Janice Raymond

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Janice Raymond
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Janice G. Raymond (née le ) est une lesbienne féministe radicale américaine, également professeure émérite. Elle est connue pour son travail contre la violence, l'exploitation sexuelle et les abus médicaux envers les femmes, ainsi que pour son travail controversé sur la transidentité.

Raymond est connue pour avoir écrit The Transsexual Empire, publié en 1979. Ses déclarations sur la transidentité ont été critiquées par de nombreuses personnes de la communauté LGBTI+ et féministe et sont transphobes. Elle a également écrit sur la prostitution et donné des conférences à l'étranger sur ces sujets via l'association Coalition Against Trafficking in Women (en) (Coalition contre le trafic des femmes, CATW)[1]

Éducation et carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Raymond obtient un bachelor en littérature anglaise au Salve Regina College en 1965, une maîtrise en études des religions de la Andover Newton Theological Schoo en 1971, et un doctorat en éthique et société du Boston College en 1977[réf. nécessaire].

Raymond est professeure émérite en études des femmes et de l'éthique médicale à l'Université du Massachusetts à Amherst. Elle est membre du corps professoral à l'Université du Massachusetts à Amherst, à partir de 1978. Quand elle prend sa retraite de l'Université en 2002,le Boston Globe inclut parmi les talents perdus par le campus[2].

Depuis 2000, elle travaille en tant que professeure adjointe en santé Internationale à la Boston University School of Public Health (en)[3]

Le travail de plaidoyer[modifier | modifier le code]

De 1994 à 2007, Raymond est la co-directrice exécutive de la Coalition Against Trafficking in Women (en) (CATW). Elle devient par la suite membre de son conseil d'administration.

Au cours de son mandat, la CATW élargit son travail à l'international, en particulier dans les pays Baltes et en Europe de l'Est

En  Raymond témoigne devant le Parlement européen de L'impact de l'industrie du sexe dans l'Union européenne. En 2003, Raymond, témoigne devant le sous-comité du Congrès des États-Unis sur La tragédie de l'esclavage et de la traite des êtres humains qui se poursuit au niveau international. Elle est membre d'une ONG membre de la délégation des États-Unis en Asie pour l'Initiative régionale contre la traite des femmes et des enfants (ARIAT) à Manille, aux Philippines, organisée par les gouvernements des Philippines et des États-Unis. En 1999 et 2000, en tant que représentante d'une ONG à l'ONU sur le comité de la criminalité transnationale, à Vienne, elle aide à définir le Protocole des Nations unies visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, en addition à la Convention des Nations unies contre la Criminalité Transnationale Organisée.

Publications[modifier | modifier le code]

Dans son livre de 1993 Women as Wombs: Reproductive Technologies and the Battle over Women's Freedom, Raymond examine comment le fait de réduire l’infertilité à une maladie a promu l'utilisation de nouvelles technologies reproductrices comme la fécondation in-vitro et la maternité de substitution. Au même moment, la fertilité des femmes est rejetée à l'Est, avec la promotion de technologies de stérilisation forcée, le recours à la prédétermination sexuelle et destruction des fœtus femelles. Le livre est le premier à examiner le trafic international de la reproductivité des femmes et des enfants en tant que système organisé par le commerce de l'adoption, des organes et de la maternité de substitution[4].

Women as wombs, comme écrit le critique du San Francisco Chronicle : « est une critique puissante et réfléchie du libéralisme reproductif ». Un critique du Library Journal déclare qu'« il est difficile de résister à sa conclusion que de nombreuses expériences de reproduction peuvent représenter une autre forme de violence contre les femmes »[5].

Raymond dans son livre de 1986, A Passion for Friends: a Philosophy of Female Affection, (en français : Passion pour l’amitié: une philosophie de l'affection féminine) s'écarte de son travail sur les technologies médicales pour entrer dans le domaine de l'amitié féministe, en tant que potentiel pour le développement  d'une théorie féministe et politique.

Carolyn Heilbrun dans The women's review of books écrit : « Voici une brave entreprise, et elle commence par s'attaquer à la question centrale de l'amitié entre femmes : la nécessaire relation entre ces amitiés et l'accesion au pouvoir et à la sphère publique. Ce que Raymond propose constitue la discussion la plus profonde et honorable concernant l'amitié entre femmes que nous avons.... » Publié également au Royaume-Uni, son livre reçoit le prix City Limits pour le meilleur livre de non-fiction de 1986. La romancière Jeanette Winterson écrit que « c'est un livre complexe qui donne à penser et récompense bien le temps passé à le lire ».

Les écrits sur la transidentité[modifier | modifier le code]

En 1979, Janice Raymond a publié un livre sur la transidentité appelé The Transsexuel Empire: The Making of The She-Male[6]. Transphobe, il se veut examinateur du rôle de la transidentité — particulièrement dans ses aspects psychologiques et chirurgicaux — pour renforcer les stéréotypes de genre traditionnels, et la façon dont le complexe médical et psychiatrique médicalise l'identité de genre et le contexte politique et social qui a aidé à propager le traitement pour les personnes trans et la chirurgie comme une médecine thérapeutique et habituelle.  

Raymond maintient que la transidentité serait basée sur le mythe patriarcal de la « maternité mâle » et la fabrication de la femme à l'image de l'homme. Elle affirme que cela est fait pour « coloniser l'identification, la culture, la politique et la sexualité féministe », ajoutant « Tous les transsexuels violent le corps des femmes en le réduisant à un artefact, en s'appropriant ce corps pour eux-mêmes. Les transsexuels coupent le moyen le plus évident d'envahir les femmes, pour ne pas paraitre invasifs. » Dans une interview de 2014, Raymond affirme qu'une personne transgenre demanderait l'accès au corps d'une femme non pas en tant que propriété sexuelle mais à travers la reconstruction chirurgicale pour devenir une femme[7]. Elle précise également qu'elle a « utilisé le viol comme une métaphore », dans le sens d'une personne transgenre exigeant « l'accès à des corps de femmes » non pas comme propriété sexuelle mais à travers une réassignation chirurgicale ou hormonale pour « devenir une femme », et a déclaré que la métaphore n'était pas appropriée et qu'elle ne l'utiliserait pas à nouveau dans le même contexte[8].

Ces vues sur la transidentité ont été critiquées par la communauté LGBTI+ et féministe comme transphobes et comme constituant un discours de haine contre les personnes transgenres[9],[10],[11],[12].

Dans The Transsexual Empire Janice Raymond inclut des sections à propos de Sandy Stone, une femme transgenre qui a travaillé en tant qu'ingénieure du son pour Olivia Records, et de Christy Barsky, les accusant tous deux de créer la division dans les espaces dévolus aux femmes. Ces écrits ont été critiqués en tant que constituant des attaques personnelles sur ces individus[13],[14].

Écrits sur la prostitution et la traite sexuelle[modifier | modifier le code]

En 2000, Raymond co-publie une de ses études sur le trafic du sexe aux États-Unis intitulé Sex Trafficking in the United States: Links Between International and Domestic Sex Industries. En 2002, elle dirige et co-écrit un projet concernant plusieurs pays: Philippines, Indonesie, Thaïlande, Venezuela et États-Unis intitulé Women in the International Migration Process: Patterns, Profiles and Health Consequences of Sexual Exploitation[15],[16].

Parmi les nombreux articles qu'elle a publié, son travail intitulé Ten Reasons for not legalizing prostitution and a legal response to the demand for prostitution a été traduit en plus de dix langues. Cet essai examine les modèles législatifs qui ont légalisé ou décriminalisé l'industrie de la prostitution et les arguments en leur faveur, en affirmant que la légitimation de l'industrie du sexe a rendu ses dommages aux femmes invisible. Raymond soutient le modèle alternatif du rejet de la légalisation et décriminalisation de l'industrie du sexe tout en pénalisant la demande masculine d'enfants et de femmes comme objets d'exploitation sexuelle[17].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Raymond est une ancienne membre des Sœurs de la Miséricorde[18]. Après avoir quitté le couvent[19] elle se déclare ouvertement lesbienne[20],[21].

Distinctions et les honneurs[modifier | modifier le code]

En 2007, Raymond reçoit  l'International Woman Award, 2007 du Zero Tolerance Trust à Glasgow, en Écosse[22].

En 1986, le livre de Raymond A Passion for Friends: a Philosophy of Female Friendship est nominé meilleur livre de non-fiction par le magazine britannique City Limits[23].

Raymond reçoit des subventions du Département d'État des États-Unis, du National Institute of Justice, la foundation Ford, de l United States Information Agency, de la National Science Foundation, de la Norwegian Organization for Research and Development (NORAD) et de l'UNESCO.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Janice G. Raymond, The transsexual empire : the making of the she-male, Boston, Massachusetts, Beacon Press, , 220 p. (ISBN 978-0-8070-2164-4) Reprinted by Teachers College, Columbia University, New York; Editions du Seuil, Paris (1994).
  • The sexual liberals and the attack on feminism, New York, Pergamon Press, (ISBN 978-0-8077-6239-4)
  • Janice G. Raymond et Lynette J. Dumble, RU 486 : misconceptions, myths and morals, Melbourne / Hamburg / Dhaka, Bangladesh, Spinifex Press / Konkret Literatur Verlag / Narigrantha Prabartan, (ISBN 978-1-74219-844-6)
  • Janice G. Raymond, Women as wombs : reproductive technologies and the battle over women's freedom, San Francisco / Melbourne / Munich, Harper / Spinifex Press / Frauenoffensive, , 254 p. (ISBN 978-0-06-250899-7)
  • Janice G. Raymond, A passion for friends : toward a philosophy of female affection, Boston / London / Munich, Beacon Press / the Women's Press / Frauenoffensive, (ISBN 978-0-8070-6724-6) Reprinted by Spinifex Press, Melbourne (2001).
  • Janice G. Raymond, Donna M. Hughes et Carol Gomez, Sex trafficking of women in the United States : international and domestic trends, Kingston, Rhode Island, Coalition Against Trafficking in Women, (lire en ligne) Pdf.
  • Janice G. Raymond, A Comparative Study of Women Trafficked in the Migration Process : Patterns, Profiles and Health Consequences of Sexual Exploitation in Five Countries (Indonesia, the Philippines, Thailand, Venezuela and the United States), Coalition Against Trafficking in Women, (OCLC 50414499, lire en ligne)

Articles[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Janice Raymond – Coalition Against Trafficking of Women » [archive du ], Catwinternational.org (consulté le 23 mars 2010).
  2. Russell, Jenna. "Professors' Retirement Rattle UMass." Boston Globe, June 22, 2002, p. B1 Metro/Region. June 10, 1979, p. 11
  3. « BU 2009-10 School of Public Health Bulletin – Faculty », Bu.edu, (consulté le 23 mars 2010)
  4. Kaufmann, K. "Reproductive Technology and Women's Rights." San Francisco Chronicle Book Review, January 9, 1994.
  5. Beverly Miller, Book Review of Women as Wombs, Library Review Journal, November 1, 1993.
  6. « book », Worldcat.org (consulté le 23 mars 2010)
  7. Raymond, Janice. (1994). The Transsexual Empire, p. 104
  8. Julian Vigo, « Dispelling Fictions and Disrupting Hashtags », sur CounterPunch, (consulté le 18 décembre 2017) : « In The Transsexual Empire, I used rape as a metaphor as in the figure of speech, 'rape of the earth,' to describe the male transgender person's demand for access to women's bodies in undergoing treatment and surgery to become women. It was not an appropriate metaphor, and I would not use it again in this context. I was trying to point out the age-old patriarchal presumption that women's bodies should always be made available to men and the unique way in which transsexual surgery mimics this access to women's bodies, with men gaining entrée to the female body not as sexual and/or reproductive property, but through hormonal and surgical construction. In this case, rape was not a proper metaphor because it minimized the distinct meaning of rape and took on a critical life of its own rather than illuminating the point I was trying to make. »
  9. Rose, Katrina C. (2004) "The Man Who Would be Janice Raymond." Transgender Tapestry 104, Winter 2004
  10. (en) Julia Serano, Whipping Girl : A Transsexual Woman on Sexism and the Scapegoating of Femininity, Seal Press, , 1re éd. (ISBN 1-58005-154-5, OCLC 81252738), p. 233–234Voir et modifier les données sur Wikidata
  11. (en) Viviane Namaste, Invisible Lives: The Erasure of Transsexual and Transgendered People, University of Chicago Press, 2e éd., 320 p. (ISBN 978-0-22656-809-6, OCLC 838127566), p. 33–34Voir et modifier les données sur Wikidata
  12. Hayes, Cressida J., 2003, "Feminist Solidarity after Queer Theory: The Case of Transgender", in Signs 28(4):1093–1120.
  13. Raymond, Janice. (1994). The Transsexual Empire, p. 101–102.
  14. Hubbard, Ruth, 1996, « Gender and Genitals: Constructs of Sex and Gender », in Social Text 46/47, p. 163.
  15. « Archived copy » [archive du ] (consulté le 9 janvier 2010)
  16. « Traffick Study TOC PGMKR » [archive du ] [PDF] (consulté le 23 mars 2010)
  17. « Coalition Against Trafficking in Women » [archive du ], Action.web.ca (consulté le 23 mars 2010)
  18. A Passion for Friends – Google Books, Books.google.com (lire en ligne)
  19. Janice Raymond, 2001, A Passion For Friends, p. 79.
  20. Janice Raymond, 2001, A Passion For Friends, p. 14.
  21. Cheshire Calhoun (en), 1994, "Separating Lesbian Theory from Feminist Theory", in Ethics, vol. 104, no. 3.
  22. Cate Devine, « The woman risking her life to end a modern slave trade », Herald Scotland,‎ (lire en ligne, consulté le 23 mars 2010)
  23. City Limits, 16–23 October 1986, p. 93.

Liens externes[modifier | modifier le code]