Catharine MacKinnon

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Catharine MacKinnon
Description de cette image, également commentée ci-après
Catharine MacKinnon au Théâtre Brattle à Cambridge, en 2006.
Nom de naissance Catharine Alice MacKinnon
Naissance (73 ans)
Minneapolis (Minnesota)
Drapeau des États-Unis États-Unis
Nationalité Américaine
Profession
Avocate, écrivaine, juriste, professeure de droit
Autres activités
Formation
Smith College (licence en administration, 1969)
École de droit de Yale (doctorat en droit, 1977)
Université Yale (doctorat en science politique, 1987)
Distinctions
Médaille Smith College (1991)
Médaille Wilbur Cross (1995)

Catharine Alice MacKinnon, née le à Minneapolis (Minnesota) est une avocate, écrivaine, juriste et féministe radicale américaine. Elle enseigne le droit. Elle est à l'origine de la définition du harcèlement sexuel dans la loi aux États-Unis. Elle a joué un rôle majeur dans la reconnaissance en droit international du viol comme crime de guerre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Catharine Alice MacKinnon naît à Minneapolis dans l'état du Minnesota, le . Elle est la fille aînée d'Elizabeth Valentine Davis et de George MacKinnon. Son père était avocat, représentant au Congrès (de 1947 à 1949) et juge à la Cour d'appel des États-Unis pour le circuit du district de Columbia (de 1969 à 1995).

Elle est devenue la troisième génération de sa famille à fréquenter l'alma mater de sa mère, le Smith College, et obtient son diplôme. Elle a obtenu son J.D en 1977 et un doctorat en sciences politiques, en 1987 à l'Université Yale; elle reçoit également une bourse de la Fondation nationale pour la science.

Carrière et engagement[modifier | modifier le code]

Engagée dans la mouvance du féminisme radical, elle publie en 1979 un rapport sur le harcèlement sexuel, Sexual Harassment of Working Women : A Case of Sex Discrimination. Elle se fonde alors sur les discriminations sexuelles reconnues depuis la loi de 1964. Sa définition du harcèlement sexuel est à l'origine de la législation sur ce sujet aux États-Unis, reconnue par la Cour suprême en 1986[1],[2].

À partir de 1983, Catharine MacKinnon commence à combattre la pornographie par des biais juridiques en travaillant avec Andrea Dworkin. Toutes deux rédigent une Antipornography Civil Rights Ordinance qui vise à interdire la pornographie en tant que violation des droits des femmes, l'assimilant à une forme de hate speech (« discours d'incitation à la haine »). Rejeté aux États-Unis, ce texte a cependant servi de référence à la décision Butler de la Cour suprême du Canada en 1992, concernant la censure de la pornographie. MacKinnon publie alors avec Andrea Dworkin In Harm’s Way: The Pornography Civil Rights Hearings, en 1997[3].

D'autres féministes et des chercheurs queer critiquent les théories de MacKinnon et Dworkin, montrant que la répression finit par atteindre les minorités (comme le S/M lesbien). Judith Butler, qui défend la liberté d'expression dans Excitable Speech (1997 - trad. 2004, Le Pouvoir des mots), ou Donna Haraway, par exemple, ont critiqué les positions de MacKinnon.

En 1987, MacKinnon publie Feminism Unmodified: Discourses on Life and Law (Le Féminisme irréductible. Discours sur la vie et la loi)[4],[5] et soutient une thèse de sciences politiques à l'université Yale, Toward a Feminist Theory of the State (1989). Avec Ce ne sont que des mots en 1993, elle revient sur les blessures que représentent les insultes et le langage sexiste.

Depuis 2004, elle enseigne le droit à l'université du Michigan et est professeur invitée à l'université de Chicago.

Sexe et genre[modifier | modifier le code]

Catharine MacKinnon propose une critique radicale de la domination masculine et de l'organisation patriarcale. Elle refuse la distinction entre le sexe biologique et le genre définit comme la construction des identités des individus. Pour elle, le biologique et le social sont indissociables et sont des constructions.

Elle remet en cause l'idée que la sexualité est naturelle et qu'il faudrait s'y adonner le plus possible. Pour démontrer cette idée forte, elle s'appuie sur des données qui indiquent que dans la pornographie ce sont les rapports inégaux et la violence exercée sur les femmes qui excitent sexuellement les hommes. Les femmes sont alors perçues comme des objets pour la satisfaction des hommes.

Pour elle, la domination masculine est d'abord sexuelle. Cette domination s'inscrit ensuite dans le social qui à son tour valorise la sexualité et renforce la hiérarchie entre les femmes et les hommes. Socialement les hommes sont les personnes qui dominent sexuellement les femmes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Essais en langue originale[modifier | modifier le code]

  • (en) Catharine MacKinnon, Sexual Harassment of Working Women a Case of Sex Discrimination, Yale University Press, , 328 p. (ISBN 978-0300022995)
  • (en) Catharine MacKinnon, Feminism Unmodified: Discourses on Life and Law, Harvard University Press, , 352 p. (ISBN 978-0674298743)
traduit en français par Catherine Albertini et Michèle Idels sous le titre Le Féminisme irréductible. Discours sur la vie et la loi, préface. Noëlle Lenoir, Éditions des femmes, 2005, 352 p. (ISBN 978-2721004864)[5]
  • (en) Catharine MacKinnon et Andrea Dworkin, Pornography and Civil Rights: A New Day for Women's Equality, Organizing Against Pornography, , 148 p. (ISBN 978-0962184901)
  • (en) Catharine MacKinnon, Toward a Feminist Theory of the State, Harvard University Press, , 350 p. (ISBN 978-0674896468)
  • (en) Catharine MacKinnon, Only Words, Harvard University Press, , 160 p. (ISBN 978-0674639348)
traduit en français par Isabelle Croix et Jacqueline Lahana sous le titre Ce ne sont que des mots, Éditions des femmes, 2007, 125 p. (ISBN 978-2721005410)
  • (en) Catharine MacKinnon et Andrea Dworkin, In Harm's Way: The Pornography Civil Rights Hearings, Harvard University Press, , 508 p. (ISBN 978-0674445796)
  • (en) Catharine MacKinnon, Sex Equality, University Casebook Series, , 1651 p. (ISBN 978-1566624794)
  • (en) Catharine MacKinnon et Reva Siegel, Directions in Sexual Harassment Law, Yale University Press, , 752 p. (ISBN 978-0300098006)
  • (en) Catharine MacKinnon, Women's Lives, Men's Laws, Belknap Press, , 558 p. (ISBN 978-0674024069)

Essais en langue française[modifier | modifier le code]

  • Catharine MacKinnon, Traite, prostitution, inégalité, M Éditeur, , 125 p. (ISBN 978-2923986951)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Béatrice de Gasquet, « Catharine MacKinnon, féministe systématique », sur Raisons politiques, , p. 95 à 99 p.
  2. (en)Ginia Bellafante, « Before #MeToo, There Was Catharine A. MacKinnon and Her Book Sexual Harassment of Working Women », sur The New York Times,
  3. (en)Stuart Jeffries, « Are women human? », sur The Guardian,
  4. Jean-Sébastien Stehli, « L'icône MacKinnon », sur L'Express,
  5. a et b Clément Solym, « Les classiques du féminisme américain, maintenant en poche », sur Actualitté,

Liens externes[modifier | modifier le code]

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