Faute de la victime (psychologie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Blâmer la victime)

En psychologie sociale, la faute de la victime ou blâmer la victime concerne une ou plusieurs victimes d'un crime, d'un accident ou d'autres types d'incidents entièrement ou partiellement tenues pour responsables de ce qu'elles ont subi. Cette qualification est également appelée double victimisation. On retrouve entre autres le concept en santé et dans certains milieux militants.

Historique et définition[modifier | modifier le code]

William Ryan (en) utilise la locution « blaming the victim » pour la première fois dans son ouvrage éponyme datant de 1971. Ryan décrit le fait de blâmer une victime comme une idéologie utilisée pour justifier le racisme et les injustices subies par les afro-américains aux États-Unis.

Robert Crawford considère que cette idéologie du blâme des victimes a émergé aux États-Unis à la suite de l'augmentation des coûts des soins de santé[1]. Plus généralement, la banque de données en santé publique définit la faute de la victime comme l'ensemble des « activités, dans le champ de la santé, basées sur la croyance que l'individu est principalement si ce n'est exclusivement responsable de sa santé et de ses problèmes de santé, induisant un sentiment de culpabilité. En d'autres termes, l'individu est le principal responsable et l'influence des facteurs sociaux et environnementaux est ignorée »[2].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les conséquences de la faute de la victime sont triples. D'abord, la faute cristallise les injustices et les inégalités sociales. Ensuite, elle individualise les problèmes sociaux. Enfin, elle érode les liens de solidarité entre victimes[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) R. Crawford, « You are dangerous to your health: the ideology and politics of victim blaming », Int J Health Serv., vol. 7, no 4,‎ , p. 663-680.
  2. « Faute de la victime », sur asp.bdsp.ehesp.fr (consulté le 1er avril 2018)
  3. « Blâmer la victime: une pratique aussi dangereuse que pernicieuse », HuffPost Québec,‎ (lire en ligne, consulté le 1er avril 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]