Claudio Mutti

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Claudio Mutti
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Omar AmineVoir et modifier les données sur Wikidata
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Claudio Mutti, dit Omar Amine, est un essayiste et penseur fasciste italien né en 1946 à Parme[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Claudio Mutti a enseigné pendant plus de trente ans le grec ancien et le latin dans le lycée classique de sa ville natale[2].

Il commence à militer politiquement au début des années 1960, alors qu'il n'a que quatorze ans. Il adhère à l'organisation de jeunesse du MSI, Giovane Italia, mais en est expulsé en raison de ses idées extrémistes[2].

Il devient ensuite un des premiers militants de la branche italienne de Jeune Europe, organisation dirigée par le Belge Jean Thiriart, personnage qui a frayé avec l'association les Amis du Grand Reich allemand pendant la Seconde Guerre mondiale. Mutti, qui a rencontré Thiriart à Parme en 1964, est rédacteur en chef, de 1966 à 1970, de La Nazione Europea, la revue mensuelle de la branche italienne de Jeune Europe. À l'époque, Thiriart, qui a viré à gauche, essaie de trouver des appuis auprès de la Roumanie de Ceausescu et de la Chine maoïste, allant jusqu'à rencontrer Chou Enlaï à Bucarest en 1966[2].

Il se qualifie lui-même de « nazi-maoïste »[3].

Après la crise que connaît Jeune Europe, Claudio Mutti adhère à l'organisation Lotta di Popolo en 1969 puis fonde, au début des années 1970, les Amitiés italo-libyennes avec Claudio Orsi, le neveu de l'ancien gouverneur fasciste de la Libye, Italo Balbo[2]. Il publie à l'époque deux livres, La Rivoluzione Culturale Libica et Gheddafi Templare di Allah, le premier décrit la conquête du pouvoir par Mouammar Khadafi et les réformes entreprises sous sa conduite, le deuxième est un recueil de discours de Khadafi, présenté comme étant le « templier d'Allah »[2].

En juin 1974, Mutti est arrêté et accusé d'être impliqué dans l'affaire de l'Ordine Nero, une organisation néo-fasciste souterraine. Au moment de son arretation, il est en possession de la carte du parti socialiste, de celle du groupe Potere Operaio, et de celle du syndicat CGIL (la CGT italienne)[4]. Au bout de cinq mois de prison, il est blanchi et relâché mais accusé d'avoir aidé Franco Freda, accusé d'attentats à la bombe[2].

Associé à la mouvance d'extrême-droite italienne, il traduit et publie en 1976 une réédition, commentée par ses soins, des Protocoles des Sages de Sion, dans laquelle il intègre des textes de Julius Evola sur la « question juive » et la « guerre occulte »[5].

Le 26 août 1980, le procureur de Bologne émet des mandats d'arrêt contre vingt-huit militants de l'extrême droite des Noyaux armés révolutionnaires, parmi lesquels Claudio Mutti[6] qui, soupçonné d'avoir participé à l'attentat de la gare de Bologne, est emprisonné[7],[8],[9]. Tous sont libérés de prison en 1981[6].

En 1985, il se convertit à l'Islam sous le nom d'Omar Amine, en l'honneur du Colonel Johann von Leers, l'officier SS qui avait servi de conseiller politique au dirigeant égyptien Gamal Abdel Nasser[2].

Selon Alexandre del Valle, Claudio Mutti, leader de la mouvance « brun-vert » en Italie, est membre du groupe ultra-radical des Mourabitoun[10].

Domaines d'intérêt[modifier | modifier le code]

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Claudio Mutti s'intéresse aux questions de l'ésotérisme, du symbolisme, aux religions, etc. Il a consacré diverses études à des penseurs comme Mircea Eliade, Emil Cioran, Friedrich Nietzsche, René Guénon ou Julius Evola. Auteur d'une introduction aux travaux du sociologue allemand Werner Sombart, il s'est également intéressé à l'esthétique du nazisme et à son influence.

Connaisseur de la langue et de la culture roumaines, il se consacre depuis de nombreuses années à la philologie finno-ougrienne. Il est l'auteur d'une trentaine d'articles et d'essais sur le folklore magyar et sur la littérature hongroise.

Il est le fondateur des éditions All'Insegna del Veltro, qui ont publié des ouvrages sur le symbolisme, la tradition, les mythes de l'âge d'or, le paganisme et l'islam ainsi que des auteurs nazis et fascistes, dont Horia Sima, Corneliu Codreanu, Robert Brasillach, et des textes négationnistes[11].

Devenu, en 2004, rédacteur de la revue de géopolitque Eurasia, il en est le rédacteur en chef et l'éditeur depuis 2011.

Il collabore par ailleurs à la revue Jihad et il traduit des textes concernant l'Islam.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Titres en italien[modifier | modifier le code]

  • Ebraicità ed ebraismo, Edizioni di Ar, 1976, 218 p.
  • Pittura e alchimia: il linguaggio ermetico del Parmigianino, All'insegna del Veltro, 1978, 50 p.
  • Simbolismo e arte sacra : il linguaggio segreto dell'Antelami, Edizioni All'insegna del Veltro, 1978, 67 p.
  • Il nazismo e l'islam, Barbarossa, 1986, 19 p.
  • Mircea Eliade e la Guardia di Ferro, Roma, All'insegna del Veltro, 1989

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

  • Le symbolisme dans la fable. Les racines métahistoriques des contes de fées, Paris, Guy Trédaniel, 1979.
  • Symbolisme et art sacré en Italie. Du Baptistère de Parme aux peintres hermétistes de la Renaissance, Milan, Arché, 1980.
  • Introduction à l'œuvre de Werner Sombart, Chalon-sur-Saône, Hérode, 1993, 47 p. (traduit par Philippe Baillet)
  • Les plumes de l'Archange. Quatre intellectuels roumains face à la Garde de fer : Nae Ionescu, Mircea Eliade, Emil Cioran, Constantin Noica, Chalon-sur-Saône, Hérode, 1993, 143 p. (traduit par Philippe Baillet)
  • Nietzsche et l'Islam, Chalon-sur-Saône, Hérode, 1994, 47 p. (traduit par Philippe Baillet, préf. Christophe Levalois)
  • Art totalitaire, art national-socialiste, Nantes, Ars Magna, 1998, 20 p.
  • La Grande Influence de René Guénon en Roumanie, suivi de Julius Evola en Europe de l'Est, Akribeia, Saint-Genis-Laval, 2002.
  • Julius Evola et l'Islam, Nantes, Ars Magna, 2004.
  • Le nazisme et l'Islam, Nantes, Ars Magna, 2004.
  • Mircea Eliade et la Garde de Fer, Paris, Avatar, 2005, 94 p.

Articles de revues[modifier | modifier le code]

  • Evola et Nasser, pp. 121-126 de Evola - Envers et contre tous ! (ss la dir. de Thierry Jolif), Avatar Éditions, 2010, 195 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Giovanni Savino, From Evola to Dugin: The Neo-Eurasianist Connection in Italy, pp. 97-124, en particulier le chapitre « Claudio Mutti, The Prophet », in Eurasianism and the European Far Right: Reshaping the Europe–Russia Relationship, ss la dir. de Marlene Laruelle, Lexington Books, 2015, 292 p., p. 13 : « the figure of fascist thinker Claudio Mutti ».
  2. a b c d e f et g (en) Giovanni Savino, From Evola to Dugin: The Neo-Eurasianist Connection in Italy, pp. 97-124, en particulier le chapitre « Claudio Mutti, The Prophet », in Eurasianism and the European Far Right: Reshaping the Europe–Russia Relationship, ss la dir. de Marlene Laruelle, Lexington Books, 2015, 292 p.
  3. (en) Nicholas Goodrick-Clarke, Hitler's Priestess: Savitri Devi, the Hindu-Aryan Myth, and Neo-Nazism, 2000, p. 217 : « An admirer of Islamic fundamentalism and Franco Freda's brand of armed right-wing terrorism to provoke revolution, Mutti styles himself a "Nazi Maoist." »
  4. Frédéric Laurent, L'Orchestre noir : enquête sur les réseaux néo-fascistes, Nouveau Monde éditions, 416 p.
  5. Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des Modernes : des Lumières au Jihad, Odile Jacob, , 686 p. (ISBN 978-2-73811-736-6, présentation en ligne), p. 637.
  6. a et b (it) Bologna 1980-2011, Unione Sindacale Italiana : « Già il 26 agosto dello stesso anno la Procura della Repubblica di Bologna emise ventotto ordini di cattura nei confronti di militanti di estrema destra dei Nuclei Armati Rivoluzionari: Roberto Fiore eMassimo Morsello (futuri fondatori di Forza Nuova), Gabriele Adinolfi, Francesca Mambro, Elio Giallombardo, Amedeo De Francisci, Massimiliano Fachini, Roberto Rinani, Giuseppe Valerio Fioravanti, Claudio Mutti, Mario Corsi, Paolo Pizzonia, Ulderico Sica, Francesco Bianco, Alessanro Pucci, Marcello Iannilli, Paolo Signorelli, PierLuigi Scarano, Francesco Furlotti, Aldo Semerari,Guido Zappavigna, GianLuigi Napoli, Fabio De Felice, Maurizio Neri. Vengono subito interrogati a Ferrara, Roma, Padova e Parma. Tutti saranno scarcerati nel 1981. »
  7. L'Express : Numéros 1812 à 1824, 1986, p. 48 : « Par exemple, dans l'affaire Claudio Mutti, Italien nazi-maoïste, incarcéré, en 1980, pour sa participation à l'attentat de la gare de Bologne, qui a prétendu avoir été inspiré par le « socialisme islamique » de Kadhafi. »
  8. Le Spectacle du monde : Numéros 274 à 279, 1985, p. 53 : « Claire Sterling [...] Elle écrit : « Le chef de la première association italo-libyenne, nageant dans un fleuve d'argent libyen et finalement mise hors-la-loi comme association terroriste noire, était Claudio Mutti, un terroriste nazi-maoïste, incarcéré en 1980 pour sa participation à l'attentat commis à la gare de Bologne. ».
  9. Claire Sterling (en), The terror network: the secret war of international terrorism, 1981, p. 259 : « The head of his early Italy-Libya Association, afloat on Libyan money —and eventually outlawed as a Black terrorist front— was Claudio Mutti, one of Italy's star Nazi-Maoist terrorists, jailed in 1980 for his alleged role in the Bologna railroad station bombing. 2 Mutti's close associate Mario Tuti, now serving a life sentence for terrorist killings, had picked up a hundred-thousand-lire payoff from the Libyan embassy in Rome just before gunning down two policemen in 1975.3 »
  10. Alexandre del Valle, Islamophobie ou reductio ad Hitlerum ?, site d'Alexandre del Valle, 15 juin 2001 (source : Le Figaro) : « les liens tissés par la nouvelle droite avec la nébuleuse islamiste, notamment en Italie, où le leader de la mouvance « brun-vert », Claudio Mutti, alias Omar Amine, membre du groupe ultra-radical des Mourabitoun (qui a mis à prix la tête d’Oriana Fllaci), édite les Protocoles des Sages de Sion. »
  11. (en) Nicholas Goodrick-Clarke, Black Sun: Aryan Cults, Esoteric Nazism, and the Politics of Identity, New York University Press, 2003, 371 pages, p. 105 : « His own imprint, Veltro, offers a wide range of books on symbolism, tradition, golden age myths, paganism and Islam, together with works by Nazis and fascists, including Horia Sima, Corneliu Codreanu, Robert Brasillach, and Holocaust denial texts. »

Liens externes[modifier | modifier le code]