Antoni Clavé

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Antoni Clavé
Clavé dans son atelier 1983 ((OTRS pending)).jpg

Antoni Clavé i Sanmartí

Naissance
Décès
(à 92 ans)
Saint-TropezVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Antoni Clavé, né le à Barcelone (Espagne), et mort le à Saint-Tropez (Var), est un peintre espagnol.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les premières années[modifier | modifier le code]

Après avoir été commis dans une maison de tissu en 1925, Antoni Clavé i Sanmartí entre aux cours du soir de l'école annexe des beaux-arts de Barcelone en 1930, pour deux ans, et sa famille le laisse poursuivre sa voie. Il est ensuite recommandé à Tolosa, propriétaire d'une entreprise de peinture en bâtiment où Clavé devient apprenti. Attiré par le côté artisanal du métier où il apprend à faire du minium, puis à peindre du bois, à manier les brosses, à dessiner les lettres, Clavé, dès 1928, commence à peindre à l'huile le portrait de sa grand-mère. Son patron lui apprendra aussi à copier des Vélasquez[1].

En 1931, il remporte le deuxième prix à un concours d'affiche de la Caisse d'épargne de Barcelone et, deux ans plus tard, il abandonne la peinture en bâtiment pour vivre de ses dessins, de travaux de décoration, d'affiches de cinéma. Il se fait rapidement un nom dans cette spécialité. Ses amis sont alors Emilio Grau Sala, Apelles Fenosa, Manolo. Clavé admire tout particulièrement les primitifs catalans[2].

Un an après le début de la guerre civile espagnole, Clavé est mobilisé sur le front républicain d'Aragon, fantassin, dessinateur. Mais, en janvier 1939, il est contraint de suivre la retraite de l'armée républicaine et il franchit la frontière française. Il est interné au camp des Haras à Perpignan dont il sort grâce à l'action de Martin Vivès, peintre perpignanais. Cette même année, il a sa première exposition chez Vivan, pâtisserie-salon de thé tenu par Marie Martín. Dès le 5 avril 1939, il quitte Perpignan pour Paris où le médecin catalan Enguera de Sojo lui offre une chambre de bonne à Neuilly[3].

À Paris, la guerre, l'après-guerre et le succès[modifier | modifier le code]

À Paris, il vit de travaux d'illustration : Carmen, Lettres d’Espagne tout en poursuivant la peinture dans un style alors influencé par Bonnard et Vuillard. En 1941, il installe son premier atelier au no 45 rue Boissonade à Paris. Son fils Jacques naît le 20 mars 1942. Il rencontre Pablo Picasso en 1944 ; c'est une révélation.

Il participe à la fondation du Casal de Catalunya de Paris, créé le 9 juillet 1945.

À l'instar de Picasso qu'il admirait beaucoup[4], Antoni Clavé a été très inspiré par la corrida. Sur ce sujet, il a produit un grand nombre de lithographies, notamment La Corrida et des Toreros dont il a interprété le costume (Torero en costume rouge) pour le chorégraphe Boris Kochno, dont le ballet est donné en 1943 par la compagnie les Ballets des Champs-Élysées dirigée par Roland Petit. Il connaît un fort succès pour ses décors de théâtre et de ballet. Au début des années 1950, il travaille avec Roland Petit mais décide de peindre et d'arrêter la décoration en 1954. À partir de ce moment, Clavé n'acceptera plus de nouvelles commandes pour le théâtre[5].

Il installe un atelier au no 4 rue de Châtillon à Paris. L'atelier lui-même ouvrait sur un minuscule jardin, il était envahi d'objet hétéroclites, d'une tête de taureau naturalisée, de mannequins, de décors rappelant les coulisses d'un théâtre et d'une reproduction de Guernica. La maison est aujourd'hui démolie.

Clavé travaille avec acharnement. Inclassable, ni figuratif, ni abstrait et les deux à la fois avec sa force et son mystère, il aimait aussi les collages et se livrait volontiers au hasard de la création. Quant à la sculpture, il ne s'y intéressa que par périodes, au début de sa carrière et ensuite beaucoup plus tard. À la fin des années 1950, Clavé connaît le succès. Mais en 1963, il s'interroge : il a cinquante ans, une œuvre considérable. Il est reconnu en France, aux États-Unis, au Japon, en Suisse, en Suède, on recherche ses toiles dans le monde entier, ce qui l'inquiète. Il décide de quitter Paris et la société qui fait la mode, notamment le monde du spectacle[6].

La maison de Saint-Tropez[modifier | modifier le code]

Antoni Clavé quitte Paris pour Saint-Tropez en 1965. Il se construit un atelier et une maison au Cap Saint-Pierre qu'il décore avec un soin méticuleux, aidée de sa femme Madeleine. Tous deux réalisent un Palais de couleurs avec des tentures. C'est là que les plus grandes toiles du peintre seront composées[7].

En 1977, il expose ses premiers trompe-l'œil. Le musée d'art moderne de la ville de Paris lui consacre une rétrospective en 1978 et il expose ses œuvres « en marge de la peinture » au Musée national d’art moderne Centre Pompidou. La Biennale de Venise expose plus de cent œuvres au pavillon espagnol en 1984. La même année, il reçoit la médaille d'or du mérite des beaux-arts par le ministère de l'Éducation, de la Culture et des Sports[8]. Antoni Clavé est inhumé à Paris, au cimetière du Montparnasse. Une exposition César/Clavé est présentée en 2007 à Montélimar. Pour le centenaire de la naissance de l'artiste en 2013, la Fundación Vila Casas à Barcelone organise une rétrospective de son œuvre.

Notes et références

  1. Seghers et Cabanne 1989, p. 10
  2. Seghers et Cabanne 1989, p. 15
  3. Seghers et Cabanne 1989, p. 16
  4. Martinez-Novillo 1988, p. 206
  5. Seghers et Cabanne 1989, p. 24
  6. Seghers et Cabanne 1989, p. 20
  7. Seghers et Cabanne 1989, p. 37
  8. (es) « Real Decreto 1727/1983, de 22 de junio, por el que se concede la Medalla al Mérito en las Bellas Artes, en su categoría de oro, a don Julio Caro Baroja », Boletin Oficial del Estado, Madrid, no 150,‎ , p. 18386 (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lluis Permanyer, Clavé sculpteur, Barcelone, Ediciones poligrafa SA 1989, et, Paris, Éditions Cercle d'Art 1989
  • Pierre Daix, Antoni Clavé : assemblages 1960-1999, Neuchâtel, Ides et Calendes, (ISBN 9782825801635)
  • Pierre Seghers et Pierre Cabanne, Clavé, Paris, éditions du Cercle d'Art, , 422 p. (ISBN 2-7022-0239-X)
  • Alvaro Martinez-Novillo, Le Peintre et la Tauromachie, Paris, Flammarion,
  • Pierre Cabanne, Clavé, Édition de la Différence 1999
  • Jean-Luc Mercié, Clavé, Seghers 1980
  • Alain Mousseigne, Antoni Clavé, Prasga 1978
  • Pierre Cabanne, Clavé, Denoël 1979
  • Jean Cassou, Clavé, Barcelone Editorial Rauter 1960
  • Ferran Canyameres, Clavé, un solitari, Barcelone, Biografies populars 1963
  • Pierre Seghers, Clavé, Barcelone, Editiones Poligrafa 1974

Filmographie[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]