Robert Steuckers

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Robert Steuckers
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Robert Steuckers en 1998.

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Robert Steuckers, né le à Uccle près de Bruxelles (Belgique) de souche flamande[1] est un militant et théoricien belge d'extrême droite, et autrefois proche de la Nouvelle Droite.

Il a été le théoricien de la révolution conservatrice de la « Nouvelle Droite »[2]. Il quitte le GRECE en 1993, pour créer le groupe Synergies européennes, où il défend les thèses d’un nationalisme anticapitaliste paneuropéen.

Initiateur de colloques, coauteur de plusieurs œuvres collectives et auteur, en son nom personnel, de nombreux articles dans des revues, comme Junge Freiheit ou son bulletin Vouloir[1], on le considère comme un « conférencier polyglotte »[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Uccle près de Bruxelles en 1956, issu d'une famille flamande, enfant fasciné par le roman historique anglais, en particulier de Walter Scott (l'ouvrage homérique Ivanhoé, la légende de Robin des Bois, l'aventure de Quentin Durward), et par la littérature voyageant autour de la Table ronde, Robert Steuckers fait ses études aux Facultés Universitaires Saint-Louis à Bruxelles et à l'Université Catholique de Louvain, en philologie germanique, puis à l'école de traducteurs-interprètes de Marie Haps de Bruxelles à Ixelles, de 1974 à 1980[4], où il obtient le diplôme (de langues allemande et anglaise) de l'école de traducteurs-interprètes. Ensuite, il exerce le métier de professeur d'anglais à l'Institut de l'Assomption à Watermael-Boitsfort pendant moins d'un an.

Il a été successivement intrigué par le champ médiéval et l'univers mythique, qui ont été accompagnés par le testament littéraire épique flamand, tel que Le Lion des Flandres de Hendrik Conscience ou encore par la culture flamande des éléments baroques que l'on retrouve chez Jacob Jordaens, puis par les thématiques bretonnes, comme Le Loup Blanc de Paul Féval. Pendant son adolescence jusqu'à l'université, il découvre Friedrich Nietzsche, mais surtout Oswald Spengler, notamment son histoire en perspective, Arnold Joseph Toynbee (A Study of History) et son classement des civilisations; il lit de grands romanciers ou de grandes figures littéraires, tels que Julius Evola, Gottfried Benn, Ernst Jünger, mais aussi Arthur Koestler, George Orwell, et Graham Greene.

Premières rencontres décisives : Jean Thiriart et le GRECE[modifier | modifier le code]

Influencé par Jean Thiriart, il adhère au GRECE aussi appelé Nouvelle Droite en 1973 à 17 ans, un mouvement intellectuel européaniste visant à réarmer idéologiquement les droites. Il a été le principal contributeur au sein du GRECE sur « l'appropriation du national-bolchevik allemand Ernst Niekisch »[5],[6]. Placé au secrétariat Études & Recherches du GRECE, Robert Steuckers diffuse aussitôt les idées grecistes en Belgique, tâche que s'est assignée la Nouvelle Droite-belge dirigé par Georges Hupin[7].

Fin des années 1970, Robert Steuckers est un proche du Front nouveau de Belgique (FNB)[8],[9], et membre du Vlaams Blok puis, finalement, cadre du mouvement Nation. Dans les années 1980-1990, M. Steuckers a été le théoricien le plus en vue du Parti des forces nouvelles[10].

Il fonde la revue Orientation en 1980 avec l’assistance d’un groupe d’amis dans le cadre des activités du GRECE-Belgique. Peu de temps après, la parution d’ « Orientations » est alors interrompue car Robert Steuckers deviendra de mars 1981 à décembre 1981 le secrétaire de rédaction de la revue Nouvelle École, dirigée par Alain de Benoist. À la suite d'une divergence avec ce dernier, il s'éloigne de ce mouvement en décembre 1981 et fonde le groupe EROE (Études, recherches et orientations européennes), la revue Vouloir (1983-1999), l’organe de l’EROE, en 1983 avec le concours de Jean-Eugène van der Taelen (1917-1996), revue pluridisciplinaire[11] et extérieur au mouvement de la Nouvelle Droite, et publié hors de France. Cependant, tout au long des années 1980, la revue Orientations[12] (1980-1991), fondé par Robert Steuckers, contribue à diffuser des idées grecistes, au sein des milieux néodroitiers[13].

Depuis le départ de Guillaume Faye en 1986, il est le deuxième animateur de la nouvelle droite sur le plan intellectuel, et peu après il n'entretenait presque aucun contact avec le GRECE jusqu’en mai-juin 1989. De 1989 à 1992, il participe à divers colloques, tribunes, assemblées, affiliés au GRECE, par exemple avec Jean-Marc Vivenza, Omar Vecchio et Alessandra Colla, notamment sous l'invitation de Charles Champetier, parallèlement à ses activités en Belgique[14].

En 1989, Robert Steuckers estime que « la nouvelle droite se trouve confrontée à un défi : rénover son discours, s’annexer de nouvelles pistes intellectuelles (Michel Foucault, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Georges Gusdorf, Charles Péguy, etc.), opérer une greffe entre ces nouveaux adstrats et son corpus existant »[15],[16], propos qui présoulignent les questions d'incompatibilités personnelles [entre Steuckers et de Benoist] mais qui repose également sur des conceptions tactiques et des options intellectuelles divergentes[17].

Autour de l'Association Universitaire Provence-Europe animée par Christiane Pigacé-Mudry, une juriste française proche de la Nouvelle droite, membre du club de l'horloge et professeur à l'IEP d'Aix-en-Provence, et de Thierry Mudry, du Barreau de Marseille, il a participé à plusieurs universités d'été dans le Luberon.

Rupture avec Alain de Benoist et naissance de Synergies européennes[modifier | modifier le code]

En conflit avec Alain de Benoist, il quitte définitivement le GRECE en 1993 pour suivre une voie « plus activiste[18] » et fonde avec Gilbert Sincyr l'association paneuropéenne Synergies européennes[19], dont l'idéologie est le Nationalisme européen, qui publie un bimestriel intitulé Nouvelles de Synergies européennes (1994-2002), un bulletin d'informations géopolitiques, Au fil de l'épée (1999-2003), et tâche de participer chaque année à une université d'été. Steuckers se serait éloigné d'Alain de Benoist pour s’impliquer [et donc à l'inverse du GRECE] « dans la réalité de la politique et du pouvoir »[20]. Selon Jean-Yves Camus, Steuckers reproche à l'encontre du GRECE le manque de travaux et publications liés au réel, à la géopolitique et aux sciences juridiques, savoirs qui sont de première nécessité pour suggérer une organisation politique concrète de l'espace culturel européen ; mais surtout aux grécistes de ne pas être germanophone, de méconnaître la langue pratiquée outre-Rhin, ainsi que la culture de la Mitteleuropa[21].

Ajoutées à d'autres divergentes, Robert Steuckers et divers dissidents du GRECE tel que Jean Haudry, donneront naissance à la mouvance identitaire[22].

Dans les années 1990, Steuckers crée avec Jean-Eugène van der Taelen le Club du Beffroi, un groupuscule élitiste qui soutient à la fois Agir (parti d'extrême droite francophone de la fin des années 1980) et le Vlaams Blok (parti néerlandophone).

En 1992, il est invité par Alexandre Douguine à Moscou pour une intervention sur « L’empire soviétique et les nationalismes à l’époque de la perestroïka »[23].

À la suite du premier congrès des Peuples Opprimés par le Nouvel Ordre mondial à Moscou en mars 1993, organisé par le FSNR, auquel participent le PCN, Steuckers créé Europa, dont le siège est en Belgique, plus précisément à Beersel[24]. Cette association se veut notamment "aider à la réinsertion des Européens dans leur histoire" et est ouverte aux ressortissants de la Communauté Européenne, de l'AELE et de l'ex-Comecon.

Il a également cofondé avec Jean-Eugène van der Taelen, Bruxelles-Identité-Sécurité en 1994, un mouvement d'extrême droite servant de lieu de rassemblement des francophones pro-Vlaams Blok. Robert Steuckers a souvent donné des conférences lors de cycles de formation pour des organisations proches ou membres du Vlaams Blok (Vlaams Blok Jongeren, NSV, etc.). En 1996, il participe à la mise sur pied du Front nouveau de Belgique (FNB), une dissidence du Front national belge [25].

Il a animé une conférence avec Alain Soral le 1er décembre 2007, en Belgique au Château Coloma[26].

Travaux[modifier | modifier le code]

Ses recherches ont principalement porté sur les travaux classiques de la géopolitique, de Halford John Mackinder à Karl Haushofer, en passant par Heinrich Jordis von Lohausen, Rudolf Kjellén[27],[28],[29].[réf. incomplète].

Polémique[modifier | modifier le code]

Robert Steuckers a fait l'objet d'une polémique au début de l'année 2015, lorsqu'il a demandé, conformément aux droits qui lui sont octroyés par son statut d'enseignant, à pouvoir donner cours d'anglais à l'Institut des Dames de Marie[30]. En effet, Manuel Abramowicz (RésistanceS) affirme que Robert Steuckers serait d'extrême-droite, ce que l'intéressé conteste fermement[31].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Avec Armin Mohler et Thierry Mudry, Généalogie du fascisme français. Dérives autour des travaux de Zeev Sternhell et Noel O’Sullivan, Idhuna, Genève, 1986, 99 p.
  • Avec Guillaume Faye et Pierre Freson, Petit lexique du partisan européen, Eurograf, Esneux, 1985, 108 p.
  • Wandervogel: la jeunesse allemande contre l'esprit bourgeois, 1896-1933, codirigé avec Karl Höffkes, traduit par Robert Steuckers, 92 pages, 1985.
  • Avec Günter Maschke et Louis Sorel, Idee per una geopolitica europea, Milano 1998.
  • La Révolution conservatrice allemande. Biographies de ses principaux acteurs et textes choisis, éditions du Lore, 2014.
  • Sinergias identitarias, Editorial EAS, Torrevieja/Alicante, 2016.
  • The European Enterprise: Geopolitical Essays, Selected and translated by Dr Alexander Jacob (Manticore Press, 2016).
  • Avec Armin Mohler, Généalogie du fascisme français: dérives autour du travail de Zeev Sternhell, éditions du Lore, 2016.
  • (pt) Fundamentos Filosóficos para a Nova Direita, (ISBN 978-1546616146).

Collectifs[modifier | modifier le code]

  • « Constantin Frantz », « Christpoph Steding », « Otto Koellreutter », « Edgar Julius Jung », dans Jean-François Mattéi, « Encyclopédie des Œuvres Philosophiques », PUF, 1992. Renommé : Les Œuvres philosophiques (deux tomes), volume III de l'Encyclopédie philosophique universelle, Paris, PUF.
  • "Verortung im Raum und Zeit", in: Stefan Ulbrich, Multikultopia - Gedanken zur multikulturellen Gesellschaft, Arun Verlag, Vilsbiburg, 1991.
  • "Immigration et politique extérieure", propos recueillis par José-Marie Tresnoy, in: Jean-Jacques Matringhem & Philippe Randa, Vers la société multiraciste, Dualpha, 2002.
  • "Karl Haushofer (1869-1946)", in: Quaderni di geopolitica, 2, Karl Haushofer - Lo sviluppo dell'idea imperiale nipponica (collana diretta da Tiberio Graziani),Edizioni all'insegna del Veltro, Parma, 2004 (con contribuzione di Carlo Terracciano e Castrese Cacciapuoti).
  • Chapitre sur "La bataille de Lépante" dans Force et Honneur : ces batailles qui ont fait la grandeur de la France et de l'Europe, Editions Les Amis du Livre Européen, Boulogne-Billancourt, 2010 - (ISBN 978 2 9538 3460 4)

Préface[modifier | modifier le code]

Traduction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Eroe, propos recueillis par Pierre Fréson, Entretien avec Robert Steuckers sur l'Europe, le néo-nationalisme, l'immigration, etc., décembre 1987.
  2. Stéphane François, Alexandre Douguine et la droite radicale française, mis en ligne le 9 avril 2009
  3. National-bolchevisme : de nouvelles convergences
  4. « Robert Steuckers : Entretien pour le journal Hrvatsko Slovo
  5. Les sciences sociales au prisme de l'extrême droite, par Sylvain Crépon,Sébastien Mosbah-Natanson.
  6. Jean-Yves Camus et René Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2e trimestre 1992.
  7. La Nouvelle Droite, par Juliette Pierre, Exposé fait au Centre International de Bruxelles, en octobre 1993
  8. Johan Gulbenkian, Le Vlaams Belang cultive ses racines nazies ?, article publié sur RésistanceS.be
  9. Denis Grégoire, Un héritier de Degrelle au Blok
  10. Manuel Abramowicz, État des lieux de l'extrême droite francophone, article publié sur RésistanceS.be
  11. Les Grandes Enquêtes Du R.I.D.A.F.
  12. Liste complète des articles d'Orientations
  13. La nouvelle extrême droite: enquête sur les jeunes militants du Front national, par Sylvain Crépon
  14. Robert Steuckers, Les 8 questions auxquelles A. de Benoist n'a jamais voulu répondre, Euro-synergies.hautetfort.com. Mis en ligne le 17 octobre 2007
  15. Robert Steuckers, Vouloir, n°52-53, fév-mars 1989.
  16. Par REFLExes, National-bolchevisme : de nouvelles convergences pour un front anti-système ?, publié le 29 mars 2009
  17. Steuckers prenait pour modèle la politique de la revue allemande « Wir Selbst », une revue de la droite nationale qui avait opté pour une ouverture à gauche. Cette ouverture à gauche mal acceptée dans un premier temps, a renforcé encore le froid entre Steuckers et l’équipe parisienne autour d’Alain de Benoist
  18. (en) Tamir Bar-On, Where have all the fascists gone ?, éd. Ashgate Publishing, Ltd., 2007, p. 102, passage en ligne
  19. Alexandre VICK, Le who's who des auteurs des éditions Dualpha et Déterna, http://www.resistances.be/fnaced03.html, article publié sur RéistanceS.be
  20. Par Eric Krebbers, Goldsmith soutient la gauche et l’extrême droite, De Fabel van de illegaal 36, septembre 1999.
  21. Jean-Yves Camus, "La Nouvelle droite: bilan provisoire d’une école de pensée", La Pensée, n°345 ; janvier-mars 2006, pp.23-33.
  22. Stéphane François, Réflexions sur le mouvement “Identitaire” (1/2)
  23. Pierre-André Taguieff, Origines et métamorphoses de la nouvelle droite, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1993, Volume 40, Numéro 40, pp. 3-22
  24. Philippe Brewaeys dans le Soir Illustré du 26 mai 1990
  25. Manuel Abramowicz, Les rats noirs. L'extrême droite en Belgique francophone, éditions Luc Pire, Bruxelles, 1996, p. 199
  26. Manuel Abramowicz, Le dirigeant du Front national français Alain Soral à Bruxelles ce vendredi
  27. Evolucion del pensamiento geopolitico, page 7 à 10, par Bernardo Quagliotti de Bellis.
  28. Jenseits des Nationalismus: ideologische Grenzgänger der "Neuen Rechten, page 116 à 117, par Jean Cremet, Felix Krebs, Andreas Speit.
  29. Die Neue Rechte und der Neorassismus, page 190 à 191, par Ines Aftenberger
  30. « Woluwe-Saint-Lambert: un professeur d’extrême droite crée l’émoi aux Dames de Marie », sur Le_Soir, (consulté le 12 janvier 2015)
  31. « Institut des Dames de Marie: le professeur nie être d’extrême droite », sur Radio-télévision_belge_de_la_Communauté_française, (consulté le 12 janvier 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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