La Coupole (brasserie)

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La Coupole
Image illustrative de l’article La Coupole (brasserie)
Image illustrative de l’article La Coupole (brasserie)
Vue de la façade du restaurant.
Présentation
Coordonnées 48° 50′ 32″ nord, 2° 19′ 41″ est
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Adresse 102, boulevard du Montparnasse, Paris
Fondation
Site web http://www.lacoupole-paris.com

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
La Coupole
La Coupole
Géolocalisation sur la carte : Paris/France
La Coupole
La Coupole

La Coupole est une brasserie parisienne située dans le quartier du Montparnasse, sur le boulevard du même nom, dans le 14e arrondissement, et qui est dans l'entre-deux-guerres un haut lieu du Tout-Paris.

Le rendez-vous des artistes[modifier | modifier le code]

Ouverte le 20 décembre 1927[1], par Ernest Fraux et René Lafon sous un nom qui veut éclipser celui du café littéraire Le Dôme, un des autres établissements du boulevard du Montparnasse, La Coupole connaît un rapide succès. Cette ouverture en grande pompe, qui donne lieu à une fête mémorable où les stocks immenses de champagne se révèlent insuffisants face à l'afflux des invités, peut être considérée comme l'apogée du rayonnement de Montparnasse.

Sur une artère où la concurrence entre brasseries est féroce, les gérants investissent lourdement et misent sur l'espace, malgré les difficultés architecturales que posent l'édification du bâtiment au-dessus d'un sous-sol truffé d'anciennes carrières souterraines, et le coût élevé d'une décoration Art déco somptueuse. Le peintre Alexandre Auffray peint les piliers qui sont plus tard classés monuments historiques.

Le dancing de La Coupole, au sous-sol, ouvre le 24 décembre 1928 et est l'endroit où se produisent les musiciens[2].

Parmi les premiers artistes et intellectuels à adopter le lieu, on peut citer Jean Cocteau (qui participe à la soirée d'inauguration), Foujita, Kisling, Giacometti, Zadkine, Joséphine Baker, Man Ray, Georges Braque ou Brassaï. Louis Aragon et Elsa Triolet s'y rencontrent en 1928. Dans les années 1930, les aficionados du lieu sont Picasso, Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, Sonia Delaunay, André Malraux, Jacques Prévert, Marc Chagall, Édith Piaf parmi tant d'autres. Dans les années 1940 et 1950, on peut y croiser Ernest Hemingway, Marlène Dietrich, ou encore Ava Gardner. Après la Seconde Guerre mondiale, Yves Klein y dîne pratiquement tous les soirs et y fait des séances de judo sur la terrasse (à cette époque le bâtiment ne comporte qu'un étage). Il est également professeur de judo à l'American Center.

Les piliers de La Coupole[modifier | modifier le code]

Le patrimoine artistique du lieu est très important. On peut en particulier citer les piliers et pilastres de La Coupole en Lap.

Les vingt-sept peintres de 1927[modifier | modifier le code]

Ceux-ci ont été décorés en 1927 par vingt-sept peintres, fidèle de la bohème de Montparnasse. Ces peintres ont été choisis par un comité ou siégeaient une figure influente de l’Art déco, Charles Dufresne, le critique d’art Florent Fels et le poète et historien André Salmon. La légende veut qu’ils aient été payés en boisson, mais une facture retrouvée en 1993 révèle le prix global de leur intervention : 23 000 francs de l’époque. Dans ses carnets, Jeanne Rij-Rousseau parle de 800 FF reçus pour la décoration du pilier (pilier No 12).

Parmi ces artistes, Alexandre Auffray, Isaac Grünewald, Louis Latapie, Jeanne Rij-Rousseau, David Seifert, Othon Friesz. Le portrait de la danseuse Joséphine Baker, entourée de plumes d’autruche, est dû à Victor Robiquet ; celui de l’écrivain Georges Duhamel, en train de jouer de la flûte, à Marie Vassilieff.

Le pilier de Ricardo Mosner (1985)[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, une poignée de créateurs, défenseurs de la Figuration Libre, mouvement d’inspiration populaire, influencé par la BD, la musique punk, la vidéo, se réunissent chaque soir à La Coupole. Fédérateur de ce groupe, surnommé les « Piliers de La Coupole », le galeriste Pierre Maraval, qui tient la galerie Beau Lézard, organise entre eux un concours pour remplacer la peinture originale de l’un des piliers, endommagée par une infiltration d’eau. Vingt-cinq peintres y participent, dont Robert Combas, Charles Cartwright, Hervé Di Rosa, Keith Haring, Ricardo Mosner. Les clients sont appelés à voter. L’œuvre de Ricardo Mosner emporte les suffrages.

Le pilier de Michel Bourbon (1988)[modifier | modifier le code]

Un nouveau pilastre, le trente-troisième pilier, a été ajouté en 1988 à la place de l’escalier qui menait à La Pergola. Il est peint par Michel Bourbon. Esquissant les figures du peintre Foujita, de Kiki, modèle de garçonne des années 1920, de l’écrivain Ernest Hemingway et de l’un des fondateurs des lieux, René Lafon, l’artiste revisite l’histoire de La Coupole. Il est également l’auteur de la sculpture en plâtre qui surplombe le bar, sous l’appellation : La Rencontre impossible entre le jour et la nuit.

La Coupole de nos jours[modifier | modifier le code]

alternative textuelle
L'intérieur de La Coupole après sa restauration. On peut apercevoir la sculpture La Terre, de Louis Derbré.

La brasserie a été rachetée par le groupe Flo en 1987 qui restaure l'endroit et rétablit sa réputation gastronomique. En 1995, Jean Paul Bucher a revendu le groupe Flo au financier belge Albert Frère. Le bâtiment, qui ne comptait qu'un étage à l'origine, est surmonté de bureaux, avec une façade de fenêtres en miroir qui tente de respecter le parti pris de modernisme. La salle du rez-de-chaussée a été inscrite aux monuments historiques par un arrêté du 12 janvier 1988[3].

Une œuvre du sculpteur Louis Derbré est située au centre du restaurant. Il s'agit de La Terre, sculpture en bronze créée dans la fonderie de l'artiste et inaugurée 1993. À l'origine, elle pouvait tourner sur elle-même. Une autre version de l'œuvre se tourne place Ikebukuro (Japon) et une réplique en résine est installée à La Défense, place des Reflets.

L'intrigue de la nouvelle de Pierre Boulle Une nuit interminable se déroule à La Coupole; le nom du pays du futur, Pergolie, est une allusion au restaurant 'La Pergola', précédemment situé juste au-dessus de La Coupole.

La Coupole est une brasserie fréquentée par de nombreux touristes à la recherche de l'esprit décrit par Hemingway dans Paris est une fête. Dans le roman La tête d'un homme de la série Commissaire Maigret, publié en 1931, La Coupole est au centre de l'enquête, et « Simenon s'est donné l'occasion de décrire synthétiquement [...] ce milieu bigarré et cosmopolite de Montparnasse, qu'il a lui-même beaucoup fréquenté dans les années précédentes ».[4] Joseph Losey y tourna des scènes de son film Monsieur Klein (1976), avec Alain Delon. Une scène du film La Boum y est tournée en 1980, et une autre pour La Boum 2 en 1982.

Un prix littéraire : prix La Coupole[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Prix La Coupole.

Informations économiques[modifier | modifier le code]

La Société d'Exploitation du Restaurant la Coupole a réalisé un chiffre d'affaires de 9 833 400 € en 2017. Le résultat est déficitaire de 2 440 300 €. L'effectif moyen annuel est de 129 salariés[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Historique du lieu, sur le site officiel.
  2. Paris-bistro : histoire la coupole
  3. Notice no PA00086635, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  4. L'avant-propos de Benoît Denis, Les Essentiels de Maigret, p.101, Éditions Omnibus, 2011
  5. « identité et bilans », sur www.societe.com (consulté le 2 septembre 2019)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]