Postmodernité

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Voir aussi Postmodernisme, Postmodernisme (architecture), Post-modernisme (littérature) et Philosophie postmoderne.

La postmodernité est un concept philosophique et intellectuel de la fin du XXe siècle qui tente, après l'effondrement des idéologies de s'inscrire dans le prolongement du structuralisme et du déconstructivisme, tout en critiquant l'héritage du freudisme et du marxisme.

Les penseurs post-modernes se situent dans la perspective de surmonter le désenchantement du monde, après la désagrégation des repères culturels ou religieux, et l'échec patent des utopies révolutionnaires.

Caractéristiques de la société postmoderne[modifier | modifier le code]

Un nouveau rapport au temps[modifier | modifier le code]

La sociologie postmoderne donne une place centrale à l'imaginaire de l'ici et maintenant (Michel Maffesoli). Culte du présent, bonne gestion et recherche du bien-être remplacent la volonté de transmission, propre aux prémodernes, comme celle de transformation de la société, caractéristique des modernes (Peter Sloterdijk).

Fragmentation de la société et fragmentation de l'individu[modifier | modifier le code]

L'ère postmoderne contribue à la fragmentation de l'individu : l’identité se fragilise. Elle se démultiplie ou se compartimente entre des attitudes diverses voire auparavant opposées : « banker le jour, raver le soir »[1], « parfaite maîtresse de maison le soir, femme d’affaires le jour »[2]... En fonction des moments de sa vie, l'individu ne se projette plus dans des modèles mais joue de sa personne à travers plusieurs masques. On tend vers une plus grande flexibilité identitaire (Le « je est un autre » de Rimbaud peut s'entendre chez les postmodernes comme « je est plusieurs autres »).

Un nouveau mode de régulation de la pratique sociale[modifier | modifier le code]

L’efficacité remplace la légitimité ; la gestion remplace le politique ; le contrôle, la propriété ; et nous nous retrouvons finalement avec des organisations qui prennent des décisions avec de l’information. La postmodernité ainsi entendue est un mode de reproduction sociale d’ensemble, régulée de manière décisionnelle et opérationnelle plutôt que de manière politico-institutionnelle (Michel Freitag).

Ainsi, "à chacun sa vérité", comme la connaissance n'est pas certaine, objective et bonne, chacun est renvoyé à lui-même pour déterminer ce qui est vrai[3]. Peu à peu, l’optimisme de la modernité va céder la place au désenchantement et à la désillusion. La postmodernité va se présenter à la fois comme un rejet et comme un dépassement de la modernité. Mais la postmodernité a coupé l'homme moderne de ses racines et de son identité, le plongeant dans une crise d'identité et une perte de direction[3].

La culture postmoderne[modifier | modifier le code]

La pensée postmoderne se situe dans la perspective de surmonter le désenchantement du monde, après la désagrégation des repères culturels ou religieux résultant de la modernité, et l'échec patent des utopies révolutionnaires qu'elle avait portées.

Un concept sujet à critique[modifier | modifier le code]

Plusieurs auteurs, comme Alain Finkielkraut dans La Défaite de la pensée, critiquent cette approche du social.

Fredric Jameson effectue une critique de la postmodernité.

Bruno Latour propose la notion de non-modernité.

Postmodernité et hypermodernité[modifier | modifier le code]

Dans Les Temps hypermodernes, Gilles Lipovetsky estime que la dissolution des structures propres à la postmodernité a été, depuis le milieu des années 1980, supplantée par l'hypermodernité, du fait d'une prise de conscience anxiogène de graves problèmes de dérégulations socioéconomiques, sanitaires et environnementales. Le narcissisme, l'insouciance et l'euphorie postmodernes sont dès lors empêchés. On passe de l'épanouissement de soi à l'obsession de soi (crainte de la maladie, de l'âge...).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Caroline Laurent, Olaf Breuning, De la simplicité trash à la libération des signes : Mémoire de Master 1 Homme, sociétés, technologies, Université Pierre-Mendès-France, Grenoble II, UFR sciences humaines, 2006-2007 (lire en ligne), p. 65-66
  2. Jean-Louis Lessard, Québécois, professeur de littérature en cégep pendant plus de trente ans, a utilisé cette expression dans son cours sur le postmodernisme (vue 14), datant de l'hiver 2005.
  3. a et b Fernand Felix Schwarz, Le Sacré camouflé ou la crise du monde actuel, Bière, Suisse, Cabedita, , 114 p. (ISBN 2882957157), p.96-97, p.9

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]