Catharine MacKinnon

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Catharine MacKinnon
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Catharine MacKinnon.
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Catharine Alice MacKinnon est une juriste et militante féministe américaine, née le à Minneapolis, Minnesota. Elle enseigne le droit. Elle est à l'origine de la définition du harcèlement sexuel dans la loi aux États-Unis. Elle a joué un rôle majeur dans la reconnaissance en droit international du viol comme crime de guerre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Catherine MacKinnon est la fille d'Elizabeth Valentine Davis et de George MacKinnon (en), un magistrat et homme politique, représentant au Congrès.

Engagée dans la mouvance du féminisme radical, elle publie en 1979 un rapport sur le harcèlement sexuel, Sexual Harassment of Working Women : A Case of Sex Discrimination. Elle se fonde alors sur les discriminations sexuelles reconnues depuis la loi de 1964. Sa définition du harcèlement sexuel est à l'origine de la législation sur ce sujet aux États-Unis, reconnue par la Cour suprême en 1986[1],[2].

À partir de 1983, Catharine MacKinnon commence à combattre la pornographie par des biais juridiques en travaillant avec Andrea Dworkin. Toutes deux rédigent une Antipornography Civil Rights Ordinance qui vise à interdire la pornographie en tant que violation des droits des femmes, l'assimilant à une forme de hate speech (« discours d'incitation à la haine »). Rejeté aux États-Unis, ce texte a cependant servi de référence à la décision Butler de la Cour suprême du Canada en 1992, concernant la censure de la pornographie. MacKinnon publie alors avec Andrea Dworkin In Harm’s Way: The Pornography Civil Rights Hearings (1997).

D'autres féministes et des chercheurs queer critiquent les théories de MacKinnon et Dworkin, montrant que la répression finit par atteindre les minorités (comme le S/M lesbien). Judith Butler, qui défend la liberté d'expression dans Excitable Speech (1997 - trad. 2004, Le Pouvoir des mots), ou Donna Haraway, par exemple, ont critiqué les positions de MacKinnon.

En 1987, MacKinnon publie Feminism Unmodified: Discourses on Life and Law et soutient une thèse de sciences politiques à l'université Yale, Toward a Feminist Theory of the State (1989). Avec Only Words en 1993, elle revient sur les blessures que représentent les insultes et le langage sexiste.

Depuis 2004, elle enseigne le droit à l'université du Michigan et est professeur invitée à l'université de Chicago[3].

Sexe et genre[modifier | modifier le code]

Catherine MacKinnon propose une critique radicale de la domination masculine et de l'organisation patriarcale. Elle refuse la distinction entre le sexe biologique et le genre définit comme la construction des identités des individus. Pour elle, le biologique et le social sont indissociables et sont des constructions[4].

Elle remet en cause l'idée que la sexualité est naturelle et qu'il faudrait s'y adonner le plus possible. Pour démontrer cette idée forte, elle s'appuie sur des données qui indiquent que dans la pornographie ce sont les rapports inégaux et la violence exercée sur les femmes qui excitent sexuellement les hommes. Les femmes sont alors perçues comme des objets pour la satisfaction des hommes[4].

Pour elle, la domination masculine est d'abord sexuelle. Cette domination s'inscrit ensuite dans le social qui à son tour valorise la sexualité et renforce la hiérarchie entre les femmes et les hommes. Socialement les hommes sont les personnes qui dominent sexuellement les femmes[4].

Livres traduits en français[modifier | modifier le code]

  • Le Féminisme irréductible : Discours sur la vie et la loi, Paris, Éditions des Femmes, 2004.
  • Ce ne sont que des mots, Paris, Éditions des Femmes, 2007.
  • Trafic, prostitution, inégalité , Paris, MEditeur, 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Béatrice de Gasquet, « Catharine MacKinnon, féministe systématique », Raisons politiques,‎ 2012/2 (n° 46), pages 95 à 99 (lire en ligne)
  2. (en-US) Ginia Bellafante, « Before #MeToo, There Was Catharine A. MacKinnon and Her Book Sexual Harassment of Working Women », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 17 janvier 2019)
  3. Encyclopædia Universalis, « CATHARINE ALICE MACKINNON », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 17 janvier 2019)
  4. a b et c Manon Garcia, On ne naît pas soumise, on le devient, Paris, Climats, , 268 p. (ISBN 9782081439412 et 2081439417, OCLC 1062385005, lire en ligne), p. 50-59

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