Chavignon

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Chavignon
Chavignon
L'église Saint-Remi.
Blason de Chavignon
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Arrondissement Soissons
Canton Fère-en-Tardenois
Intercommunalité Communauté de communes du Val de l'Aisne
Maire
Mandat
Catherine Bournonville
2018-2020
Code postal 02000
Code commune 02174
Démographie
Gentilé Chavignonnais, Chavignonnaises
Population
municipale
817 hab. (2016 en augmentation de 7,5 % par rapport à 2011)
Densité 71 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 28′ 47″ nord, 3° 31′ 19″ est
Altitude 90 m
Min. 57 m
Max. 195 m
Superficie 11,55 km2
Localisation

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Chavignon est une commune française située dans le département de l'Aisne, en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Chavignon est située entre les villes de Laon et Soissons et est traversé par l'ancienne route nationale 2.

Hameaux et écarts[modifier | modifier le code]

Près du village, direction Royaucourt-et-Chailvet, se trouve le hameau les Bruyères appartenant à la commune.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Merlieux-et-Fouquerolles Chaillevois
Royaucourt-et-Chailvet
Urcel Rose des vents
Vaudesson N Pargny
O    Chavignon    E
S
Aizy-Jouy Filain

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est drainée par plusieurs ruisseaux et est limitée au nord par le canal de l'Oise à l'Aisne et par l'Ailette, affluent de la rive gauche de l'Oise.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L´existence d'un village sur la rive gauche de l'Ailette au pied du Chemin des Dames est attestée dans les textes dès 858 (Cavinionus, Chavignion en 1310, et Chavignon en 1572). Son étymologie fait l'objet de multiples hypothèses : celle-ci se rattacherait à la présence d´une chaussée gallo-romaine reliant Soissons à Laon qui le traversait ou dériverait du terme signifiant tête de vigne associé au nom du ruisseau prenant naissance au pied de la colline de la Malmaison, le Vignon : Caput Vignonis.

Histoire[modifier | modifier le code]

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Il existait à Chavignon une forteresse au IVe siècle, maintes fois anéantie et reconstruite. Charles le Chauve en fit don à l´abbaye Notre-Dame de Soissons.

Au XIIe siècle, les riches propriétaires de Laon y possédaient des vignobles qui jouirent d´une forte réputation jusqu'au XIXe siècle, période à laquelle le gel, la pluie et le phylloxera eurent raison de la culture vinicole.

XIXe siècle

Le hameau des Bruyères, bordant Chavignon, possédait au XIXe siècle quatre ou cinq cabanes modestes. La population s´est peu à peu accrue pour atteindre 116 habitants en 1881. Le lavoir, très endommagé en 1914-1918, fut entièrement reconstruit. Le lieu-dit est aujourd’hui constitué d'une seule et unique rue.

Les travaux de la RN2 (2002-2005) entre Laon et Soissons ont mis au jour deux carrières, dont une allemande, ainsi que plusieurs blockhaus. Mais rapidement remblayés par les services de la DDE, les sites n'ont pu être étudiés.

L'habitat ancien, constitué de 225 maisons au milieu du XIXe siècle, était compact, formant ainsi un tissu urbain continu. Les rues étaient entièrement pavées. Situé dans l'actuelle rue Saint-Pierre, le château était en partie détruit à la période révolutionnaire.

Durant la Guerre franco-allemande de 1870 , le village, comme toutes les communes du Chemin des Dames, connut l'occupation prussienne.

Première Guerre mondiale

Envahi par les Allemands dès le 6 septembre 1914, le secteur connut le calme pendant deux ans et demi, excepté lors de la prise de la creute d'Hurtebise le 25 janvier 1915. Convoitée pour le canal reliant Paris à Bruxelles qui la longe, Chavignon fut soumise à la rigueur de l'occupation : les maisons, transformées en véritables quartiers généraux, étaient numérotées, les rues portant alors des noms germaniques.

C'est au cours de l'offensive d'avril 1917 que les obus français détruisirent en grande partie le village[1],[2],[3],[4],[5], totalement rasé le 17 octobre 1917,[6],[7],[8],[9]. Le 25 octobre, les Français enlevèrent le site, faisant 12 000 prisonniers. Les Allemands en reprirent possession le 27 mai 1918 et les alliés le libérèrent en octobre 1918, achevant de détruire les dernières maisons[10].

Le village été décoré de la Croix de guerre 1914-1918, le [11].

La Reconstruction

En mars 1919, les habitants revenus au village découvrirent un site lunaire. L'emplacement des rues était invisible, mise à part la Rue nationale. La surface détruite fut estimée à 1155 hectares (pour 300 immeubles).

Le maire d'après-guerre, M. Bouteille, se battit pour faire supprimer la zone rouge du territoire de sa commune. La réhabilitation du village s'effectua dès le début des années 1920. Rattachée à la Société Coopérative de Reconstruction de l'Extension laonnoise, Chavignon possédait sa propre coopérative de reconstruction pour les immeubles bâtis appartenant à la commune. Avec la plus grande partie des dons de Haïphong (Viet-Nam) (524 000 francs entre le printemps 1920 et juillet 1927), qui devint sa marraine en octobre 1919, Chavignon racheta les dommages de guerre destinés à la reconstruction de ses bâtiments communaux. La place du Marché fut ainsi baptisée place de Haïphong. La municipalité fit l'acquisition de tout une partie de terrain afin d'y regrouper les bâtiments communaux : auparavant située rue Saint-Pierre, la place bénéficia alors d'un agrandissement. La commune adopta alors un nouveau plan d´alignement et d'aménagement. En 1927, les bâtiments communaux suivants étaient reconstruits : la mairie, l'école, le bureau de poste, la perception, les lavoirs ainsi que 202 bâtiments particuliers et 27 étaient en cours de restauration.

Avant la guerre, les maisons du village étaient toutes accolées, pourvues d'un étage et longues de trois travées. La pierre de taille employée pour le gros-œuvre était de dimension moyenne. Le hameau des Bruyères possédait un tissu urbain plus épars. Lors de la reconstruction, les premières maisons semblent avoir été édifiées route de Soissons dès 1920. L'ensemble des constructions du village ont utilisé les anciennes fondations. Le village de Chavignon semble avoir accueilli les modèles proposés par les divers entrepreneurs : ce fait tend à expliquer la diversité architecturale dont ont fait l'objet les constructions de Chavignon. En effet, deux types d'édifice sont observables : ceux dont l'architecture s'inspire des éléments classiques d'avant-guerre (grâce à l'utilisation de moulures, de baies rectangulaires...) et les autres dont le parti architectural est plus ambitieux (nouveaux matériaux, formes allongées, disposition originale...).

Mises à part au cœur du village, les maisons sont toutes indépendantes, bénéficiant d'un retrait par rapport à la voie de circulation. Les habitations les plus imposantes, formant parfois de grands complexes, sont regroupées dans la rue de Soissons. Certaines caractéristiques sont prépondérantes : l'élévation des murs est constituée d'un blocage de moellons avec pierre de taille aux chaînages harpés et joints apparents, assortis au calcaire de couleur naturel. Sur l'ensemble des villages du Chemin des Dames, la brique n'est jamais autant employée qu'à Chavignon ; elle possède d'ailleurs une couleur spécifique, tirant sur un orangé vif dû à une faible cuisson. Lorsqu'elle ne constitue pas un élément architectonique, son rôle est réduit à la décoration, souvent associée au béton. Des éléments classiques en pierre de taille (porte à entablement mouluré et volutes, lucarnes à fronton triangulaire, corniche moulurée) sont introduits dans les constructions de structures relativement simple dont la façade est le plus souvent en brique. Les façades à pans coupés, mettant en valeur l'élévation principale de l'habitation, constituent un élément architectural souvent observable à Chavignon. Il s'agit d'une caractéristique intéressante, liée au nouveau plan d'alignement mis en place lors de la reconstruction du village.

Seconde Guerre mondiale

Le village eut à souffrir une fois de plus lors de la Seconde Guerre mondiale.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

La commune se trouve dans l'arrondissement de Soissons du département de l'Aisne. Pour l'élection des députés, elle fait partie depuis 1988 de la cinquième circonscription de l'Aisne.

Elle faisait partie depuis 1801 du canton de Vailly-sur-Aisne[12]. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, elle a intégré le canton de Fère-en-Tardenois

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune est membre de la communauté de communes du Val de l'Aisne, créée fin 1994.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1989 mai 2018[13] Daniel Gard LR Retraité Fonction publique
Député de l'Aisne (5e circ) (2002 → 2007)
Démissionnaire
juillet 2018[14] En cours
(au 4 juillet 2018)
Catherine Bournonville    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[16].

En 2016, la commune comptait 817 habitants[Note 1], en augmentation de 7,5 % par rapport à 2011 (Aisne : -0,95 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
6987818288369661 0251 0451 1681 160
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 0771 1391 0861 0671 0891 1311 1531 0641 014
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
902876825460593665642540647
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
621584572629769793752762815
2016 - - - - - - - -
817--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Fort de la Malmaison, construit entre 1878 et 1882 dans le cadre du système Séré de Rivières pour protéger la place de Laon.
  • Calvaire de l'Ange gardien, érigé en 1924, grâce à une souscription publique, conçu par Jean Topin, originaire de Vorges et ancien élève de la Villa Medicis à Rome, et réalisé par l'entrepreneur Bardin. Cette croix monumentale est dédiée aux 35 000 morts dans le camp ennemi et aux 15 000 prisonniers qu'engendra l'attaque du fort de la Malmaison sous le commandement de Pétain le 16 avril 1917. Il marque l'entrée occidentale du Chemin des Dames.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Yves Daudigny, homme politique français, membre du Parti socialiste, y est né en 1947.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
d'or à la tour de gueules sur une nuée de sinople en arc de cercle, accompagnée en chef de deux grenades du même, enflammées d'argent, et en pointe d'une crosse issante de sable.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Section photographique de l'armée, « Photo : Panorama du village - Au {{1er<|plan}}, pont sur l'Aisne détruit », Fonds des Albums Valois - Département de l'Aisne - Volume 9, Argonnaute - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, (consulté le 5 janvier 2019).
  2. Section photographique de l'armée, « Photo : Un coin du village en ruines », Fonds des Albums Valois - Département de l'Aisne - Volume 9, Argonnaute - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, (consulté le 5 janvier 2019).
  3. Section photographique de l'armée, « Photo : Un coin du village en ruines et auto-mitrailleuse de D.C.A. », Fonds des Albums Valois - Département de l'Aisne - Volume 9, Argonnaute - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, (consulté le 5 janvier 2019).
  4. Section photographique de l'armée, « Photo : Lisières du village, cimetière militaire français (tombes des soldats du 355e RI tués à l'attaque du village », Fonds des Albums Valois - Département de l'Aisne - Volume 9, Argonnaute - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, (consulté le 5 janvier 2019).
  5. Section photographique de l'armée, « Photo : Panorama du village en ruines », Fonds des Albums Valois - Département de l'Aisne - Volume 9, Argonnaute - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, (consulté le 5 janvier 2019).
  6. Section photographique de l'armée, « Photo : L'entrée du village, maisons détruites », Fonds des Albums Valois - Département de l'Aisne - Volume 9, Argonnaute - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, (consulté le 5 janvier 2019).
  7. Section photographique de l'armée, « Photo : Un coin du village en ruines », Fonds des Albums Valois - Département de l'Aisne - Volume 9, Argonnaute - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, (consulté le 5 janvier 2019).
  8. Section photographique de l'armée, « Photo : Un coin du village en ruines - La Grand'rue », Fonds des Albums Valois - Département de l'Aisne - Volume 9, Argonnaute - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, (consulté le 5 janvier 2019).
  9. Section photographique de l'armée, « Photo : Le terrain conquis ; lieu-dit « Le Bournier » », Fonds des Albums Valois - Département de l'Aisne - Volume 9, Argonnaute - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, (consulté le 5 janvier 2019).
  10. Carte spéciale des régions dévastées, document mentionné en liens externes, 1920.
  11. Journal officiel du 3 décembre 1920, p. 19715.
  12. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. « À Chavignon et dans l’Aisne, les trois temps de Daniel Gard : Daniel Gard a éteint tous ses engagements, professionnels et politique. Il n’est pas mécontent de s’éloigner progressivement de la lumière publique pour retrouver la chaleur familiale », L'Union,‎ (lire en ligne, consulté le 6 janvier 2019).
  14. « Catherine Bournonville élue maire de Chavignon : Chavignon Catherine Bournonville succède à Daniel Gard comme maire de la commune. Première adjointe, c’est elle qui assurait l’intérim à la tête du conseil municipal », L'Union,‎ (lire en ligne, consulté le 6 janvier 2019).
  15. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  16. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.