Castillet

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Castillet
Perpignan - Le Castillet.jpg

Le Castillet / El Castellet

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Vue rapprochée du monument

Le Castillet ou Castellet (en catalan) est un monument de la ville de Perpignan qui fut tour à tour porte de la ville et prison d'État. Aujourd'hui il abrite le Musée Catalan des Arts et Traditions Populaires (La Casa Pairal). Il fut également appelé à certaines époques Baluard ou Bastilla.

Le Castillet est constitué de deux parties que sont le Grand Castillet et le Petit Castillet.

Il est considéré comme un document archéologique de la plus grande importance pour l’histoire de la ville, et constitue un type d’architecture militaire unique en son genre. Il est de plus décoratif avec son couronnement de crénelages, de consoles et de tourelles de style mauresque.

L’historique[modifier | modifier le code]

Le Grand Castillet fut construit vers 1368 par le maître d'œuvre Guillaume Gatard sur ordre de l'Infant Don Joan d'Aragon, pour remplacer la porte dite du Vernet qui permettait de traverser les remparts et de faire communiquer la ville avec le faubourg. Le nouveau passage comportait un pont-levis qui n’existe plus. La construction massive du bâtiment était celle d’un château fort défensif pour résister à toute offensive venant du nord.
L’occupation éphémère du Roussillon par Louis XI permit d’en changer la destination. La forteresse devenait inutile puisque tout conflit avec la France était terminé et l’on en fit une prison d’État. Les fenêtres furent garnies de grillages en fer, le passage du pont-levis fut supprimé. Cependant, il fallait assurer une issue de la ville vers le Vernet et l’on juxtaposa le Petit Castillet à la primitive bâtisse en 1478. Ce fut le Portal de Nostra Dona del Pont ou Porte de Notre-Dame du Pont.
En 1542, Charles Quint fit couvrir le Castillet au nord au moyen d’un bastion polygonal dont la pointe et l’échauguette s’avançaient vers la Basse (rivière située au nord). Les ouvriers utilisèrent les matériaux provenant de la Chapelle Notre-Dame du Pont qui fut démolie (ainsi que les maisons du faubourg) pour des raisons stratégiques. À la suite de la destruction de cette chapelle on plaça le Castillet sous la protection de Nostra Dona del Pont et la statue de la Vierge qui l'ornait prit place dans la chapelle. Par la suite, la statue fut placée sur la façade dans une simple niche pratiquée dans le mur (la niche concave, visible de nos jours, ornée d'un encadrement gothique date de 1864).
Vauban fit renforcer le bastion polygonal de Charles Quint et remit le Castillet en état de défense. Au cours de ce siècle on construisit également le Corps de garde. Il s'agissait d'une bâtisse assez simple (démolie en 1843), située côté sud au rez-de-chaussée et couverte de tuiles. Elle servait comme son nom l'indique de lieu de vie au Corps de garde. Une cour longeant le mur du Castillet permettait d'accéder à la porte du monument.
En 1904, on démolit l’enceinte fortifiée de Perpignan mais on respecta le Castillet. Les béquilles qui le reliaient aux remparts disparurent et le bastion et son échauguette furent dynamités.
Au XXe siècle, le Castillet abrita les Archives Municipales de ville de Perpignan.
De nos jours, il abrite le Musée Catalan des Arts et Traditions Populaires aussi appelé La Casa Pairal.

La construction[modifier | modifier le code]

Le Castillet vu du nord en 1824 avec son bastion et son échauguette

Les maçons aux XIVe et XVe siècles à Perpignan, utilisaient les galets tirés de la rivière et la brique, mais les constructions militaires étaient faites exclusivement en briques. Le ciment quant à lui était un amalgame de chaux et de briques pilées (le terbol), très adhérent et résistant.

Le Grand Castillet mesure 31 mètres de longueur et le Petit huit mètres. La hauteur des parapets du crénelage est de 20 mètres au-dessus du sol et celle du faîte de la tourelle de 29,20 mètres. L’épaisseur des murs est de 3,50 mètres à la base, de 2,80 mètres au deuxième étage et de 1,60 mètre au troisième. Un escalier en spirale d’un diamètre de 2,77 mètres dessert le Grand Castillet. Un second escalier en colimaçon a été pratiqué dans l’épaisseur du mur entre le Grand et le Petit Castillet. Ils permettent l’un et l’autre d’accéder à la terrasse.

La prison d'État[modifier | modifier le code]

Le Castillet, prison d'État, recueillit les délinquants de droit commun et les soldats détenus. Un document établi par un officier du Génie au XVIIe siècle (Archives historiques du fort de Vincennes) indique comme suit la disposition des locaux :

  • Grand Castillet : en sous-sol le « cachot blanc ». Au premier étage la chambre du Gouverneur (occupé dans les années soixante par les Archives Municipales). Au deuxième étage la chambre « où sont les fanatiques » et la chambre « où l'on donne la question » avec les instruments de supplice.
  • Petit Castillet : En sous-sol le « cachot noir ». Au premier étage la chambre dite des « galériens ». Au deuxième étage la chambre « où l'on enferme les soldats » et la chapelle. Au troisième étage la chambre « où l'on enferme les femmes ». Les prisonniers sont conduits, pour leur promenade, tout en haut sur la terrasse dallée de pierres.
  • Le Corps de garde : pour servir le Corps de garde.

Bien que classé monument historique en 1889, le Castillet sert de prison pendant encore quelques années. Six prisonniers parviennent même à s'en évader en 1892[1].

L'énigme de l'enfant du Castillet[modifier | modifier le code]

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[style à revoir]

En 1948, Louis Xaragai prit possession de son poste de bibliothécaire municipal au Castillet. Dès son arrivée, il fut intrigué par une fenêtre encadrée de pierres blanches, qui avait dû être jadis grillagée mais qui était maintenant bouchée. Il alerta des maçons pour dégager cette ouverture et savoir quel était là-haut l'état des lieux (la dite fenêtre se trouve dans le mur du Petit Castillet, à gauche de la statue de la Vierge).

On eut vite fait de dégager les pierres qui la clôturaient mais l'ouvrier se retira aussitôt, suffoqué par une forte odeur nauséabonde : « Il y a un cadavre là-dedans ! » s'écria-t-il.

On alla voir et on se trouva dans un réduit, mesurant trois mètres de long, quatre-vingt centimètres de large et de deux mètres de haut, fermé par une porte en bois doublée de lames de fer. On y découvrit le squelette d'un enfant : son corps allongé reposait sur un terreau de soixante centimètres. Il devait être habillé lorsqu'on l'y déposa, car il portait des chaussures de cuir. On recueillit des ossements, des lambeaux d'étoffe, le bout d'une chaussure, des os d'animaux (restes d'un repas), une assiette de l'époque Louis XVI, croit-on, et une moitié de cruche.

L'énigme était posée et diverses hypothèses furent envisagées comme la plus folle qui avançait qu'il s'agissait de Louis XVII. Le Dauphin aurait été confié à des commissaires chargés par la Convention nationale de conclure la paix avec l'Espagne, qui exigeait comme condition préalable la remise de l'enfant. Décédé pendant les négociations, il aurait été inhumé en secret au Castillet. Après étude, il apparut que l'enfant martyr ne fut enfermé dans sa geôle qu'à la fin du XIXe siècle. Mais son sort pose toujours une troublante énigme : Avait-il commis quelque forfait? Était-ce un fou? Ou bien sa famille voulait-elle se débarrasser de lui par haine ou par cupidité, en vue d'un héritage? Nous sommes en plein mystère.

Vue du centre-ville de Perpignan, le 29 juillet 2008. À gauche, la place de la Résistance, lieu de jonction du boulevard Georges Clemenceau et du boulevard Wilson. Au centre droit, le Castillet (El Castellet). La rivière la Basse, petit affluent du fleuve côtier la Têt est longée par le quai Sadi Carnot (à gauche) où se trouvent la préfecture et le conseil général, et à droite le quai Vauban et ses commerces.

Notes et références[modifier | modifier le code]

voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Auguste Brutails, Étude archéologique sur le Castillet Notre-Dame de Perpignan, Perpignan, impr. de C. Latrobe, , 83 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]