Mario Prassinos

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Mario Prassinos
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Naissance
Décès
(à 69 ans)
Avignon
Nationalité
Activité
peintre d'art abstrait - non figuratif
Formation
Lieu de travail
Mouvement
Fratrie
Distinctions
signature de Mario Prassinos
signature

Mario Prassinos, né le à Constantinople et mort le à Avignon, est un peintre non figuratif français d'origine grecque de la nouvelle École de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mario Prassinos naît en 1916 dans une famille grecque implantée depuis de nombreuses générations à Constantinople. En 1922 les Grecs de Turquie quittent le pays pour fuir les persécutions et sa famille s'installe en France. Le jeune Mario fréquente l'école de Puteaux puis habite à Nanterre (jusqu'en 1936). Il poursuit ses études au lycée Condorcet et à l'École des langues orientales. Il fréquente les coulisses du théâtre de l'Atelier (Charles Dullin), ce qui lui donne le goût du théâtre.

La villa Seurat, à Paris, où a vécu Mario Prassinos, au 18.

En 1934, sa sœur Gisèle Prassinos, née en 1920, écrit ses premiers textes que publie la revue Minotaure. Il rencontre alors, chez Man Ray, les poètes surréalistes, André Breton, Paul Éluard, René Char et Benjamin Péret, puis les peintres Max Ernst, Salvador Dalí, Hans Arp et Marcel Duchamp. Il réalise quelques dessins et frontispices pour l'éditeur Guy Lévis-Mano.

Après une première exposition personnelle, préfacée par René Char, en 1938 à la galerie Billiet-Vorms, Mario Prassinos s'éloigne à partir de 1939 du surréalisme. Engagé volontaire durant la guerre, il est blessé et reçoit la Croix de guerre. En 1942, il se lie avec Raymond Queneau et collabore avec les éditions de la NRF pour lesquelles il crée des maquettes de livres, des cartonnages de la NRF parfois appelés cartonnages Prassinos ou « reliés Bonet-Prassinos »[2]. Entre 1943 et 1945 il rencontre encore Albert Camus, Jean-Paul Sartre (dont il illustre Le Mur), Jean Lescure et Gaston Bachelard.

Prassinos crée en 1947 ses premiers costumes pour une pièce de Paul Claudel montée par Jean Vilar (premier festival d'Avignon). Il se lie avec le peintre Alberto Magnelli et rencontre Myriam Prévot, future directrice avec Gildo Caputo de la Galerie de France où il expose par la suite régulièrement. Il obtient en 1949 la nationalité française.

Sa série de Troupeaux le fait aborder une peinture moins figurative. Il réalise à partir de 1951 ses premières tapisseries, qu'expose en 1956 la galerie La demeure, et des décors et costumes pour Macbeth que met en scène Jean Vilar à Avignon et, à Paris, au TNP.

En 1958, après une croisière avec Albert Camus et Michel Gallimard il effectue un long séjour dans l'île de Spetses, en Grèce, qui est à la source d'un renouvellement de sa peinture. Max-Pol Fouchet lui consacre un film de télévision. De 1959 à 1964, Prassinos continue de créer décors et costumes pour Jean Vilar.

Bessie Smith, dont Prassinos a réalisé de nombreux portraits entre 1962 et 1964.
Image du Suaire de Turin dont s'inspire Prassinos en 1974 et 1975.

De nouveaux thèmes apparaissent par la suite dans sa peinture : portraits de Bessie Smith (1962-1964) ou de son grand-père Prétextat (1963-1970), nouveaux dessins d'après les Alpilles (1952-1977), collines qui font face à sa maison d'Eygalières, les Suaires (1974-1975), inspirés par le Suaire de Turin, les Paysages turcs (1969-1981), exposés au Grand-Palais à Paris en 1980 et les Arbres (1980-1985).

Lucien Clergue réalise en 1969 un film sur son œuvre (texte de Jean Lescure). Mario Prassinos écrit Les Prétextats, réflexion sur la série des Prétextats, puis, à partir de 1976, sous forme d'autobiographie, La Colline tatouée.

En 1985, il travaille aux onze Peintures du Supplice qu'il réalise pour décorer la chapelle Notre-Dame de Pitié à Saint-Rémy-de-Provence[3]. C'est là qu'est exposée la donation de 108 œuvres qu'il a faite à l'État français en 1985.

Mario Prassinos meurt à Avignon à 69 ans, en 1985.

Expositions[modifier | modifier le code]

Les Alpilles, d'après lesquelles Mario Prassinos a réalisé de très nombreux dessins entre 1952 et 1977.

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Mario Prassinos - cent cinquante peintures et dessins, Présence contemporaine, Aix-en-Provence, juillet-[4]
  • Mario Prassinos, in pursuit of an artist : Istanbul-Paris-Istanbul, Musée Pera, Istanbul, mai-
  • Mario Prassinos, estampes, Musée des Alpilles, Saint-Rémy-de-Provence, juin-
  • 1916-2016 : centenaire de Mario Prassinos - Mario Prassinos des cimaises à la scène, Maison Jean-Vilar, Avignon, 2016
  • Mario Prassinos, les peintures du supplice, abbaye de la Chaise-Dieu, juillet-[5]
  • L'œuvre ornée de Mario Prassinos, église du château de Felletin, juillet-[6]
  • Dessins de Mario et Gisèle Prassinos, Galerie Simoncini, Luxembourg, juin-

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

« Prassinos exprimait en termes abstraits, dynamiques et baroques, sa spontanéité impressionniste, dans des tons chaleureux, très méditerranéens. »

— Gérald Schurr[8]

Publications[modifier | modifier le code]

Livres illustrés[modifier | modifier le code]

  • Calamité des origines, album de six dessins commentés par Gisèle Prassinos, Paris, GLM éditeur, 1937
  • Guillaume Apollinaire, L'Hérésiarque & C°, treize pointes sèches, Paris, Stock éditeur, 1944
  • Georges Bataille, Dirty, couverture, Paris, éditions Fontaine, coll. « L'Âge d'or », 1945
  • Jean-Paul Sartre, Le Mur, trente-cinq eaux-fortes en couleurs, Paris, NRF, Gallimard, 1946
  • Raymond Queneau, L'Instant fatal, seize eaux-fortes en noir et un burin en couleurs accompagnés de six poèmes de Raymond Queneau, Les Nourritures Terrestres, 1946
  • Coleridge, La Ballade du vieux marin, 22 images et lettrines de Mario Prassinos, Paris, GLM, 1946
  • Matteo Bandello, Roméo et Giulietta, treize burins, Paris, Pierre Vorms éditeur, 1947
  • Guillaume Apollinaire, Le Bestiaire, six eaux-fortes, édité par l'illustrateur
  • Edgar Poe, The Raven, douze gravures sur bois et dix eaux-fortes, Paris, Pierre Vorms éditeur, 1953
  • Alain Gheerbrant, L'Expédion Orénoque-Amazone (maquette), éditions Gallimard, 1953
  • Six dessins de Mario Prassinos, Neuchâtel, Galerie Numaga, 1964
  • Raymond Queneau - Eine Modellgeschichte, Verlag für Neue Literatur, 1964
  • Arthur Rimbaud, Une Saison en enfer, dix-huit eaux-fortes en couleurs, Les Bibliophiles comtois, 1966
  • Bonjour Monsieur Prassinos, quatorze interprétations typographiques simultanées de cinq Pretextas de Mario Prassinos et du poème que Raymond Queneau lui a dédié, La Chaux (Suisse), Parisod éditeur, 1972
  • Jean-Paul Sartre, La Nausée, douze gouaches, NRF coll. « Le rayon d'or », 1951

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Les Prétextats, Paris, Gallimard, 1973
  • « Picasso en prison », L'Arc, n°97, 2e trimestre 1985.
  • La Colline tatouée, Paris, Grasset, 1983 (ISBN 2-246-28821-5)

Musées et collections[modifier | modifier le code]

Canada[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Luxembourg[modifier | modifier le code]

  • Centre national de littérature du Luxembourg, Mersch

République de Macédoine[modifier | modifier le code]

Suisse[modifier | modifier le code]

Collection privée[modifier | modifier le code]

  • Henri Adam-Braun[11]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Selon le calendrier orthodoxe grec ; le 12 août selon le calendrier grégorien.
  2. « Reliures d'éditeur - Site Gallimard », sur gallimard.fr (consulté le 12 mai 2019).
  3. « Je pensais depuis longtemps il est vrai à animer les murs d'une chapelle et voici que cette chapelle m'est offerte. Elle est comme un testament. Que ceux qui la trouveront peu conforme à ce qu'est d'habitude un tel lieu, oublient le mot religion et méditent sur celui de spiritualité. Le thème général est le supplice. À une époque où la pratique de la torture s'accroît dans le monde il m'est apparu que cet ancien, cet horrible supplice auquel la bêtise des hommes a condamné le Christ valait une protestation. Mais j'espère aussi qu'il y a autre chose à y voir. Une œuvre d'art n'a pas qu'un seul sens », écrit Prassinos le 30 août 1985 (FMP donation Mario Prassinos, présentation).
  4. Gérald Schurr, « Les expositions de l'été », n° 27, 8 juillet 1983, page 13.
  5. Paul Thorineau, « Mario Prassinos et ses onze peintures du supplice », France-Info, 29 août 2016
  6. Cité de la tapisserie, L'œuvre ornée de Mario Prassinos, présentation de l'exposition à Felletin, 2017.
  7. Musée Estrine, Vues : un siècle de regards sur les Alpilles, dossier de presse, 2015
  8. Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1993, page 826.
  9. « Mario Prassinos | Collection Musée national des beaux-arts du Québec », sur collections.mnbaq.org (consulté le 28 juin 2019).
  10. Sylvain Lecombre, La Collection française du musée d'art contemporain de Skopje, Éditions Magor, Skopje, 2015.
  11. Ader Nordmann, Catalogue de la collection Henri Adam-Braun, Hôtel Drouot, Paris, 29 novembre 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur Prassinos[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Pierre Cabanne, Le Midi des peintres, coll. « Tout par l'image », Hachette, 1964
  • René Huyghe de l'Académie française et Jean Rudel, L'Art et le monde moderne, Larousse, 1970
  • Gérard Xuriguera, Les Années 50 - Peintures, sculptures, témoignages, Arted, 1984
  • Patrick-F. Barrer, L'Histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Éditions Arts et Images du Monde, 1992
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs, Gründ, 1999
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001

Filmographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]