Violence sexuelle dans le couple

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La violence sexuelle dans le couple est une violence sexuelle qui consiste, pour un partenaire, à imposer un contact ou un acte sexuel non consensuel dans l'intention de contrôler l'autre par la peur, les menaces ou la violence[1]. Cette agression fait partie des violences familiales et les femmes en sont les principales victimes[2].

Violences familiales et abus sexuel[modifier | modifier le code]

La violence sexuelle familiale, comme un rapport sexuel forcé ou un viol conjugal, peut s'inscrire dans le cadre d'une violence physique mais ce n'est pas systématique. Au Mexique et aux États-Unis, des études estiment que 40 % à 52 % des femmes victimes de violence physique dans leur couple subissent aussi les violences sexuelle de leur partenaire[3],[4].

La violence sexuelle dans le couple peut avoir lieu sans violence physique[5]. Dans l'État indien de l'Uttar Pradesh, sur un échantillon représentatif de 6 000 hommes, 7 % déclarent avoir subi des agressions physiques et sexuelles par leur épouse, 23 % qu'ils commettent des violences sexuelles sans violences physiques et 17 % qu'ils commettent la violence physique seule[6].

D'après ONU Femmes, la proportion de femmes victimes d'agression physique et/ou sexuelle dans le couple est estimée à environ 70 %[7].

Types de contraintes[modifier | modifier le code]

Les agresseurs emploient plusieurs procédés pour commettre des abus sexuels sur leur partenaire[8].

Contrainte émotionnelle[modifier | modifier le code]

Les agresseurs peuvent recourir à des menaces, de la manipulation, du harcèlement ou ignorer délibérément leur partenaire. D'après une étude, les contraintes de cet ordre sont comparables à celles qui prévalent lors d'un viol[8].

Menaces contre un tiers[modifier | modifier le code]

L'agresseur déclare que son ou sa partenaire doit se plier à sa volonté ou qu'il infligera des souffrances à des personnes chères à son ou sa partenaire[8].

Menaces de blessures[modifier | modifier le code]

L'agresseur menace d'infliger des souffrances à sa victime, soit de ses propres mains, soit en recourant à des tiers[8].

Contrainte physique[modifier | modifier le code]

Un agresseur emploie la force s'il recourt à des objets, des substances et son propre corps pour obtenir un acte sexuel. De nombreux homicides au sein du couple sont précédés d'actes sexuels obtenus par contrainte physique[8].

Effets sur la santé[modifier | modifier le code]

La violence sexuelle dans le couple est corrélée à de graves conséquences pour la santé sexuelle, physique, psychologique et reproductrice de la victime[8],[2],[9]. La durée de ces effets négatifs est variable[2].

Les femmes victimes de violence dans le couple sont fortement exposées à une contamination par le virus d'immunodéficience humain ou d'autres infections sexuellement transmissibles[8],[10],[9]. En effet, les hommes violents dans l'intimité ont tendance à adopter des conduites à risque, comme la multiplication des partenaires[10].

En outre, les femmes victimes de violence sexuelle de couple risquent de vivre une grossesse non désirée, un avortement, une fausse couche et la mortinatalité. Elles risquent aussi de devenir infertiles[8].

Les victimes jeunes de ces violences peuvent adopter des conduites dangereuses comme l'abus d'alcool et de drogues[9].

Les enfants témoins de violences sexuelles dans le couple vivent de profondes atteintes psychologiques. Ils peuvent développer des problèmes de troubles de stress post-traumatique, de dépression et d'anxiété. En outre, ils sont susceptibles d'intégrer ces violences dans leur système de valeurs si elle est banalisée[8].

Prévalence par pays[modifier | modifier le code]

Pourcentage des femmes adultes qui signalent une agression sexuelle par un partenaire
recensement d'après un échantillon de la population

1989 - 2000

Pays Population analysée Année Nombre de personnes interrogées Agressions ou tentatives d'agression au cours de 12 derniers mois Agressions ou tentatives d'agression au cours d'une vie Agressions effectives subies au cours d'une vie
Brésil São Paulo 2000 941 2.8% 10.1%
Pernambouc 2000 1188 5.6% 14.3%
Canada[11],[12] à l'échelle nationale 1993 12300 8.0%
Toronto 1991 to 1992 420 15.3%
Chili[13] Santiago du Chili 1997 310 9.1%
Finlande[14] à l'échelle nationale 1997 to 1998 7051 2.5% 5.9%
Japon Yokohama 2000 1287 1.3% 6.2%
Indonésie[15] Java central 1999 to 2000 765 13.0% 22.0%
Mexique[16] Durango 1996 384 42.0%
Guadalajara 1996 650 15.0% 23.0%
Nicaragua[17],[18] León 1993 360 21.7%
Managua 1997 378 17.7%
Pérou Lima 2000 1086 7.1% 22.5%
Cuzco 2000 1534 22.9% 46.7%
Porto Rico[19] à l'échelle nationale 1993 to 1996 7079 5.7%
Suède[20] Umeå 1991 251 7.5%
Suisse à l'échelle nationale 1994 to 1995 1500 11.6%
Thaïlande Bangkok 2000 1 051 17.1% 29.9%
Nakhon Sawan 2000 1027 15.6% 28.9%
Turquie[21] Anatolie de l'Est et du Sud-Est 1998 599 51.9%
Royaume-Uni[22],[23] Angleterre, Écosse et Pays de Galles 1989 1007 14.2%
North London 1993 430 6.0% 23.0%
États-Unis[24] à l'échelle nationale 1995 to 1996 8000 0.2% 7.7%
Cisjordanie and Bande de Gaza[25] Palestiniens 1995 2410 27.0%
Zimbabwe[26] Province des Midlands 1996 966 25.0%

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Advocacy, « Intimate Partner Sexual Violence », sur www.wcsap.org (consulté le )
  2. a b et c « WHO | Intimate partner and sexual violence (violence against women) », sur WHO (consulté le )
  3. Campbell JC, Soeken KL. Forced sex and intimate partner violence: effects on women’s risk and women’s health. Violence Against Women, 1999, 5:1017–1035.
  4. Granados Shiroma M.Salud reproductiva y violencia contra la mujer: un ana lisis desde la perspectiva de género. [Reproductive health and violence against women: an analysis from the gender perspective of Nuevo Leon, Asociación Mexicana de Población, Colegio de México, 1996.
  5. Hakimi M et al. Silence for the sake of harmony: domestic violence and women’s health in central Java. Yogyakarta, Gadjah Mada University, 2001.
  6. Martin SL et al. Sexual behaviour and reproductive health outcomes: associations with wife abuse in India. Journal of the American Medical Association, 1999, 282:1967–1972.
  7. (en) « Facts and figures: Ending violence against women », sur UN Women (consulté le )
  8. a b c d e f g h et i (en) Louise McOrmond-Plummer, Jennifer Y. Levy-Peck et Patricia Easteal, Perpetrators of Intimate Partner Sexual Violence : A Multidisciplinary Approach to Prevention, Recognition, and Intervention, Routledge, (ISBN 978-1-315-69342-2, lire en ligne)
  9. a b et c (en) World Health Organization, « Violence against women : intimate partner and sexual violence against women : intimate partner and sexual violence have serious short- and long-term physical, mental and sexual and reproductive health problems for survivors : fact sheet », (hdl 10665/112325)
  10. a et b World Health Organization, Global and regional estimates of violence against women: prevalence and health effects of intimate partner violence and non-partner sexual violence, Italy, World Health Organization, , 22 p. (ISBN 978-92-4-156462-5)
  11. Rodgers K. Wife assault: the findings of a national survey. Juristat Service Bulletin, 1994, 14:1–22.
  12. Randall M et al. Sexual violence in women’s lives: findings from the women’s safety project, a community-based survey. Violence Against Women, 1995, 1:6–31.
  13. Gillioz L, DePuy J, Ducret V. Domination et violences envers la femme dans le couple. [Domination and violence against women in the couple.] Lausanne, Payot-Editions, 1997.
  14. Heiskanen M, Piispa M. Faith, hope and battering: a survey of men’s violence against women in Finland. Helsinki, Statistics Finland, 1998.
  15. Hakimi M et al. Silence for the sake of harmony: domestic violence and women’s health in central Java. Yogyakarta, Gadjah Mada University, 2001.
  16. Heise LL, Ellsberg M, Gottemoeller M. Ending violence against women. Baltimore, MD, Johns Hopkins University School of Public Health, Center for Communications Programs, 1999 (Population Reports, Series L, No.11).
  17. Morrison A et al. The socio-economic impact of domestic violence against women in Chile and Nicaragua. Washington, DC, Inter-American Development Bank, 1997.
  18. Ellsberg MC. Candies in hell: domestic violence against women in Nicaragua. Umea˚, Umea˚ University, 1997.
  19. Puerto Rico: encuesto de salud reproductiva 1995– 1996. [Puerto Rico: reproductive health survey 1995–1996.] San Juan, University of Puerto Rico and Centers for Disease Control and Prevention, 1998.
  20. Risberg G, Lundgren E, Westman G. Prevalence of sexualized violence among women: a populationbased study in a primary healthcare district. Scandinavian Journal of Public Health, 1999, 27:247–253.
  21. Ilkkaracan P et al. Exploring the context of women’s sexuality in Eastern Turkey. Reproductive Health Matters, 1998, 6:66–75.
  22. Painter K, Farrington DP. Marital violence in Great Britain and its relationship to marital and nonmarital rape. International Review of Victimology, 1998, 5:257–276.
  23. Mooney J. The hidden figure: domestic violence in north London. London, Middlesex University, 1993.
  24. Tjaden P, Thoennes N. Full report of the prevalence, incidence and consequences of violence against women: findings from the National Violence Against Women Survey. Washington, DC, National Institute of Justice, Office of Justice Programs, United States Department of Justice and Centers for Disease Control and Prevention, 2000 (NCJ 183781).
  25. Haj Yahia MM. The incidence of wife abuse and battering and some demographic correlates revealed in two national surveys in Palestinian society. Ramallah, Besir Centre for Research and Development, 1998.
  26. Watts C et al. Withholding sex and forced sex: dimensions of violence against Zimbabwean women. Reproductive Health Matters, 1998, 6:57–65.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Documentation[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]