Galerie Charpentier

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La galerie Charpentier est une ancienne galerie d'art ancien et moderne installée à Paris, 76 rue du Faubourg-Saint-Honoré. Le lieu est aujourd'hui le siège de Sotheby's France.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1802, le comte d'Orglandes fait bâtir un hôtel particulier au 76 rue du Faubourg-Saint-Honoré dans le 8e arrondissement de Paris, à l'angle de la rue Duras (presque en face du palais de l'Élysée). En 1821, il le vend au colonel d'Andlau d'Orvillers. À une date inconnue, l'hôtel devient la propriété de la famille Mouthier-Dehayin. Le collectionneur Jean Charpentier succède à cette famille et, peu à peu, le public est admis à visiter les collections dans une galerie aménagée dans la cour d'honneur. Dès 1924, une exposition sur Géricault y est organisée par Jean Charpentier.

Après la dissolution de la société des Galeries Georges Petit, les ventes aux enchères de prestige ont lieu « en l'Hôtel de Jean Charpentier ». D'autres expositions sont organisées dans ces lieux comme « Réalités Nouvelles » en 1939[1]. En 1941, une exposition posthume des œuvres d'Émile Bernard est proposée au public parisien. En 1948 Raymond Nacenta devient propriétaire de la galerie, et de nouvelles expositions et ventes aux enchères mémorables y sont organisées.

Au début des années 1960, la ville de Paris consent aux commissaires-priseurs parisiens des conditions avantageuses pour la location du Palais Gallièra qui devient le lieu à la mode pour les vacations prestigieuses d'objets d'art. Par la suite, les anciens locaux de la galerie Charpentier furent le siège parisien de la société Fives-Lille[2], qui montra sa maîtrise de l'utilisation de l'acier en installant à la place de la galerie des bureaux particulièrement standardisés.

À la fin des années 1980, les pièces sur la rue du Faubourg étaient louées à Pierre Cardin qui y installa un restaurant.

Implantée à Paris depuis 1967, la société de vente aux enchères Sotheby's choisit en 1988 cet immeuble pour y installer ses bureaux parisiens[3].

Expositions[modifier | modifier le code]

De 1942 à 1965, la galerie Charpentier eut une politique d'exposition assez ambitieuse et novatrice.

Expositions ayant donné lieu à la publication d'un catalogue[4] :

  • 1924 : Géricault
  • 1925 : Art ancien espagnol
  • 1927 : Georges Michel
  • 1928 : La jeunesse vue par les maîtres français et étrangers du XVIe au XIXe siècle
  • 1929 : Jean Helleu
  • 1930 : Madeleine de Lyée de Belleau[5]
  • 1930 : Kamesuke Hiraga 75 peintures ; du 5 au 19 décembre 1930
  • 1931 : Anna Quinquaud
  • 1932 : Florimond Météreau
  • 1933 : Marguerite Jeanne Carpentier[6]
  • 1934 : Maîtres anglais du XVIIIe siècle[7]
  • 1934 : Section française de la Biennale de Venise
  • 1935 : L'art de la gravure en Angleterre et en France de 1660 à 1860
  • 1936 : Raymond Moisset
  • 1937 : Rodolphe Caillaux
  • 1938 : Roger Bezombes
  • 1938 : Jean Dries
  • 1939 : Réalités Nouvelles
  • 1942-1943 : Fleurs et Fruits depuis le Romantisme
  • 1943 : André Dignimont
  • 1943 : L’Automne
  • 1943 : Scènes et figures parisiennes
  • 1943 : Cent aquarelles de Maurice Asselin
  • 1944 : L’aquarelle romantique et contemporaine
  • 1944 : La vie familiale
  • 1945 : L’aquarelle
  • 1945 : Paysages d’eau douce
  • 1945 : Paysages de France
  • 1945 : Portraits français
  • 1945 : Maurice Asselin
  • 1946 : Cent chefs d’œuvres des peintres de l’École de Paris
  • 1946 : La vie silencieuse
  • 1946 : Art suisse contemporain
  • 1947 : Beautés de la Provence
  • 1947 : Paysages d’Italie
  • 1947 : K.X. Roussel
  • 1947 : Maillol
  • 1948 : Dunoyer de Segonzac
  • 1948 : Claude Lepape
  • 1948 : Estampes en couleurs, du XVIe siècle à nos jours
  • 1948-1949 : Danse et divertissements
  • 1950 : Cent portraits de femmes
  • 1950 : Émile Bouneau
  • 1950 : André Villeboeuf
  • 1950 : Rétrospective Othon Friesz
  • 1950 : Autour de 1900
  • 1952 : Salon des Tuileries
  • 1952 : Cent portraits d'hommes du XIVe siècle à nos jours
  • 1952-1953 : Cent tableaux d'art religieux du XIVe siècle à nos jours
  • 1953 : Figures nues d’École française depuis les maîtres de Fontainebleau[8]
  • 1953 : L'art sacré
  • 1952 : Célébrités françaises
  • 1954 : Le pain et le vin
  • 1954 : Plaisirs de la campagne
  • 1954 : École de Paris
  • 1955 : Découvrir
  • 1955 : École de Paris
  • 1956 : L’œuvre de Vlaminck
  • 1956 : École de Paris
  • 1956 : Art suisse contemporain
  • 1956 : Un siècle de chemin de fer et d'art
  • 1957 : École de Paris
  • 1957 : Cent chefs-d’œuvre de l’art français, 1750-1950
  • 1957 : Prix Greenshields
  • 1958 : École de Paris
  • 1958 : Cent tableaux de Modigliani
  • 1958 : Cent tableaux de 1944 à 1958 par Bernard Buffet
  • 1959 : Cent tableaux d’Utrillo
  • 1959 : Cent tableaux de Soutine
  • 1959 : Trésors d'art précolombien
  • 1959 : Van Dongen : œuvres de 1890 à 1948
  • 1960 : Cent tableaux de collections privées : de Bonnard à de Staël
  • 1960 : Cent œuvres de Gauguin
  • 1960 : Dunoyer de Segonzac (50 années de peinture)
  • 1961 : Henri Rousseau dit « le Douanier »
  • 1961 : Cent tableaux de Jacques Villon
  • 1962 : Célébrités françaises
  • 1962 : Les Fauves
  • 1963 : Tony Agostini
  • 1963 : Jardins de France
  • 1963 : Trésors des musées bulgares depuis le Xe siècle avant Jésus-Christ
  • 1964 : Le surréalisme
  • 1964 : Les Gemmaux de Pablo Picasso
  • 1964-1965 : Pettoruti : cinquante ans de peinture
  • 1965 : Jardins et Fleurs
  • 1965 : Rouault : peintures inconnues ou célèbres

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette exposition organisée par Yvanhoé Rambosson et Frédo Sidès est une préfiguration du premier Salon des réalités nouvelles de 1946. Voir Domitille d'Orgeval, « Salon des Réalités Nouvelles : les années décisives, de ses origines (1939) à son avènement (1946-1948) », thèse sous la direction de Serge Lemoine, université Paris IV-Sorbonne, 2007.
  2. En 1984, cette société céda son droit au bail à un antiquaire, mais cette cession fut contestée par les propriétaires ; voir en dernier lieu l'arrêt de rejet de la 3e chambre civile de la cour de cassation, en date du 14 novembre 2007, no 06-16063.
  3. Voir sur sothebys.com.
  4. Parfois une simple feuille.
  5. Un catalogue, très rare, semble avoir été imprimé avec un texte d'Yvanhoé Rambosson.
  6. Du 18 novembre au 3 décembre 1933.
  7. Organisé par la marquise de Ganay, avril-mai 1934.
  8. Catalogue de Raymond Nacenta. Les artistes exposant sont Bernard Lorjou, Yvonne Mottet, André Minaux, Gaston Sébire et Paul Aïzpiri.

Voir aussi[modifier | modifier le code]