André Minaux

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André Minaux, né à Paris le et mort à Touquin (Seine-et-Marne) le , est un peintre, sculpteur, illustrateur, graveur et lithographe français.

Il participe au mouvement de la Jeune peinture dans les années 1950. Plus tard, il fait partie du groupe Peintres témoins de leur temps. On le considère appartenant à l'école de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

André Minaux, né de père lorrain et de mère provençale, fait ses études à Paris au collège des jésuites. Il est initié à l'art par son père qui le conduit dans des expositions et avec qui il peint le dimanche. En 1940, Minaux entre à l'École des arts décoratifs où il est l'élève de Maurice Brianchon et de Roland Oudot. En 1945, il fait son service militaire à Avignon ; la découverte de la lumière provençale marque sa sensibilité picturale. Il épouse Hélène Benoît en 1947, année qui marque le début de sa carrière artistique.

Le « naturalisme » (1945-1953)[modifier | modifier le code]

Il envoie Le Raccommodeur de filets au Salon d'automne de 1948. Cette toile est très remarquée par les critiques d'art. L'année 1948 est aussi pour lui la découverte de l'Atelier Mourlot et les débuts de sa carrière de lithographe.

1949 est l'année de la consécration. Minaux obtient le prix de la critique et expose, entre autres, au Salon des Jeunes peintres, à la galerie Claude de la rue de Seine à Paris, et au groupe de l'Homme témoin (groupe de peintres rejetant l'art abstrait). Minaux réinvente une figuration où le dessin joue un rôle essentiel. Il utilise un trait lourd qui sculpte la matière et donne une force à ses compositions. « L'utilisation de tons sourds, terriens renforce cet effet », écrit Pierre Basset dans L'Alchimie des noirs publié en 2001. Il met cette simplicité au service de l'Homme, en privilégiant une esthétique dépouillée.

Le musée d'art moderne de la ville de Paris achète une première toile en 1950. La première grande exposition personnelle de Minaux se déroule en 1951 à la galerie Bernier à Paris. Minaux expose La Descente de Croix, Le Sanglier, La Nature morte à la bouilloire et La Mise au tombeau. Il participe à la Biennale de Venise de 1952 avec une grande composition inspirée par un voyage en Espagne.

Période « agreste » (1953-1962)[modifier | modifier le code]

En 1953, André Minaux fait sa première exposition à Londres à l'Adams Gallery, où une œuvre est achetée par la Tate Gallery. Il fait également sa première exposition particulière de lithographies à Paris, à la galerie Sagot - Le Garrec[1].

En mai 1957, Le Comité national du livre illustré français présente l'exposition Les chefs-d'œuvre des illustrateurs français contemporains (Jean-Gabriel Daragnès, Albert Decaris, Bernard Buffet, Michel Ciry, Gabriel Dauchot, Jacques Houplain, André Minaux, Pierre-Yves Trémois) au musée d'art de Toulon.

En 1960, il expose La Noce à la Maison de la pensée française, rue de l'Élysée à Paris? C'est une toile de cinq mètres sur trois, aux personnages nombreux et aux scènes multiples, et qui repose essentiellement sur la densité des couleurs. Toile figurative, certains critiques[réf. nécessaire] la désignent comme « une fête de la couleur ». On la compare à Un enterrement à Ornans de Gustave Courbet[réf. nécessaire].

En 1962 naît sa fille Agnès. Minaux expose la même année à New York, à la galerie David Findlay, des portraits et des natures mortes représentatifs de l'École de Paris, qui remportent un vif succès.

Période « Barques et épaves » (1963-1965)[modifier | modifier le code]

1963 marque une année charnière par l'exposition « Les Barques échouées » à la galerie Maurice Garnier à Paris. Minaux montre comment un peintre pourrait aller jusqu'à l'abstraction en parlant de la nature.

En 1964, il participe à l'exposition des affiches de l'atelier de lithographie Mourlot à la Maison de la pensée française.

Période « figurative » (1965-1971)[modifier | modifier le code]

Minaux entreprend la sculpture en 1967. En 1968, une exposition particulière et permanente est organisée à Colmar au musée Unterlinden. Il s'agit d'une donation de grandes compositions représentatives des différentes périodes de l'artiste. Cette même année a lieu le Salon Peintres témoins de leur temps au musée Galliera. Minaux y expose une grande toile, La Pilule, sujet révolutionnaire et remarqué.

En 1970, André Minaux entreprend la gravure sur cuivre.

En 1971, il expose chez Maurice Garnier, avenue Matignon à Paris, de grandes silhouettes peintes sur contreplaqué, mi-peintures, mi-sculptures. Dans la foulée, il expose des portraits de femmes aux grands yeux noirs. La Femme devient un thème récurrent chez Minaux.

Période de la simplification (1972-1978)[modifier | modifier le code]

À partir de 1972, Minaux approfondit la technique du pastel et du fusain, tout en travaillant un nouveau procédé, l'acrylique. Le style de l'artiste se dépouille et des distances sont prises vis-à-vis du figuratif. La même année, il fait une exposition importante de fusains et de pastels à la galerie Maurice Garnier.

1976 marque un retour à la lithographie où la simplification des lignes s'allie aux grands à-plats de couleur.

En 1978 a lieu une exposition de gravures sur cuivres à la galerie Sagot - Le Garrec[1]. Les gravures sont traversées de silhouettes noires et grises, de géométries animées de lignes et de visages.

Les instruments de musique (1979-1985)[modifier | modifier le code]

En 1979, Minaux entame la réalisation de grandes compositions où le thème des trombones est un élément majeur. Période axée sur les instruments de musique, thème poussé et exploité dans toutes les disciplines pratiquées par l'artiste.

En 1983 a lieu une exposition de pastels et de dessins préparatoires exécutés en gravures sur cuivre pour le livre Le Roi Cophétua de Julien Gracq à la galerie Sagot - Le Garrec.

Le « non-figuratif » (1980-1986)[modifier | modifier le code]

Au cours de cette période, l'artiste entreprend une recherche pure de formes, de volumes et de couleurs par la technique du pastel. Plusieurs expositions de pastels avec le thème musical sont réalisées. Il y a une recherche encore plus marquée vers le non-figuratif. La critique est élogieuse : les figures sont devenues des formes, ces formes sont des couleurs et ces couleurs une matière. Le travail du pastel prend beaucoup d'importance dans les dernières années de la vie de l'artiste.

Minaux livre à travers cette technique une véritable synthèse de ses recherches plastiques : exposition des volumes, architectures des formes, variation des couleurs et une volonté de saisir l'essentiel. « C'est clair comme le jour, soyeux comme la nuit, rouge et noir comme le coquelicot, bleu comme le beau corps du corbeau », écrit le poète Robert Marteau pour qualifier l'œuvre de Minaux dans Les Secrets du métier.

Le , André Minaux meurt des suites d'une crise cardiaque.

Réception critique[modifier | modifier le code]

« On pourrait appeler “matissienne” la démarche de Minaux dans sa recherche de la perfection. »

— Jean Bouret, Minaux peintre, éditions Sauret, 1977.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Musées et collections publiques[modifier | modifier le code]

Ouvrages illustrés[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Site de la galerie Sagot - Le Garrec

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raymond Nacenta, Lorjou, Aïzpiri, Minaux, Mottet, Sébire, Éditions Galerie Charpentier, 1953.
  • Bernard Dorival, Les peintres du XXe siècle du cubisme à l'abstraction, 1914-1957, Éditions Pierre Tisné, 1957.
  • René Huyghe, de l'Académie française, et Jean Rudel, L'art et le monde moderne, Larousse, 1970.
  • Charles Sorlier, Minaux lithographe, Éditions André Sauret, 1974.
  • Jean Bouret, Minaux peintre, Éditions André Sauret, 1977.
  • Christine Counord, La réaction figurative, 1948-1958, Éditions Galerie 50 & Alan, Paris, 1990.
  • Robert Marteau, Andre Minaux, les secrets du métier, Éditions Galerie de la Présidence, Paris, 1992.
  • Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001.
  • Pierre Basset, Les Insoumis de l'art moderne La Jeune Peinture Paris 1948-1958, Un Certain Regard Éditions, avril 2009, (ISBN 978-2-9531498-07)
  • Hélène Minaux, A painter witness of his time Minaux 1923-1986, Publibook édition, 2002, (ISBN 274832367-X) ; éditions BOD [en anglais], 2014 [présentation en ligne].

Liens externes[modifier | modifier le code]