Louis Touchagues

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Louis Touchagues
Naissance
Décès
(à 81 ans)
Paris, France
Nationalité
Activité
Formation
Distinctions

Louis Touchagues, né le [1] à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or dans le Rhône et mort le à Paris, est un artiste peintre, dessinateur, illustrateur, graveur, lithographe et décorateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Second fils né du mariage à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or d'André Touchagues (1860-1942), peintre-plâtrier, et de Marguerite Géry (1866-?), couturière, élève de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon où il emporte plusieurs récompenses[2], Louis Touchagues arrive à Paris en 1923 pour exercer son métier de dessinateur-illustrateur dans plusieurs journaux illustrés (L'Art vivant, Paris-Journal, Les Nouvelles littéraires) et satiriques (Le Crapouillot, Le Charivari). Il sera également dessinateur parlementaire, délégué par les Beaux-Arts comme dessinateur à la première Conférence de la Paix ainsi qu'à l'arrivée du général de Gaulle à Paris.

Installé au 4, rue de la Saïda dans le 15e arrondissement de Paris[3], il illustre de nombreux livres de Colette, Sacha Guitry, Marcel Achard, Marcel Aymé, Georges Duhamel, Joseph Delteil, et se fait connaître au travers de trois albums (Femmes et Modèles, La Parisienne et Vagues à Saint-Tropez) comme le dessinateur de la femme. Il a comme modèle la toute jeune Jeanne et sera à l'origine de sa carrière par l'entremise de Michel de Brunhoff son ami[4]. En tant que peintre, il expose aux côtés de Marc Chagall, Raoul Dufy, Ossip Zadkine, et Marie Laurencin.

Son goût pour la décoration le mène à réaliser des décors et costumes de théâtre pour ses amis lyonnais Henri Béraud et Marcel Achard, mais aussi des décors sur porcelaine pour Camille Le Tallec[5]. Il travaille notamment pour Charles Dullin[6],[7] au Théâtre de l'Atelier et pour Louis Jouvet à la Comédie-Française. Il réalise l'un des quatorze tableaux théâtraux, intitulé Place de la Concorde, du spectacle itinérant Le Théâtre de la Mode[8]. Louis Touchagues sera également décorateur organisateur de grandes soirées. De ses travaux résulteront de nombreuses peintures murales et fresques, en lieux publics ou en collections particulières : les fresques de la chapelle de l'Ermitage du Mont Cindre à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or[9], le plafond mobile du restaurant Lasserre qui est inauguré lors d'un gala particulier le [10], les verres peints pour les verrières du Musée d'art moderne de la ville de Paris. Il décore également le bar-fumoir de la Comédie-Française.

Il a aussi pris pour pseudonymes Chag et Chagues. Il joue son propre rôle dans le film Paris je t’aime de Guy Perol, sorti le [11],[12].

Mort le , Louis Touchagues repose au cimetière de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or. Le musée Carnavalet conserve son portrait peint par Benn en 1967[13].

Expositions[modifier | modifier le code]

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Galerie Katia Granoff, Paris, 1927.
  • Louis Touchagues - Gouaches, Galerie Zak, Paris, 1930[23].
  • Louis Touchagues - Décors et costumes de théâtre, Galerie Louis Carré, Paris, avril 1941.
  • Touchagues - Visages du demi-siècle, Musée du Périgord, Périgueux, juin 1972.
  • Claude Robert, commissaire-priseur, trois ventes de l'atelier Louis Touchagues, Hôtel Drouot, Paris, 18 octobre 1976, 14 mars 1977 et 15 octobre 1979[24].
  • Hommage à Louis Touchagues, Théâtre des Célestins, Lyon, novembre 1994 - janvier 1995.

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Un humour aux déformations fantastiques exprimé avec la fraîche ingénuité d'en enlumineur du moyen âge, tel ma paraît être l'art de Touchagues. Touchagues imagier moderne est assez romantique de 1930 pour aimer à la fois la rue du faubourg et la parade de foire, le rococo du Musée Grévin et l'usine. Dans son exposition de gouaches à la Galerie Zak; il faut particulièrement aimer son Bassin de la Villette et son Palais de la Méditerranée, décors opposés auxquels il a su rendre - par quelle magie ? - leur véritable poésie : la première semble joyeusement attendre une fête nautique, la seconde n'est qu'une mélancolique et fausse pâtisserie baignée de bleu, et aussi cette sorte d'usine où les têtes pressées les unes contre les autres semblent une marée noire vomie par un monstre aux mille bouches. » - Revue Art & Décoration[23]
  • « Touchagues, qu'il m'est arrivé de comparer aux très gracieux modèles de Tanagra, est résolument un moderne et même un moderniste convaincu. Vous avez vu les paysages, les bouquets, les jeunes filles dont Touchagues fait le sujet de ses charmants ouvrages. C'est Saint-Tropez, l'œillet et l'anémone de nos jardins, la sœur de Brigitte Bardot et la consœur de Gina Lollobrigida. Vous ignorez pourtant combien de grâce, d'harmonie simple et puissante existent sous ces apparences que Touchagues, comme en se jouant avec autant de modestie que de distinction, dévoile pour nous réconcilier, en dépit de tout, avec la vie. » - Maximilien Gauthier[25]
  • « Un graphisme aérien en parfait accord avec la frivolité du sujet, des stars de l'écran et des monstres sacrés de la scène jusqu'aux petits modèles de Montparnasse : un gracieux festival de jeunes filles en fleur, de nus, de baigneuses, et surtout de portraits de toutes les célébrités parisiennes des années 1930 croquées d'un crayon alerte. » - Gérald Schurr[26]
  • « Robert Rey a écrit de Touchagues dessinateur : "Deux traits de rien du tout, un peu raides, de cette raideur qu'ont les bras et les jambes des toutes jeunes filles. Un petit lavage de lavis, et voilà que ces bras, ces jambes, ces bustes s'embrument de tulle et d'organdi, se gainent de velours et de faille". Les maîtres qu'interroge l'artiste sont Watteau, Fragonard, Constantin Guys et Toulouse-Lautrec.Peintre de la mode, il a été le portraitiste du Tout-Paris des années 1930. Vedettes du spectacle, de la ville ou de la politique ont posé pour lui. Mais, qu'il peigne Arletty ou Suzy Delair, il en fait avant tout un Touchagues. » - Dictionnaire Bénézit[2]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres d'illustration[modifier | modifier le code]

Mont Cindre, portail de la chapelle de l'Ermitage
Mont Cindre, autel de la chapelle de l'Ermitage

Décors et costumes de scènes[modifier | modifier le code]

Articles de presse[modifier | modifier le code]

  • Louis Touchagues, « Chez Henri Matisse », Paris-Journal,

Acteur de cinéma[modifier | modifier le code]

Louis Touchagues a également eu une petite carrière cinématographique, jouant un figurant dans l'Entr'acte, un court métrage surréaliste de René Clair datant de 1924[27], dans Donne-moi tes yeux de Sacha Guitry en 1943 et Paris je t'aime de Guy Férol en 1963[12].

Collections publiques[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Étranger[modifier | modifier le code]

Collections privées[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Une association, créée en 1993, ayant pour but de « redonner à l'œuvre du peintre Louis Touchagues, (sa) place méritée dans le patrimoine artistique de la France », a mis en œuvre, au Mont Cindre, la restauration de la fresque du porche de la chapelle de l'Ermitage en 1998, puis de celle au-dessus de l'autel en 2002[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Archives du Rhône, registre 4E8139, page 5/11, acte no 17 : son père André Touchagues platrier-peintre et sa mère Marguerite Gery couturière. En mention marginale, figure son mariage le 5 avril 1928 avec Margot Helva Palm à Paris 15e.
  2. a b et c Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, vol.13, pages 746-747.
  3. a et b Musée d'art moderne de la ville de Paris, Salon des Tuileries - XXIe exposition, catalogue, 1944, « Louis Touchagues » p. 40.
  4. Jean-Noël Liaut, Modèles et Mannequins : 1945 - 1965, Paris, éditions Filipacchi, , 220 p. (ISBN 978-2-85018-341-6, notice BnF no FRBNF35660421, présentation en ligne), « Victoire », p. 185
  5. Keith and Thomas Waterbrook-Clyde, Atelier Le Tallec Hand Painting Limoges Porcelain, Schiffer Publishing, , 240 p. (ISBN 978-0-7643-1708-8), p. 52-53.
  6. Monique Surel Tupin, Charles Dullin, Presses universitaires de Bordeaux, 1984.
  7. Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains.
  8. Guénolée Milleret (préf. Alexis Mabille), Haute couture : Histoire de l'industrie de la création française des précurseurs à nos jours, Paris, Eyrolles, , 192 p. (ISBN 978-2-212-14098-9, lire en ligne), « Le Théâtre de la Mode », p. 110 à 111
  9. a et b Ermitages du Mont Cindre, Les fresques
  10. Jean-Marie Sacré, « Lasserre par le menu... le 27 juin 1952 », Un œil en salle, 29 mai 2019
  11. Dictionnaire des illustrateurs, 1905-1965, sous la direction de Marcus Osterwalder, éditions Ides et Calendes, 2001, pp. 1641-1642.
  12. a et b Unifrance, "Paris je t'aime", synopsis du film
  13. Musée Carnavalet, "Portrait de Louis Touchagues" dans les collections
  14. Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts et Images du Monde, 1992, page 308.
  15. François Broche et Jean-François Muracciole, Histoire de la collaboration, 1940-1945, Tallandier, 2017.
  16. Laurence Bertrand Dorléac, L'Art de la défaite, 1940-1942, Éditions du Seuil, 1993, page 234.
  17. a et b Château-musée Grimaldi, Hommage à Suzy Solidor, présentation de l'exposition
  18. Centre national du costume de szcène, Les Insolites, présentation de l'exposition, 2011
  19. Sylvie Carlier, Chantal Duverger et Lucie Goujard, Lyon et l'art moderne de Bonnard à Signac, 1920-1942, dossier de presse, Musée Paul-Dini, 2012
  20. Bibliothèques-médiathèques de Metz, Et maintenant, aux fesses !, présentation de l'exposition, 2014
  21. « Divertissements lyonnais au XIXe siècle », Le Pays, 23 octobre 2014
  22. a et b Véronique, « Les habits de l'Opéra de Paris », C'est comme ça qu'on danse, 6 juin 2019
  23. a et b « Chronique - Touchagues », Art & Décoration, avril 1930, tome LVII, pages II-III.
  24. Françoise de Perthuis, « Un témoin de la vie parisienne : Touchagues », La Gazette de l'Hôtel Drouot, no 34, 5 octobre 1979, page 13.
  25. Louis Touchagues (préface de Maximilien Gauthier), Vagues à Saint-Tropez, Imprimerie de G. Soulas, 1962.
  26. Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996, page 906.
  27. Lou Mollgaard, Kiki, reine de Montparnasse, collection « Elle était une fois », Robert Laffont, 1988.
  28. Jean-Claude Daufresne, Théâtre de l'Odéon - Architectures, décors, musée, Éditions Pierre Mardaga, 2004.
  29. Musée Carnavalet, Louis Touchagues dans les collections
  30. Musée Paul-Dini, "Monts d'Or au coucher du soleil" dans les collections
  31. Musée Paul-Dini, Historique des donations
  32. Binoche et Giquello, commissaires-priseurs à Paris, Catalogue de tableaux et objets d'art, Hôtel Drouot, Paris, 3 juin 2015, n°60 du catalogue.
  33. Claude Robert, commissaire-priseur, 5 avenue d'Eylau, Paris, catalogue de l'atelier André Villeboeuf contenant un ensemble d'œuvres de sa collection, Hôtel Drouot, 17 mai 1982.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Albert Cartier, Encyclopédie générale des beaux-arts aux XIXe et XXe siècles - Peintres, sculpteurs, graveurs, architectes, décorateurs, vol.I, n°18, Éditions Pierre Cailler, Genève, 1955.
  • Raymond Nacenta, The School of Paris - The painters and the artistic climate of Paris since 1910, Oldbourne Press, Londres, 1960.
  • Monique Surel Tupin, Charles Dullin, thèse présentée devant l'Université de Paris III le , Presses universitaires de Bordeaux, 1984.
  • Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts et Images du Monde, 1992.
  • Association pour le centenaire de Louis Touchagues, Hommage à Louis Touchagues, Éditions Pierre Cailler, 1994.
  • Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Sous la direction de Marcus Osterwalder, Dictionnaire des illustrateurs, 1905-1965, Éditions Ides et Calendes, 2001.
  • Philippe Paillard (préface de Claude-Régis Michel), Caricatures et autres dessins humoristiques du monde médical lyonnais (1890-1950), Éditions lyonnaises d'art et d'histoire, 2003.
  • Thierry Coudert, Café Society - Mondains, mécènes et artistes, 1920-1960, Flammarion Livres d'art, 2010.

Liens externes[modifier | modifier le code]