Mobilier national

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Mobilier national
Image illustrative de l'article Mobilier national

Création 1936
Type Établissement public à caractère administratif
Siège 1 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Coordonnées 48° 50′ 02″ N, 2° 21′ 03″ E
Langue Français
Organisations affiliées Ministère de la Culture (France)
Site web mobiliernational.culture.gouv.fr

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Mobilier national
Le bâtiment du Mobilier national.

Le Mobilier national est, selon la terminologie officielle, un service à compétence nationale français rattaché à la direction générale de la création artistique du Ministère français de la culture, et dont dépendent la Manufacture des Gobelins, la Manufacture de Beauvais, la Manufacture de la Savonnerie à Paris et Lodève et les Ateliers nationaux de dentelle du Puy-en-Velay et d'Alençon[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Avant le Mobilier national[modifier | modifier le code]

À la fin du Moyen Âge, « l'ameublement des châteaux royaux est un enjeu primordial pour la cour royale qui se met en scène à travers l'exposition de ses collections d'objets d’art, essentiellement l'orfèvrerie et les textiles »[2]. La cour itinérante nécessite ainsi un service de l'intendance royale chargé, en coulisses, de pourvoir en meubles et en tapisseries les différentes résidences royales, ainsi que celles de leurs serviteurs (en premier lieu les ministres) afin de rendre possible cette représentation quasi permanente. La responsabilité des meubles incombe généralement au valet de chambre tandis que l'entretien et la garde des tapisseries et tentures d'apparat est confiée aux tapissiers, ces deux fonctions ayant tendance à fusionner au XVIIe siècle et devenir des valets de chambre-tapissiers[3].

Sous l'Ancien Régime, Henri IV crée le Garde-Meuble royal en 1604[4], administration royale que Colbert réorganise en 1663 sous le nom de Garde-Meuble de la Couronne[5] et qui, après plusieurs lieux, s'installe en 1772 dans un bâtiment spécialement créé, l'hôtel du Garde-Meuble, actuel Hôtel de la Marine à Paris.

Supprimé à la Révolution, le 30 Floréal an VI (19 mai 1798)[6], cette administration renait en 1800 sous le nom de Garde-Meuble des Consuls, puis Mobilier impérial en 1804[5]. À la suite de plusieurs autres déménagements, il s'installe de 1852 à 1937 au 103 quai d'Orsay, correspondant au terrain aujourd'hui occupé par le musée du quai Branly.

1870 à nos jours[modifier | modifier le code]

Il prend son nom actuel de Mobilier national après la chute du Second Empire en 1870[5]. La dispersions de ses collections entre différents ministères, administrations et palais[5] est alors agravée par les incendies du palais des Tuileries et du château de Saint-Cloud[5].

Dans ses locaux du 103 quai d'Orsay, en partie reconstruits en 1884, un musée est ouvert deux jours par semaine le jeudi et le dimanche, afin « de faire passer successivement sous les yeux du public les séries de tapisseries et les meubles précieux qui appartiennent au mobilier national ».

En 1892, l'administrateur du Garde-Meuble National, Édouard-Thomas Williamson, est l'auteur d'un catalogue de la collection du musée[7]. La IIIe République ordonne par la loi du , la réalisation d'un inventaire des meubles présents dans les réserves[5].

En 1901, le musée du Louvre prend en charge par décret du gouvernement une partie des collections et des pièces rares, auparavant réunies dans le musée du Garde-Meuble.

En 1937, le Mobilier national quitte le terrain du quai d'Orsay, pour accueillir le Centre des métiers de l'Exposition universelle de 1937 et est installé dans un nouveau bâtiment construit par Auguste Perret sur les anciens jardins de la manufacture des Gobelins.

En 1959, le Mobilier national est rattaché au ministre chargé des Affaires culturelles[5] et en 1982, il est placé sous la tutelle de la Délégation aux Arts plastiques du ministère de la Culture[5].

Le , le Mobilier national est devenu un service à compétence nationale[5].

Mission[modifier | modifier le code]

Il a pour mission de meubler les bâtiments officiels de la république française (palais de l'Élysée, hôtel Matignon, certains ministères et ambassades à l'étranger, etc.), auxquels il prête certains des objets de sa collection. Celle-ci en compte plus de 200 000, datant du XVIIe siècle à nos jours. 75 000 d’entre eux possèdent une valeur patrimoniale, parmi lesquels plusieurs milliers d’objets prestigieux ou précieux[8]. Ils stockent également les drapeaux étrangers utilisés lors des réceptions de dignitaires étrangers[9].

Il est également chargé de la conservation et de l'entretien de ces objets, au sein de sept ateliers d'art : restauration de tapisseries, restauration de tapis, tapisserie d'ameublement, tapisserie de décor, menuiserie en sièges, ébénisterie et lustrerie-bronze.

En 1964, André Malraux, alors ministre de la Culture, fait créer un atelier de recherche et de création au sein du Mobilier national[5].

Ces principales missions ont été définies par un décret en date du [5],[10].

Le récolement[modifier | modifier le code]

Depuis l'origine de l'institution, l'administration générale du Mobilier national réalise périodiquement l'inventaire de ses richesses. Le premier inventaire connu fut entrepris par Gédéon Berbier du Mets, dès sa nomination par Colbert à la tête du Garde-Meuble royal. L’inventaire entrepris depuis 1950 est aujourd’hui informatisé[11].

L'une des missions importantes de l'établissement, est la vérification régulière de la présence physique des biens mis à disposition, sous sa responsabilité[Note 1], afin d'éviter des « disparitions », lors des prêts aux différents organismes (environ 180 000 prêts)

Les observations successives de la Cour des comptes, et particulièrement son rapport public de 1996, ont conduit le Premier ministre de l'époque, Édouard Balladur, à publier une circulaire, le 24 juin de cette même année, à la suite de laquelle le décret n° 96-750 du [12] a créé une commission (la CRDOA), chargée de diriger le récolement[Note 2] de tous les dépôts de mobilier et d'œuvres d'art consentis par la Direction des musées de France, le Musée national d'art moderne, le Mobilier national, le Fonds national d'art contemporain. Les travaux de cette nouvelle commission, ont débuté en [13], et depuis lors, de nombreuses irrégularités sont signalées périodiquement aux autorités compétentes, suivies de dépôts de plaintes[14].

En 2007, peu avant son départ, le Premier ministre de l'époque, Dominique de Villepin, avait fait diligenter un inventaire général, transmis à son successeur, et qui avait permis à la commission de récolement, et de l'inventaire physique, de constater la disparition de plus de 17 000 pièces, soit environ 19,1 % des objets prêtés[15],[16].

Plus récemment, la Cour des comptes, dans son rapport 2014, indique que 625 objets, ainsi que 32 œuvres prêtées par les musées nationaux, sont signalés comme « non vus »[17],[18], ce que la Cour des comptes assimile à de pures et simples « disparitions »[Note 3].

Avec un taux de perte de 26 %, le ministère des Affaires étrangères est le plus mauvais élève. Les ambassades, richement dotées, sont les plus faciles à dépouiller. En particulier en Europe de l’Est, où l’on a retrouvé des objets provenant des représentations françaises sur le marché de Naschmarkt (en), à Vienne, en Autriche[19].

Siège[modifier | modifier le code]

Son dépôt est situé 1 rue Berbier-du-Mets, dans le 13e arrondissement de Paris (quartier Croulebarbe), dans un bâtiment en béton armé construit en 1936 par Auguste Perret sur les anciens jardins de la manufacture des Gobelins.

Liste des responsables[modifier | modifier le code]

Garde-Meuble de la Couronne[modifier | modifier le code]

Mobilier national[modifier | modifier le code]

  • Williamson, d'après l'Almanach impérial 1868, https://books.google.fr/books?id=k41F_i2b47oC&dq=
  • 1894- 29 juin 1907 : Locquet (mort le 29/6/1907)
  • vers 1907-1926 : Ernest Dumonthier, né en 1863
  • 1926-1944 : Guillaume Janneau, né en 1887, mort en 1957, administrateur du Mobilier national en 1926 ou 1938 ? puis du Mobilier national et des manufactures nationales (Gobelins, Beauvais, Savonnerie, Sèvres) en 1940

Mobilier national (avec ajout progressif des manufactures des Gobelins, Savonnerie, Beauvais, Lodève, dentelles d'Alençon et du Puy)[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La procédure de l’état annuel appliquée au Mobilier National et qui, selon la commission, « engage la responsabilité des dépositaires et devrait être indissociable de l’arrêté de dépôt »
  2. La précédente commission de récolement n'avait été créée qu'en 1966. En 1996, son domaine de compétence a été étendu, et sa mission redéfinie. En ce qui concerne les musées de France, le récolement décennal n'a été rendu obligatoire qu'à partir de l'arrêté du
  3. Parmi les différents ministères, celui de l’Education nationale est le moins soigneux, avec un taux de 45,7 %. La plupart des disparitions sont cependant anciennes : pour les Musées nationaux, 60 % des pertes se situent ainsi avant 1945.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Arrêté du 23 décembre 2002 érigeant le Mobilier national et les manufactures nationales des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie en service à compétence nationale, sur le site legifrance.gouv.fr, consulté le 24 septembre 2015
  2. Caroline Vrand, « Tendre » et « destendre » : l’ameublement des résidences royales à la fin du Moyen Âge », Livraisons de l'histoire de l'architecture, no 25,‎ , p. 109 (DOI 10.4000/lha.310).
  3. Le Garde-Meuble de la Couronne et ses intendants du XVIe au XVIIIe siècle, CTHS, , p. 18-19.
  4. Le Garde-Meuble de la Couronne et ses intendants du XVIe au XVIIIe siècle de Stephane Castelluccio, (ISBN 2-7355-0554-5), édition CTHS, 2004, p. 31
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Mobilier national, « Mobilier national - Petit Historique », Mobilier national (consulté le 25 février 2010)
  6. Aleth Tisseau des Escotais, Le Garde-Meuble sous la Révolution et l'Empire (1792-1815), Ecole nationale des chartes, (lire en ligne)
  7. Édouard-Thomas Williamson, « Musée du Garde-Meuble », sur gallica.bnf.fr, (consulté le 6 novembre 2015).
  8. Les Collections
  9. Claire Bommelaer, « Le Mobilier national dans tous ses états », Le Figaro, vendredi 24 avril 2015, page 28.
  10. Décret n°80-167 du 23 février 1980 Fixant les modalités de mise en dépôt, de contrôle et d'entretien par l'administration générale du mobilier national, de meubles et objets mobiliers dans les immeubles administratifs, sur le site legifrance.gouv.fr, consulté le 24 août 2014
  11. Mobilier National, « Mobilier National : Conserver, Inventorier, Inspecter », sur www.mobiliernational.culture.gouv.fr (consulté le 24 septembre 2015).
  12. Décret n°96-750 du 20 août 1996 portant création d'une nouvelle commission de récolement des dépôts d'œuvres d'art, sur le site legifrance.gouv.fr, consulté le 24 août 2014
  13. Le Sénat, « Disparition de meubles mis en dépôt par le Mobilier national, 12ème législature », sur Année 2004 (consulté le 25 septembre 2015).
  14. Ministère de la Culture, « CBCR - CRDOA - Catalogue interministériel des Dépôts d'Œuvres d'Art de l'Etat - SHERLOCK : Catalogue des œuvres déposées recherchées », sur www.culture.gouv.fr (consulté le 24 septembre 2015).
  15. Jeanne Pavard - Contrepoints, « Face au pillage du mobilier national, l’État doit améliorer la gestion de son patrimoine », sur www.contrepoints.org, (consulté le 24 septembre 2015).
  16. forums France 2, « Inventaire 2007 du mobilier national », sur forums.france2.fr, (consulté le 24 septembre 2015).
  17. Cour des Comptes - Chambres régionales des comptes, « Rapport public annuel 2014 », sur www.ccomptes.fr, année 2014 (consulté le 24 septembre 2015).
  18. Dominique Albertini - Libération, « Les meubles disparus de la République », sur www.liberation.fr, (consulté le 24 septembre 2015).
  19. Roland du Luart - Sénat, commission des Finances, « Rapport d'information fait au nom de la commission des finances sur l'inventaire des œuvres d'art en dépôt dans les représentations diplomatiques », sur www.ladocumentationfrancaise.fr, (consulté le 24 septembre 2015).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]