Peggy Sastre

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Peggy Sastre
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Peggy SmaïerVoir et modifier les données sur Wikidata
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Peggy Sastre est une journaliste scientifique[1], essayiste, traductrice et blogueuse française née à Senlis le [2],[3]. Ses travaux se fondent principalement sur une lecture biologique et évolutionniste des questions sexuelles et de genres.

En tant qu'essayiste, elle a notamment co-écrit, avec Charles Muller, deux ouvrages : Des plantes pour votre cerveau : comment booster votre humeur, votre mémoire, votre intelligence[4] et Sexe machines[5]. Elle a traduit l'ouvrage du sociologue Alexander Bard et du journaliste Jan Söderqvist, Netocracy, the new power elite after capitalism (Les Netocrates : une nouvelle élite pour l'après-capitalisme), ainsi que plusieurs romans des éditions Harlequin[6],[7]. Elle a collaboré par ailleurs à divers titres de presse en tant que chroniqueuse et traductrice[8].

Biographie[modifier | modifier le code]

Peggy Sastre possède un doctorat en philosophie[réf. souhaitée][précision nécessaire].

En 2009, elle publie Ex utero, pour en finir avec le féminisme[9]. Elle y reprend l'idée développée dans « Tota mulier ex utero » (publié sous le pseudonyme de Peggy Smaïer[10]) que « les femmes ne feront rien dans la vie tant qu’elles auront un utérus »[11].

En 2010, elle publie dans La Nouvelle Revue française, dans le cadre d'un dossier sur le féminisme contemporain, une synthèse de ses positions sous la forme d'un hommage à Valerie Solanas et intitulé « Ex utero manifesto ». La même année, elle cosigne avec Lola Lafon une tribune sur le traitement médiatique de l'affaire Polanski, publiée notamment dans Slate et Libération[12],[13].

En 2011, sous la direction de Patrick Wotling[14], elle soutient sa thèse consacrée à Nietzsche et à Darwin, intitulée Généalogies de la morale : perspectives nietzschéenne et darwinienne sur l'origine des comportements et des sentiments moraux, à l'université de Reims.

Entre 2011 à 2016, elle est chroniqueuse invitée du Plus, le site participatif du Nouvel Observateur[15].

En 2015, elle publie La domination masculine n'existe pas. Elle y défend l'idée que pour comprendre la domination masculine, il faut adopter une perspective évolutionnaire et non socio-culturelle: la domination masculine n'aurait pas été imposée aux femmes, mais acceptée par celles-ci car elle servirait leurs intérêts reproductifs; ce qu'elle a pu formuler par l'idée que : « Si l’homme a longtemps dominé la femme, c’est parce qu’elle l’a bien voulu[16] », mais elle reconnaît néanmoins que le titre du livre est une provocation à visée commerciale « pour attirer le chaland ». Pour Peggy Sastre, la domination masculine existe donc bien mais « n’est pas celle que l’on croit »[17].

En 2017, en confirmation de ses propos de 2009, elle affirme que « la grossesse et l’élevage des enfants sont l’une des pires sources d’aliénation possibles. C’est pourquoi, selon mon échelle de valeurs, les femmes ne pourront pas connaître de véritable autonomie tant qu’elles n’auront pas la possibilité de s’en débarrasser », mais indique avoir un peu nuancé sa pensée sur ce point, « parce que nous sommes aujourd’hui héritiers d’un matériel génétique constitué de deux fois plus de femmes que d’hommes »[18]. Elle a formé le concept d'« évoféminisme »[19].

En 2018, elle co-rédige et signe la tribune « 100 femmes pour une autre parole » modifiée par la rédaction du Monde dans sa version en ligne[20] en « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle »[21]. Ce manifeste est né de la rencontre avec l'écrivaine Catherine Millet à la suite d'une critique de celle-ci réalisé sur France Culture et portant sur le mouvement « balance ton porc ». Le 14 décembre, elles se retrouvent au Café Marly avec leur amie commune, l’écrivaine Abnousse Shalmani. Elles sont plus tard rejointes par la psychanalyste Sarah Chiche, qui se charge d'écrire le premier brouillon du texte et par Catherine Robbe-Grillet. Peggy Sastre s'occupe quant à elle de relire, d'élaguer le texte[22] et d'en rédiger les passages les plus cinglants[6]. Fin janvier, elle précise : « Notre tribune n’est pas un appel au viol, ce n’est pas non plus une parole contre le mouvement #MeToo, c’est une parole différente, une parole en plus[6] ». Suite à la polémique concernant la jouissance possible durant un viol née des propos de Brigitte Lahaie lors d'un débat avec la féministe Caroline de Haas, Peggy Sastre apporte son soutien à l'écrivaine en affirmant que : « 20% des femmes jouissent pendant leur viol. C'est une donnée scientifique et c'est la fourchette haute. »[23]. Elle critique aussi la focalisation sur le lien établi entre jouissance et viol considérant que : « Le problème c’est que, celle qui est violée n’est pas consentante, point ! Qu'elle jouisse ou pas, qu'elle fasse des fantasmes avec ou pas, on s'en fout : l'important, c'est le consentement. »[23]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle indique « ne pas vouloir d'enfant et le revendiquer » (...), « avoir été violée et [s]'en foutre » et « avoir vécu [s]on avortement comme l'un des plus beaux jours de [s]a vie »[24]. Elle déclare en 2018 être atteinte d'un syndrome autistique[25].

Controverses[modifier | modifier le code]

En 2018, dans un article qui lui est consacré par le journal Le Monde, la journaliste Zineb Dryef écrit que « les scientifiques contactés pour en parler refusent tout net de perdre leur temps à commenter “des sornettes”. Sans compétences solides, piocher dans des articles scientifiques et en tirer des conclusions relève au mieux de l’opinion, au pire, de la manipulation[6]. » L'article reprend entre autres une critique d'Odile Fillod sur l'utilisation par Peggy Sastre de l'indice de Manning ; elle considére sur son blog qu'il ne peut en aucun cas être considéré comme « un indice fiable de l’androgénisation prénatale »[26].

En réaction à ce portrait, Slate publie une tribune du biologiste Robert Trivers qui soutient Peggy Sastre et indique que l'indice de Manning qu'elle utilise pour mesurer le taux d'exposition fœtale est correct, puisque scientifiquement prouvé selon lui [27]. Il y critique le refus d'accepter certaines thèses, notamment la psychologie évolutionniste, par l’existence supposé d'une forme de « chauvinisme[27] ». Il y décrit notamment Sastre comme « une femme voulant judicieusement aller contre ce biais. Sastre use de la science et de la biologie modernes d'une manière créative, afin de défier l'orthodoxie dominante[27]. » De plus, l'auteur publie, sur son blog, l'avis de six scientifiques l'ayant soutenu à cette occasion[28]. Il s'agit de la professeur émérite de génétique médicale Claudine Junien, du psychologue et mathématicien Nicolas Gauvrit, du psychologue cognitiviste Steven Pinker, de Jerome H. Barkow (en), professeur émérite d’anthropologie, du biologiste en science de l'évolution Michel Raymond et du psychologue évolutionniste Geoffrey Miller[28].

La blogueuse Odile Fillod critique, dès 2012, trois travers qu'elle juge récurrents dans le travail de Peggy Sastre, à savoir une présentation erronée des positions adverses, un recours fréquent à l'argument d'autorité et l'accusation de parti-pris idéologique[29][réf. insuffisante]. Elle considère également que Peggy Sastre n'a « ni formation scientifique, ni formation journalistique » et qu'elle s'appuie uniquement sur le discours de chercheurs favorables aux hypothèses qu'elle défend en passant sous silence la fragilité et les critiques des études qu'elle mobilise[29]. Elle estime ainsi que son travail ne relève pas du journalisme scientifique mais qu'elle devrait « se présenter pour ce qu’elle est, à savoir une essayiste et chroniqueuse pamphlétaire à la Éric Zemmour[29]. »

Publications[modifier | modifier le code]

  • avec Charles Muller, Des plantes pour votre cerveau : Comment booster votre humeur, votre mémoire, votre intelligence, Paris, Éditions Médicis, , 287 p. (ISBN 978-2853272995)
  • avec Charles Muller, Sexe machines, Paris, Max Milo Éditions, , 215 p. (ISBN 978-2353410064)
  • Ex utero, pour en finir avec le féminisme, Paris, Éditions La Musardine, coll. « L'Attrape Corps », , 200 p. (ISBN 978-2842713881)
  • Écrivains en séries, Un guide des séries télé (Collectif, entrées Nip/Tuck, Csi Las Vegas, Regenesis et Lady Oscar), Paris, Laureli/Léo Scheer, , 496 p. (ISBN 978-2756101507)
  • No sex, avoir envie de ne pas faire l'amour, Paris, Éditions La Musardine, coll. « L'Attrape Corps », , 200 p. (ISBN 978-2842713928)[30]
  • Ex utero manifesto, in Nouvelle Revue française no 593, Paris, Gallimard, coll. « N.R.F. », , 240 p. (ISBN 978-2070129225)
  • Dans la chambre sombre, in Ravages no 6 « Mauvais Genre », Paris, (ISBN 978-2755608571)
  • Coquilles vides, in Dans le ventre des femmes, Paris, (ISBN 978-2358350051)
  • Préface à la seconde édition de La Vie, l'Amour, le Sexe d'Arthur Vernon, Tabou, 2013 (ISBN 978-2363260215)
  • Le gâteau des Bakhrouchine, in Noor, revue pour un islam des Lumières no 2,
  • Le Sexe des maladies, avec une préface de Martin Winckler, Favre, 2014, 224 p. (ISBN 978-2828914356)
  • Sextrêmes - La libération des mœurs n'a pas eu lieu, in Citrus no 3 Sexe, L'agrume, , 224 p. (ISBN 979-1090743335)
  • La domination masculine n'existe pas, Anne Carrière, 2015, 276 p. (ISBN 978-2843377815)
  • Comment l'amour empoisonne les femmes, Anne Carrière, 2018, (ISBN 9782843378263)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Terme utilisé dans les présentations de Peggy Sastre par Europe 1, Le Figaro et France Inter
  2. Sastre, Peggy (1981-....), « BnF Catalogue général », sur catalogue.bnf.fr (consulté le 5 avril 2018)
  3. Notice d'autorité de la Bibliothèque Nationale de France
  4. lefigaro.fr, « DES PLANTES POUR LE CERVEAU », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  5. « LA SEXUALITÉ AU SCANNER », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  6. a b c et d Zineb Dryef, « Peggy Sastre, le féminisme à la sauce Darwin », lemonde.fr, (consulté le 19 janvier 2018)
  7. Quelques-uns des titres traduits par Peggy Sastre : Une Vengeance trop tentante, Vengeance dans le désert, Le Piège du devoir, Pour protéger son secret, L'Aveu du désert
  8. « Les articles de Peggy Sastre », sur Slate.fr (consulté le 23 novembre 2017)
  9. Peggy Sastre et Jef Tombeur, « Peggy Sastre : « Il y aura une suite à l’Ex Utero » », sur http://www.come4news.com/, (consulté le 1er février 2015)
  10. Descamps Philippe, « Bibliographie », dans L'utérus, la technique et l'amour. L’enfant de l’ectogenèse, sous la direction de Descamps Philippe. Paris, Presses Universitaires de France, « Intervention philosophique », 2008, p. 197-205.
  11. Tota mulier ex utero - Pour une libération de la condition utérine, lesmutants.org
  12. « Affaire Polanski: combien de fois faut-il dire «non»? », Slate.fr,‎ (lire en ligne)
  13. « Affaire Polanski : les filles de rien et les hommes entre eux », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  14. Agence bibliographique de l'enseignement supérieur
  15. « Peggy Sastre », sur leplus.nouvelobs.com (consulté le 7 décembre 2016)
  16. Jean Perrier, « Hommes-femmes, mode d'emploi », GQ,‎ (lire en ligne)
  17. Six idées qui nous font bondir dans La Domination masculine n'existe pas, cheekmagazine.fr, 10 décembre 2015.
  18. L’utérus artificiel est l’avenir de la femme, causeur.fr, 28 juin 2017.
  19. « C’est de cet évoféminisme que nous pouvons apprendre que, si l’espèce humaine est évolutive, comme toutes les autres, la domination des femmes par les hommes est un moment de l’histoire et de l’évolution qui n’a rien de terminé, de figé, de définitif » ; « La sortie du féminisme que je propose dans cet essai requiert par-dessus tout une meilleure connaissance de l’évolution biologique féminine et des moyens actuels de l’orienter : ce que j’appellerai un évoféminisme » P. Sastre, Ex utero, Paris, 2009, p. 138 et p. 142.
  20. « Peggy Sastre : «Le féminisme policier refuse la contradiction» », Figarovox, 10 janvier 2018.
  21. Collectif, « « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  22. Le JDD, « "Liberté d’importuner" : les dessous du texte qui fait scandale », JDD,‎ (lire en ligne)
  23. a et b « Peggy Sastre: "Ce que dit Brigitte Lahaie est vrai, 20 % des femmes jouissent pendant leur viol" », sur rmc.bfmtv.com,
  24. « Interview de féministe #19 : Peggy Sastre », crepegeorgette.com (consulté le 26 février 2018)
  25. Marie Vaton, « Peggy Sastre, féministe "par défaut" », sur nouvelobs.com,
  26. « Un indice fiable de quoi », sur lemonde.fr,
  27. a b et c « Du chauvinisme français en sciences (et en sciences de l'évolution en particulier) », Slate.fr,‎ (lire en ligne).
  28. a et b « Non, je ne raconte pas (que) des "sornettes" », sur lamutationestenmarche.blogspot.fr, (consulté le 8 mars 2018).
  29. a b et c « Les tours de passe-passe de la psychologie évolutionniste du genre », sur Allodoxia, (consulté le 8 mars 2018)
  30. Sarah Chiche, « Peut-on avoir envie de ne pas faire l'amour ? », sur Sciences Humaines (consulté le 25 novembre 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]