Bernard Lorjou

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Bernard Lorjou
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Bernard Lorjou, né à Blois le , et mort à Saint-Denis-sur-Loire le , est un peintre français.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale et pendant les années 1950, il est, avec Bernard Buffet, Jean Carzou, Alfred Manessier et quelques autres, l'un des peintres français les plus cités et les plus connus d'alors[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Souhaitant devenir peintre, Bernard Lorjou quitte Blois pour Paris où il découvre l'œuvre d'Édouard Manet tout en fréquentant les anarchistes du Libertaire[2]. Peu après, en 1925, il est apprenti coloriste à l'atelier de dessin François Ducharne. Il y devient maquettiste et dessinateur en soierie. Plus tard, ses créations dans ce domaine habillent des célébrités comme la duchesse de Windsor ou Marlène Dietrich[2]. Il y rencontre aussi Yvonne Motet, sa future compagne, avec qui il se mariera en 1968, quelques semaines avant son décès d'une leucémie[3].

Avec l'aide du critique Jean Bouret, il fonde avec Michel Thompson le mouvement anti-abstrait « L'Homme témoin de son temps »[4]. La première exposition du groupe a lieu à Paris en 1948. La même année, il partage avec Bernard Buffet le prix de la critique. Ce dernier participe à la seconde exposition de l'Homme témoin en 1949. La troisième et dernière a lieu en novembre 1962 avec seulement Yvonne Mottet, au bal du Moulin rouge.

En 1953, il rencontre Domenica Walter-Guillaume[5] qui le met en relation avec le marchand d'art Georges Wildenstein, la duchesse de Windsor, Edgar Faure, Arthur Honegger et d'autres personnalités[6].

Farouche adversaire de l'art abstrait, Lorjou le qualifiera dans une lettre ouverte au président de la République « d'imbécile, apatride, vide, art de dégénéré… devenu par la volonté de votre ministre de la Culture, l'ART officiel français[7] ».

En 1960, il signe une autre lettre ouverte en faveur du peintre David Alfaro Siqueiros, alors emprisonné au Mexique et qui le remerciera de sa présence lors du vernissage de L'assassinat de Sharon Tate au musée Galliera, le 14 octobre 1970[8].

Personnage irascible et fantasque, Lorjou fait circuler en 1977 une pétition pour la défense de l'Art français et contre le Centre Beaubourg qu'il n'hésite pas à affubler du mot de Cambronne parce qu'il représente pour lui cet art officiel qu'il exècre particulièrement[9].

D'un style onirique figuratif, il est souvent considéré par la critique comme un expressionniste tardif. Artiste autodidacte, il se définit lui-même comme « la bête noire » des conservateurs de musées[10]. Dans la mouvance du Salon de la Jeune Peinture de la Nouvelle École de Paris, il expose au Salon des Peintres témoins de leur temps et au Salon d'automne tout au long de sa vie après la Seconde Guerre mondiale.

Il passe les dernières années de sa vie à Saint-Denis-sur-Loire.

Expositions[modifier | modifier le code]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans un sondage publié en 1955 par Connaissance des arts sur les « dix plus grands artistes de l'année », il est cité en troisième position, après Buffet et Antoni Clavé, mais devant Alfred Manessier, Nicolas De Staël et Jean Bazaine (Marie-Amélie zu Salm-Salm, Échanges artistiques franco-allemands et renaissance de la peinture abstraite dans les pays germaniques après 1945, Paris, Harmattan, (ISBN 2-7475-5628-X et 978-2-747-55628-6, lire en ligne), p. 69).
  2. a et b Parmi Peintres et Poètes, p. 28.
  3. Parmi Peintres et Poètes, p. 16.
  4. Parmi Peintres et Poètes, p. 27.
  5. Veuve du marchand d'art Paul Guillaume et remariée avec l'architecte Jean Walter.
  6. Parmi Peintres et Poètes, p. 17.
  7. Parmi Peintres et Poètes, p. 25.
  8. Parmi Peintres et Poètes, p. 32.
  9. « Les foucades de Bernard Lorjou, ce “costaud de la peinture” », p. 428 in Pierre Marie Gallois, Le sablier du siècle : témoignages, Lausanne Paris, l'Âge d'homme, (ISBN 2-8251-1238-0 et 978-2-825-11238-0).
  10. Parmi Peintres et Poètes, p. 15.
  11. Pierre Basset, Florence Condamine et Junko Shibanuma, Lorjou : rétrospective 1938-1986, Flassans-sur-Issole, Galerie Florence Basset,
  12. Salon du dessin et de la peinture à l'eau, présentation du salon et de Lorjou, 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J.-P. Crespelle, Montmartre vivant, Hachette, 1964. voir chapitre 10 pages 248 à 273: Lorjou, dernier grand de la Butte
  • Jean Vergnet-Ruiz, Collection George et Adèle Besson, avant-propos de Jean Minjoz et Marie-Lucie Cornillot, Édition du Musée des beaux-arts de Besançon, 1965.
  • René Huyghe et Jean Rudel, L'Art et le monde moderne, Larousse, 1970
  • Les Muses, encyclopédie des arts, Grange-Batelière, Paris, 1972. Voir tome 9, pages 2977 et 2978
  • Dictionnaire universel de la peinture, Le Robert, Paris, 1975. Voir tome 4
  • Georges Gérard, Lorjou, le peintre du siècle, Paris, Publisud, coll. « Les Témoins de l'histoire », , 273 p. (ISBN 978-2-866-00326-5)
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999. Voir tome 8 pages 803 et 804
  • Junko Shibanuma (photogr. Eiji Shibanuma), Lorjou, Villenave-d'Ornon, Fus-Art, (ISBN 978-2-912-52733-2)
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Paris, Gründ, , 1367 p. (ISBN 978-2-700-03055-6), p. 764
  • Madeleine Siériès et Jan Laurens Siesling, Bernard Lorjou : la chapelle de la Maison Charles de Blois, Paris, Somogy éditions d'art, (ISBN 978-2-850-56839-8)

Liens externes[modifier | modifier le code]