acte de mariage n° 394 (vue 4/31).

Benjamin Batcheff dit Pierre Batcheff naît le 23 juin 1907 à Kharbine (aussi appelée Harbin, aujourd’hui Pin-Kiang), ville chinoise devenue un centre urbain moderne sous l’impulsion de la Russie concessionnaire de la construction et de l’exploitation de la ligne ferroviaire prolongeant, en Mandchourie, le Transsibérien. Après la Révolution d’Octobre Kharbine, qui comprend une importante communauté juive, devient le refuge des Russes blancs .Lorsque la guerre éclate, la famille est à Genève. Batcheff joue de petits rôles dans le théâtre de Georges Pitoëff[4], puis; au début des Années-Folles, Benjamin Batcheff se retrouve à Paris. L’industrie cinématographie lui offre, comme à nombreux de ses compatriotes en exil, une opportunité d’emploi et il apparaît dès 1923 dans le feuilleton «Le roi de Paris» de Charles Maudru. L’année suivante, il interprète Scipion Papiano, un médium à demi épileptique, dans l’adaptation par Marcel L’herbier du roman de Luigi Pirandello, «Feu Mathias Pascal», avec Ivan Mosjoukine, Michel Simon et Pauline Carton. Puis il est dirigé par Jean Epstein dans «Le double amour» (1925). À la même période, Pierre Batcheff épouse Danièle Piazza, plus tard Danièle Tual, fille de l’éditeur Henri Piazza, future technicienne de cinéma puis réalisatrice et productrice. Le couple fréquente les surréalistes et le Paris branché.

En 1926, il rencontre Denise Piazza, qu’il épouse en 1930. Elle lui fait rencontrer les surréalistes Robert Desnos et Paul Éluard[4].

Pierre Batcheff tourne ainsi une vingtaine de films jusqu’à l’arrivée du parlant. Citons en 1927: «Le joueur d’échec» de Raymond Bernard, avec Pierre Blanchar; «Napoléon» de Abel Gance, où il interprète le général révolutionnaire Hoche mort à vingt-neuf ans, tandis que Albert Dieudonné est Bonaparte, et Antonin Artaud, Marat. Toujours la même année, dans «La sirène des tropiques» que réalisent Henri Etiévant et Mario Nalpas, assistés d’un jeune Espagnol inexpérimenté, Luis Buñuel, Pierre Batcheff protège une jeune indigène, Papitou, alias Josephine Baker. Puis il est un avocat, à la timidité maladive, que Françoise Rosay essaie de stimuler, dans le film de René Clair, «Les deux timides» (1928) d’après la pièce de Eugène Labiche. Mais c’est curieusement un court métrage, au scénario décousu et conçu par deux amis en mal d’images insolites voire un brin perverses, qui va faire passer Pierre Batcheff à la postérité, sans doute mieux encore. Le titre: «Un chien andalou» (1929) avec Simone Mareuil. Les auteurs : Luis Buñuel et Salvador Dalí!

Au début des années trente, Pierre Batcheff poursuit une belle carrière dans les studios berlinois. Il donne notamment la réplique à Josseline Gaël et Danièle Parola dans «Les amours de minuit» (1930) de Marc Allégret et Augusto Genina, et la version allemande «Mitternachtsliebe», (1931) de Carl Froelich. Pour la Paramount France Batcheff participe à une reprise parlante du «Roi de Paris» (1930). Et il se fait prince russe pour «Le rebelle» (1930) du Chilien Adelqui Migliar (souvent orthographié Aldelqui Millar), avec Suzy Vernon. L’année suivante il joue le beau héros d’origine marocaine dans «Baroud» (1931), au thème colonial très à la mode à l’époque.

En 1932, l’acteur écrit le scénario de «Amour, amour» de Robert Bibal et les spectateurs peuvent le voir dans «Une nuit à Monte Carlo» de Robert Land, avec Marcelle Chantal. Mais Pierre Batcheff décède à Paris le 12 avril 1932, après avoir absorbé une dose létale de somnifère tandis que l’armée japonaise s’est emparée quelques jours plus tôt de sa ville natale. Il n’avait pas vingt cinq ans. [5].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Date et lieu de naissance précisés dans l'acte de mariage et l'acte de décès de Pierre Batcheff.
  2. Acte de décès n° 634 (vue 4/31). Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 7e arrondissement, registre des décès de 1932.
  3. Michel Bracquart, Le Vrai Nom des stars, M.A. Éditions, 1989 (ISBN 2866764633)
  4. a et b Phil Powrie, Éric Rebillard, « Pierre Batcheff, les Lacoudems, et les aventures d’Émile-Émile », 1895,‎ , p. 94-111. (lire en ligne Accès limité)
  5. Une mort prématurée. Adieu à Pierre Batcheff. Comoedia, 16 avril 1932, p. 6, lire en ligne sur Gallica.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Richard, Dictionnaire des acteurs du cinéma muet en France, éd. de Fallois, 2011, 909 p. (ISBN 978-2-87706-747-8)

Liens externes[modifier | modifier le code]