Peggy Sastre

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Peggy Sastre
Description de l'image Defaut.svg.
Alias
Peggy Smaïer
Naissance
Senlis, Oise, France
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
chroniqueuse, essayiste

Peggy Sastre[1],[2] est une journaliste scientifique[3], écrivaine, traductrice et blogueuse française née à Senlis en 1981[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle a soutenu une thèse de doctorat en philosophie consacrée à Nietzsche et Darwin, intitulée Généalogies de la morale : perspectives nietzschéenne et darwinienne sur l'origine des comportements et des sentiments moraux, à l'université de Reims, en 2011, sous la direction de Patrick Wotling[5]. Ses travaux s'orientent principalement autour d'une lecture biologique et évolutionnaire des questions sexuelles. Essayiste, elle est notamment coauteure, avec Charles Muller, de deux ouvrages, Des Plantes pour votre cerveau : comment booster votre humeur, votre mémoire, votre intelligence[6] et Sexe machines. Elle a aussi traduit un ouvrage du sociologue Alexander Bard et du journaliste Jan Söderqvist, Netocracy, the new power elite after capitalism (Les Netocrates : une nouvelle élite pour l'après-capitalisme). Elle collabore par ailleurs à divers titres de presse en tant que chroniqueuse et traductrice[7].

En 2009, elle publie Ex utero, pour en finir avec le féminisme[8],[9]. Elle y reprend l'idée développée dans « Tota mulier ex utero » (publié sous le pseudonyme de Peggy Smaïer[10]) que « Les femmes ne feront rien dans la vie tant qu’elles auront un utérus. »[11]. Par la suite, en 2017, elle confirme que « la grossesse et l’élevage des enfants sont l’une des pires sources d’aliénation possibles. C’est pourquoi, selon mon échelle de valeurs, les femmes ne pourront pas connaître de véritable autonomie tant qu’elles n’auront pas la possibilité de s’en débarrasser », mais indique avoir un peu nuancé sa pensée sur ce point, « parce que nous sommes aujourd’hui héritiers d’un matériel génétique constitué de deux fois plus de femmes que d’hommes »[12]. Proche des féministes « hédonistes » ou « pro-sexe » et opposées au courant abolitionniste[réf. nécessaire], elle a formé le concept d'« évoféminisme »[13]. Selon elle, les féministes françaises de la génération des années 1970, telle Gisèle Halimi ou le mouvement des Chiennes de garde, se sont érigées en représentantes d'un « féminisme officiel » et ont confisqué la parole de toutes les autres formes de revendications féministes.

En 2010, elle publie dans La Nouvelle Revue française, dans le cadre d'un dossier sur le féminisme contemporain, une synthèse de ses positions sous la forme d'un hommage à Valerie Solanas et intitulé « Ex utero manifesto ». La même année, elle cosigne avec Lola Lafon une tribune sur le traitement médiatique de l'affaire Polanski, publiée notamment dans Slate et Libération[14],[15].

Entre 2011 à 2016, elle est chroniqueuse invitée du Plus, le site participatif du Nouvel Observateur[16].

En 2015, elle publie La Domination masculine n'existe pas. Elle y défend l'idée que « Si les hommes ont le pouvoir, c’est que les femmes l’ont bien voulu », mais reconnait qu'il s'agit d'une provocation à visée commerciale « pour attirer le chaland ». À propos du viol, elle écrit que toutes les victimes ne sont pas nécessairement traumatisées, en arguant que les femmes qui vont voir une avocate ne forment pas un échantillon représentatif. Elle affirme que le viol serait une stratégie reproductive, et que le « premier impact traumatique -ce qui ne veut pas dire que c’est le seul » est le risque de grossesse. Pour Peggy Sastre, la domination masculine existe bien mais n’est pas celle que l’on croit[17].

En 2018, elle co-rédige et signe la tribune « 100 femmes pour une autre parole » modifiée par la rédaction du Monde dans sa version en ligne[18] en « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle »[19]. Ce manifeste est né de sa demande de rencontre avec l'écrivaine Catherine Millet qu'elle a entendu critiquer « #BalanceTonPorc » sur France Culture. Le 14 janvier, elles se retrouvent au Café Marly avec leur amie commune, l’écrivaine Abnousse Shalmani. Leur volonté d'une expression collective est rejointe par la psychanalyste Sarah Chiche et Catherine Robbe-Grillet. Benjamine des auteures de la tribune, Peggy Sastre se charge d'en rédiger le passages les plus cinglants. Fin janvier, elle précise : « Notre tribune n’est pas un appel au viol, ce n’est pas non plus une parole contre le mouvement #MeToo, c’est une parole différente, une parole en plus[20] ».

Publications[modifier | modifier le code]

  • avec Charles Muller, Des Plantes pour votre cerveau : Comment booster votre humeur, votre mémoire, votre intelligence, Paris, Éditions Médicis, , 287 p. (ISBN 978-2853272995)
  • avec Charles Muller, Sexe machines, Paris, Max Milo Éditions, , 215 p. (ISBN 978-2353410064)
  • Ex utero, pour en finir avec le féminisme, Paris, Éditions La Musardine, coll. « L'Attrape corps », , 200 p. (ISBN 978-2842713881)
  • Écrivains en séries, Un guide des séries télé (Collectif, entrées Nip/Tuck, Csi Las Vegas, Regenesis et Lady Oscar), Paris, Laureli/Léo Scheer, , 496 p. (ISBN 978-2756101507)
  • No Sex, avoir envie de ne pas faire l'amour, Paris, Éditions La Musardine, coll. « L'Attrape corps », , 200 p. (ISBN 978-2842713928)[21]
  • Ex utero manifesto, in Nouvelle Revue Française no 593, Paris, Gallimard, coll. « N.R.F. », , 240 p. (ISBN 978-2070129225)
  • Dans la chambre sombre, in Ravages no 6 « Mauvais Genre », Paris, (ISBN 978-2755608571)
  • Coquilles Vides, in Dans le ventre des femmes, Paris, (ISBN 978-2358350051)
  • Préface à la seconde édition de La vie, l'amour, le sexe d'Arthur Vernon, Tabou, 2013 (ISBN 978-2363260215)
  • Le gâteau des Bakhrouchine, in Noor Revue pour un Islam des Lumières no 2,
  • Le sexe des maladies, avec une préface de Martin Winckler, Favre, 2014, 224 p. (ISBN 978-2828914356)
  • Sextrêmes - La libération des mœurs n'a pas eu lieu, in Citrus no 3 Sexe, L'agrume, , 224 p. (ISBN 979-1090743335)
  • La domination masculine n'existe pas, Anne Carrière, 2015, 276 p. (ISBN 978-2843377815)
  • Comment l'amour empoisonne les femmes, Anne Carrière, 2018, (ISBN 9782843378263)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice d'autorité Viaf » (consulté le 1er février 2015)
  2. « Notice d'autorité IdRef » (consulté le 1er février 2015)
  3. Terme utilisé dans les présentations de Peggy Sastre par Europe 1, Le Figaro et France Inter
  4. Notice d'autorité de la Bibliothèque Nationale de France
  5. Agence bibliographique de l'enseignement supérieur
  6. lefigaro.fr, « DES PLANTES POUR LE CERVEAU », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  7. « Les articles de Peggy Sastre », sur Slate.fr (consulté le 23 novembre 2017)
  8. jtombeur, « L’évoféminisme, encore un féminisme ? », Le Post, (consulté le 26 novembre 2017)
  9. Peggy Sastre et Jef Tombeur, « Peggy Sastre : « Il y aura une suite à l’Ex Utero » », sur http://www.come4news.com/, (consulté le 1er février 2015)
  10. Descamps Philippe, [https://www.cairn.info/l-uterus-la-technique-et-l-amour--9782130565901-page-197.htm « Bibliographie », dans L'utérus, la technique et l'amour. L’enfant de l’ectogenèse, sous la direction de Descamps Philippe. Paris, Presses Universitaires de France, « Intervention philosophique », 2008, p. 197-205.
  11. Tota mulier ex utero - Pour une libération de la condition utérine, lesmutants.org
  12. L’utérus artificiel est l’avenir de la femme, causeur.fr, 28 juin 2017.
  13. « C’est de cet évoféminisme que nous pouvons apprendre que, si l’espèce humaine est évolutive, comme toutes les autres, la domination des femmes par les hommes est un moment de l’histoire et de l’évolution qui n’a rien de terminé, de figé, de définitif » ; « La sortie du féminisme que je propose dans cet essai requiert par-dessus tout une meilleure connaissance de l’évolution biologique féminine et des moyens actuels de l’orienter : ce que j’appellerai un évoféminisme » P. Sastre, Ex utero, Paris, 2009, p. 138 et p. 142.
  14. « Affaire Polanski: combien de fois faut-il dire «non»? », Slate.fr,‎ (lire en ligne)
  15. « Affaire Polanski : les filles de rien et les hommes entre eux », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  16. « Peggy Sastre », sur leplus.nouvelobs.com (consulté le 7 décembre 2016)
  17. Six idées qui nous font bondir dans La Domination masculine n'existe pas, cheekmagazine.fr, 10 décembre 2015.
  18. « Peggy Sastre : «Le féminisme policier refuse la contradiction» », Figarovox, 10 janvier 2018.
  19. Collectif, « « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  20. Zineb Dryef, « Peggy Sastre, le féminisme à la sauce Darwin », lemonde.fr (consulté le 19 janvier 2018)
  21. Sarah Chiche, « Peut-on avoir envie de ne pas faire l'amour ? », sur Sciences Humaines (consulté le 25 novembre 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]