Muriel Salmona

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Muriel Salmona
Portrait de Muriel Salmona
Muriel Salmona en 2013
Biographie
Nom de naissance Muriel Monmousseau
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata (62 ans)
à Chennevières-sur-MarneVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession PsychiatreVoir et modifier les données sur Wikidata

Muriel Salmona, née le à Chennevières-sur-Marne, est une psychiatre française. Elle est la fondatrice en 2009 et présidente de l'association Mémoire traumatique et victimologie, organisme d'information et de formation des victimes de violences.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle fait des études de médecine et soutient, en 1991, à l'université Paris 7 (Bichat) sa thèse de médecine intitulée Sophie ou les malheurs du désir[1] sous la direction d'Yves Pélicier, qui consiste en une lecture psychanalytique des Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur. Elle effectue une spécialisation en psychiatrie à l'université Paris V et réalise un DES de psychiatrie intitulé Castelli, l'illustrateur-interprète de Sophie. Après une expérience de plusieurs années de pratique libérale de la psychiatrie, elle s'engage dans une pratique professionnelle en lien avec la psychotraumatologie, c'est-à-dire qui prend en compte le traumatisme psychique du patient en lien avec des violences subies et leurs effets.

Elle s’attache à mettre en évidence le lien entre les violences subies et la genèse de certains symptômes psychiques ou psychiatriques[2]. Faisant d'abord appel à la notion d'état de stress post-traumatique, elle a développé les notions de colonisation traumatique par l'agresseur, de dissociation péri et post-traumatique, et de conduites à risque dissociantes[3].

Elle est ainsi amenée à intervenir sur ces questions, auprès de différentes instances, notamment à l'Assemblée Nationale[4] pour ce qui concerne l'appareil législatif concernant la prostitution et la prescription des crimes sexuels, au Sénat, au Conseil économique, social et environnemental en ce qui concerne les violences faites aux femmes[5] ou encore devant le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes pour des questions concernant le harcèlement des femmes dans les transports[6]. Elle fait également partie d'un groupe de travail à la Mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences et la lutte contre la traite des êtres humains[7] et elle est membre de la Commission Enfance en France de l’Unicef France, travaillant en partenariat avec d'autres associations qui luttent contre les violences faites aux enfants, aux femmes et contre les violences sexuelles.

Activités associatives[modifier | modifier le code]

Muriel Salmona s'engage également dans des initiatives institutionnelles visant à la reconnaissance de l'impact traumatique des violences et à la prise en compte de ses effets sur les victimes. Dans cette perspective, elle fonde en 2009 une association, Mémoire traumatique et victimologie, dont le but est de donner des informations aux victimes de violences et de proposer des formations aux professionnels de ce champ. Dans le cadre de son association, elle propose des formations et conférences, conçoit des brochures d'information ou donne des interviews sur des sujets touchant au déni des violences sexuelles, notamment aux violences conjugales ou aux viols[8],[9],[10]. A la fin de l'année 2017, à propos de l'affaire Weinstein, un article de l'Obs[11] lui est consacré, dans lequel elle exprime l'opinion que le vent tourne en faveur des victimes de violences sexuelles.

Organisation de colloques[modifier | modifier le code]

  • Violences sexuelles - le corps et la sexualité en otage, novembre 2010.
  • Violences et soins, soins des victimes/victimes des soins, en novembre 2013.
  • Enquête de reconnaissance, mars 2015[12].

Rapports[modifier | modifier le code]

Elle conçoit en 2014, avec Noémie Roland, Emilie Morand, Judith Trinquart, Sokhna Fall et Laure Salmona, une enquête nationale, Impact des violences sexuelles de l'enfance à l'âge adulte[13], dont les résultats sont exposés lors du colloque Enquête de reconnaissance et qui donne lieu à un rapport[14] et à un article[15]. Il en ressort que 81 % des personnes ayant subi des violences sexuelles ont commencé à en subir avant l’âge de 18 ans, que 83 % des victimes de violences n'ont reçu ni protection ni reconnaissance, et que l'accès à des soins spécialisés a été rare et difficile[16],[17], enquête dont Le Monde rend compte[18].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Dans une optique féministe[19], elle cherche à obtenir une amélioration de la protection et des soins pour les victimes de violences sexuelles, adopte une position abolitionniste à l'égard de la prostitution[20], s'engage contre les châtiments corporels envers les enfants[21] et contre les violences sexuelles qu'ils subissent[22] et préconise une évolution des rapports entre hommes et femmes[23].

Campagnes[modifier | modifier le code]

Au sein de son association, elle organise plusieurs campagnes de sensibilisation aux violences sexuelles, notamment Et pourtant c'était un viol[24] , campagnes Stop au déni[25],[26], campagnes contre le harcèlement dans les transports, contre le cyberharcèlement.

En mars 2016 elle publie les résultats d'un sondage qu'elle a fait faire par Ipsos sur les Français et les représentations sur le viol[27],[28] : un des résultats principaux est que 40 % des personnes interrogées pensent qu'une attitude provocante de la victime en public atténue la responsabilité du violeur, ce qui, avec les autres réponses, révèle l'importance des présupposés sur les viols, la prégnance de certains stéréotypes sexistes et de la culture du viol qui met en cause la victime.

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le livre noir des violences sexuelles, Paris, Dunod, , 360 p. (ISBN 978-2100589203).
  • Violences sexuelles : les 40 questions-réponses incontournables, Paris, Dunod, , 288 p. (ISBN 978-2100738083).
  • Châtiments corporels et violences éducatives. Pourquoi il faut les interdire en 20 questions réponses, Paris, Dunod, , 288 p. (ISBN 978-2100755028).

Articles[modifier | modifier le code]

  • « Mécanismes des violences : quelle origine ? », dans Diploweb, 7 novembre 2010 [lire en ligne].
  • « L’impact psychotraumatique des violences sur les enfants : la mémoire traumatique à l’œuvre », La revue de santé scolaire & universitaire, janvier-février 2013, no 19, p. 21-25 [lire en ligne].
  • Dans le dossier « Le traumatisme du viol », Revue Santé mentale, mars 2013, no 176, p. 22-35 :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thèse de médecine, notice du Sudoc, consultée en ligne le 5.01.16.
  2. (en) Alexander C. McFarlane, « The long-term costs of traumatic stress: intertwined physical and psychological consequences », World Psychiatry, vol. 9,‎ , p. 3-10 (ISSN 1723-8617, PMID 20148146, PMCID 2816923, lire en ligne)
  3. Roland Coutanceau, Joanna Smith, Samuel Lemitre, Trauma et résilience - Victimes et auteurs, Paris, Dunod, , 480 p. (ISBN 978-2100576548)
  4. « Assemblée nationale ~ Compte rendu de réunion de la commission spéciale pour l'examen de la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le 31 décembre 2015)
  5. « Combattre toutes les violences faites aux femmes, des plus visibles aux plus insidieuses | Actualités | Actualités et agenda », sur www.lecese.fr (consulté le 31 décembre 2015)
  6. « Harcèlement dans les transports ».
  7. Alexandre Duguet, « Violences sexuelles et autres violences faites aux femmes », Médecine, no 10-6,‎ , p. 262-8 (ISSN 1952-4196, lire en ligne)
  8. « Muriel Salmona «La réalité des violences sexuelles est l’objet d’un déni massif» », sur L'Humanité (consulté le 3 janvier 2016)
  9. « Muriel Salmona « Des femmes dans un mode de survie extrême » », sur L'Humanité (consulté le 3 janvier 2016)
  10. « Long format | 50 nuances de Grey : la sexualité en danger ? », sur Le Figaro (consulté le 3 janvier 2016)
  11. Elodie Lepage, « Muriel Salmona : Le vent tourne en faveur des victimes de violences sexuelles », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  12. « Colloque Enquête de Reconnaissance », sur YouTube (consulté le 2 janvier 2016)
  13. « Enquête de reconnaissance : revue de presse », sur memoiretraumatique.org,
  14. « Rapport : enquête de reconnaissance 2015 »
  15. Noémie Roland et al., « Impact des violences sexuelles : le rôle des professionnels de santé Dans le cadre de la campagne « Stop au Déni » », Médecine, vol. 12, no 6,‎ , p. 285-288 (ISSN 1777-2044, lire en ligne)
  16. « Publication des résultats de l'enquête auprès des victimes de violences sexuelles | Observatoire National de L'Enfance en Danger | Oned », sur www.oned.gouv.fr
  17. « lettre de l'ONVF n°6 mai 2015 », sur http://stop-violences-femmes.gouv.fr,
  18. Gaelle Dupont, « Les violences sexuelles touchent en majorité les enfants », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  19. Geraldine Brown, « Muriel Salmona : Le livre noir des violences sexuelles », Nouvelles Questions Féministes, vol. Vol. 34,‎ , p. 136–139 (ISSN 0248-4951, lire en ligne)
  20. « prostitution : abolition ! », sur www.abolition2012.fr
  21. « Pourquoi interdire les punitions corporelles au sein de la famille est une priorité humaine et de santé publique | Blog | Le Club de Mediapart », sur Club de Mediapart
  22. Gaëlle Dupont, « Violences sexuelles sur les enfants : le déni des adultes », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  23. Collectif, Penser un monde nouveau, Paris, Editions de l'Humanité, , 222 p. (ISBN 978-2-90-217416-4)
  24. « Et pourtant c'était un viol », sur youtube.com,
  25. « Campagne 2014 »
  26. « Campagne 2015 », sur STOP AU DÉNI (consulté le 2 janvier 2016)
  27. « Fausses accusations, «non» veut dire «oui» : les stéréotypes sur le viol ont la vie dure », sur Libération.fr (consulté le 20 mars 2016)
  28. Magazine Marianne, « Viol : ces affligeantes idées qui nous habitent », sur Marianne (consulté le 20 mars 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuelle Lucas, « Muriel Salmona, aux sources de la violence », 9 décembre 2016, La Croix, [lire en ligne]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]