Sancy-les-Cheminots

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sancy.
Sancy-les-Cheminots
Mairie-école
Mairie-école
Blason de Sancy-les-Cheminots
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Arrondissement Soissons
Canton Fère-en-Tardenois
Intercommunalité Val de l'Aisne
Maire
Mandat
Michel Lemaire
2014-2020
Code postal 02880
Code commune 02698
Démographie
Population
municipale
99 hab. (2014 en diminution de 12,39 % par rapport à 2009)
Densité 22 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 26′ 02″ nord, 3° 28′ 21″ est
Altitude 95 m
Min. 71 m
Max. 187 m
Superficie 4,53 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Aisne

Voir sur la carte administrative de l'Aisne
City locator 14.svg
Sancy-les-Cheminots

Géolocalisation sur la carte : Aisne

Voir sur la carte topographique de l'Aisne
City locator 14.svg
Sancy-les-Cheminots

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Sancy-les-Cheminots

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Sancy-les-Cheminots

Sancy-les-Cheminots est une commune française, située dans le département de l'Aisne en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village de Sancy-les-Cheminots est situé dans le département de l'Aisne de la région de la Picardie. Le village de Sancy-les-Cheminots appartient à l'arrondissement de Soissons et au canton de Vailly-sur-Aisne. La population de Sancy-les-Cheminots était de 106 au recensement de 1999, de 110 en 2006 et de 111 en 2007. Le nombre de personnes ayant une résidence secondaire à Sancy-les-Cheminots était de 3 en 2006. Le code Insee du village de Sancy-les-Cheminots est le 02698. Le code postal du village de Sancy-les-Cheminots est le 02880.

L'altitude de Sancy-les-Cheminots est de 110 mètres environ. La superficie de Sancy-les-Cheminots est de 4,53 km ². La densité de population de Sancy-les-Cheminots est de 24,50 habitants par km². La latitude de Sancy-les-Cheminots est de 49,433 degrés et la longitude de Sancy-les-Cheminots est de 3,472 degrés. Les villes et villages proches de Sancy-les-Cheminots sont : Nanteuil-la-Fosse (02) à 1,48 km, Celles-sur-Aisne (02) à 3,03 km, Aizy-Jouy (02) à 3,26 km, Allemant (02) à 3,37 km, Laffaux (02) à 3,71 km. (Les distances avec ces communes proches de Sancy-les-Cheminots sont calculées à vol d'oiseau - Voir la liste des villes de l'Aisne)

Entrée de Sancy-les-Cheminots

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette modeste bourgade d’une centaine d’habitants n’est desservie par aucune ligne de chemin de fer, mais entretient depuis plus de soixante dix ans, des liens étroits avec les cheminots.

Durant la Première Guerre mondiale de 1914 à 1918, les furieux combats qui se déroulèrent au Chemin des Dames n’épargnèrent pas Sancy qui tomba aux mains des Allemands le 30 octobre 1914. Ceux-ci transformèrent l’église du village en hôpital de campagne. Or parmi les blessés se trouvait le fils d’un chef de bureau du chemin de fer de l’État, Lucien Busquet, qui mourut des suites de ses blessures, et fut enterré au milieu des décombres.

Pilonné, écrasé, pris et repris par l’une puis l’autre des armées entre 1914 et 1918, Sancy, à l’Armistice, faisait partie de ces villages situés en zone rouge et totalement détruits, et dont la situation géographique devait être rappelée par un poteau portant l’inscription : " ICI FUT SANCY ".

Paul Busquet, le père, chercha longtemps la tombe de son fils. Il la découvrit enfin, dans un coin du village, au milieu des ruines.

À l’occasion d’un pèlerinage qu’il faisait dans ce lieu douloureux, Paul Busquet rencontra un homme abattu, pensif et profondément meurtri : le maire du village. Il partageait avec l’instituteur une maisonnette en bois. Ils jurèrent de tout mettre en œuvre pour faire renaître Sancy de ses cendres. Dès le lendemain, Paul Busquet fit part de ce vœu au président de l’Union Nationale des Cheminots, M. Louis Olivier, ancien maire du 13e arrondissement de Paris, qui devait devenir le premier président d’honneur de l’œuvre de Sancy-les-Cheminots. Grâce à l’appui de la présidente du Comité américain en faveur des régions dévastées, madame Murray Dike, la reconstruction du village put commencer.

Des collectes furent organisées à l’échelon national parmi les cheminots, et leurs montants ajoutés aux nombreux dons reçus permirent:

- de remettre en état les chemins,

- de rétablir le captage des eaux de la source de St-Ouen et d’en assurer la distribution,

- de construire la mairie-École, qui fut inaugurée le 3 septembre 1922.

- de doter le village d’un matériel de lutte contre l’incendie.

- d’acquérir une maison communale pour y loger un garde-champêtre.

- de créer un " Jardin du Souvenir " : le Clos Margaret Mc Intyre inauguré le 6 septembre 1925, où repose désormais Lucien Busquet, entre les stèles élevées à la mémoire des fils et gendre de madame Wurtz, cheminote gérante de halte à Lutterbach (Alsace), du héros tchèque Venceslas Dostal, de Giuseppe Garibaldi et de ses petits-fils, de Quentin Roosevelt, fils de l’ex-président de États-Unis, aviateur tué le 14 juillet 1918 à Coulanges, et de nombreux cheminots morts au champ d’honneur, dont Albert Deluce, tué à Corbeny le 7 avril 1918.

Images du Jardin du souvenir

De plus, l’œuvre de Sancy-les-cheminots contribua à accélérer la reconstruction de l’église qui fut remise à monseigneur Mennechet, évêque de Soissons, et ouverte au culte le 30 septembre 1928.

La reconnaissance de ce village, entièrement anéanti en 1918, est le résultat de la grande fraternité des cheminots.

C’est pour les remercier que la commune demanda et obtint par décret du 17 novembre 1929, l’autorisation de s’appeler Sancy-les-Cheminots.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Sancy-les-Cheminots

Les armes de Sancy-les-Cheminots se blasonnent ainsi : D'azur à un coupon de rail cousu de sable sommé d'une étoile d'or, accosté de 2 branches d'olivier d'argent, fruitées de sable, les tiges passées en sautoir

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
    Jean-Jacques Wilquin    
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 Jean Deligny    
mars 2008[1] en cours
(au 12 mai 2014)
Michel Lemaire SE Retraité Fonction publique
Réélu pour le mandat 2014-2020[2]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[4].

En 2014, la commune comptait 99 habitants[Note 1], en diminution de 12,39 % par rapport à 2009 (Aisne : -0,02 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
209 240 257 274 315 297 305 266 253
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
233 233 235 233 214 203 187 195 197
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
149 175 155 61 112 76 78 86 81
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
75 49 48 64 85 106 113 113 99
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Ouen de Sacy-les-Cheminots, construite après 1918. Deux plaques sur le mur du porche commémorent les bienfaiteurs de la reconstruction de l'église et du village.
  • Monument aux morts, commémorant les 5 habitants du village morts pour la France.
  • Une fontaine-lavoir

Le Jardin du Souvenir[modifier | modifier le code]

Le 6 septembre 1925, jour de la fête patronale du pays, plus de 400 cheminots s’étaient réunis dans ce village renaissant de Sancy pour inaugurer le Jardin du Souvenir, à la mémoire des combattants morts au champ d’honneur durant l’horrible guerre de 1914/1918.

Sur les 4 km séparant la commune de Sancy de la petite gare des chemins de fer départementaux de Celles, la plus proche, s’étendait sous une fine pluie, le long cortège des cheminots et des cheminotes venus participer à cette touchante manifestation du souvenir.

Au milieu du cadre de verdure du village partiellement reconstruit, se découvrait, ici même, parmi un carré de fleurs et de couronnes, 4 monuments très simples qui évoquaient les noms et l’ultime sacrifice consenti par tous ces héroïques soldats durant les cruels et meurtriers combats du Chemin des Dames et des régions environnantes.

Nous reprendrons ici quelques extraits du discours que prononça à cette occasion Paul Budquet, président fondateur de l’œuvre de Sancy-les-Cheminots, afin d’expliquer les raisons pour lesquelles il a été créé au sein de ce village un Jardin du souvenir.

" Pour satisfaire notre cœur et notre mémoire, disait-il, permettez moi de vous citer quelques faits marquants et poignants qui illustrèrent cette si tragique période.

C’était en octobre 1919, la première offrande qui nous parvint fut celle de Mme veuve Wurtz, receveuse à la gare de Chef Boutonne avec ces quelques mots : " en mémoire de mes trois enfants morts pour la patrie ". Cette courageuse et excellente femme termina sa carrière à la halte de Luttenbach, près de Thann, sa ville natale en Alsace. ".

Elle est venue, ce 6 septembre 1925, se recueillir devant une tombe idéale, le destin doublement cruel l’ayant laissée dans l’ignorance de l’emplacement où tombèrent ses trois fils.

Une deuxième stèle rappelle le sacrifice de Venceslas Dostal, premier officier tchèque tombé en Artois, avec plus de cent de ses compatriotes engagés volontaires.

À Verdun, Mme Kovarova-Machova, première conseillère municipale déléguée de la ville de Prague, s’était rendue sur la tombe des soldats anonymes pour répandre, dans un geste symbolique, un peu de terre apportée de son pays pour la mélanger à la nôtre. Ayant entendu parler de Sancy, elle fit appel aux groupements de cheminots de la Bohême et les dons ne se firent pas attendre.

Le monument à la mémoire de Guiseppe G " Pour satisfaire notre cœur et notre mémoire, disait-il, permearibaldi et de ses petits-fils Constante et Bruno Garibaldi morts selon les traditions de la famille, personnifie l’Italie généreuse et chevaleresque. Ils sont tombés en Argonne pour la défense de la Justice et du Droit.

Combien d’Italiens reposent dans les cimetières militaires de Bligny et de Soupir tout près d’ici. Le souligner dans ce Jardin du Souvenir nous est apparu comme un devoir primordial.

Théodore Roosevelt aimait la France et, pour activer le mouvement francophile dans son pays, il envoya ses 4 fils et son gendre se ranger sous notre drapeau. Il allait offrir à la France ce qu’il avait de plus cher, son plus jeune enfant, Quentin aviateur, mort à 20 ans le 14 juillet 1918 à Coulanges non loin d’ici.

Dans une lettre adressée au commandant de la légion, peu de temps après son grand deuil, Théodore Roosevelt disait : " Quant à Quentin, il n’y a pas de consolation, pourtant, sa mère et moi, préférons qu’il soit parti et ne soit pas revenu de cet enfer, plutôt qu’il ne soit pas parti ".

Les tombes Garibaldi et Roosevelt où reposaient ces héros n’existent plus à Sancy. Les corps ont été transférés dans des cimetières plus importants. Les deux stèles rappellent leur héroïque sacrifice.

Lucien Busquet fut grièvement blessé le 30 octobre 1914 lors des combats de Vailly-sur-Aisne. Sa sépulture fut retrouvée dans les ruines de l’église de Sancy.

Son père Paul Busquet prit l’engagement solennel de tout tenter pour obtenir la reconstruction de ce village pourtant classé en zone rouge.

Ce projet des plus généreux se présente comme un fait historique ayant

pour origine : l’Amour,
pour base : la Solidarité,
pour objectif : le Devoir

C’est ainsi qu’est née l’œuvre de Sancy-les-Cheminots.

Rendons hommage à tous les généreux donateurs qui ont répondu spontanément à l’appel de Paul Busquet en faveur de Sancy. Je citerai entre autres :

Mme Ida Bodman, marraine américaine de ce village
Mme A. Murray Dike, présidente du comité américain pour les régions dévastées de la France
Mme Winfield Smith

La plaque de marbre posée sur le côté de la porte d’entrée porte le nom de " Clos Margaret Mc Intyre ".

Cette infirmière canadienne risqua souvent sa vie en soignant les blessés sur la ligne de feu. Combien de milliers de ses compatriotes sont tombés pour la France.

Puissions nous retenir à jamais ce nom de Margaret qui personnifie le devoir et le dévouement.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Préfecture de l'Aisne consulté le 7 juillet 2008
  2. « Liste des maires de l'Aisne » [xls], Préfecture de l'Aisne, (consulté le 12 août 2014)
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.