Salon des Cent

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Des informations de cet article ou section devraient être mieux reliées aux sources mentionnées dans la bibliographie, sources ou liens externes (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Améliorez sa vérifiabilité en les associant par des références à l'aide d'appels de notes.

Salon des Cent
Salon des Cent
Salon des Cent
Type Art
Pays Drapeau de la France France
Localisation Paris
Date de la première édition février 1894
Prix d'entrée 1 franc (1894)
Organisateur(s) La Plume - Léon Deschamps

Le Salon des Cent (dit aussi « Salon des 100 », « Salon de La Plume ») est un salon d'exposition d'art français imaginé par Léon Deschamps, lancé à Paris en février 1894 dans le hall de la revue La Plume. L'idée, assez originale pour l'époque, était d'exposer et vendre principalement de l'estampe et du dessin, le tout associé à un périodique littéraire et artistique. La dernière édition, la 53e, a lieu fin 1900.

Historique[modifier | modifier le code]

Ce salon, marqué par l'esprit fin de siècle, est imaginé en 1893 par Léon Deschamps, fondateur de la revue mensuelle de littérature et d'art La Plume, un périodique ayant pour devise « Pour l'Art » et qui réunit autour de lui de nombreux symbolistes. Deschamps a pour ambition d'exposer des créateurs contemporains adeptes de modes d'expression liés à l'estampe, et donc aux multiples, en dehors de toutes écoles, sans jury, ni promesse de récompense, comme en marge des lieux institutionnels. Dans le hall du siège de sa revue, sont mis en vente affiche, lithographie, gravure, dessin, sculpture (petit tirage en terre ou bronze), album, livre d'artiste, etc., à des prix raisonnables[1].

La première affiche annonçant l'événement (voir l'infobox) est imprimée à la fin de l'année 1893 : signée Henri-Gabriel Ibels, elle donne rendez-vous no 31 rue Bonaparte à Paris, siège de la revue La Plume, et promet une édition mensuelle, calquée sur la sortie d'un nouveau numéro du périodique qui devient l'« organe du Salon ». L'entrée est payante, au prix de 1 franc, et sera ensuite ramené à 50 centimes. Le succès de la première édition n'est sans doute pas totalement à la hauteur des ambitions programmées, aussi l'opération n'est renouvelée, pour l'année 1894, que six fois de suite (avril, juin, août, octobre, novembre, décembre). En 1895, le rythme mensuel paraît pouvoir être tenu.

Les affiches du salon, lithographiées, deviennent des objets de collection : les artistes prennent l'habitude de les dédicacer pour l'occasion. Deschamps assure ainsi une forme de promotion à sa revue et à un art, plus populaire car plus abordable, et qu'il juge oublié des institutions : la gravure. Ce médium, en ces différentes formes et déclinaisons, est à cette époque plus ouvert aux nouvelles formes d'expression graphique qui émergent alors partout en Europe et en Amérique du Nord : le salon s'ouvre d'ailleurs à de nombreux créateurs américains et à la Glasgow School.

Sa dénomination, « Salon des cent », vient du nombre d'artistes souscripteurs réunis lors du lancement et qui acceptèrent d'exposer. Il y eut plusieurs fois par an des expositions — idéalement, à un rythme mensuel — soit collectives, soit personnelles, c'est-à-dire centrées sur un artiste en particulier : le Salon des Cent donna lieu à une numérotation, ce qui fait que le nombre total (cinquante trois éditions), est supérieur au nombre d'années d'existence (sept ans), et parfois une édition comprend plusieurs types d'expositions. Cette abondance d'éditions s'explique en fait par le succès que finit par rencontrer le concept, qui sera d'ailleurs imité.

Au bout du compte, le salon se décline ainsi : exposition d'ensemble, exposition thématique et exposition centrée sur un artiste.

Après le décès de Léon Deschamps en décembre 1899, le salon ne survécut qu'une année[2].

Quelques affiches du Salon des Cent[modifier | modifier le code]

Éditions centrées sur un artiste[modifier | modifier le code]

Sans date précise :

  • 1895 : Exposition internationale d'affiches
  • 1896 : exposition avec Mucha, Bonnard et Toulouse-Lautrec [?]

Participants et affichistes notoires[modifier | modifier le code]

Sont indiqués les numéros d'édition quand l'artiste en a réalisé l'affiche :

Cartes postales illustrées[modifier | modifier le code]

À partir de la fin 1900 ou au début de l'année 1901, des cartes postales des œuvres qui avaient été exposées au salon (?) furent vendues dans des pochettes sous la dénomination de Collection des cent. Il est difficile d'établir le lien exact entre ces publications imprimées par une société spécialisée dans la carte postale et La Plume reprise par Karl Boès.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Les expositions du Salon de La Plume » par Ernest Maindron, in Les Affiches illustrées (1886-1895) , Paris, G. Boudet/Ch. Tallandier, 1896, pages 151-152 — sur Gallica.
  • Jocelyne van Deputte, Le Salon des Cent : 1894-1900, affiches d'artistes, Paris, Paris-Musées, 1994 (ISBN 2879001935).
  • Helen Bieri Thomson (dir), Les affiches du Salon des Cent, Bonnard, Ensor, Grasset, Ibels, Mucha, Toulouse-Lautrec; Catalogue d'exposition, Gingins, Fondation Neumann, 13 janvier-26 mars 2000; Musée de Pont-Aven, 3 février - 19 mars; Bordeaux, Musée des Arts Décoratifs, 17 mai - 19 août 2001, Gingins, Fondation Neumann, 2000.
  • Jean-Michel Nectoux, Grégoire Tonnet et Nicholas-Henry Zmelty, “La Plume” 1889-1899, “une revue pour l'art”, [catalogue d'exposition, Paris, Institut national d'Histoire de l'Art, Galerie Colbert, 15 février-14 avril 2007], Paris, INHA 2007.
  • Pierre Sanchez, Les Expositions de la Galerie Le Barc de Boutteville (1891-1903) et du Salon des Cent (1894-1903) - Répertoire des artistes et liste de leurs œuvres, Dijon, L'Echelle de Jacob, 2012 - Pierre Sanchez donne la liste complète des expositions du Salon des Cent et du Salon de la Plume de 1894 à 1903. Dans le répertoire, on trouve la liste des œuvres exposées si la manifestation était accompagnée d'un catalogue.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Raynal, Histoire de la peinture moderne de Baudelaire à Bonnard, Genève, Albert Skira, 1949, p. 16.
  2. Jocelyne van Deputte, Le Salon des cent : 1894–1900 : affiches d'artistes, Paris-Musées, 1994, p. 16.
  3. Le catalogue La Plume indique que l'exposition s'appelle « Elles », et qu'elle se situe avant la 21e exposition d'ensemble.
  4. Fabienne Fravalo, « La revue La Plume et le Salon des Cent », in histoire-image.org (en ligne).
  5. Fonds de la bibliothèque municipale de Lyon (en ligne).
  6. Notice des musées royaux des beaux-arts de Belgique (en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :